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soit le roi qui règne en Suède, soit le roi qui règne, Britannique de désigner; d'admettre au congrès en Sicile, ci de prendre pour base de la négocia- les plénipotentiaires des rois alliés de l'Angletion l'uti possidetis. Il est chargé d'exprimer le terre; de traiter sur la base de l'uti possidetis et vậu qu'en ne perdant pas de vue les résultats celle de la puissance respective des parties bellinécessaires de la force des Etats, on veuille se gérantes, d'accepter enfin toute base qui aurait souvenir qu'entre grandes puissances, il n'y a de pour but de conclure une paix dans laquelle toutes paix solide que celle qui est en même temps égale les parties trouveraient honneur, justice et égalité. et honorable pour toutes.

Le soussigné a l'honneur, etc. Le soussigné a l'honneur, etc.

Signé COMTE N. DE ROMANZOFF.
Signé CHAMPAGNY.

No {3.
No 11.

Copie de la lettre de M. Canning à M. de ChamCopie de la lettre de M. le comte de Romanzoff

pagny. à M. Canning.

(Remise au courrier français qui avait apporté les (Accompagnant sa note du même jour.)

lettres du 28 novembre.) Paris, le 16-28 novembre 1808.

Londres, le 7 décembre 1808. Monsieur,

Monsieur, Je transmets à Votre Excellence ma réponse à J'ai l'honneur d'accuser réception à Votre Excella note du 28 octobre, qu'elle a bien voulu adresser lence de sa lettre du 28 de ce mois dernier, et de å M. le comte de Tolstoi, et je saisis avec empres- la note officielle qui y était jointe. sement cette nouvelle occasion de lui réitérer les Aussitôt que j'aurai reçu les ordres du roi au assurances de ma baute considération.

sujet de cette note, je ne manquerai pas de vous Signé COMTE ROMANZOFF. transmettre la réponse que Sa Majesté m'aura orNo 12.

donné de faire, par un messager anglais.

J'ai l'honneur, etc. Copie de la note de M. le comte de Romanzoff

Signé GEORGE CANNING. à M. Canning.

No 14.
Paris, le 16-28 novembre 1808.

Copie de la lettre de M. Canning à M. le comte de Le soussigné, ministre des affaires étrangères

Romanzoff. de S. M. l'Empereur de Russie, a l'honneur de répondre à la note du 28 octobre, signée par

(Remise au courrier français qui avait apporté les M. Canning, secrétaire d'Etat de S. M. le roi de

lettres du 28 novembre.) la Grande-Bretagne, et adressée par S. Exc. à

Londres, le 7 décembre 1808. M. l'ambassadeur de Russie à Paris,

Monsieur le comte, Que l'admission des rois alliés de l'Angleterre Je ne larderai pas de transmettre à Votre Excelau congrès ne peut être l'objet d'aucune difficulté lence, par un courrier anglais, la réponse que le et que la Russie et la France y consentent. roi mon maître m'ordonnera de faire à la note

Mais ce principe ne s'étend pas du tout à ce officielle qui était jointe à la lettre de Votre Excelqu'il faille y admettre les plénipotentiaires des lence en date du 16-28 du mois passé, dont j'ai insurgés espagnols. L'Empereur de Russie pe le l'honneur d'accuser la réception. peut pas; son empire dans des circonstances ana- Je prie Votre Excellence d'agréer, etc. logues, et l'Angleterre peut s'en rappeler une par

Signe GEORGE CANNING. ticulière, a toujours été fidèle au même principe :

No 15. de plus, il a déjà reconnu le roi Joseph Napoléon; il a annoncé à Sa Majesté Britannique, qu'il était

Copie de la lettre de M. Canning à M. le comte de uni avec l’EMPEREUR DES FRANÇAIS pour la paix

Champagny. comme pour la guerre, et Sa Majesté Impériale le (Apportée par un deuxième courrier anglais.) répète ici. Elle est résolue de ne pas séparer ses

