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1 chef de prendre pitié de la malheureuse
les habitans. Le capitaine-général ordon-
putés de s'en retourner, et de lire la

produ premier Consul à leurs concitoyens. e, qui était un nègre nommé CésarTélémaja vainement d'adoucir les noirs. Le gélerc, pour ne pas leur donner le tems : leurs menaces, débarqua ses troupes au algré les clameurs des nègres qui criaient: le Français, point de blancs, » et vint des hau'surs du Cap. L'amiral Villaret, convenu, envoya sa bordée sur le fort t entra de vive force dans la rade. res ne mirent plus de bornes à leur rage. ins qu'ils gardaient parmi eux comme stages, expirèrent de toutes parts sous de ces tigres déchaînés. Les villes et les rent livrées aux flammes; les femmes et furent traînées au fond des forêts pour eur brutalité jusqu'au moment où ils de

Toussaint de ses intentions pacifiques, lui renvoya ses enfans que la France avait généreusement élevés. Cette nouvelle preuve de bienveillance n'eut aucun effet; il fallut recourir à la force. Enfin, le courage, l'habileté et les efforts du capitaine-général Leclerc et des généraux Rochambeau et Boudet, surmontèrent tous les obstacles qui s'opposaient à leur marche, et au bout de deux mois la colonie fut soumise.

Nombre de causes, qu'il serait trop long de détailler ici, occasionnèrent de nouvelles insurrections. Dessalines; homme plus entreprenant et plus déterminé que l'hypocrite Toussaint, se mit à la tête des révoltés. « Mon prédécesseur, leur dit-il, » ne distinguait ses amis de ses ennemis que par » leur façon de penser, ce qui fut cause qu'il şe méprit souvent dans le choix des premiers, et

qu'il fut trompé et sacrifié par les derniers; pour » éviter une etter selblable, mon choix désor» mais ne sera marqué que par la couleur. »

La continuation des troubles et la guerre qui se déclara en 1803, entre la France et l'Angleterre, obligèrent les Français à évacuer un pays pour la conquête duquel ils n'avaient pas perdu le tiers de l'armée

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le feu de l'ennemi. Aussitôt que Dessalines fut en possession de la colonie, il exécuta dans toute son étendue la maxime barbare qu'il avait annoncée quelque temps auparavant. Dans toutes les villes où il passa avec son armée, les blancs, leurs femmes et leurs en

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»

i mettre à mort. Cinq cents blancs que avaient emmenés hors du Port-au-Prince, sassinés sur l'habitation de la Fretillière; habitans de Léogane et de ses environs, t dans cette ville, sous les coups de Desde sa horde. Un grand nombre d'autres, it trop long et trop pénible de citer ici, de leur vie l'arrivée des troupes fran

cette île.

éral en chef, pour mieux convaincre

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fans furent poignardés, bayonneltés et hachés par ses sapeurs; ceux qui essayaient de se sauver du côté de la mer, pour se réfugier à bord des bâtimens, furent massacrés en grande partie par les nègres qui gardaient le rivage.

Ce second Attilius tourna ensuite sa rage sur les gens de couleur. Ceux-ci, par leurs liaisons et leurs parentés avec les nègres, trouvèrent parmi eux des protecteurs et des partisans. Le mulâtre Pétion, chef de bataillon d'artilleric, qui avait déserté de l'armée française, commandait sous ses ordres au Port-au-Prince. Il avait roussi à se former un parti considérable, avec lequel il résolut de venger sa couleur lorsqu'il en trouverait l'occasion. Le basard le servit au gré de ses desirs. Dessalines, pour mieux voiler son projet, ayant annoncé qu'il allait inspecter les grands bois, Pétion, au rapport

des papiers anglais, envoya placer une embuscade dans ce quartier, avec ordre abundantiu ce v teur au moment qu'il passerait dans le chemin. Dessalines qui était en tournée dans ces parages avec une faible escorte, se présenta sans défiance dans l'endroit où était l'embuscade. Cent

coups

de fusil parlent au même instant, une partie des guides sont tués, les autres se dispersent, et Dessalines tombe de cheval. «Ne m'ôtez

pas » leur dit-il à genoux, je promets de vous pardon» ner ma blessure.» Les soldats furent sourds aux prières d'un monstre que les larmes de ses semblables n'avaient jamais pu attendrir; ils l'expédiè

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Toussaint de ses intentions pacifiques, lui renvoya ses enfans que la France avait généreusement élevés. Cette nouvelle preuve de bienveillance n'eut aucun effet; il fallut recourir à la force. Enfin, le courage, l'habileté et les efforts du capitaine-général Leclerc et des généraux Rochambeau et Boudet, surmontèrent tous les obstacles qui s'opposaient à leur marche, et au bout de deux mois la colonie fut soumise.

