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étre signée de ses noms de baptême et de famille. » Le Code du canton de Fribourg (art. 3 et 6) reproJuit l'art. 4 de celui de Berne. Voici la disposition du Digeste russe.

« L'acte passé à l'étranger, d'après les formes qui y sont en • rigueur, bien que non conforme au mode adopté en

Russie , sera néanmoins admis à faire preuve, jusqu'à o la production de moyens propres à en infirmer l'au

thenticité » (Lois civ. X, suppli, art 546)'. Cette règle rénérale a été appliquée aux testaments par la disposilion de l'art. 656 du Code civil, liv.III, tit. III, chap. 2".

Le Code civil de Haïti garde le silence sur la règle : il reproduit les dispositions des art. 970 et 999 du Code français.

L'art. 10 du Code de la Louisiane porte : « La forme et l'effet des actes publics et privés se règlent par les • lois et les usages du pays dans lequel ces actes sont faits ou passés. Cependant l'effet des actes passés pour étre exécutés dans un autre pays se règle par les lois du pays où ils ont leur exécution. »

FELIX. (La suile au prochain cahier.)

! V. la Revue, t. III, p. 269. allid., t. VII, p. 39.

XXXIV. Une visite à la prison d'état du Spielberg

en novembre 1838.

Par M. REMACLE 1. Il y a neuf ans, un prisonnier récemment délivré d'une dure captivité intéressa l'Europe entière au récil de ses souffrances, la frappa d'admiration par l'exemple de sa résignation toute chrétienne.

Il m'a été donné de visiter le lieu où souffrit et se ré signa Silvio Pellico. C'est une faveur qui n'avait été. accordée avant moi qu'à un autre Français, le marécha duc de Raguse. Je ne sais si l'illustre voyageur a public le résultat de son examen. Voici ce que j'ai vu , et l'im pression que j'en ai ressentie.

Près des murs de la ville de Brünn, en Moravie, est ur mamelon de huit cents pieds (259m,84) de hauteur, sui la crête duquel s'élève une forteresse , longtemps répu tée imprenable, et qui céda, en 1809, sous l'effort d'unt armée française.

C'est le Spielberg.

La plupart de ses ouvrages avancés ont disparu ; mais ses murs d'enceinte subsistent encore. Vus de loin, ils laissent à découvert les étages supérieurs d'un vaste bâtiment, formant un carré long du midi au nord , la blancheur uniforme, les étroites ouvertures , la solitude apparente, attristent et fatiguent le regard.

Là fut renfermé dans le dernier siècle ce redoutable

doni

1 M. Remacle, ancien magistrat, fut chargé, en 1838, par M. le ministre de l'intérieur, de visiter les établissements pénitenciaires du midi de l'Allemagne. Nous avons publié dans notre t.V1, p. 786, quelques considérations générales extraites du rapport de M. Re macle sur la mission dont il avait été investi.

(Note du directeur de la Revue.)

chef de pandours dont la vie fut si aventureuse, le baron de Trenck ; là se sont consumés de nos jours, dans les privations et dans les larmes, de nobles cours , victimes de leurs illusions : Oroboni , Villa , Silvio, Maroncelli,

dont les uns reposent sous cette terre qui leur fut fatale, ; tandis que leurs compagnons ne semblent leur avoir surrécu que pour nous associer à leurs regrets.

En montant au Spielberg du côté de la ville, on trouve, à environ cent cinquante pas en avant de la premiere porte , un corps de garde qui fournit des sentinelles au pourtour de la montagne.

La première clôture se compose d'une enceinte de palissades plantée sur un ancien ouvrage de fortifications. Près de l'entrée , qui reste ouverte pendant le jour, est établi un second poste. A partir de là le chemin tourne à gauche , et conduit par une montée assez roide à un escalier couvert de 30 à 40 marches, ménagé dans le mur d'un ancien bastion.

Cet escalier est pourvu d'une porte à l'entrée, et d'une autre à son extrémité. Quand on se trouve en baut, et qu'on a dépassé la dernière porte , on a à côté de soi, à droite, un nouveau corps de garde ; du même côté, mais

peu plus loin, un bâtiment séparé où loge le directeur ; à gaucbe , le chemin de ronde; en face, la prison.