Londres, le 9 décembre 1808. intérêts de ceux de ce monarque; mais tous les Monsieur, deux ils sont prêts à conclure la paix, pourvu qu'elle soit juste, honorable et égale pour toutes

J'ai l'honneur de transmettre à Votre Excelles parties.

lence la réponse ci-jointe, que Sa Majesté m'a Le soussigné voit avec plaisir que, dans cette

ordonné de faire à la note officielle que Votre différence d'opinions sur les Espagnols, il ne se

Excellence m'a adressée dans sa lettre du 28 noprésente rien qui puisse empêcher ou retarder

vembre. l'ouverture du congrés. Il tire sa persuasion, à cet

J'ai l'honneur, etc. égard, de ce que Sa Majesté Britannique a confié

Signé GeorgE CANNING. elle-même aux deux Empereurs qu'aucun enga

No 16. sement positif ne la liait avec ceux qui ont pris | Copie de la note de M. Canning adressée à M. le les armes en Espagne.

comte de Champagny. Après quinze ans de guerre, l'Europe a droit de réclamer la paix. L'intérêt de toutes les puis

( Accompagnant la lettre du même jour.) sances, y compris celui de l'Angleterre, est de la

Londres, le 9 décembre 1808. rendre générale. L'humanité le commande, et un Le soussigné, principal secrétaire d'Etat de pareil væu ne sera cerainement pas étranger au Sa Majesté pour les affaires étrangères, a mis ceur de Sa Majesté Britannique. Comment se ferait- sous les yeux du roi son maître la note qui lui il que seule elle s'éloignât d'un pareil dessein et a été transmise par Son Excellence M. Champagny, refusât de terminer les maux de l'humanité souf- en date du 28 novembre. frante ?

Il lui est spécialement ordonné par Sa Majesté Le soussigné renouvelle par conséquent, au de s'abstenir de relever les choses et les expresnom de l'Empereur, son auguste maître, la pro- sions insultantes pour Sa Majesté, pour ses alliés position déjà faite d'envoyer des plénipotentiaires et pour la nation espagnole, dont abonde la note dans la ville du continent, qu'il plaira á Sa Majesté officielle transmise par M. de Champagny.

Sa Majesté aurait désiré traiter sur les principes lence de sa lettre du 9 de ce mois, et de la note d'une justice égale, d'une paix qui aurait con- officielle qui l'accompagnait; je m'empresserai cilié les intérèls respectifs de Toutes les puis. de faire parvenir cette nole à la connaissance de sances engagées dans la guerre ; et Sa Majesté de l'EMPEREUR mon maître. regrette sincèrement que ce désir soit trompe. J'ai l'honneur de renouveler à votre Excel

Mais Sa Majesté est déterminée à ne pas aban- lence, etc. donner la cause de la nation espagnole et de

Signé CHAMPAGNY. la royauté légitime d'Espagne ; et la prétention de la France d'exclure de la négociation le gou

No.19. vernement central et suprême, agissant au nom

Copie de la lettre de M. le comte de Romanzoff de S. M. C. Ferdinand VII, esi telle , que Sa

à M. Canning. Majesté ne pourrait l'admettre sans acquiescer à ( Remise au courrier anglais porteur des lettres une usurpation qui n'a rien de comparable dans

du 9 décembre. ) l'histoire du monde.

Paris, le 1-13 décembre 1808. Le soussigné prie, etc. Signé GEORGE CANNING.

Le courrier que j'avais adressé à Votre Excel

lence est revenu ici, et m'a apporté la lettre N° 17.

qu'elle m'a fail l'honneur de m'écrire le 7 déTraduction de la note adressée par M. Canning

cembre; quelques heures après, le courrier qu'elle à M. le comte de Romanzoff.

a envoyé à Paris m'a remis une lettre de la part

de Votre Excellence, sans date, et qui était ( Apportée par un courrier anglais. ) accompagnée d'une note datée du 9 décembre :

Londres, le 9 décembre 1808. je vais transmettre le tout à la connaissance de Le soussigné, principal secrétaire d'Etat de Sa l'Empereur mon maître. Majesté pour les affaires étrangères, à mis sous J'ai l'honneur d'être, etc. les yeux du roi son maitre la note qui lui a été

