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avec une colonne de dix mille hommes, de s'em- MY. Barbier-Delandrevie, le chevalier de Boisparer de cette capitale, et d'y établir aussitôt un Savary, Laborde et Faure ayant réuni la majonouveau système : il part ei réussit. Vainement rité absolue des suffrages, sont proclamés secréles efforts des mécontents et la révolte tentent taires du Corps législatif. de détruire son ouvrage : il les rend inutiles par La séance est levée et ajournée à lundi. des mesures prudentes et énergiques.

Après tant de fatigues, il espérait jouir d'un repos nécessaire à sa santé, mais bientôt il est

SÉNAT CONSERVATEUR. envoyé sur le Rhin pour réduire la forteresse d'Erenbreistein; il en resserre étroitement le blo

Séance du luudi 27 décembre 1813. cus, et les portes lui en sont ouvertes le 7 pluviðse an VII : un sabre, des pistolets, une lettre

PRÉSIDENCE DE S. A. S. LE PRINCE ARCHICHANCEhonorable du ministre de la guerre, furent les

LIER DE L'EMPIRE. gages de la satisfaction du gouvernement, et il

Au nom de la commission spéciale nommée obtint enfin une retraite commandée de plus en dans la séance du 22 de ce mois, M. le sénateur plus par son affaiblissement et ses infirmités; elle

comte de Fontanes, l'un de ses membres, obfut suivie, en l'an XII, du grade de commandant tient la parole, et lait à l'Assembée le rapport de la Légion d'honneur, et, en 1807, de celui de suivant : commandant de l'ordre et de la Couronne-de-Fer.

« MONSEIGNEUR, Il ne jouit pas longtemps du repos qui était devenu un besoin pour lui. En mars 1809, il fut

« SÉNATEURS, appelé au commandement de la 23e division roi- « Le premier devoir du Sénat envers le molitaire, à Wesel. Au mois d'août, il passa à celui narque et le peuple, est la vérité. Les circonde la 'lre division de l'armée de Hollande, pour stances extraordinaires où se trouvent la patrie s'opposer aux projets des Anglais sur Anvers, et rendent ce devoir plus rigoureux encore. il répondit honorablement à cette nouvelle marque « L'EMPEREUR invite lui-même tous les grands de confiance.

corps de l'Etat à manifester leur libre opinion. Tel est, Messieurs, le précis de sa vie militaire ; Peosée vraiment royale! salutaire développement il y aurait, comme je vous l'ai annoncé, beau- de ces institutions monarchiques où le pouvoir coup de détails intéressants à ajouter; mais concentré dans les mains d'un seul se fortifie de comme il ne serait pas possible de les insérer la confiance de tous, et qui, donnant au trône dans un discours de la nature de celui que vous la garantie de l'opinion nationale, donne aux voulez bien entendre avec bienveillance en fa- peuples, à leur tour, le sentiment de leur dignité, veur de son objet, le tableau sommaire que je trop juste prix de leurs sacrifices! viens de vous présenter suffit pour faire appré- < Des intentions aussi magnanimes ne doivent précier les titres du militaire à la mémoire du- point être trompées. quel cet hommage est destiné. Je ne puis néan- « En conséquence, la commission nommée moins terminer sans vous rappeler brièvement dans votre séance du 22 décembre, et dont j'ai les droits personnels qu'il s'était acquis à l'es- l'honneur d'être l'organe, a fait le plus sérieux time et à l'attachement du Corps législatif et de examen des pièces officielles mises sous toutes les personnes qui ont eu des rapports yeux, d'après les ordres de S. M. L'EMPEREUR, avec lui.

el communiquées par M. le duc de Vicence. Le Corps législatif a été dans le cas de le bien « Des négociations pour la paix ont comjuger pendant les cinq ans qu'il a passés dans son mencé; vous devez en connaitre la marche. Il sein ; les diverses preuves de confiance qu'il y a ne faut point prévenir notie jugement. Un récit reçues vous attestent l'opinion dont il y était en

.

