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SERVICE DE CHAMBRE.

1° MM. Marchand , premier valet-de-chambre.

2° Saint-Denis et Novarez, valets-de-chambre ordinaires.

30 Santini, huissier.

SERVICE DE BOUCHE.

1° MM. Cipriani, maître-d’hôtel.

2° Pierron, officier de bouche et chef-d'office.

5° Rousseau, argentier et sommellier.
4° Lepage, cuisinier.

SERVICE DES ÉCURIES ET LIVRÉE.

10 MM. Archambaud aîné, premier piqueur.
2° Archambaud cadet , palefrenier.
3• Gentilini, valet-de-pied.
Il n'y avait ni médecin ni chirurgien.

De toutes ces personnes, le général Gourgaud, madame Montholon et ses enfans, le comte Las-Cases et son fils, Prowtowski et Santini revinrent en France à diverses époques.

Cipriani mourut à Sainte-Hélène presqu'en y arrivant.

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Archambaud aîné fut ren voyé de l’ile au sujet d'une querelle qui s'éleva entre lui et une servante; Archambaud jeune passa en Amérique, où il est mort depuis.

La famille du général Bertrand ne revint en France qu'après la mort de l'empereur. Je tiens ces détails de Santini que je rencontrai à Paris il y a quelques années. Il ne put me donner de renseignemens sur les autres personnes qui avaient cohabité avec l'empereur à Longwood.

M. de Lavalette entra à la Malmaison la veille du jour où l'empereur devait effectuer son départ. Il y trouva réunies toutes les personnes qui s'attachaient encore à sa destinée. Il apportait à Napoléon les ordres dont on pouvait avoir besoin pour les maîtres de postes sur les deux routes qui mènent à Rochefort par le Berry et le Poitou.

Les officiers de la garde vinrent le voir; il les embrassa l'un après l'autre : tous fondaient en larmes.

Une foule d'administrateurs et d'officiers de tout grade voulaient suivre la fortune de leur ancien chef; mais Fouché avait semé la division parmi eux. Les uns avaient conservé leurs

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places; d'autres avaient été séduits

par

des promesses d'avancement ou de sécurité : Labédoyère lui-même recula à l'approche du départ, et resta à Paris sur l'assurance qu'on lui donna que tout était oublié. Il ne tarda pas à faire la cruelle épreuve qu'il est des choses que les rois ne pardonnent jamais.

L'empereur se trouvait seul avec nous, lorsqu'un jeune homme vint le prévenir qu'il avait vu dans la plaine Saint-Denis un corps de cavalerie ennemie qui descendait la Seine et paraissait se diriger vers la Malmaison. Ce jeune homme le supplia de partir au plus tôt. L'empereur, sensible à cette marque d'intérêt, le remercia et fit avancer les voitures.

Elles furent toutes amenées au péristyle du château, excepté la sienne qui resta dans la cour des cuisines. Elle sortit la première par les allées du parc. Comme c'était celle qui avait le moins d'apparence, les regards ne s'y arrêtèrent point. Elle se rendit par les bois du Butart à Rocquancourt , et laissant Versailles à gauche, elle alla à Saint-Cyr rejoindre la route de Chartres. L'empereur n'arriva à Rambouillet qu'à l'entrée de la nuit. Sa suite avait

été divisée en deux parties : la première était composée de plusieurs voitures dans lesquelles se trouvaient madame Bertrand et ses enfans, M. et madame Montholon et un enfant, M. de Las-Cases et son fils, ainsi

que plusieurs officiers d'ordonnance qui avaient demandé à accompagner l'empereur. Toutes les voitures devaient gagner la route d'Orléans, passer par Châteauroux, et se trouver à un jour fixe à Rochefort.

Le second convoi se composait d'une seule calèche d'été, dans laquelle se trouvaient l'empereur, le général Bertrand, le duc de Rovigo et le général Becker. Marchand, premier valet de chambre de Napoléon, était sur le siége, et un courrier allait une demi-lieue en avant pour faire préparer les relais.

Tous les voyageurs étaient habillés en bourgeois, sans aucun signe de distinction. Ils n'avaient pas de bagages, mais ils s'étaient pourvus d'armes offensives et défensives.

Une autre voiture, dans laquelle était le général Gourgaud avec les bagages de l'empereur, marchait cinq ou six lieues en arrière.

Arrivée à Rambouillet, la voiture où se

trouvait l'empereur, au lieu de passer par la ville, prit la grande avenue du château. Napoléon y passa la nuit. Le lendemain, de trèsbonne heure, il sortit, avec ses compagnons de voyage, par

la
porte

du parc qui donne sur la route de Chartres, et de la parvint, sans être reconnu, jusqu'à Châteaudun, où la maitresse de poste accourut, toute agitée, à la portière, demander à ceux qui s'y trouvaient s'ils venaient de Paris et s'il était vrai qu'il fût arrivé un nouveau malheur à l'empereur. Elle avait à peine fait cette question qu'elle le reconnut et, sans ajouter un mot, elle leva les yeux au ciel, et rentra en pleurant, dans sa maison.

Arrivés à Saint-Maixant, cinq ou six lieues en avant de Niort, les voyageurs virent du monde assemblé sur la place de l’Hótel-de-Ville. La garde nationale était en alerte depuis les nouveaux désordres de la Vendée; elle arrêta les équipages pour demander les passeports. Le général Becker répondit en sa qualité de commissaire du gouvernement, et exhiba le sien ainsi que

les ordres dont il était porteur. Il n'y était pas

fait mention de l'ex-majesté; on lui opposa des difficultés; mais sa fermeté leva

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