Signé Comte N. DE ROMANZOFF. transmise par Son Excellence le comte Nicolas de

1° 20. Romanzoff, ministre des affaires étrangères de Sa Majesté l'empereur de toutes les Russies, en Déclaration de Sa Majesté le roi d'Angleterre, date du 16-28 novembre.

du décembre 1808, insérée dans le Courrier Le roi voit avec étonnement et regret l'attente de Londres du 16 décembre. que l'on parait avoir conçue que Sa Majesté com- Les ouvertures faites à Sa Majesté par les goumen cerait uve négociation pour la paix générale,

vernements de Russie et de France n'ont abouti en abandonvant d'abord la cause de la nation

à aucune négociation ; et les communications espagnole et de la monarchie légitime d'Espagne,

auxquelles ces ouvertures ont donné lieu étant par déférence pour une usurpation qui n'a rien de comparable dans l'histoire du monde.

terminées, Sa Majesté croit devoir, sans délai et Sa Majesté avait espéré que la part qu'avait

publiquement, faire connaître qu'elles sont ter

minées. l'empereur de Russie dans les ouvertures qui lui

La continuation d'une négociation apparente, étaient faites, aurait offert à Sa Majesté une garantie contre la crainte de se voir proposer une

quand la paix est reconnue absolument impos

sible, ne pouvait être avantageuse qu'à l'ennemi. condition aussi injuste dans ses effets, aussi dan- Elle aurait donné à la France le moyen de segereuse dans son exemple.

mer la défiance et la jalousie dans les conseils Et Sa Majesté ne peut concevoir par quelle obli

de ceux qui se sont réunis pour résister à son gation de devoir ou d'intérêt, ou par qụel prin- oppression ; et si, parmi les nations qui présencipe de politique russe, Sa Majesté Impériale tent contre la France une indépendance doupeut s'élre trouvéc forcée de reconnaitre le droit

teuse et précaire, il s'en trouve qui, même en ce que s'est arrogé la France de déposer et d'empri

moment, balançent entre la ruine certaine qui sonner des souverains ses amis, et de s'attribuer

résultera d'une inaction prolongée, et les dangers à elle-mème la souveraineté sur des nalions

incertains d'un effort pour échapper à cette ruine, loyales et indépendantes. Si tels sont les principes auxquels l'Empereur

la perspective trompeuse d'une paix entre la

Grande-Bretagne et la France ne manquerait pas s'est in violablement attaché, pour le soutien des

d'être singulièrement funeste à ces nations. Le quels il a engagé l'honneur et les ressources

vain espoir du retour de la tranquillité pourrait de son empire, et s'il s'est uni à la France pour

ralentir leurs préparatifs, ou la crainte d'être les établir par la guerre et les maintenir dans

abandonnées à elles-mêmes pourrait ébranler la paix, Sa Majesté voit avec un profond regret

leurs résolutions. une détermination qui doit aggraver et prolonger Sa Majesté était bien persuadée que tel était, les maux de l'Europe ; mais on ne peut lui attri

dans le fait, le principal objet de la France dans buer d'occasionner la continuation des calamités

les propositions transmises d'Erfurth à Sa Majesté. de la guerre, en faisant évanouir toute espérance

Mais au moment où des résultats si imposants d'une paix compatible avec la justice et l'hon

par leur importance, ou si redoutables par leur neur.

incertitude, pouvaient dépendre de la détermiLe soussignéprie Son Excellence de recevoir, etc.

nation de continuer la guerre ou de faire la Signé GEORGE CANNING.

paix, le roi a cru se devoir à lui-même de s'asNo 18.

surer, au delà même de la possibilité d'un doute, Copie de la lettre de M. le comte de Champagny

des vues et des intentions de ses endemis. à M. Canning.