simple des faits, en éclairant votre opinion, doit vironné et les sentiments qu'il avait inspirés à préparer celle de la France. ses collègues. Ils avaient reconnu le bon esprit « Quand le cabinet de l'Autriche quitta le rôle dont il était animé; son caractère de franchise et de médiateur, quand tout fit juger que le congrès de loyauté, son excellent cour, la justesse et la de Prague était prêt à se rompre, l'EMPERECH droiture de son jugement, son discernement et voulut tenter un dernier effort pour la pacificasa modestie, son obligeance et la droiture de ses tion du continent. intentions, son amour de l'ordre, son dévoue- « M. le duc de Bassano écrivit à M. le prince ment au bien général, le firent remarquer

de Metternich. avantageusement dans cette carrière, comme ses « Il proposa de neutraliser un point sur la fronvertus militaires l'avaient fait distinguer dans tière, et d'y reprendre la négociation de Prague celle des armes. Chéri de ses amis, considéré et dans le cours mème des hostilités. estimé par ses concitoyens, heureux par sa fa- « Malheureusement ces premières ouvertures mille qui était heureuse par lui, n'ayant pas en- ont été sans eftet. core parcouru son douzième lustre, la nature L'époque de cette démarche pacifique est semblait lui réserver encore plusieurs années importante. Elle est du 18 août dernier. Le souve.. d'un bonheur sans nuages; mais de trop longues nir des journées de Lutzen et de Bautzen était fatigues avaient affaibli avant le temps dans son récent. Ce you contre la prolongation de la être les sources de la vie; en se tarissant pour guerre est donc, en quelque sorle, exprimé à la lui, elles ont ouvert en nous celle des souvenirs date de deux victoires. et des regrets, et dans ses jeunes enfants celles de « Les instances du cabinet français furent la douleur, de la reconnaissance et du désir de se vaines, la paix s'éloigna, les hostilités recommenrendre un jour dignes d'un tel père.

cèrent, les événements prirent une autre face. Le Corps législatif ordonne l'impression du Les soldats des princes allemands, naguères nos discours de M. le chevalier Riboud, et arrète qu'il alliés, ne montrèrent plus d'une fois, en combatsera inséré en entier dans son procès-verbal. tont sous nos drapeaux, qu'une fidélité trop équi

L'ordre du jour appelle la continuation du voque; ils cessèrent tout à coup de feindre, et scrutin pour la nomination des quatre secré- se réunirent à nos ennemis. taires.

« Dès lors les combinaisons d'une campagne

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ouverte si glorieusement ne purent avoir le suc- qu'on n'en avait accusé la réception que le 10, cès attendu.

Dans l'intervalle, une gazette, aujourd'hui « L'EMPEREUR reconnut qu'il était temps d'or- sous l'influence des puissances coalisées, a pudonner à ses Français d'évacuer l'Allemagne. blié dans toute l'Europe une déclaration qu'on dit

Il revint avec eux combattant presque à chaque être revêtue de leur autorité. Il serait triste de le pas, et, sur l'étroit chemin où tant de défections croire. éclatantes et de sourdes trahisons resserraient sa « Ceite déclaration est d'un caractère inusité marche et ses mouvements, des trophées encore dans la diplomatie des rois. Ce n'est plus aux rois ont signalé son retour.

comme eux qu'ils développent leurs griefs et « Nous le suivions avec quelque inquiétude qu'ils envoient leurs manifestes ; c'est aux peuau milieu de tant d'obstacles dont lui seul poule ples qu'ils les adressent : et par quels motifs vait triompher. Nous l'avons vu avec joie revenir adopte-t-on cette marche si nouvelle? c'est pour sur sa frontière, non avec son bonheur accou- séparer la cause des peuples et celle de leurs tumé, mais non pas sans héroïsme et sans gloire. chefs, quoique partout l'intérêt social les ait con

