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foncée. Elles en buvaient cinq à six verres par jour et un dans la nuit chaque fois qu'elles avaient été à la garde-robe. Elles avaient l'attention, chaque fois qu'elles en sortaient, de se tremper les reins, et non les cuisses dans un sceau d'eau froide pendant deux ou trois minutes, et quelquefdis plus long-tems; de ne pas manger de salaison, ni de poisson; mais bien du riz, et même un peu de viande fraîche grillée, et de boire très-peu de vin, parce qu'elles souffraient moins lorsqu'elles n'en faisaient pas usage.

Comme la diarrhée ou relâchement des intestins est fréquemment occasionnée par l'acide stimulant des fruits verts qu'on a mangés en trop grande quantité, et surtout du raisin sec, des avelines et des noisettes etc., le remède, dans ce cas, doit être d'une qualité mucilagineuse , glissante, tel que

du bouillon, du chocolat, du sagou , de l’arrow-root, de l'eau de gruau, (c'est une cuillerée de farine délayée dans de l'eau qu'on fait bouillir avec un couple d'oignons coupés en tranches, du sel et du beurre; on verse le tout sur un peu de pain en forme de soupe) parce que dans ce cas, les purgatifs, la rhubarbe, la teinture de rhubarbe, le séné, la magnésie, l'élixir de Daffys ne servent en général qu'à convertir une simple diarrhée en dyssenterie ou flux de sang.

Pour la diarrhée scorbutique provenant de l'excès des femmes, du mercure, du scorbut ou de la boisson, il n'y a peut-être pas de meilleur remède que de faire passer le lait de la manière suivante.

. On boit la première fois un bon verre à liqueur de rhum, ou d'eau-de-vie, ensuite un grand verre de lait. A midi, on en fait autant, et à quatre heures de même, sans prendre d'autre nourriture. Le deuxième jour, on boit deux bouteilles de lait en trois fois, précédées d'un verre de rhum. Le troisième jour, on prend une bouteille de lait et un demi-verre à liqueur chaque fois, et par trois reprises comme ci-dessus. Le quatrième jour, l'on ne prend plus de rhum, mais l'on mange du pain avec le lait, et l'on continue à prendre tous les jours trois bouteilles de lait avec du pain , jusqu'au parfait rétablissement, et si l'appétit est revenu, on peut manger vers les quatre heures du soir, un petit poulet ou de la viande rôtie ou grillée.

Il y a beaucoup de personnes qui se sont guéries en suçant les premiers jours des mangos ou mangles, ensuite elles mangeaient ce fruit, jusqu'à ce que la maladie leur permît de se nourir avec quelque chose de plus substantiel.

D'autres ont fait usage de la tisane de colas' qui est excellente aussi pour les maladies vénériennes.

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Il faut faire bouillir d'abord la salsepareille et le mercure doux dans quinze bouteilles d'eau réduites à dix bouteilles, ensuite on met les ingrédiens à bouillir avec les premiers, jusqu'à ce que le tout soit réduit à cinq bouteilles. Il faut avoir soin d'attacher chaque objet dans un linge séparé, et qu'il ne touche pas le fond de la chaudière ou marmite, Quand le mélange est froid, on en prend tous les jours un verre avant le déjeûner, un avant le dîner et un avant le souper. On s'abstient de ragoûts, on peut manger de la viande grillée, eť par fois de la viande salée et boire un peu de vin.

Après que le premier sirop a été ôté avec soin, on remet sur les mêmes ingrédiens pour faire une tisanne légère pour boire à sa soif, dix bouteilles d'eau que l'on réduit à cinq. Si elles ne suffisaient pas, on y supplérait en faisant une légère ți sanne avec deux onces de salsepareille bouillie loutuniment dans cinq bouteilles d'eau , pour qu'elle ait la couleur d'une petite bierre. On peut même, par économie, la faire bouillir une seconde fois, et on se purge tous les huit jours.

En général l'on prend dix et quelquefois quinze bouteilles de ce gros sirop , indépendamment de la petite tisanne de salsepareille , et l'on ne commence ce traitement qu'après s'être rafraîchi et purgé plusieurs fois.

Il faui se défier du serein et de la lune, parce que leurs eflets sont très-pernicieux. Quant aux eoups de soleil, on les guérit généralement, en

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exposant depuis dix heures jusqu'à midi, aux rayons de cet astre, de l'eau renfermée dans un poban de fruits à l'eau de vie, ayant l'ouverture fermée par un linge propre qu'on a eu soin d'y attacher. A midi, ou midi un quart, on applique l'ouverture du poban sur la partie malade, et on le conduit légèrement partout, jusqu'à ce que l'influence fébrıle s'exhale à travers le linge, et fasse bouillir l'eau. Quand on n'y voit pas

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petites boules, c'est une preuve qu'on n'a point placé le poban sur le siége du mal, et alors il n'est point guéri: L'on en est quitte pour exposer de suite le poban au soleil pendant un quart d'heure, et si cela ne réussit pas, l'ori recommence l'opération le lendemain, et l'on est sur d'enlever le mal.

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Prenez vingt-quatre racines des plus gros poireaux que vous pourrez trouver, lavez-les bien, coupez-les aussi menues que possible, mettez-les ensuite dans une bouteille à large ouverture, et versez par dessus deux pintes du meilleur genièvre commun. Laissez macérer le tout pendant trois ou quatre jours, versez-en plein un verre à liqueur et buvez-le en allant au lit. Mettez une dose semblable près de votre lit, et buvez la à votre premier réveil. Il faut continuer ce remède jusqu'à ce que l'on n'urine plus

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de gravelle, s'abstenir de manger des salaisons , des fruits verts, et tout ce qui est échauffant.

Traitement pour l'hydropisie.

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Prenez une livre de racines de guimauve de jardin, une demi-livre de racines de grand persil, et les racines de six des plus gros poireaux que vous pourrez vous procurer. Lavez bien toutes ces racines, coupez les racines de guimauve et de persil en tranches très-minces, coupez-les ensuite en travers, de la largeur d'un pois, et celles des poireaux aussi menues que possible , jetez le tout dans trois pintes d'eau, que vous laisserez sur le feu jusqu'à ce que cela bouille , posez votre vase à côté du feu, et laissez votre mélange se mitonner près du seu pendant trois heures, retirez le tout pour qu'il se repose , et versez-le avec précaution dans un vase propre peur votre usage.

Mettez un bon verre à liqueur du meilleur ge. nièvre commun dan's un verre ordinaire ou de table, achevez de le remplir avec de la décoction; faites prendre cette dose au malade à onze heures du matin , donnez-lui en une semblable à sept heures du soir, et continuez cette boisson jusqu'à ce que l'hydropisie soit dissipée. Les remèdes

pour la gravelle et l'hydropisie, m'ont été donnés par M. Demack, habitant de Thame, dans le comté d'Oxford en Angleterre. Il a été guéri de ces deux maladies, à l'âge de

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