Sa Majesté se refusait à croire que l'empereur

de Russie se fùi si aveuglément et si falalement ( Remise au courrier anglais porteur des lettres dévoué à une puissance avec laquelle Sa Majesté du 9 décembre. )

Impériale s'était malheureusement alliée, qu'elle Paris, le 13 décembre 1808. était préparée à seconder ouvertement l'usurpaMonsieur,

tion de la monarchie espagnole, et à reconnaitre J'ai l'honneur d'accuser réception à Votre Excel- et à soutenir le droit, que s'est arrogé la France, de déposer et d'emprisonner des souverains amis, PEREUR mon frère, je me suis constamment ocet d'usurper l'obéissance des nations indépen- cupé des affaires du royaume. Si j'ai pu effacer dantes.

quelques impressions défavorables, ou du moins C'est pourquoi, lorsqu'il fut proposé à Sa Ma- les modifier, je dois avouer que je n'ai pas réussi jesté d'entrer en négociation pour une paix géné- à concilier dans son esprit l'existence et l'indérale, de concert avec les alliés de Sa Majesté, et pendance du royaume avec la réussite et le sucde traiter, ou sur la base d'uti possidetis, qui a cès du système continental, et en particulier de déjà été le sujet de tant de discussions, ou sur la France contre l'Angleterre. Je me suis assuré toute autre base compatible avec la justice, l'hon- que la France est fermement décidée à réunir la neur et l'égalité, Sa Majesté se détermina à l'é- Hollande, malgré toutes les considérations, et pondre à cette sincérité et cette modération ap- qu'elle est convaincue que son indépendance ne parentes avec une sincérité et une modération peut plus se prolonger sì la guerre maritime conréelles de la part de Sa Majesté.

tinue. Dans cette cruelle certitude, il ne nous Le roi déclara qu'il était disposé à entrer dans reste plus qu'un espoir, c'est celui que la paix une négociation de cette nature, de concert avec maritime se négocie : cela seul peut détourner ses alliés, et s'engagea de leur communiquer sur- le péril imminent qui nous menace; et sans la le-champ les propositions qui avaient été faites réussite de ces négociations, il est certain que à Sa Majesté. Mais comme Sa Majesté n'était point c'en est fait de l'indépendance de la Hollande, liée avec l'Espagne par un traité d'alliance en qu'aucun sacrifice ne pourra prévenir. Ainsi l'informe, Sa Majesté jugea nécessaire de déclarer tention claire et formelle de la France est de tout que les engagements qu'elle avait contractés à la sacrifier pour acquérir la Hollande, et augmenter face de l'univers avec cette nation, étaient con- par là, quelque chose qu'il doive lui en coûter, sidérés par Sa Majesté comme aussi sacrés et les moyens à opposer à l'Angleterre. Sans doute aussi obligatoires pour elle que les traités les l'Angleterre aurait tout à craindre d'une pareille plus solennels, et d'exprimer la juste persuasion augmentation de côtes et de marine pour la de Sa Majesté, que le gouvernement d'Espagne, France. Il est donc possible que leur intérêt agissant au nom de Sa Majesté Catolique Ferdi- porte les Anglais à éviter un coup qui peut leur nand VII, était considéré comme partie dans la être aussi funeste. négociation.

Je vous laisse le soin de développer cette idée Dans la réponse faite par la France à cette avec toute l'énergie qui sera nécessaire pour faire proposition de Sa Majesté, elle écarte l'artifice bien sentir au gouvernement anglais l'importance mal ourdi auquel elle avait eu recours pour de la démarche qui lui reste à faire. Faites bien remplir l'objet du moment, et montre même, valoir auprès de lui tous les arguments et toutes dans les ménagements ordinaires, l'arrogancé les considérations qui se présenteront à votre et l'injustice de ce gouvernement. La nation esprit. Faites la démarche dont il s'agit de vousespagnole tout entière y est désignée sous la mêmes, sans que j'y sois nullement mentionné. dénomination dégradante d'insurgés espagnols, Mais il n'y a pas de temps à perdre; envoyez de et la demande d'admettre le gouvernement d'Es- suite quelqu'un d'un commerce sûr et discret en pagne comme partie dans une négociation, re- Angleterre, et envoyez-le-moi de suite dès qu'il jetée comme inadmissible et insultante.