« Rentré dans sa capitale, il a détourné les fondues. Cet exemple ne peut-il pas etre funeste? yeux de ces charnps de bataille où le monde faut-il le donner surtout à cette époque où les l'admira quinze ans, il a détaché même sa pensée esprits, travaillés de toutes les maladies de l'ordes grands desseins qu'il avait conçus... Je me gueil, ont tant de peine à fléchir sous l'autorité sers de ses propres expressions; il s'est tourné qui les protége en réprimant leur audace? et vers son peuple, son caur s'est ouvert, et nous y contre qui cette attaque indirecte est-elle dirigée? avons lu nos propres sentiments.

contre un grand homme qui mérita la reconnais« Il a désiré la paix, et dès que l'espérance sance de tous les rois; car, en rétablissant le d'une négociation à paru possible, il s'est em- trône de la France, il a fermé le foyer de ce volpressé de la saisir.

can qui les menaçait tous. « Les circonstances de la guerre ont conduit « Il ne faut pas dissimuler qu'à certains égards M. le baron de Saint-Aignan au quartier général ce manifeste extraordinaire est d'un ton modéré. des puissances coalisées. Là, il a vu le ministre Cela prouverait que l'expérience des coalitions autrichien, M. le prince de Metternich, et le mi- s'est perfectionnée. nistre russe, M. le comte de Nesselrode. Tous « On s'est souvenu peut-être que le manifeste deux, au nom de leur cour, ont posé devant lui, du duc de Brunswick avait irrité l'orgueil d'un dans un entretien confidentiel, les bases prélimi- | grand peuple. Ceux même en effet qui ne partanaires d'une pacification générale. L'ambassadeur gaient point les opinions dominantes à cette époanglais, le lord Aberdeen, était présent à cette que, en lisant ce manifeste injurieux, se sentirent conférence. Remarquez bien ce dernier fait, Sé- blessés dans l'honneur national. nateurs, il est important.

« On a donc pris un autre langage. L'Europe, « M. le baron de Saint-Aignan, chargé de trans- aujourd'hui fatiguée, a plus besoin de repos que mettre à sa cour tout ce qu'il avait entendu, s'en de passions. est acquitté fidèlement.

Mais, s'il y a tant de modération dans les con« Quoique la France eut droit d'espérer d'au- seils ennemis, pourquoi, parlant toujours de paix, tres propositions, l’EMPEREUR a tout sacrifié au menacent-ils toujours des frontières qu'ils avaient désir sincère de la paix.

promis de respecter quand nous n'aurions plus « Il a fait écrire à M. le prince de Metternich, que le Rhin pour barrière ? par 1. le duc de Bassano, qu'il admettait pour « Si les ennemis sont si modérés, pourquoi ontbase de la négociation le principe général con- iis violé la capitulation de Dresde? pourquoi n'onttenu dans le rapport confidentiel de M. de Saint- ils pas fait droit aux nobles plaintes du général Aignan.

qui commandait cette place? « M. le prince de Metternich, en répondant à « S'ils sont si modérés, pourquoi n'ont-ils pas M. le duc de Bassano, a paru croire qu'il restait établi le cartel d'échange conformément à tous un peu de vague dans l'adhésion donnée par la les usages de la guerre? France,

« S'ils sont si modérés enfin, pourquoi ces proAlors, pour lever toute difficulté, M. le duc tecteurs des droits des peuples n'ont-il pas resde Vicence, après avoir pris les ordres de Sa Ma- pecté ceux des cantons suisses? pourquoi ce gouJESTÉ a fait connaitre au cabinet d'Autriche qu'elle vernement sage et libre, qui s'était déclaré neutre adhérait aux bases générales et sommaires commu- à la face de l'Europe, voit-il dans ce moment ses niquées par M. de Saint-Aignan. La lettre de M. le vallées et ses montagnes paisibles ravagées par duc de Vicence est du 2 décembre; elle a été reçue tous les fléaux de la guerre? le 5 du même mois; M. le prince de Metternich n'a « La modération n'est quelquefois qu'une ruse répondu que le 10. Ces dates doivent être soigneu- de la diplomatie. Si nous voulions employer le sement relevées; vous jugerez bientôt qu'elles ne même artitice en attestant aussi la justice et la sont pas sans quelque conséquence.

