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et l'influence de l'Angleterre auraient suscités, SA soit dans la réponse qui a été faite au nom de MAJESTÉ, après avoir tout fait pour mettre un Sa Majesté à l'offre de médiation de l'Empereur terme aux maux de la guerre, se voyant déçue d'Autriche, soit lorsque Sa Majesté a déclaré dans ses plus chères espérances, compte sur la qu'elle élait prête d'accéder à la convention justice de sa cause, sur le courage, l'amour, la conclue à Bartenstein, le 23 d'avril, entre l'empuissance de ses peuples.

pereur de Russie et le Roi de Prusse, et dans les Mais, se rappelant encore les dispositions qu'elle instructions que le soussigné transmit, par ordre avait toujours exprimées dans le cours de la né- de Sa Majesté, à l'ambassadeur de Sa Majesté à gociation, SA MAJESTÉ ne peut voir qu'avec regret la cour de Saint-Pétersbourg à la nouvelle des que l'Angleterre, qui pouvait illustrer sa vaste derniers événements désastreux en Pologne, lespuissance par le bienfait de la paix, dont le be- quelles instructions enjoignaient à cet ambassasoin se fait sentir à la génération actuelle et au deur de signifier aux ministres de l'Empereur de peuple anglais, comme à tous les autres, en laisse Russie que Sa Majesté était toute préte à entrer, volontairement échapper la plus belle occasion. de concert avec son auguste allié, en toute négoL'avenir fera connaître si une coalition nou- ciation que l'empereur de Russie trouverait à velle sera plus contraire à la France que les trois propos d'ouvrir pour le rétablissement d'une paix premières. L'avenir dévoilera si ceux qui se plai- générale. gnent de la grandeur et de l'ambition de la Toujours dans les mêmes sentiments et la même France n'ont pas à imputer à leur haine, à leur disposition, Sa Majesté déclare qu'elle ne s'en déinjustice, et la grandeur et l'ambition dont ils partira aucunement. l'accusent. La France ne s'est agrandie que par En conséquence le soussigné a ordre de Sa les efforts renouvelés tant de fois pour l'opprimer. Majesté d'assurer M. Alopeus que Sa Majesté attend

Néanmoins, quelles que soient les inductions avec la plus vive sollicitude la communication que l'on puisse tirer pour l'avenir du passé, des articles du traité conclu à Tilsitt, et l'exSA MAJESTÉ sera prête, si les négociations avec plication de ces principes justes et honorables l'Angleterre doivent être rompues, à les repren

d'après lesquels Sa Majesté Impériale exprime sa dre, au milieu de toutes les chances des événe- croyance, que la France est disposée à conclure ments : elle sera préte à les rétablir sur les bases la paix avec la Grande-Bretagne. posées de concert avec l'illustre ministre que Sa Majesté s'attend à trouver dans les stipulal'Angleterre a perdu, et qui, n'ayant plus rien tions du traité de Tilsitt et dans les principes sur à ajouter à sa gloire pour le rapprochement des lesquels on représente la France comme prête à deux peuples, en avait conçu l'espérance, négocier, un caractère tel qu'il fournisse à Sa et a éié enlevé au monde au milieu de son Majesté de justes espérances d'arriver à une paix ouvrage.

qui concilie la sécurité et l'honneur. Le soussigné a l'honneur de prévenir S. Exc. Dans ce cas, Sa Majesté se prévaudra avec mylord comte Lauderdale que M. de Champagny empressement de l'offre de médiation de S. M. l'Ema été autorisé à lui délivrer les passe-ports qu'il

pereur de Russie. lui a demandés.

Mais jusqu'à ce que Sa Majesté ait reçu ces comIl saisit l'occasion de lui renouveler l'assurance munications importantes et nécessaires, il est évide sa haute considération.

demment impossible que le soussigné soit autorisé Signé Ch.-M. TALLEYRAND. à fournir une réponse plus positive à la note pré

sentée par M. Alopeus. II.

Le soussigné prie, etc. NÉGOCIATION APRÈS LA PAIX DE TILSITT.