sera de retour. Faites-moi savoir l'époque à laAvec autant d'étonnement que de douleur, Sa quelle il pourra l'être; car nous n'avons pas de Majesté a reçu de l'empereur de Russie une ré- ternps à perdre : il ne nous reste plus que peu ponse semblable en substance, quoique moins de jours. Deux corps de la Grande-Armée marinconvenante dans le ton et la manière. L'empe- chent sur le royaume ; le maréchal Oudinot vient reur de Russie flétrit du nom d'insurrection les de partir pour en prendre le commandement. Faiglorieux efforts du peuple espagnol en faveur de tes-moi savoir ce que vous aurez fait en conséson souverain légitime et de l'indépendance de quence de cette lettre, et quel jour je pourrai sa patrie, donnant ainsi la sanction de l'autorité avoir la réponse d'Angleterre. de Sa Majesté Impériale à une usurpation qui n'a

No 2. pas d'exemple dans l'histoire du monde.

Le roi n'eût pas hésité à saisir l'occasion de Instructions données par le ministère hollandais consentir à une négociation qui eût pu offrir l'es

à M. Labouchère. poir ou la perspective d'une paix compatible L'objet de la commission dont, à la demande avec la justice et l'honneur.

des soussignés, M. Pierre-César Labouchère s'est Sa Majesté regrette profondément qu'elle se chargé, est de faire connaître au gouvernement soit terminée d'une manière qui doit aggraver et d'Angleterre qu'en conséquence des renseigneprolonger les calamités de l'Europe. Mais ni ments parvenus au ministère hollandais, et qui l'honneur de Sa Majesté, ni la générosité de la

ont toute l'apparence d'authenticité, le destin de nation britannique, ne permettaient à Sa Majesté la Hollande, c'est-à-dire le maintien ou la perte de consentir à entrer en négociation, en aban- de son existence politique, dépend des disposidonnant un peuple brave et fidèle, qui combat tions qui pourraient avoir lieu de la part du goupour la conservation de tout ce qui est cher à vernement anglais pour parvenir à une prompte l'homme, et dont Sa Majesté s'est solenpellement paix avec la France, ou du moins pour faire un engagée à seconder les efforts dans une cause changement réel dans les mesures adoptées par dont la justice est si évidemment manifeste. le susdit gouvernement, par rapport au commerce V.

et à la navigation des neutres.

Ledit sieur Labouchère doit par conséquent se Démarches du ministère: hollandais auprès du rendre, avec toute la promptitude possible, à ,

Londres, où, de la manière et par les voies qu'il No 1.

trouvera le plus convenables, il cherchera à por

ter le susdit état de choses à la connaissance du LE ROI A SES MINISTRES.

ministère anglais et de toute autre personne qui Messieurs,

pourrait servir au but proposé ; et il lui sera perDepuis six semaines que je suis auprès de l'Em- mis, en cas de besoin, de faire savoir qu'il rem

du pays.

plit cette mission avec le consentement du par la voie la plus sûre, un récit détaillé de tougouvernement hollandais, qui, à cause de l'au- tes ses démarches, des réponses qu'on lui aura thenticité des susdits renseignements, portant faites, et de tout ce qui concerne så mission. que, sans le susdit changement dans le système Cependant, si, après avoir reçu une réponse de l'Angleterre, la perte de l'indépendance de la aux ouvertures par lui faites, il trouvait nécesHollande est absolument inévitable, avait cru saire, pour le succès de la cause, de la porter luipouvoir fermer les yeux sur toutes les considé- même à la connaissance de Sa Majesté le roi de rations et difficultés, pour tenter tout ce qui Hollande, il sera libre de le faire ; mais dans ce pourrait servir à maintenir l'existence politique cas-là, quoique Sa Majesté puisse encore se trou

ver à Paris, il fera son voyage par la Hollande, Il cherchera ensuite à faire envisager au gou- et en aucune manière il ne se rendra de l'Anglevernement anglais combien il serait avantageux terre directement en France. à l'Angleterre que la Hollande ne tombât point Au reste, on lui recommande particulièrement sous la domination souveraine de l'empire fran- le secret le plus rigoureux sur toute cette affaire, çais, et qu'elle restât toujours une puissance indé- ainsi que la plus grande prudence et discrétion pendante. Il emploiera, pour prouver celte asser- dans l'exécution de la commission à lui confiée. lion, tous les arguments que la cause elle-même Amsterdam, le 1er février 1810. pourra lui fournir et qui lui sont connus.