bonne foi, qu'il nous serait aisé de confondre nos « On peut concevoir de justes espérances pour accusateurs par leurs propres armes ! la paix en lisant la réponse de M. le prince de « Cette reine échappée de la Sicile, et qui d'exil Metternich à la dépêche de M. le duc de Vicence; en exil a porté son infortune chez les Ottomans, seulement, à la fin de sa lettre, il annonce qu'avant prouve-t-elle au monde que nos ennemis aient d'ouvrir la négociation, il faut en conférer avec tant de respect pour la majesté royale? les alliés. Ces alliés ne peuvent être que les An- « Le souverain de la Saxe s'est mis à la disposiglais. Or, leur ambassadeur assistait à l'entretien tion des puissances coalisées. A-t-il trouvé les acdont M. de Saint-Aignan avait été témoin. Nous tions d'accord avec les paroles? Des bruits sinisne voulons point exciter de défiance; nous ra- tres se répandent en Europe; puissent-ils ne pas contons.

se réaliser! Voudrait-on punir la foi des serments « Nous avons marqué avec soin la date des sur ce front royal vieilli par l'âge et les douleurs, dernières correspondances entre le cabinet autri- et couronné de tant de vertus? chien ; nous avons dit que la lettre de M. le duc « Ce n'est point du haut de cette tribune qu'on de Vicence avait dû parvenir le 5 décembre, et outragera les gouvernements qui se permettraient

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SIRE,

même de nous outrager; mais il est permis d'ap- | lent encore. La France a reçu aussi quelques at-
précier à leur juste valeur ces reproches si an- teintes ; mais elle est loin d'être abattue; elle
ciens et si connus, prodigués à toutes les puis- peut être fière de ses blessures comme de ses
sances qui ont joué un grand rôle depuis Charles- triomphes passés. Le découragement dans le mal-
Quint jusqu'à Louis XIV, et depuis Louis XIV heur serait encore plus inexcusable que la jae-
jusqu'à l'EMPEREUR. Ce système d'envahissement, de tance dans le succ's. Ainsi donc, en invoquant la
prépondérance, de moriarchie universelle fut tou- paix, que les préparatifs militaires soient partout
jours un cri de ralliement pour toutes les condi- accélérés et soutiennent la négociation. Rallions-
tions; et du sein même de ces coalitions étonnées nous autour de ce diadème ou l'éclat de cinquante
de leur imprudence s'éleva souvent une puissance victoires brille à travers un nuage passager. La
plus ambitieuse que celle dont on dénonçait l'am- fortune ne manque pas longtemps aux nations qui
bition.
* Les abus de la force sont marqués en carac-

de se manquent pas à elles-mêmes.

« Cet appel à l'honneur national est dicté par tères de sang dans toutes les pages de l'histoire. l'amour même de la paix, qu'on n'obtient point Toutes les nations se sont égarées; tous les gou- par la faiblesse, mais par la constance, de cette vernements ont commis des excès, lous doivent se paix enfin que l’EMPEREUR, par un nouveau genre pardonner.

de courage, promet d'accorder au prix de grands Si, comme nous aimons à le croire, les puis- sacrifices. Nous avons la douce confiance que ses sances coalisées forment des veux sincères pour veux et les nôtres seront réalisés, et que cette la paix, rien ne s'oppose à son rétablissement. brave nation, près de si longues fatigues et tant

« Nous avons démontré, par le dépouillement de sang répandu, trouvera le repos sous les ausdes pièces officielles, que l’EMPEREUR veut la paix pices d'un tròne qui eut assez de gloire, et qui ne et l'achètera même par des sacrifices où sa grande veut plus s'entourer que des images de la félicité áme semble négliger sa gloire personnelle pour publique. » ne s'occuper que des besoins de la nation.