Signé GEORGE CANNING.

Bureau des affaires étrangères, 5 août 1807. Traduction de la réponse de M. Canning à la notification à lui faite par M. d'Alopeus du traité

III. de Tilsitt et de l'offre de la médiation de la

Correspondance de M. le prince de Starhemberg, Russie avec l'aveu de la France.

ambassadeur d'Autriche, avec le ministère anM. George Canning, secrétaire d'État, etc. à glais, à la fin de 1807. M. Alopeus.

No 1. Le soussigné, secrétaire d'État de Sa Majesté britannique au département des affaires étran

Note du prince de Starhemberg à M. Canning. gères, n'a mis aucun délai à faire connaitre au

Londres le 20 novembre 1807. roi son maitre la note qui lui a été présentée par Le-soussigné a l'honneur d'informer S. Exc. M. Alopcus, ministre plénipotentiaire de Sa Ma- le secrétaire d'Etat pour le département des afjesté l'empereur de toutes les Russies, dans la- faires étrangères, qu'il vient de recevoir l'ordre quelle M. Alop.us, par ordre de sa cour, notifie positif de sa cour de faire au ministère britanniau gouvernement britannique la conclusion à que les représentations les plus urgentes sur l'imTilsitt, le 25 juin (7 juillet), d'un traité de paix portance dont il serait de voir cesser la lutte qui entre la Russie et la France, et annonce en même existe encore entre l'Angleterre et la France, et temps l'offre de médiation de SA MAJESTÉ IMPÉ- dont les effets produisent les conséquences les RIALE pour la conclusion d'un traité de paix entre plus fatalis pour tout le reste de l'Europe. la Grande-Bretagne et la France, et l'adhésion du S. M. l'EMPEREUR ET Roi, animé du désir constant gouvernement français à cette offre de média- de travailler au repos et à la tranquillité, n'hésite tion.

pas à demander ofticiellement et avec instance à Le soussigné a ordre du roi son maitre, de dé- Sa Majesté britannique, de vouloir bien lui declarer que l'Empereur de Russie rend justice aux clarer sincèrement ses intentions à cet égard, en sentiments du roi, lorsque Sa Najesté Impériale ne lui manifestant ses dispositions à entrer en négomet point en doute que le roi ne soit disposé à ciation pour une paix maritime , sur des bases contribuer au rétablissement d'une paix géné- convenables aux intérêts réciproques des puisrale, telle qu'elle puisse assurer le repos de sances qui y prennent part. l'Europe. Sa Majesté a donné tout récemment Le cabinet de Saint-James s'est expliqué trop des preuves non équivoques de cette disposition, souvent sur son désir du rétablissement de la

paix, pour que le soussigné ne se falte pas d'en conséquence des dispositions pacifiques de Sa obtenir dans cette occasion l'assurance formelle Majesté britannique, énoncées dans la réponse désirée par sa cour, qui achèverait de prouver à donnée le 23 novembre dernier à sa note offitoutes les nations de l'Europe la sincérité des cielle du 20 du même mois, il est chargé de provues pacifiques de l'Angleterre.

poser au ministère anglais d'envoyer immédiateLe soussigné profite de cette occasion pour prier ment des plénipotentiaires à Paris pour y traiter Son Excellence le secrétaire d'Etat d'agréer l'hom- du rétablissement de la paix entre toutes les puismage de sa baute considération.

sances actuellement en guerre avec l’Angleterre. Signé LE PRINCE DE STARHEMBERG. Cette invitation franche et sans détour doit donner

la preuve certaine de la bonne foi et de l'intenNo 2.

tion sincère de la France de faire cesser le fléau Traduction de la lettre de M. G. Cunning, du 23 no- de la guerre; et c'est avec em pressement que Sa

vembre 1807, adressée au prince de Starhem- Majesté Impériale se prête à éire l'intermédiaire verg.