Signé VAN DER Heim, J.-H. MOLLERUS. S'il trouve au gouvernement anglais cetle con

N° 3. viction, ou s'il parvient à la faire naître, il làchera de l'engager à contribuer au maintien de

Traduction d'une note de communication verbale l'existence politique de ce pays, et en se prétant

du marquis de Wellesley à M. Labouchère, le promptement à des négociations tendant à par- 12 février 1810. venir à une paix générale, ou du moins, dans le La malheureuse situation de la Hollande a fait cas où de pareilles négociations ne pourraient naître depuis longtemps dans ce pays-ci des senètre promptement entamées et déterminées, en timents d'intérêt et de compassion, et ces sentidonnant des assurances satisfaisantes de ses in- ment s'accroissent naturellement à chaque surtentions de faire quelque changement dans le croit des maux auxquels la Hollande est en proie; système adopté par les décrets du conseil d'An- mais la Hollande ne peut s'attendre que ce pays-ci gleterre du mois de novembre 1807, et dans les fasse le sacrifice de ses propres intérêts et de 'mesures qui en ont été les conséquences.

son honneur. Il doit surtout appuyer sur ce dernier objet, La nature de la communication qui a été reçue afio, dira-t-il, de s'opposer à l'empressement de de la part de M. Labouchère, permet à peine que la France d'occuper la Hollande. Il ajoutera que, l'on fasse la moindre observation touchant une dans le cas où un relâchement ou un change- paix générale; elle ne fournit pas même un moment du susdit système serait adopté, on pour- tif à répéter les sentiments que le gouvernement rait se flatter qu'outre la non-occupation de la anglais a si souvent déclarés sur cette matière. Hollande, la guerre, tant qu'elle doit encore du- On peut néanmoins remarquer que le gouvernerer, prendrait enfin de nouveau la tournure et la ment français n'a pas manifesté le moindre sympmarche moins désastreuse qu'elle avait il y a tôme d'une disposition à faire la paix, ou à se trois ans, et qu'il en résulterait un peu plus de départir en aucune manière des prétentions qui probabilité d'un rapprochement, en ce qu'alors jusqu'ici ont rendu inutile la bonne volonté du on ne verrait plus aucun niotis pour l'EMPEREUR gouvernement anglais pour terminer la guerre. DES FRANÇAIS 'de laisser subsister les décrets de La même observation peut s'appliquer à la conBerlin et de Milan, que SA MAJESTÉ IMPÉRIALE n'a duite du gouvernement français dans la guerre pris qu'en conséquence des ordres du conseil qu'il fait au commerce ; guerre dans laquelle il anglais de novembre 1807.

a été l'agresseur, et qu'il poursuit avec un acharSi cependant le gouvernement anglais, après nement qui ne se dément pas un instant. C'est avoir prété l'oreille à ces insinuations, fait des à tort que, dans la note remise par M. Labouchère, difficultés pour s'expliquer là-dessus définitive- il est dit que les ordres du conseil d'Angleterre ment, avant d'etre informé positivement des in- ont donné lieu aux décrets français contre la natentions du gouvernement français à cet égard, vigation du commerce des neutres : les ordres il doit demander que le gouvernement anglais dé- du conseil n'ont point été le motif, mais la conclare s'il veut faire dépendre sa résolution d'ar- séquence des décrets français. Les décrets franriver à des négociations de paix, ou du moins à çais sont encore en vigueur, nulle mesure n'a été un changement dans les susdits ordres de no- prise pour leur rappel. Il n'est point raisonnable vembre 1807, des insinuations susdites et encore de s'aitendre que nous nous reláchions en aucune particulièrement de l'évacualion de la Hollande manière des mesures de défense personnelle que par les troupes françaises, et du rétablissement commande notre sûreté , et qui puissent nous de tout sur le pied où se trouvaient les choses mettre à l'abri des attaques de l'ennemi, parce avant la dernière invasion des Anglais en Zélande, que lui-même souffre par suite des mesures qu'il en ajoutant telles autres conditions sur lesquel- a prises, et cependant de témoigne aucune disles le susdit gouvernement pourrait croire devoir position à s'en relâcher. insister avant de prêter la main aux mesures