Le Sénat a délibéré qu'il serait fait une adresse « Quani on jetle les yeux sur cette coalition à Sa Majesté. formée d'éléments qui se repoussent; quand on Il a renvoyé la rédaction de cette adresse à la voit le mélange fortuit et bizarre de tant de peu- même commission spéciale nommée dans la ples que la nature a faits rivaux; quand on songe séance du 2. que plusieurs, par des alliances peu réfléchies, 1. le duc de Vicence, ministre des relations s'exposent à des dangers qui ne sont point une extérieures, a ensuite donné lecture du rapport chimère, on ne peut croire qu'un pareil assem- ci-après : blage d'intérêts si divers ait une longue duréư. N'aperçois-je pas au milieu des rangs enne

Rapport à S. M. l'Empereur et Roi. mis ce prince né avec tous les sentiments français dans le pays où ils ont peut-être le plus d'activité? Le guerrier qui défendit autrefois la J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de VOTRE France ne peut demeurer longtemps armé contre MAJESTÉ les dépêches de sa légation à Berne, anelle.

nonçant que le territoire et la neutralité de la « Rappelons-nous encore qu'un monarque du Suisse ont été violés par les alliés. Nord, et le plus puissant de tous, mettait na- J'y joins la lettre apportée par MM. Rultimann guères au nombre de ses titres de gloire l'amitié et Wieland, envoyés extraordinaires de la diète du grand homme qu'il combat aujourd'hui. helvétique, et la réponse de VOTRE MAJESTÉ confir

« Nos regards tombent avec confiance sur cet mant la reconnaissance déjà faite par son miempereur que tant de nauds joignent au nôtre; nistre de la neutralité de la Suisse. qui nous fit le plus beau don dans une souve- Pendant que ces envoyés présentaient à VOTRE raine chérie, et qui voit dans son petit-fils l'hé- MAJESTÉ la lettre dont ils étaient porteurs, d'autres ritier de l'empire francais.

envoyés s'étaient rendus à Francfort auprès des « Avec tant de motifs pour s'entendre et se réu- souverains alliés. Ceux-ci promettaient de reconnir, la paix est-elle si difficile ?

naitre aussi la neutralité de la Suisse, et le gé« Qu'on fixe tout à l'heure le lieu des confé- néral en chef de leurs armées donnait partout des rences; que les plénipotentiaires s'avancent de ordres pour la faire respecter. part et d'autre avec la noble volonté de pacifier Pleins de confiance dans ces promesses et dans le monde; que la modération soit dans les con- ces ordres, les Suisses avaient borné leurs préseils ainsi que dans le langage. Les puissances cautions à l'établissement d'un simple cordon. étrangères elles-mêmes l'ont dit dans cette décla- Votre Majesté n'avait aucun corps sur cette fronration qu'on leur attribue : Une grande nation ne

tière. Elle avait voulu éloigner jusqu'à l'idée que pas

déchoir pour avoir éprouvé à son tour des la neutralité des Suisses pùt courir quelques risrevers dans cette lutte pénible et sanglante elle

ques de ce côté. a combattu avec son audace accoutumée.

Mais ce n'est pas seulement la neutralité de la « Sénateurs, nous n'aurions point rempli les Suisse que les alliés ont violée; ils ont envoyé M. de devoirs que vous attendez de votre commission, Senft à Berne pour demander que ce pays reși, en montrant, avec une si parfaite évidence, les nonce à l'acte de médiation et aux conséquences intentions pacifiques de l'EMPEREUR, nos dernières de cei acte qui l'avait rendu si heureux depuis paroles ne rappelaient au peuple ce qu'il se doit dix ans. M. de Senft accompagnait cette demande à lui-même, ce qu'il doit au monarque.

de la déclaration que l'armée alliée allait entrer « Le moment est décisif. Les étrangers tiennent en Suisse. un langage pacifique, mais quelques-unes de nos Dans le même moment, M. de Bubna sommait frontières sont envahies, et la guerre est à nos les troupes de la Confédération d'évacuer leurs portes. Trente-six millions d'hommes ne peuvent postes; le pont de Båle était forcé, et l'armée trahir leur gloire et leur destinée. Des peuples alliée entrait sur différents points. illustres, dans ce grand différend, ont essuyé de En violant de la sorte le ierritoire d'un peuple nombreux revers; plus d'une fois ils ont été mis paisibleet sa neutralité respectée par l'Europe penhors de combat : leurs plaies sanglantes ruisse- dant trois siècles, les alliés ontd'eux-mnèmes donné

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dei general, ser din acele forenet, famililer tal que celle P En foi de quoi la présente a été munie du sceau

la mesure de la confiance que méritent leurs promesses, et montré ce qu'est en effet le respect qu'ils professent pour les droits des nations. Paris, le 27 décembre 1813.