d'un résultat aussi désirable. On aime à se flatter Le soussigné, premier secrétaire d'Etat de Sa que la cour de Londres ne balancera pas à reconMajesté pour le département des affaires étran- naître dans cette occasion l'importance de la progères, a mis sous les yeux du roi son maître la position qui lui est faite, et qu'elle se prêtera à note officielle qui lui a été remise par le prince donner un nouveau témoignage de la volonté de Starhemberg, envoyé extraordinaire et mi- qu'elle a prononcée si souvent de rendre le repos nistre plénipotentiaire de S. M. l. l'Empereur au reste de l'Europe, en nommant des négociad'Autriche, et dans laquelle le prince de Starhem- leurs qu'elle chargera des grands intérêts à disberg exprime, par ordre de sa cour, les veux ar- cuter. Pour éviter toute espèce de retard, le sousdents de Sa Majesté Impériale pour la cessation de signé est autorisé par la France à donner des la lutte actuelle entre la Grande-Bretagne et la passeports aux ministres que le cabinet de SaintFrance, et demande une déclaration formelle et James choisira à cet effet. La manière dont ces sincère des sentiments de Sa Majesté à cet égard. ouvertures sont soumises à la cour de Londres,

Sa Majesté ayant fait connaître tout récemment et les mesures que l'on prend pour en réaliser et à diverses fois la disposition où elle est et le l'exécution, achèveront de démontrer l'esprit de désir qu'elle a d'entrer en négociation pour trai- conciliation qui les a dictées. ter de la paix sur des bases qui la rendent sûre

No 4. et honorable, et cette déclaration ayant été faite au gouvernementautrichien de la manière la plus Copie d'une note de M. Canning au prince de régulière et la plus authentique, dans la réponse

Starhemberg. que le soussigné a reçu ordre de faire, dans le

Londres, le 8 janvier 1808. mois d'avril dernier, à l'offre officielle de la mé- Le soussigné, premier secrétaire d'Etat de Sa diation de Sa Majesté Impériale par l'organe du Majesté pour les affaires étrangères, a présenté prince de Starhemberg, et dans celle qui, par l'or- au roi son maitre la note à lui remise le 2 de ce dre de Sa Majesté, a été faite à une offre semblable mois par le prince Starbemberg, envoyé extraorqui a eu lieu de la part de l'empereur de Russie, dinaire et ministre plénipotentiaire de S. M. l'Emréponse qui a été communiquée à la cour de pereur d'Autriche. Vieune, Sa Majesté ne peut se défendre d'un sen- En déclarant qu'il était chargé ile proposer au timent de surprise en voyant se renouveler la gouvernement britannique d'envoyer des plénipodemande d'une déclaration de sentiments qui ont ientiaires à Paris, le prince Starhemberg a omis été depuis si longtemps et si formellement com- d'expliquer s'il avait reçu cette commission de muniqués à la cour de Vienne.

l'empereur son maître ou du gouvernement Sa Majesté ne croit pas qu'il soit nécessaire de français. Si le prince Starhemberg a, dans cette rien ajouter à ces déclarations pour prouver aux circonstance, agi d'après l'ordre spécial et imménations de l'Europe une sincérité que les nations diat de sa cour, et si la proposition faite à Sa de l'Europe ne sauraient mettre en doute. Mais, Majesté d'envoyer à Paris des plénipotentiaires, pour satisfaire aux désirs si vivement exprimés doit être considérée comme provenant de Vienne, d'une puissance amie, qui semble en faire l'objet le soussigné a ordre d'ex priiner le sentiment péd'une sollicitude particulière, Sa Majesté est dis- nible avec lequel Sa Majesté a vu combien peu on posée à renouveler encore les assurances qu'elle avait eu égard, en formant cette proposition, à la à si souvent données, et Sa Majesté déclare qu'elle correspondance qui avait déjà eu lieu entre les est actuellement, comme elle a toujours été, préle cours de Vienne et de Londres, au sujet d'une à entrer en négociation pour traiter de la paix négociation pour la paix, lorsqu'on avait laissé sur les bases d'une parfaite égalité d'intérêts res- écouler un si long espace de temps depuis l'acceppectifs entre les puissances belligérantes, et d'une tation faite par Sa Majesté au mois d'avril dernier, manière conforme à la fidélité que Sa Majesté doit de l'offre de la médiation de Sa Majesté Impériale, à ses alliés, et telle enfin qu'elle donne à l'Europe Sa Majesté pouvait à peine s'attendre à ce que tranquillité et sécurité.

