Page images
PDF
EPUB

PIÈCES SECRÈTES

ET

VERS SATIRIQUES,

DISTRIBUÉS SOUS LE MANTE A U.

Traité des Puissances alliées, du 25 mars tentiaire M. le comte de Rasoumowski et le comte de Nesselrode : S. M. l'Empereur d'Autriche , M. de Metternich et M. de Weissemberg, qui, après avoir échangé leurs pleins-pouvoirs, sont convenus de ce qui suit :

1815.

Au nom de la Très-Sainte Trinité, S. M. l'Empereur de toutes les Russies et S. M. l'Empereur d'Autriche, en conséquence des suites que l'invasion de Buonaparte en France et l'état actuel de ce royaumepourraient avoir par rapport à la tranquillité de l'Europe, ont décidé conjointement avec S. M. le roi d'Angleterre et le roi de Prusse d'appliquer les principes sanctionnés par le traité de Chaumont à cet événement important; ils se sont réunis par un traité solennel qui doit être signé par chacune des hautes puissances en particulier, de renouveler les engagemens réciproques en vertu des. quels ils prendront tous les moyens nécessaires pour défendre l'état des choses et le repos si heureusement rétabli en Europe contre toute attaque. Ils prendront les moyens les plus efficaces pour parvenir à ce but, comme aussi

pour

étendre toutes les mesures à prendre dorénavant que l'état des choses réclame si impérieusement. S. M. l'Empereur a nommé ses plénipo

Art. Ier. Les hautes puissances contractantes s'engagent solemnellement d'employer toutes les forces de leurs États respectifs pour maintenir tous les artieles du Traité de Paris du 181 (30) mai 1814. Comme aussi dans toute leur intégrité de maintenir les décisions prises au Congrés de Vienne pour consolider les bases établies par le susdit Traité de Paris, et le défendre surtout contre les projets de Napoléon Buonaparte. A cette fin, ils s'engagent de se réunir dans le sens de la déclaration du 13 mars contre celui , ou tous ceux qui font ou pourront faire partie par la suite de la faction , pour le forcer de se désister de son entreprise et le mettre hors d'état de troubler dorénavant le repos de l'Europe et la paix générale sous la sauvegarde de laquelle la liberté et l'indépendance des nations a été placées.

II. Quoiqu'il soit impossible dans le moment de déterminer d'une manière fixe tous les moyens que les puissances doivent employer pour obtenir un but aussi grand et aussi noble, cependant elles s'engagent à mettre chacune en campagne 150,000 hommes, dont au moins un 10% de cavalerie , sans y comprendre les garnisons des places fortes, et de les faire marcher avec l'artillerie nécessaire contre l'ennemi commun.

III. Les hautes puissances contractantes s'engagent réciproquement de ne point poser les armes que d'un commuu consentement, et jamais ayant que Napoléon ne soit mis hors d'état d'exciter de nouveaux troubles , et de renouveler ses tentatives pour s'emparer de la souveraineté de la France.

IV. Comme le traité actuel est surtout applicable aux circonstances présentes, les conditions du traité de Chaumont, et surtout celles contenues dans le 16* article, obtiendront de nouveau force et vigueur jusqu'à ce qu'elles aient atteint le but proposé.

V. Tout ce qui concerne le commandement et l'entretien des armées , sera réglé par des conventions particulières.

VI. Les hautes puissances contractantes useront du droit de joindre aux chefs des différens corps alliés des officiers qui correspondront avec leur gouvernement, et les instruiront de la marche des opérations militaires.

VII. Comme par les engagemens contractés dans le traité actuel, les hautes puissances n'ont pour but que le repos de l'Europe, elles appellent les autres Etats à faire cause commune avec elles.

VIII. Comme le traité actuel a pour but de mettre en sûreté la France ou tout autre pays attaqué par Napoléon ou ses partisans, S. M. très-chrétienne est invitée, particulièrement, à donner son consentement aux mesures ci-dessus , et dans le cas où S. M. aurait besoin de secours des troupes auxiliaires stipulé dans le traité, de faire connaître les moyens qu'elle a à sa disposition pour les réunir contre l'ennemi commun.

IX. Le présent traité sera signé, et les ratifications seront échangées dans l'espace de deux mois, ou plutôt si cela se peut. En attendant, les ministres plénipotentiaires ont signé et apposé leur sceau à ce traité. Donné à Vienne le 13 (25 mars) 1815. Signé, Le comte RASOUMOUSKI. NESSELRODE,

METTERNICH. WEISSEM BERG:

Louis XVIII à l'Armée.

Gand, le 10 avril 1815,

SOLDATS,

Que me reprochez-vous ? Est-ce moi, qui, pendant dix ans ai constamment acheté la victoire au prix de votre sang?

Est-ce moi qui ai couvert tous les champs de l'Europe

des: ossemens de vos compagnons d'armes ? vous ai-je abandonné dans les sables de l'Egypte ou sous les neiges de la Russie? Non , soldats, dans l'exil ou sur le trône, je fus toujours votre père; sur le trône ou dans l'exil, je ne vis en vous que mes enfans. Je le conçois, dans le repos où s'indignait votre valeur, une fausse lueur de gloire a pu vous égarer au bord du précipice; si votre erreur n'est que passagère, elle est honorable; mais si elle se prolonge , vous perdret en peu de jours le fruit de dix ans de travaux.

Soldats ! votre honneur, le bonheur de la France, le repos de l'Europe entière l'exige ; fuyez cette aigle qui dévore les générations ; accourez sous la bannière des Bourbons, sous celle des lis, toujours chère à la nation, et respectée de la victoire. Soldats , je vous attends pour vous pardonner; si je viens, il me faudra punir.

Signé, Louis.

1

Lettre à MM. les Journalistes

, par M. Maillart de Lescourt, major d'artillerie.

Paris , 5 avril 1814.

Monsieur,

[ocr errors]

J'ai communiqué à quelques amis seulement le bonheur que j'ai eu d'éviter à la ville de Paris une catastrophe horrible ; c'est d'eux probablement que vous aurez appris ce fait. Une action purement raisonnable devait rester ignorée ; mais puisque vous l'avez fait connaître, je vous prie d'en recevoir de moi les détails et de les publier dans votre prochain numéro.

J'étais occupé, dans la soirée de l'attaque de Paris, à rassembler au Champ-de-Mars les chevaux néces-, saires pour l'évacuation de l'artillerie; je partageais ce soin avec les officiers de la direction générale. A neuf heures du soir environ , un colonel à cheval arrive près de la grille Saint-Dominique, où j'étais alors, et demande à parler au directeur de l'artillerie. Je me présente. Monsieur, me dit dit-il, le magasin à poudre de Grenelle est-il évacué? — Non, lui répondis-je; il ne peut même pas l'être; nous n'avons pour cela ni assez de temps, ni assez de chevaux. Eh bien! il faut le faire sauter sur-le-champ. A ces mots, je pális, je me troublai, sans penser que je n'avais pas à m'inquiéter d'un ordre qui ne m'était point donné par écrit, et qui m'était transmis par un officier que je ne connais

sais pas.

Hésiteriez-vous , Monsieur ? me dit-il. Après un moment de réflexion, je revins à moi; et craignant qu'il

« PreviousContinue »