Nombre de causes, qu'il serait trop long de détailler ici, occasionnèrent de nouvelles insurrections. Dessalines ; homme plus entreprenant et plus déterminé que l'hypocrite Toussaint, se mit à la tête des révoltés. « Mon prédécesseur, leur dit-il, » ne distinguait ses amis de ses ennemis que par leur façon de penser, ce qui fut cause qu'il şe méprit souvent dans le choix des premiers, et

qu'il fut trompé etrzaguifié par les derniers; pour » éviter une esteuriseltblable, mon choix désor» mais ne sera marqué que par la couleur. »

La continuation des troubles et la guerre qui se déclara en 1803, entre la France et l'Angleterre, obligèrent les Français à évacuer un pays pour la conquête duquel ils n'avaient pas perdu le tiers de l'armée par le feu de l'ennemi. Aussitôt

que Dessalines fut en possession de la colonie, il exécuta dans toute son étendue la maxime barbare qu'il avait annoncée quelque temps auparavant. Dans toutes les villes où il passa avec son armée, les blancs, leurs femmes et leurs en

»

ment des exhalaisons pestilentielles. Quant à la chaleur, la brise de mer pendant le jour tempère l'ardeur extrême d'un soleil perpendiculaire; et le soir, le vent de terre refroidit l'air et rafraichit les sens des habitans de ce climat brûlant. Ce qu'il y a de singulier et même d'incroyable, c'est que la brise de son centre, vers la mer, souffle à la fois sur tous les points du compas,

Par une bonté spéciale et toute particulière de la providence pour cette ile, le soleil, après avoir fait un grand progrès vers le tropique du cancer, et être devenu en quelque façon perpendiculaire, attire à lui une masse de nuages qui empêchent le laboureur de ressentir l'ardeur des rayons directs de l'astre du jour. Ces nuages se dissolvent en pluie, rafraîchissent l'ajr et humectent le pays en mars, en juin, en juillet, en août, à la fin de septembre, et de tems à autre dans les mois de novembre et de décembre.

L’habitant de ces contrées contemple avec indifférence la fureur des élémens déchaînés; leur rage s'épuise inutilement pour le frustrer du fruit de ses peines et de son labeur. Les plaines du Cap, du Port-au-Prince, de l'Artibonite, des Cayes et de quelques autres endroits, sont susceptibles de produire plus de sucre que toutes les autres Antilles; et il n'existe pas une partie sur le globe, sans en excepter les grandes Indes, où l'on fasse fortune plus promptement qu'à Saint Domingue.

Le sort définitif de cette colonie, jadis la reine

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rent sans pitié, et s'en retournèrent triomphans auprès de leur chef. Pétion annonça sur-le-champ la mort de Dessalines, la terreur des blancs, des nègres et des mulâtres. Il profita de la joie que cette nouvelle répandit, pour se faire proclamer chef de la partie de l'ouest et du sud.

Christophe ne se vit pas płutôt débarrassé de son redoutable rival, qu'il jura d'exterminer tout ce qui n'était pas noir. Les journaux et les papiersnouvelles nous ont appris de tems à autre avec quelle barbarie il a rempli son serment inhumain. Il n'est pas d'expressions assez fortes pour peindre , tes souffrances et les agonies affreuses de ceux qui n'ont pas eu les moyens de s'échapper de ce vaste Golgotha.

Tels ont été les changemens, les troubles et les maux qu'a subi ce superbe jardin des Indes occidentales; ce lieu de délices, susceptible de pro duire tout ce qu'offre les climats les plus fortunés. Un gouvernement paisible et paternel peut faire disparaître ou du moins rendre très-peu sensible la presque totalité des inconvéniens auxquels cet heureux pays est sujet; il peut aisément et à

peu de frais dessécher ces marécages qui engendrent les fièvres et les autres maladies qu'on y éprouve. La nature a placé près de ces endroits, les bois et les pierres dont on peut avoir besoin pour empêcher la mer de couvrir régulièrement de dix-huit pouces d'eau, une espace de cinq cents pas de large sur quinze cents de long, qui répand journelle

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