cette même offre fût répétée (si toutefois la note Signé GEORGE CANNING. du prince de Starhemberg peut être regardée Bureau des affaires étrangères,

comme la répétition), sans qu'on y joignit la plus 23 novembre 1807.

légère notification de l'acceptation des conditions

que Sa Majesté avait déclarées devoir être le préliNo 3.

minaire indispensable de l'ouverture de la négoCopie d'une note de M. le prince de Starhemberg à

ciation. M. Canning.

Et attendu que la note du soussigné, sous la

date du 23 novembre dernier, est indiquée comme Londres le 1er janvier 1808. base de la proposition actuelle par le prince StarLe soussigné, obéissant aux ordres de sa cour, hemberg. Sa Majesté remarque avec surprise que en se conformant aux désirs de celle des Tuile- cette proposition n'a cependant de rapport qu'aux ries, a l'honneur d'informer M. le secrétaire d'Etat puissances qui sont engagées avec la France pour le département des affaires étrangères, qu'en dans la guerre contre la Grande-Bretagne, sans comprendre les alliés de la Grande-Bretagne en le soussigné de lui déclarer que, n'ayant reçu auguerre avec la France.

cune preuve authentique d'une commission recue Si, d'un autre côté, la cour de Vienne n'a de par le prince de Starhemberg pour entrer en explipart' à la démarche du prince de Starhemberg cation au nom du gouvernement français, et qu'une simple autorisation de recevoir et de trans- donner des assurances par lesquelles ce gouvermettre au gouvernement britannique les com- nement puisse être lié, Sa Majesté n'a pas prescrit munications dont la France jugerait à propos de au soussigné d'autoriser le prince de Starhemberg le charger, dans ce cas le soussigné a ordre de à parler, au nom de Sa Majesté, au gouvernement faire observer au prince Starhemberg, que, français. quoique le caractère dont il est revêtu par sa Le soussigné a l'honneur de prier le prince de cour et les formalités par lesquelles il a été ac- Starhemberg d'agréer l'assurance de sa haute concrédité auprès de Sa Majesté, doivent lui mériter sidération. une entière confiance dans l'exercice des fonc

Signé GEORGE CANNING. tions diplomatiques qu'il remplit au nom de l'em- Au bureau des affaires étrangères, le 8 janpereur son maitre, cependant, lorsqu'il déclare vier 1808. parler au nom d'une autre puissance, la cour à

IV. laquelle il s'adresse ne croit pas devoir admettre une communication semblable, et en faire la base

Négociation à la suite de l'entrevue d'Erfurth. d'une mesure publique et importante, à moins

No 1. qu'il ne lui soit présenté une autorisation précise

Copie de la lettre de LL. MM. les empereurs de à cet effet, et un document spécial et authentique.

France et de Russie à S.M. le roi d'Angleterre, D'après la teneur de la note du prince Starhemberg, il parait que la note du soussigné, du 23 no

Erfurth, le 12 octobre 1808. vembre, a été communiquée au gouvernement

SIRE, français. Le gouvernement français est donc Les circonstances actuelles de l'Europe nous muni d'un gage solennel et authentique des dis- ont réunis à Erfurth. Notre première pensée est positions pacitiques de Sa Majesté. Il en résulte de céder au væu et aux besoins de tous les que Sa Majesté a le droit d'altendre un gage éga- peuples, et de chercher, par une prompte pacificalement solennel et authentique des dispositions tion avec l'otre Majesté, le remède le plus efficace réciproques de la France, avant que l'on exige aux malheurs qui pèsent sur toutes les nations. d'elle des explications ultérieures.