(Sans signature.) proposées, afin qu'on ait ainsi des données sûres

No 4. avant de lui faire connaitre les intentions du gouvernement français.

Compte rendu par M. Labouchère. Quelle que soit la réponse du gouvernement

Londres, le 12 février 1810. anglais à ces représentations, pourvu qu'elle Le sousigné ayant reçu de Leurs Excellences n'exclue pas tout espoir de parvenir au but qu'on

les ministres la mission de se rendre en Anglese propose, et que les circonstances le lui permet- terre avec des instructions écrites sur la marche tent, il prolongera provisoirement son séjour à à tenir pour communiquer au gouvernement anLondres, et, en attendant, il enverra aux soussi- glais la position de la Hollande, et de lui insinuer gnés, aussi promptement qu'il est possible, et les moyens qui paraissaient les plus capables de détourner le sort qui menaçait le pays, s'est de- n'occupe qu'imparfaitement l'esprit du public, suite rendu à la Brielle. Arrivé le 2 février, il en que l'habitude le réconcilie avec la continuation est reparti le 3, a mis pied à terre à Yarmouth le de la guerre, et que les conséquences, loin de -5 au soir, s'est desuite mis en route pour Lon- s'en faire ressentir maintenant, sont plutôt favodres et y est arrivé le 6 au soir. Dès le 7 au matin, rables à l'intérêt particulier; il a fait demander audience à M. le marquis de Que le système des restrictions commerciales Wellesley, ministre des affaires étrangères, qui la est inhérent au ministère actuel, et, par la même lui a accordée pour le même jour, à cinq heures et raison, est l'objet de la critique de l'opposition; demie. Après avoir communiqué à Son Excellence qu'il est donc vraisemblable que, pour le moment la teneur de ses instructions et discuté à fond la on continuera d'agir, du plus au moins, d'après question principale, il a quitté le ministre avec ces restrictions, lant vis-à-vis de l'Amérique que la promesse qu'il mettrait ses communications de toutes les autres puissances; devant le conseil, et lui ferait connaitre le ré- Que le ministère anglais considère une ferme sultat de ces communications.

adhésion à ce système comme le meilleur moyen N'ayant pas reçu d'intimation de Son Excel- d'affecter sérieusement les ressources de la France, lence jusqu'au 1, le soussigné adressa quel- et de combattre son système d'influence sur le ques lignes au ministre pour le solliciter de le continent, et que toutes tentatives de la part de mettre à même de donner quelques avis ou in- nations ennemies pour le ramener à d'autres dices des idées et des dispositions du gouverne- idées, ne produiront probablement qu'un effet ment anglais par une occasion sur son départ. contraire; En conséquence, il reçut, le 12 au matin, une Que cependant il ne faut pas en inférer une invitation pour le même jour à neuf heures du résolution fixe de repousser toute proposition de soir, à laquelle il s'est rendu, et il y a reçu une paix : peut-être même qu'il s'imagine que c'est communication non officielle ni signée, dont la voie d'amener le plus promptement la France copie ci-jointe.

