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immenfe miféricorde, fa véracité; de l'autre, ce font les mérites de N. S. J. C. venu au monde pour nous fauver, & mort pour l'amour de nous, afin que, rachetés par fon fang, nous puiffions régner avec lui dans la gloire. En nous repliant fur nous-mêmes, nous ne trouverons jamais que des iniquités, & rien qui puiffe nous mériter un pareil bonheur; c'eft Dieu qui, quoique nés dans le péché, nous a aimés le premier, nous a adoptés, &, malgré notre extrême baffeffe, a bien voulu nous acquérir le droit de devenir co-héritiers de fon Fils. Mais, bientôt maîtrisés par la concupifcence, féduits par les paffions, nous avons levé l'étendard de la révolte contre Dieu, notre Créateur & notre Bienfaiteur, en méprifant fa loi & la foulant aux pieds. Que n'a pas fait ce Dieu de bonté ? Il a couru après nous, il nous a invités au repentir; & à

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peine fommes-nous revenus à lui, qu'il oublie nos fautes, qu'il nous en accorde le repentir, & veut que nous espérions, comme auparavant, de régner avec lui. Enfin, nous avons un Maître dont la bonté eft mille fois audeffus de nos iniquités; c'eft fur ce précieux attribut qu'eft fondée toute notre efpérance; & ce qui doit nous remplir de confolation, c'est que ce bon Père eft plus jaloux encore de nous faire du bien, que nous ne le fommes d'en recevoir. En outre, il nous a confirmé fes promeffes par la bouche de fon Fils, qui, dans fon Evangile, nous parle à chaque inftant de la grande récompenfe qui nous attend. Sur quelle base plus folide peut donc être fondée notre espérance, puisque Dieu, qui eft la vérité même, en eft l'auteur & le garant? Les cieux & la terre pafferont, mais fes paroles ne pafferont point.

Après ce premier fondement de l'efpérance chrétienne, le fecond, qui eft le plus immédiat, le plus près de nous, est le facrifice de cet Agneau divin, qui s'eft offert pour nous à fon Père fur la croix; c'eft une vérité que nous ne pouvons jamais avoir trop préfente, que tout ce que nous avons eu, tout ce que nous pouvons pofféder de méritoire, ne nous eft acquis que par N. S. J. C. qui feul nous obtient tout ce qui nous eft néceffaire pour nous fauver. Nous ne pouvons nous préfenter au trône de Dieu que chargés de péchés, & il n'y a que le fang de notre Rédempteur qui puisse effacer nos taches: fi nous paroif fons devant Dieu avec de bonnes cuelles ne deviennent méritoires que par J. C. Qu'une pareille vérité eft bien faite pour ranimer notre dévotion & notre efpérance, dans la grande affaire de notre falut, puif

vres,

que

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C. I. V. 1.

que Dieu lui-même eft defcendu du) Grel pour nous y conduire; auffi le Chrétien à qui l'on demande raison de fon efpérance, doit répondre avec į foi, ainfi que l'Apôtre; J. C. eft, mon, I. Thim st efpérance, & en efpérant en lur, je ne périrai jamais; mais Dieu, l'auteur & le diftributeur de cette grâce', ne nous la donne qu'en exigeant de nous l'exacte obfervance de fa loi C'eft ce Maître. fouverain quiso pat foni infinie bonté, & les hérites, ineffables de fon Fils, eft toujours prêt à nous fauver, &cord> desire que notre bonheur; mais, d'une autre part, fa volonté ne peut jamais être de partager la gloire avec qui conque fe feta révolté contre lui pen dant toute fazwie. har faicnous enfei-1 gnes quŝikhefts unësérernitéoden pleincé &des récompenses; raifon feule: exige que l'efpérance chrétienne n'aille jamais fans illexécution de la loi de

Dieu, c'est-à dire 5. l'observance depses jivvtorja

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Commandemens & de ceux de l'Eglife, qui doit toujours être régie par fon Esprit. Quelle efpérance plus folide que celle d'un Chrétien, qui, d'un côté, fermement appuyé fur la bonté & les promeffes de Dieu, fait que fon divin' Sauveur tient en main les clefs du Paradis ; & de l'autre n'eft occupé qu'à lui prouver fa fidélité, en faifant ce qu'il lui commande, & s'abftenant de tout ce qu'il défend. Non-feulement, dans le cœur de pareils Chrétiens, doit habiter une efpérance inébranlable, mais il y doit encore régner une paix & une joie admirables. C'est véritablement pour cette efpèce de Chrétiens, qu'eft fait le Pa radis, & pour tous ceux qui fentent dans leur cœur le defir véritable d'être unis à Dieu. C'eft; à eux qu'il appartient de s'encourager, en difant avec le Pfalmifteh Je me fuis réjoui lorfMf. 109. v. L. qu'on m'a dit: Nous irons dans le

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