Nous en faisons connaître notre sincère désir à La proposition faite à Sa Majesté d'envoyer des Votre Majesté par cette présente lettre. négociateurs à Paris, sans qu'il soit fait mention La guerre longue et sanglante qui a déchiré le d'une réciprocité de mesures précises et osten- continent est terminée, sans qu'elle puisse se resibles de la part de la France, sur les déclarations nouveler. Beaucoup de changements ont eu lieu déjà faites au nom de Sa Majesté, est si éloignée en Europe : beaucoup d'Etats ont été bouleversés. de fournir la preuve d'une disposition réciproque, La causé est dans l'état d'agitation et de malheurs qu'elle ne peut être considérée par Sa Majesté que où la cessation d'un commerce maritime a placé comme renfermant un doule inexcusable de la les grands peuples. De plus grands changements sincérité des déclarations de Sa Majesté.

encore peuvent avoir lieu, el tout contraires à Mais ce défaut d'une autorisation formelle et la politique de la nation anglaise. La paix est d'une assurance réciproque n'est pas le seul vice donc à la fois dans l'intérêl des peuples de la matériel de cette communication du prince Star- Grande-Bretagne. hemberg.

Nous nous réunissons pour prier Votre Majesté Sa Majesté est invitée à envoyer des plénipo- d'écouter la voix de l'humanité, en faisant taire tentiaires à Paris, sans qu'on lui donne la plus celle des passions, de chercher, avec l'intention légère connaissance des bases sur lesquelles on d'y parvenir, à concilier tous les intérêts, et par veut fonder cette négociation.

là garantir toutes les puissances qui existent et Si on avait pu mettre en question qu'il fut né- assurer le bonheur de l'Europe et de cette génécessaire d'établir préalablement la base de la né- ration à la tête de laquelle la Providence nous a gociation pour fonder l'espérance de son heu- placés. reuse conclusion, l'expérience de la dernière

NAPOLÉON. ALEXANDRE. négociation avec la France aurait mis la chose

No 2. hors de doute. Elle a également démontré le désavantage et

Copie de la lettre du ministre des relations extél'inconvénient d'une négociation à Paris.

rieures à M Canning. Sa Vajesté veut traiter avec la France, mais elle (Jointe à la lettre des deux empereurs). ne veut traiter que sur le pied d'une égalité par

Ersurih, le 12 cctobre 1808. faite. Elle est prèle à traiter avec les alliés de la Monsieur, France; mais la négociation doit également em- J'ai l'honneur d'adresser à Votre excellence une brasser les intérêts des alliés de la Grande-Bretagne. lettre que l'EMPEREUR DES FRANÇAIS et celui de

Aussitól que les bases d'une négociation auront toutes les Russies écrivent à S. M. britannique. été déterminées d'une manière satisfaisante, et Sans doute la grandeur et la sincérité de cette qu'on sera convenu d'un lieu contre lequel il démarche seront appréciées : on ne peut attribuer pe puisse êlr« fait d'objection, Sa Majesté sera à faiblesse ce qui est le résultat de l'intime liaison disposée à nommer des plénipotentiaires pour se des deux plus grands monarques du continent, réunir à ceux des autres puissances engagées unis pour la paix com ne pour la guerre. dans la guerre : mais Sa Majesté ne consentira S. M. L'EMPEREUR m'a chargé de faire connaitre pas du nouveau à envoyer ses plénipotentiaires à Votre Excellence qu'elle a nommé des plénipodans une capitale hostile.

tentiaires, qui se rendront dans la ville du conMais, lorsque Sa Majesté a permis au soussigné tinent où s. M. le roi de la Grande-Bretagne et d'adresser cette exposition franche et nullement ses alliés enverront leurs plénipotentiaires. Quant équivoque de ses sentiinents au ministre de l'em- aux bases de la négociation, Leurs Majestés sont pereur d'Autriche, elle a en même temps chargé disposées à adopter celles précédemment proposées par l'Angleterre même, savoir, l'uti possi- partie daos la négociation, est entendue detis, et toute autre base fondée sur la justice et sur sentie par la France. la réciprocité et l'égalité qui doivent régner entre Lorsqu'on aura reçu la réponse de Votrd toutes les grandes nations.

lence sur ce point, et aussitôt que Sa Maje J'ai l'honneur d'étre, etc.

naîtra les sentiments du roi de Suède Signé CHAMPAGNY. gouvernement d'Espagne, je recevrai l'o

Sa Majesté de correspondre avec votre Exc No 3.

sur les autres points de votre lettre. Copie de la lettre de M. le comte Romanzoff à J'ai l'honneur, etc. M. Canning.

