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qui se regardait comme le Spartacus prédit par l'abbé Raynal pour venger sa couleur, crut ne devoir plus garder de mesure; il affecta beaucoup de popularité envers les blancs, dont il sentait la nécessité

pour

le mettre à même de culbuter Rigaud, doni l'autorité s'étendait depuis le petit Gcave, jusqu'à l'extrémité de la pointe sud de l'ile, et qui aspirait comme lui au gouvernement universel de la colonie.

Les blancs qui s'étaļent réfugiés à Cube, à la Jamaïque et aux États-Unis, pour n'être pas as sassinés journellement par les mulâtres et par

les nègres, voyant qu'on les invitait à retourner dans l’ile , avec promesse d'être protégés, se rendirent au Port au Prince, et dans les autres villes de l'ouest et du nord. Toussaint les remit sur leurs propriétés : Rigaud suivit la même politique. Bientôt après

guerre se déclara entre ces deux ambitieux; la moitié de la colonie se battit contre l'autre, les nègres au bout de dix-huit mois, culbutèrent entièrement le parti des mulâtres, ils se soumirent, et Rigaud s'embarqua pour la France.

Toussaint, qui brûlait de se venger de ses ennemis, ordonna au général Dessalines de laisser les blancs tranquilles pour le moment, et de n’exterminer que les mulâtres. Dessalines parcourut la colonie, il détruisic tous les hommes de couleur qui tombèrent sous ses mains.

Après la conquête du sud de Saint-Domingue et la destruction de la majeure partie des mulâtres,

la

de son armée. Le Directoire envoya le général Hédouville mettre un terme aux souffrances de cette malheureuse colonie , et tâcher d'en assurer la possession à la mère patrie.

Le général Hédouville arriva au Cap Français , au moment où le général Maitland proposait à Toussaint d'évacuer Saint-Marc, le Port au Prince, Jérémie et les autres.places que les Anglais avaient en leur possession. L'arrivée d'un commissaire français, décida le général Maitland à s'adresser à lui. D'un autre côlé Toussaint, apprenant qu'on avait envoyé la proposition au général Hédouville, signa, sans la participation du commissaire, la capitulation que le général Maitland lui présentait. Les termes honorables que les Anglais obtinrent, donnèrent occasion au nègre Mentor, qui était alors en France, et à plusieurs journalistes de Paris, de proclamer Toussaint, traître !

Ce général noir, à qui tout portait ombrage, fit assassiner, dans la ravine sèche, proche de St.Marc, le jeune Abraham de Lance, aide-de-camp, M. Dozzy, chef de bataillon , et un autre officier de l'état major du général Hédouville, qui s'en retournaient du sud au nord, après avoir engage Rigaud et les mulâtres des Cayes , à maintenir la bonne intelligence entre eux et les nègres du Cap. Immédiatement après, il força le commissaire constitutionnel de la mère patrie, à se rembarquer pour l'Europe.

Après une conduite aussi arbitraire, Toussaint,

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qui se regardait comme le Spartacus prédit par l'abbé Raynal pour venger sa couleur, crut ne devoir plus garder de mesure; il affecta beaucoup de popularité envers les blancs, dont il sentait la nécessité

pour le mettre à même de culbuter Rigaud, doni l'autorité s'étendait depuis le petit Gcâve, jusqu'à l'extrémité de la pointe sud de l'île, et qui aspirait comme lui au gouvernement universel de la colonie.

Les blancs qui s'étajent réfugiés à Cube, à la Jamaïque et aux États-Unis, pour n'être pas as · sassinés journellement par les mulâtres et par les nègres, voyant qu'on les invitait à retourner dans l'ile , avec promesse d'être protégés, se rendirent au Port au Prince, et dans les autres villes de l'ouest et du nord. Toussaint les remit sur leurs propriétés : Rigaud suivit la même politique. Bientôt après la guerre se déclara entre ces deux ambitieux; la moitié de la colonie se battit contre l'autre, les nègres au bout de dix-huit mois, culbutèrent entièrement le parti des mulâtres, ils se soumirent, et Rigaud s'embarqua pour la France.

Toussaint, qui brûlait de se venger de ses ennemis, ordonna au général Dessalines de laisser les blancs tranquilles pour le moment, et de n’exterminer que les mulâtres. Dessalines parcourut la colonie, il détruisit tous les hommes de couleur qui tombèrent sous ses mains.

Après la conquête du sud de Saint-Domingue et la destruction de la majeure partie des mulâtres,

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Toussaint se fit proclamer gouverneur à vie de la colonie; il organisa l'administration civile et militaire de gens qui lui étaient dévoués, et fit mareher ses troupes pour la conquête de la partie espagnole qui avait été cédée à la France par le traité de Bâle. Le succès n'ayant pas répondu à son attente, il s'en vengea sur les blancs français qu'il faisait assassiner secrètement par centaine, toutes les fois qu'il communiait.

Tandis qu'il disposait tout pour tirer une vengeance éclatante des Espagnols, le traité d'Amiens permit à la mère-patrie d'envoyer de Brest une expédition de 15 à 20,000 hommes pour

châtier les rébelles.

A leur apparution, Christophe envoya le mulatre Sangos, capitaine du port de la ville du Cap, demander au capitaine-général Leclerc de ne point entrer dans le port avant que le courrier qu'il avait expédié auprès de Toussaint fût de retour. Il avait ordre de lui déclarer que sur son refus il massacrerait tous les blancs, et mettrait le feu à la ville. Le général Leclerc écrivit à Christophe qu'il ne désirait

que

de concilier les esprits, et éviter autant que possible d'en venir aux extrêmités avec

gouverneur de l'île. M. Lebrun, qui avait porté cette lettre , s'en retourna avec une réponse semblable au message de Sangos.

La ville du Cap envoya une députation composée du maire, du commandant de la garde nationale, du curé et de trois citoyens, conjurer le

le

général en chef de prendre pitié de la malheureuse situation des habitans. Le capitaine-général ordonna aux députés de s'en retourner, et de lire la proclamation du premier Consul à leurs concitoyens.

Lemaire, qui était un nègre nommé CésarTélémaque, essaya vainement d'adoucir les noirs. Le général Leclerc, pour ne pas leur donner le tems d'exécuter leurs menaces, débarqua ses troupes au Limbé, malgré les clameurs des nègres qui criaient: « Point de Français, point de blancs, » et vint s'emparer des hau"Jurs du Cap. L'amiral Villaret, au signal convenu, envoya sa bordée sur le fort Picolet, et entra de vive force dans la rade. Les nègres ne mirent plus de bornes à leur rage.

. Les habitans qu'ils gardaient parmi eux comme autant d'otages, expirèrent de toutes parts sous les

coups de ces tigres déchaînés. Les villes et les plaines furent livrées aux flammes; les femmes et les filles furent traînées au fond des forêts

pour assouvir leur brutalité jusqu'au moment où ils devaient les mettre à mort. Cinq cents blancs que les nègres avaient emmenés lors du Port-au-Prince, furent assassinés sur l'habitation de la Fretillière; six cents habitans de Léogane et de ses environs, expirèrent dans cette ville , sous les coups de Dessalines et de sa horde. Un grand nombre d'autres, qu'il serait trop long et trop pénible de citer ici, payèrent de leur vie l'arrivée des troupes française dans cette île.

Le général en chef, pour mieux convaincre

و

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