à s'occuper sérieusement de quelques moyens Dans cette nouvelle conférence, il a été ques- d'opérer un rapprochement; peut-être encore que, tion du degré de probabilité qu'il pouvait y avoir si ceci avait lieu, il se montrerait facile sous bien dans aucun cas, que ces premières démarches, des rapports; mais plutôt, que cela se fonde sur quelle que fût la conduite du ministre britanni- la conviction que, dans ce moment, le gouverneque, amenassent des idées de rapprochement de ment français n'a aucunes vues sérieuses de paix la part de la France, et surtout de l'inconvenance qui puissent s'accorder avec les principes avoués qu'il y aurait pour l'Angleterre d'admettre en du gouvernement anglais, el qu'il s'occupe uniprincipe, qu'ayant une fois pris des mesures de quement à poursuivre ses dispositions quant à représailles, comme le ministre les dénomme, l'Espagne et au Portugal, lesquelles dispositions celles-ci dussent de nécessité cesser avec les seront toujours l'obstacle le plus sérieux au suc. causes qui les avaient amenées.

cès de toutes les négociations qui pourraient Il a paru que le ministère anglais attache infi

s'entamer ; niment de poids et d'importance à ces mêmes Que dans l'ensemble des considérations du jour, ordres du conseil, qui forment l'objet immédiat celles qui concernent la Hollande n'entrent que de la démarche du gouvernement de Hollande, comme extrêmement secondaires, et que l'idée de et que, soit que la France en convienne ou non, l'impossibilité qu'aucune convention relative à le ministère est convaincu qu'il n'y a pas de ce pays put jamais, sous l'influence de la France, moyen plus efficace d'énerver les ressources de présenter aucune chance de sûreté pour l'Anglela France. En effet, ces inesures semblent former terre, à moins d'être liée à une question générale, la base fondamentale du système sur lequel le émousse tout l'intérêt que d'ailleurs ce pays par ministère actuel fonde tous ses principes et toute lui-même ne manquerait pas d'inspirer, au point sa conduite, et il semblerait que, tant que pourra même de ne pas donner accès aux motifs extrêdurer la guerre, ce n'est que d'un changement de mement importants qui devraient déterminer å ministère que l'on pourrait attendre d'autres mc- considérer cette question séparément, et sous un sures et d'autres vues.

point de vue immédiat. Le ministre a ensuite considéré que tandis que, Le soussigné n'apercevantdans cet état de choses d'un côté, il était extrêmement incertain si au- nulle chance de succès dans les démarches ultécune déclaration ou mème concession de sa part rieures que le gouvernement de Hollande pouramènerait des changements utiles, de l'autre, il rait être tenté d'essayer, à moins que ces démarserait toujours impossible de compter sur leur ches ne se trouvent spécialement appuyées par stabilité, et que, dans tous les cas, toute marche la France, et qu'ainsi, quant à ce pays, son sort qui lui paraitrait incompatible avec son honneur se trouve entièrement lié à la question de la paix et sa dignité, demeurait proscrite par le fait même, générale, il croit, conformément à la teneur de alors qu'elle semblerait se concilier avec ses in- ses instructions, ne pas devoir prolonger inutiletérêts.

ment son séjour dans ce pays. Le soussigné a tâché de convaincre le ministre En conséquence, il se propose de se remettre que, dans cette circonstance particulière, l'inté- en mer sous peu de jours; et dès son arrivée, il rêt général bien entendu et la prospérité perma. aura l'honneur de se présenter chez Leurs Excelnente de tout Etat commerçant, exigeaient impé- lences les ministres, afin de leur rendre verbalerieusement de ne pas regarder avec indifférence ment un compte ultérieur et détaillé de tout ce la crise dans laquelle se trouve la Hollande; de qui a rapport à la mission dont ils l'ont chargé, coopérer, au contraire, à détourner l'orage. Il et qu'il a tâché de remplir avec lout le zèle et la s'est même retranché à ne demander qu'une dé- sollicitude que l'importance du sujet ne pouvait claration conditionnelle; mais le résultat qu'il manquer de lui inspirer. Il prie, en attendant, transmet, est le seul auquel il ait pu parvenir. Leurs Excellences d'agréer l'assurance de son resSon observation générale et les renseignements pect. qu'il a pu recueillir, conduisent aux conditions

Signé LABOUCHÈRE. suivantes :

Que la question principale de paix ou de guerre Après la lecture du rapport du ministre et des

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