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nemens qui s'y sont produits. La révolution de 1789 a été la cause motrice de tous les troubles, de toutes les révolutions qui se sont succédé à Saint-Domingue. Ces époques deviennent donc comme des étapes à la marche de ce pays vers son indépendance politique.

Ainsi, la première époque part du moment où la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à Saint-Domingue et met en mouvement toutes les classes d'hommes libres. Elles cherchent toutes à profiter de la révolution de la métropole pour conquérir leurs droits, les unes sur le despotisme du gouvernement colonial, - les autres sur le régime qui a créé le préjugé de la couleur. La lutte s'ouvre entre elles toutes et ce gouvernement, et entre elles encore, par opposition de races. La métropole, après bien des tergiversations, finit par proclamer l'égalité civile et politique entre tous les hommes libres, à quelque couleur qu'ils appartiennent. Mais, pendant ces troubles civils, les masses esclaves se sont livrées à de faibles agitations d'abord : comprimées et violentées, elles se sont enfin révoltées contre le régime qui pesait si cruellement sur elles. Peu importe à quelle cause première il faut attribuer cette insurrection ; elle a eu lieu les armes à la main, elle a occasionné de grands désastres ; et les hommes libres de toutes les classes se sont vus contraints d'accorder à une faible portion des insurgés, des affranchissemens nécessaires. — Cette première époque finit en septembre 1792.

La deuxième commence alors, à l'arrivée des commissaires civils envoyés par la métropole pour assurer l'exécution de la loi de l'égalité, et elle se termine au moment où ils sont rappelés en France. Pendant leur séjour à Saint-Domingue, de graves événemens s'y sont passés.

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Ils ont anéanti la puissance des colons blancs; ils ont affranchi eux-mêmes tous les esclaves, pour sauver la colonie de l'invasion de la Grande-Bretagne et de l'Espagne coalisées, qui s'emparent de quelques points. La soumission à leur autorité de l'un des chefs des noirs insurgés est venue faire présager le succès des armes françaises. Cette époque court de septembre 1792 à juin 1794.

La troisième offre, de juin 1794 à octobre 1798, les événemens suivans : - La guerre contre les Anglais et les Espagnols. - La cession de la partie espagnole de Saint-Domingue à la France. - L'éloignement de Laveaux, général en chef, l'expulsion de Sonthonax et d'Hédouville, agens de la métropole, par Toussaint Louverture. L'évacuation de tous les points de SaintDomingue par les Anglais.

La quatrième, d'octobre 1798 à juillet 1800 : – Les dissensions et la guerre civile entre Toussaint Louverture et Rigaud. - La fuite de ce dernier. La cinquième, de juillet 1800 à janvier 1802 : - Le

à gouvernement et l'administration de Toussaint Louverture. – La prise de possession de la partie espagnole par

. ce chef.

La constitution politique de Saint-Domingue qui le crée gouverneur général.

La sixième, enfin, de janvier 1802 à novembre 1803 : - L'invasion de la colonie par l'armée française. -- Le gouvernement de Leclerc. La déportation de Toussaint Louverture en France. - Le gouvernement de Rochambeau. La tentative du rélablissement de l'eselavage. La guerre de l'Indépendance par J.-J. Dessalines. - L'expulsion des Français de la partie française.

Leur maintien dans l'ancienne partie espagnole.

Quant à la période haïtienne, elle offre aussi une division non moins facile à saisir, par les événemens qu'elle présente : ce qui constitue des époques bien distinctes.

La première comprend, de novembre 1803 à octobre 1806 : — La déclaration de l'Indépendance d'Haïti. Le gouvernement et la constitution impériale de Dessalines. – La tentative infructueuse de l'expulsion des Français dans l'ancienne partie espagnole. L'administration de Dessalines. — La révolution qui occasionne sa mort.

La deuxième, d’octobre 1806 à juin 1812:— La constitution de la République d'Haïti. La guerre civile entre H. Christophe et A. Pétion.- La constitution de l'État d'Haïti. - L'expulsion des Français dans l'Est d'Haïti, par les naturels qui se replacent sous la domination espagnole. — Le retour de Rigaud en Haïti et la scission départementale du Sud. La constitution du Royaume d'Haïti. - La mort de Rigaud et la fin de la scission du Sud. - Le siége du Port-au-Prince par H. Christophe, où finit la guerre active entre lui et Pétion.

La troisième, de juin 1812 à octobre 1820 : – Le gouvernement et l'administration de Pétion. — Le gouvernement et l'administration de Christophe. Les

premières négociations avec la France. – La révision de la constitution de la République d'Haïti, qui institue une Chambre de Représentans. La mort de Pétion. - Le gouvernement de J.-P. Boyer. L'extinction de l'insurrection de la Grande-Anse. - La révolution du Nord qui occasionne la mort de Christophe. La fin de la guerre civile et la réunion du Nord à la République d'llaïti.

La quatrième, d'octobre 1820 à juillet 1825 ; – L'in

dépendance de l'Est d'Haïti, proclamée contre l'Espagne par les naturels. — La réunion de cette partie à la République d'Haïti. — L'administration de l'île entière par Boyer. - De nouvelles négociations avec la France, et la reconnaissance équivoque de l'Indépendance d'Haïti par celte puissance.

La cinquième, de juillet 1825 à février 1838 : – La continuation des négociations avec la France. — La codification des lois civiles et criminelles. La réclamation infructueuse de la partie de l'Est d'Haïti par l'Espagne. - La reconnaissance explicite, par la France, de l'Indépendance et de la Souveraineté d'Haïti.

La sixième, enfin, de février 1838 à mars 1843 : L'opposition parlementaire contre l'administration de Boyer. Divers traités avec la France et la Grande-Bretagne. – La révolution qui amène l'abdication de Boyer et son départ pour l'étranger.

Chacune de ces époques des deux périodes formera un livre divisé en chapitres.

Si cet ouvrage trouve quelques lecteurs à Paris, ils y verront beaucoup d'incorrections dans le style, encore plus de fautes contre les règles de la grammaire : il ne leur offrira aucun mérite littéraire. Mais ils ne devront pas oublier qu'en général, les Haïtiens ne bégaient les mots de la langue française, que pour constater en quelque sorte leur origine dans les Antilles.

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