Un ami qui m'avait accompagné de Paris par amour de la science, un attaché à l'ambassade de France à Vienne et moi, nous fùmes conduits auprès du directeur M. Bayer. C'est un homme sur le déclin de l'âge, grand, sec, et dont la figure sévère convient à merveille aux fonctions qu'il remplit. Il fut aisé de comprendre au jeu de sa physionomie pendant la lecture du message dont nous étions porteurs que le motif de notre visite

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l'étonnait beaucoup. Mais la chancellerie de cour et d'éta avait parlé; le ministre de la police, le gouverneur de la province en transmettaient les ordres, il s'inclina. A da ter de ce moment la prison nous fut ouverte, et il nous fut permis de la visiter dans tous ses détails, d'en voir à l'auvre toute l'administration.

Le Spielberg forme le dernier degré des peines privatives de la liberté; en ce sens seulement , il correspond à nos bagnes. Les prisonniers qui y sont envoyés sont ceux de l'archiduché d'Autriche, de la Moravie et de la Bohême, dont la peine excède dix ans d'emprisonnemen avec fers.

La population de la maison était, au moment de notre visite, de 315 prisonniers , parmi lesquels 43 femmes.

Elle était répartie en six quartiers établis sur les côtés de deux cours de grandeur inégale et non contiguës L'un, celui du nord , était presque entièrement vide , ce que nous attribuâmes à l'amnistie du mois de septembre précédent. Ceux que nous avons parcourus se composent chacun de dix cachots ouvrant sur une même galerie; les neuf premiers pouvant contenir 5 prisonniers, le dernier 11, en tout 56 par quartier.

Les autres parties des mêmes bâtiments sont consacrées aux infirmeries , aux ateliers , aux magasins.

Au milieu de la grande cour qui est très-spacieuse s'élève une colonne surmontée de l'emblème de l'indivisible Trinité.

Dans la petite nous avons remarqué un tread-mill ou six hommes sont employés pendant un quart d'heure pour tirer un seau d'eau du puits qui a 136 mètres (70 toises) de profondeur.

La terrasse du nord , consacrée aux femmes, est dominée par le rempart. Celle où nous montâmes est plus

elerée, elle commence au nord et s'étend au couchant et a midi. On y jouit d'une vue magnifique.

La chapelle est petite, mais ornée. Elle est décorée de trois autels : l'autel principal consacré à la sainte Trinité, l'autel de la Vierge, dont on admire l'image peinte sur or, et l'autel du crucifix. Elle a deux tribunes au bas de l'église , celle de l'orgue, divisée en deux parties par une grille ; au-dessus de la chapelle de la Vierge, celle de l'administration.

Quoique habitués à voir des prisons, nous n'entrames pas sans émotion dans les cachots du Spielberg. Nous avons mesuré l'un des plus petits; il avait 47,50 de largeur sur 67,50 de profondeur : c'est un cachot semblable qu'a habité Pellico, avant sa réunion avec Maroncelli.

Un lit de camp régnant dans toute la longueur en occupe la plus grande partie. Lerestedu mobilier se compose lune paillasse bien mince avec une couverture en laine pour chaque prisonnier, d'une étagère aux pieds du lit pour ses effets , d'une cuvette en bois pour les soins de propreté, d'une cruche , d'un crachoir, d'un baquet et

dan poêle.

La fenêtre est à six pieds au-dessus du sol; elle a deux pieds d'ouverture. Des barreaux de fer la garnissent en

lebors.

Tous les cachots sont chauffés sept mois de l'année. Ceux du rez-de-chaussée présentent une particularité remarquable. A un pied au-dessus du sol est une barre de fer de deux pieds de longueur, scellée par les deux couts dans le mur. A cette barre pend une chaîne longue

de trois pieds.

Avant l'ordonnance de février 1832 qui a aboli la Inson très-dure, les malheureux qui avaient encouru cette condamnation étaient conduits, tous les soirs, après III. 2° SÉRIE.

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