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que Santhonax, que ses ordres ne fussent
cutés avec assez de rigueur, il se joignit' au com-
missaire, pour ordonner aux nègres d'amener au
Port au Prince tous les blancs qu'ils saisiraient
dans les campagnes. Au bout de quelques jours,
il se trouva goo habitans dans les prisons de cette
ville; ils furent tous voués à la mort, sans autre
crime

que celui d'être propriétaires de Saint-Domingue.

Le criminel Santhonax commença enfin à s'appercevoir que son autorité portait ombrage à Montbrun , à Rigaud, aux mulâtres et à ToussaintLouverture. Ce dernier l'avait forcé de se sauver du Cap français. A son départ de cette ville, Santhonax y avait laissé, pour le représenter, un mulàtre, nommé Raymond, qui était alors un favori de Toussaint. Raymond se vit contraint de résigner son administration entre les mains du général nègre. Ce sacrifice appaisa Toussaint ; il le choisit pour député auprès du corps législatif, comme étant le seul moyen de bannir de la colonie un homme qui pouvait s'opposer à son ambition. Toussaint lui avait adjoint un nègre libre, nommé Mentor, avec M. de Vincent, officier du génie, pour dénoncer Santhonax au Directoire, comme ayant l'intention d'usurper l'autorité suprême de la colonie.

Santhonax, qui avait tout lieu de craindre pour sa personne, se détermina, un peu tard, à s'entourer des blancs; il sentit plus que jamais la faute

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ouvrage de la haine méprisable d'un de leurs généraux, leur a fait plus de tort dans leur contestation avec les Etats-Unis , qu'aucun des actes du parlement d’Angleterre qui traitait ce peuple de rebelle.

· Après le massacre inhumain des habitans de la ville du Cap, Polverel et Santhonax publièrent inconsidéremment la liberté des nègres, avant d'avoir disposé les esprits à un changement qui ne devait être dicté que par la prudence. Ils

persuadèrent aux Africains, leurs dignes frères adoptifs, que le seul moyen de faire prospérer l'arbre de leur existence politique future, était de l'arroser tous les jours du sang des blancs; tandis qu'un changement semblable' aurait pu s'opérer avec le tems et sans effusion de

sang.

Hélas! ces mesures sages et lentes n'entraient point dans les principes de ces démagogues furieux, qui n'avaient de l'homme que la figure!...

Dès ce moment, les injustices, les violences , les insurections, l'incendie, l'assassinat , furent à l'ordre du jour, et Saint-Domingue fut séparée de la mère patrie.

Le ciel lassé des forfaits de Polverel, purgea la terre de ce monstre.

Le mulâtre Montbrun, général de brigade , commandait alors au Port au Prince; fidèle aux principes de sa couleur, il arma les nègres pour assassiner les blancs de toute description, mais surtout les propriétaires de l'île. Craignant, ainsi que Santhonas, que ses ordres ne fussent

pas

exécutés avec assez de rigueur, il se joigniti au commissaire, pour ordonner aux nègres d'amener au Port au Prince tous les blancs qu'ils saisiraient dans les campagnes. Au bout de quelques jours, il se trouva goo habitans dans les prisons de cette ville; ils furent tous voués à la mort, sans autre crime

que celui d'être propriétaires de Saint-Domingue.

Le criminel Santhonax commença enfin à s'appercevoir que son autorité portait ombrage à Montbrun , à Rigaud, aux mulâtres et à ToussaintLouverture. Ce dernier l'avait forcé de se sauver du Cap français. A son départ de cette ville, Santhonax

у avait laissé, pour le représenter, un mulàtre, nommé Raymond, qui était alors un favori de Toussaint. Raymond se vit contraint de résigner son administration entre les mains du général nègre. Ce sacrifice appaisa Toussaint; il le choisit pour député auprès du corps législatif, comme étant le seul moyen de bannir de la colonie un homme qui pouvait s'opposer à son ambition. Toussaint lui avait adjoint un nègre libre, nommé Mentor, avec M. de Vincent, officier du génie, pour dénoncer Santhonax au Directoire, comme ayant l'intention d'usurper l'autorité suprême de la colonie. Santhonax, qui avait tout lieu de craindre

pour sa personne, se détermina, un peu tard, à s'entourer des blancs; il sentit plus que jamais la faute

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qu'il avait faite de les désarmer, pour confier le soin de la tranquillité publique à la garde d'une soldatesque noire et jaune, qui ne cherchait qu'à s'é- . lever sur les ruines de la couleur blanche. Les remords de sa conscience lui montraient des ennemis, même dans ceux qui avaient intérêt à le ménager. Dans cette cruelle perplexité, il erut pouvoir concilier tous les esprits, en ayant recours à un demi-moyen : il tira de prison 200 blancs, avec lesquels il completta deux compagnies du régiment d'Artois, qu'il mit sous les ordres du commandant Desfourneaux, Cette mesure maladroite, hâta la vengeance que Montbrun et les mulâtres s'étaient promise.

Le ciel heureusement ne permit pas qu'elle eût lieu dans toute son étendue. Un mulâtre, nommé Benjamin , aide-de-camp de Montbrun, ayant été à dix heures de la nuit du 15 avril 1794, conseiller à Marie Thérèse le Rembourg, sa mère , de ne pas sortir de chez elle, parce qu'on devait assassiner tous les blancs dans la même nuit; cette femme fit part du complot à M. de Champarmois, employé au bureau des classes. Ce jeune homme vint de suite en informer M. Adelon, commandant de Las-Casas, qui demeurait chez M. Labiche de Gipoulon , receveur des octrois. M. Adelon partit sur-le-champ pour

le
gouvernement,

où il trouva Santhonax et le commandant Desfourneaux, qui se souhaitaient le bon soir. Après leur avoir fait part du sujet de sa visite, le général de brigade Desfourneaux se rendit immédiatement aux casernes, il ne prit avec lui qu'une partie des deux compagnies d'Artois, nouvellement formées, et marcha vers le quartier du général Montbrun , pour l'arrêter au milieu de ses gardes.

Montbrun , qui avait eu connaissance de sa marche, prit une autre rue, se rendit aux casernes, et ordonna de suite aux troupes noires, de faire feu sur les blancs qui se trouvaient dans les ca.. sernes. Frustré dans son attente, le général Desfourneaux se porta au gouvernement, où il réussit à sauver Santhonax qu'il conduisit au fort Sainte-' Claire, situé au bord de la mer.

Pendant la nuit et le lendemain jusqu'à trois heures de l'après midi, les mulâtres et les nègres massacrèrent une grande partie des blancs qui étaient restés dans la ville. Montbrun.voyant son coup manqué par la division qui s'était manifestée parmi les nègres, dont une partie s'était déclarée pour le commissaire et ses partisans, fit proposer à Santhonax de reprendre ses fonctions, à condition qu'il renverrait hors de la colonie, le général Desfourneaux , et les 167 blancs qui venaient de le sauyer.

Ce vil représentant souscrivit lâchement à une condition aussi déshonorante. Aussitôt qu'il fut de retour au gouvernement, il s'étudia , à force de popularité, à gagner la bienveillance des nègres et des niulâtres.

Le lieutenant-colonel Whitelocke , dès le 9

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