Signé GEORGE CANNING. (Jointe à la lettre des deux empereurs).

No 6.
Erfurth, le 12 octobre 1808.
Monsieur,

Traduction de la note de M. Canning adr

M. le comte de Champagny. J'envoie à Votre Excellence une lettre que les

(Jointe à la lettre du même jour.) Empereurs écrivent au roi d'Angleterre. S.M. l’Empereur de Russie se flatte que l'Angleterre appré

Londres, le 28 octobre 1808 ciera la sincérité et la grandeur de cette démar- Le roi a constamment déclaré qu'il désii che : elle ne peut attribuer à faiblesse ce qui est

paix, et qu'il était prêt à entrer en négod le résultat de l'union intime des deux plus grands pour une paix générale, sur des termes con monarques du continent, unis pour la paix comme à ce qu'exigent l'honneur de sa couronn pour la guerre.

lidélité à ses engagements, le repos durable Sa Majesté m'a chargé de faire connaître à

sécurité de l'Europe. Sa Majesté répète cet Votre Excellence qu'elle a nommé des plénipoten

claration. tiaires, qui se dirigeront sur la ville du continent,

Si l'état du continent est un état d'agitati où S. M. le roi d'Angleterre et ses alliés dirigeront de misère, si plusieurs Etats ont été renvers leurs plénipotentiaires; et que, quant aux bases

d'autres encore sont menacés de l'ètre, c'es de la négociation, Leurs Majestés ne trouvent pas

consolation pour le roi de penser qu'au d'inconvénient à adopter toutes celles précédem

partie de ces convulsions qu'on a déjà éprou ment proposées par l'Angleterre même, savoir,

ou dont on est menacé pour l'avenir, ne per l'uti possidetis, et toute autre base fondée sur la

aucun point, lui étre imputée. justice et sur la réciprocité et l'égalité qui doi- Le roi reconnaît volontiers que d'aussi vent régner entre toutes les grandes nations.

bles changements sont en effet contraires J'ai l'honneur d'être, etc.

politique de la Grande-Bretagne. Signé COMTE DE ROMANZOFF.

Si là cause de tant de misère se trouve da

stagnation des relations commerciales, quoiq No 4.

ne dut point attendre de Sa Majesté qu'elle a Copie de la lettre de M. Canning à M. de Cham

seulement avec regret que le système ima pagny.

pour la destruction du commerce de ses sujet.

retombé sur ceux qui en ont été les auteur (Remise au courrier français porteur des premières

les instruments, cependant il n'est ni dans lettres.)

dispositions de Sa Majesté, ni dans le carac Londres, 22 octobre 1808.

du peuple sur lequel elle régne, de se réjouir Monsieur,

privations et des malheurs des nations mêmes J'ai l'honneur d'accuser réception à Votre Ex

se sont coalisées contre lui. cellence de la lettre qu'elle m'a adressée d'Er- Sa Majesté désire avec sollicitude la fin furth, en date du 12 courant, et à Jaquelle était

souffrances du continent. jointe une lettre adressée au roi mon maître. En s'engageant dans la guerre actuelle, el

Je ne perdrai pas de temps à mettre ces lettres eu pour objet immédiat la sûreté nationale. C sous les yeux de Sa Majesté, et å vous en trans- guerre ne s'est prolongée que parce que ses mettre les réponses à Paris par un messager.

nemis n'ont offert aucun moyen de la termi J'ai l'honneur d'être, etc.

avec sécurité et d'une manière honorable. Signé GEORGE CANNING.

