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fion du Fils de Dieu, fon Sacrifice, qui nous a mérité de rentrer en grâce, fa préfence réelle dans le Sacrement de l'Eucharistie, qui eft le chef-d'œuvre de fon amour pour nous; enfin tous les Sacremens de l'Eglife. A l'égard des dogmes spéculatifs de la Religion, il fuffit aux gens fimples d'avoir leur cœur difpofé à croire tout ce que reçoit l'Eglife, & à rejeter tout ce qu'elle condamne. Quant aux dogmes moraux, c'est-à-dire, ceux dont l'inobservance conftitue le péché, & nous fait perdre la grâce, tout Chrétien doit connoître les Commandemens de Dieu & de l'Eglife, ainfi que les péchés capitaux. Avec ces premiers principes, & le flambeau de la raifon, l'homme le plus borné, fur-tout s'il affifte à quelinstruction, & s'il écoute de temps en temps l'explication des Ecritures peut aisément diftinguer ce qu'il doit fuir; dans les cas douteux ou embar ir C.

que

raffans, il aura recours aux lumières de fon Pasteur ou de Directeurs éclairés.

Voilà un tableau, en raccourci, de ce que nous nommons la foi, c'est-àdire la première des vertus théologales: vertu qui eft un don de Dieu, que nous recevons de lui par le Baptême; vertu qui eft la bafe de toutes les autres & qui mérite à l'homle nom de Chrétien; mais, comme

me

dit l'Apôtre S. Jacques, d'accord en Jacq. c. 2. ce point avec l'Evangile, il ne fuffit pas d'avoir la foi; c'est un état au contraire mille fois pire que le premier, fi elle n'eft pas prouvée par nos actions; nous croyons devoir honorer Dieu, & nous le blafphêmons à chaque inftant; nous convenons qu'il eft la vérité même, & nous le prenons à témoin de nos menfonges; nous fommes convaincus qu'il abhorre & punira les orgueilleux, les

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impudiques, les voleurs, & nos actions démentent à chaque inftant nos fentimens. La vraie foi, fans laquelle perfonne ne mérite le titre de Chrétien, eft celle, felon l'Apôtre, qui opère par la charité, par l'amour de Dieu, & cet amour fe connoît par les œuvres. Ne ceffons donc point de le répéter; nous devons toujours prier Dieu, qu'il augmente & vivifie en nous cette foi, qui eft le plus fouvent languiffante ou affoupie; qu'il nous faffe véritablement fentir fa préfence en tous lieux, fon intelligence infinie, qui pénètre jufqu'aux replis les plus cachés de notre cœur, fon infinie fainteté, qui ne peut qu'abhorrer toute efpèce d'iniquité, & fa justice fouveraine pour punir quiconque enfreint fes Loix faintes, & fe refufe à fes divines infpirations. Alors le Chré tien qui fe difpofe à prier, foit dans L'Eglife, foit ailleurs, une fois perfua

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dé qu'il eft devant Dieu, qu'il l'écoute, & connoît les fentimens de fon cœur, ne fera plus diftrait par des affaires domestiques, par un procès inquiétant, par le tort qu'il peut craindre de fon voifin; fes regards ne fe porteront plus de côté & d'autre, pour examiner ceux qui font dans l'Eglife, pour en confidérer les ornemens, & moins encore pour caufer avec ceux qui font à fes côtés. On ne peut pas de même fe glorifier de pofféder un véritable amour de Dieu, toutes les fois que dans l'occafion prochaine de pécher, une foi vive & animée ne nous repréfentera pas avec force ce Dieu terrible & tout-puiffant, prêt à punir les infracteurs de fa loi. Peut-on fe vanter de l'aimer, lorfque l'excès de la témérité & de l'ingratitude nous porte à irriter le Maître de tout ce qui exifte, & qui ne nous fait fentir fa puiffance que par des bienfaits?

Coloff. c. 1.25.

Prions-le donc que par fon infinie bonté, il veuille bien nous fonder & nous enraciner dans la foi, comme le difoit fon Apôtre, afin qu'avec le fecours de fa grâce, elle produife des fruits qui répondent à la fainteté de

notre croyance.

C'eft une vérité qu'on ne peut trop inculquer, que plus notre foi fera vive, plus nous aurons préfentes les vérités de la Religion, plus nous trouverons de reffources dans les tentations, & plus nous mènerons une vie chrétienne. Le point principal, & qu'il eft le plus utile de fe rappeler, eft celui-ci : je crois la vie éternelle. Voilà le terme, le but de l'humanité : après cette vie, qui ne durera qu'un inftant, doit en commencer une autre qui ne finira jamais. Dieu va me rappeler pour me demander compte de mes actions pour me récompenfer en Dieu, fi elles ont été conformes à fes préceptes, &

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