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Rom. c. So

ROUS glorifions, dit l'Apôtre, dans les tribulations, sachant que les tribula- v. 3o

. tions produisent la pacience. Eh! plâc à Dieu que chacun de nous pût en dire autant , & se réjouir lorsqu'il est dans le cas de fouffrir, c'est-à-dire , avoir toujours l'intention de fouffrir pour l'amour de Dieu, ainsi qu'ont fait & font tous les jours les Saints.. Nous avons un chef. qui marche devant nous , & qui, par ses souffrances & ses douleurs, nous a appris à porter notre croix. Il a souffert pour nous,

Ep. Ilie (dit S. Pierre ) en-nous laisant l'exemple , afin que nous marchions sur les traces. Prenons donc courage dans toutes les infirmités & les tribulations dont est semée notre vie. Plus il se trouvera d'occasions de souffrir: pour l'amour de Dieu , & plus nous devoris nous attendre à en être dédommagész.

Bienheureux ceux qui pleurent, parce: Márk! ***** qu'ils seront. confolés. Telles sont les

2. V. 216

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paroles avec lesquelles notre divin Satzveur encourageoit ceux qui étoient dans la peine. Nous serions les premiers à nous offrir aux tribulations, fi la vivacité de notre foi nous faisoit fentir le prix de la récompense, & que c'eft la voie la plus sûre de l'obtemir; enfin, il n'est

pas

de chagrin , & jusqu'à la mort même , qu'un véritable amour de Dieu ne puisse adoucir & rendre léger. Le dernier motif de notre consolation, est de penser que Dieu fait mieux que nous ce dont nous avons besoin

pour

suivre la vertu & sauver nos ames ,

&
que

c'est une folie de notre part

de murmurer contre la Providence. En effet, l'expérience ne nous fait-elle pas con

la prospérité est pour nous une source de prévarications; au lieu que l'affliction, en nous humiliant & nous décrompant des faux biens , nous ramène souvent à un Dieu, que nous

noître que

n'avons que trop oublié dans la profpérité ; mais la nature est li corrompue, que l'on voudroit que le chemin de la vie ne fût semé

que

de fleurs. Nous disons tous les jours l'Qfaison Dominicale; nous demandons à Dieu que la volonté le fasse; mais dans le fait , c'est l'accomplissement de la nôtre que nous desirons, & non de la sienne. Heureux celui dont le coeur accepte avec soumillion tout te que Dieu lui impose ! En voilà afięz sur le Sacrement de Pénitence & fur la patience : passons maintenant du Sacrement de l'Eucharistie , & traitons en même-temps le Sacrifice de la sainte Melle.

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CHAPITRE XIV.

De la Sainte Mesle. Il n'est aucun Chrétien catholique: qui, avec la ceinture la plus légère de la Religion , & un peu de crainte de Dieu, ne soit plein de respect pour le Sacrifice de la Meffe : fur cet article , la façon de penser: est la même pour le savant & l'ignorant. Quoique l'obligation d'y allister n'ait lieu que les jours de Fêtes, bien des personnes ne, manquent pas de l'entendre tous les autres jours de la semaine. C'est assurément pour un Chrétien l'action, la plus sanctifiante & la plus méritoire;pous y

fomines accoutumnés dès l'enfance, mais sans, nous douter de l'importance d'une pareille fonction.. Les Ministres de la Religion ont cou.. tume, dans leurs instructions , d'expliquer un sujet aussi intéressant; mais: leurs discours; ne s'adressant ordinaia rement qu'à des enfans, il arrive que: le grain qui tombe dans une terre. aride , fe defféche & ne rapporte point de, fruit. Il n'en est pas de même de: ceux, qui consacrent quelques-uns de leurs sermons à traiter en détail ce sujet. On voit ordinairement l'auditoire plein du plaisir que lui donne: l'explication d'une aulli fainte instruction, de son objet , du fruit qu’on en: peut retirer ,, ensuite de tout ce que la liturgie de la Mesle renferme d'admirable. Le peuple sait bien en gros que: la Messe est une dévotion du plus: grand prix; mais il s'en faut bien qu'il la.connoisse en entier. aussi quand il acquiert sur ce sujer des connoifsances qu'il n'avoit. pas,

il est enchan:té d'avoir pratiqué, sans s'én. douter, la plus sublime des d'évations. Il recon-noît alors que le Chrétien n'a pas

de.

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