Mais, dans le cours d'une guerre commen pour sa propre défense, de nouvelles obligati

ont été imposées à Sa Majesté en faveur des pu Traduction de la lettre de M. Canning à M. le sances que les agressions d'un ennemi comm comte de Champagny.

ont forcées de faire cause commune avec elle, (Apportée par un courrier apglais.)

qui ont sollicité l'assistance et l'appui de Sa a

jesté pour le recouvrement de l'indépendance i Londres, le 28 octobre 1808. tionale. Monsieur,

Les intérêts de la couronne de Portugal et ce Ayant mis sous les yeux du roi mon maître les de Sa Majesté Sicilienne sont confiés à l'amitié deux lettres que Votre Excellence m'a transmises à la protection de Sa Majesté. d'Erfurth, dont une était adressée à Sa Majesté, Sa Majesté tient au roi de Suède par les lie j'ai reçu l'ordre de Sa Majesté de répondre à cette de la plus étroite alliance, et par des stipulatio lettre par la note ofiicielle que j'ai l'honneur de qui unissent leurs conseils pour la paix comr joindre ici.

pour la guerre. Il m'est ordonné d'ajouter que Sa Majesté ne Sa Majesté n'est encore liée à l'Espagne p tardera pas à communiquer au roi de Suède et aucun acte formel ; mais elle a contracté av au gouvernement d'Espagne les propositions qui cette nation, à la face de l'univers, des engag ont été faites à Sa Majesté.

ments non moins sacrés, et qui, dans l'opinion Votre Excellence sentira qu'il est nécessaire que Sa Majesté, la lient autant que les traités les plı Sa Majesté reçoive, sans délai, l'assurance que solennels. l'admission du gouvernement d'Espagne, comme Sa Majesté suppose donc qu'en lui proposal

No 5.

des négociations pour la paix générale, les rela- 28 de ce mois, et qui m'est parvenue ce matin, tions subsistant entre elle et la monarchie espa- ainsi que de la note officielle qui y était jointe. gnole ont été claireinent prises en considération, Je ne tarderai pas à faire parvenir ces pièces à la et que l'on a entendu que le gouvernement agis- connaissance de SA MAJESTÉ IMPÉRIALE; et aussisant au nom de Ferdinand Vil serait partie dans tôt que ses intentions me seront connues, je les négociations dans lesquelles Sa Majesté est in- m'empresse rai d'envoyer un autre courrier à vitée à entrer.

Votre Excellence.
N° 7.

Je la prie d'agréer, etc.
Copie de la lettre de M. Canning à l'ambassadeur

Signé CHAMPAGNY. de Russie à Paris.

N° 9. (Cette lettre a été remise à M. de Romanzoff. Copie de la lettre de M. le comte Romanzoff Elle était accompagnée d'une note de M. Canning,

à M. Canning. en date du 28 octobre, entièrement conforme à (Remise au courrier anglais porteur de la lettre celle adressée à M. de Champagny.)

du 28 octobre.)
Londres, le 28 octobre 1808.

Paris, le 31 octobre 1808.
Monsieur l'ambassadeur,

Monsieur,
Ayant mis sous les yeux du roi mon maitre les

Le prompt départ du courrier anglais qui m'a deux lettres que M. le comte Nicolas de Roman- remis la lettre de Votre Excellence, en date du zoff m'a transmises d'Erfurth, j'ai reçu les ordres de Sa Majesté de répondre à celle qui lui est

28 de ce mois, m'oblige de me borner en ce moadressée, par la note officielle que j'ai l'honneur

ment à vous en accuser la réception. Je me féli

cite de ce que mon arrivée à Paris m'a mis à d'envoyer ci-jointe à Votre Excellence. Quelque disposée qu'aurait pu être Sa Majesté à

portée de recevoir moi-même cettre lettre adressée

à l'ambassadeur de Russie; et M. de Tolstoï, qui répondre directement à S. M. l'empereur de Rus- occupait ce poste, ayant été rappelé par l'Empeşie, vous ne sauriez ne pas sentir, Monsieur l'am

reur mon maître, pour être remplacé par le prince bassadeur, que par la façon inusitée dont les let

Kourakin, je me vois avec plaisir dans le cas de tres signées par Sa Majesté Impériale ont été rédi

correspondre directement avec Votre Excellence. gées, et qui les a privées entièrement du caractère

J'ai l'honneur, etc. d'une communication particulière et personnelle,

Signé COMTE N. DE ROMANZOFF. Sa Majesté s'est trouvée dans l'impossibilité de se servir de cette marque de respect envers l'empe

N° 10. reur de Russie, sans reconnaître en même temps Copie de la note adressé e par S. Exc. le comte des titres que Sa Majesté n'a pas reconnus.

de Champagny à M. Canning. J'ai ordre d'ajouter au contenu de la note officielle, que Sa Majesté s'empressera de commu

(Réponse à la note du 28 octobre.) niquer à S. M. le roi de Suède, et au gouvernement

Paris, le 28 novembre 1808. actuel de l'Espagne, les propositions qui lui ont Le soussigné a mis sous les yeux de l’EMPEété faites.

REUR son maitre la note de S. Exc. M. Canning. Votre Excellence verra qu'il est de toute néces

S'il était vrai que les maux de la guerre ne se sité que Sa Majesté soit immédiatement assurée fissent sentir que sur le continent, il y aurait sans que la France reconnaisse le gouvernement de doute peu d'espérance d'arriver à la paix. l'Espagne comme partie à toute négociation. Les deux Empereurs s'étaient flattés qu'on ne

Que telle soit l'intention de l'empereur de se serait pas mépris à Londres sur le but de leur Russie, Sa Majusté ne peut pas en douter.

démarche. Le ministre anglais l'aurait-il attribuée Sa Majesté se rappelle avec satisfaction le vif in- à faiblesse ou besoin, lorsque tout homme d'Etat térêt que Sa Majesté Impériale a toujours témoigné impartial reconnaitra, dans l'esprit de paix et de pour le bien-etre et la dignité de la monarchie modération qui l'a dictée, le caractère de la puisespagnole, et elle n'a pas besoin d'autre assurance sance et de la véritable grandeur ? La France et que Sa Majesté Impériale ne saurait avoir été in- la Russie peuvent soutenir la guerre aussi longduite à sanctionner par sa concurrence ou par son temps qu'on ne sera pas revenu à Londres à des approbation, des usurpations dont le principe n'est dispositions justes et égales; et elles y sont dépas moins injuste que l'exemple en est dangereux terminées. pour tous les souverains légitimes. Aussitôt que Comment le Gouvernement français peut-il conles réponses sur cet objet auront été reçues, et sidérer la proposition qui lui est faite d'admettre que Sa Majesté aura appris les sentiments de à la négociation les insurgés espagnols ? Qu'aurait S. M. le roi de Suède et ceux du gouvernement de

dit le Gouvernement anglais, si on lui avait prol'Espagne, je ne manquerai pas de prendre les posé d'admettre les insurgés catholiques d'Irordres de Sa Majesté pour les communications à lande ? La France, sans avoir de traité avec eux, faire sur les objets ultérieurs de la lettre de M. le a eu aussi avec eux des rapports, leur a fait des comte de Romanzoff.

promesses, et souvent leur à envoyé des secours. J'ai l'honneur d'être, etc.

Une telle proposition pouvait-elle trouver place Signé GEORGE CANNING,

dans une note où l'on devait avoir pour but, non N° 8.

d'irriter, mais de chercher à se concilier et à

s'entendre! Copie de la lettre de M. le comte de Champagny à L'Angleterre serait dans une étrange erreur, si, M. Canning.

contre l'expérience du passé, elle avait encore (Remise au courrier anglais porteur de la lettre l'idée de lutter avec avantage sur le continent du 28 octobre.)

contre les armées françaises ! Quel espoir auraitParis, le 31 octobre 1808. elle, aujourd'hui surtout que la France est irréMonsieur, S. M. L'EMPEREUR mon maitre étant vocablement unie avec la Russie ? parti de Paris, je ne veux pas attendre ses ordres Le soussigné est chargé de réitérer la proposipour accuser réception à Votre Excellence de la tion d'admettre à la négociation tous les alliés du lettre qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire le roi d'Angleterre, soit le roi qui règne au Brésil,

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