Le ministre des relations extérieures,

Signé CAULAINCOURT, DUC DE VICENCE. Copie de la lettre du landamman de Suisse à S. M.

l'Empereur et Roi. SIRE, Les événements ont marqué le moment où la diète de la Confédération suisse, extraordinairement assemblée, croit devoir proclamer le système que la Suisse veut adopter dans le cours de la présente guerre.

Des les temps de François ler, la neutralité fut un principe fondamental de l'alliance des Suisses avec la couronne de France. Le traité conclu en 1803 l'ayant rappelé et consacré de nouveau, nous restons invariablement fidèles à nos maxiines nationales, en déclarant aujourd'hui notre volonté d'observer envers toutes les puissances, dans le sens le plus absolu et le plus impartial, cette même neutralité sur laquelle repose notre existence politique.

Nous devons, SIRE, à votre bienveillance d'avoir vu disparaître, dans ces derniers temps, un obstacle qui aurait pu la compromettre d'une manière grave. En acquiesçant à nos vieux sur ce point, VOTRE MAJESTÉ IMPÉRIALE ET ROYALE nous a donné de nouveaux motifs d'espérer que la déclaration

favorablement et qu'elle naissance de la garantie réciproque de la neutralité de la Suisse de la part de toutes les puissances.

Dans cette confiance, la diète, Sire, fait des démarches analogues auprès des souverains alliés contre la France. Elle avise en même temps aux dispositions militaires qu'exige la présence de quelques corps de troupes dans le voisinage des frontières de la Suisse.

MM. Vincent Ruttimann, ancien landamman de la Suisse, avoyer du canton de Lucerne, et Jean Henry Wieland, bourgmestre du canton de Bâle, qui se rendent dans votre résidence impériale en qualité de nos envoyés extraordinaires , sont chargés de présenter à VOTRE MAJESTÉ cette lettre et la déclaration de notre neutralité. Nous prions VOTRE MAJESTÉ IMPERIALE ET ROYALE de vouloir bien les accueillir avec bonté, et d'avoir leur mission pour agréable.

Nous sommes, dans les sentiments du plus profond respect,

De VOTRE MAJESTÉ IMPÉRIALE ET ROYALE, Les très-obéissants serviteurs, fidèles alliés et

bons amis. Le landamman, président de la diète générale

de la Suisse,

Signé REINHARD.
Le chancelier de la Confédération,

Signé MOUSSON.
Zurich, le 18 novembre 1813.

DÉCLARATION. Nous, le landamman de la Suisse et les députés des dix-neuf cantons confédérés,

Rassemblés en diète extraordinaire à Zurich, notre ville fédérale, pour aviser, dans les circonstances actuelles de politique et de guerre, à ce qu'exige la situation intérieure de notre patrie et ses rapports avec les hautes puissances étrapgères, déclarons solennellement et à l'unanimité par les présentes :

Que la Confédération suisse, fidèle à ses an

ciennes maximes qui, pendant des siècles, eurent pour base, pour but et pour effet d'éloigner le théâtre de la guerre du territoire de la Suisse, d'en assurer l'inviolabilité de la part de toute armée qui s'approchait de ses frontières, de culliver soigneusement les relations avec les Etats voisins, et d'observer envers tous les procédés et les égards de l'amitié, envisage comme son devoir le plus sacré de rester absolument neutre dans la présenle guerre, et de remplir loyalement et impartialement les devoirs de cette neutralité envers toutes les puissances belligérantes.

Pour soutenir cette neutralité et maintenir l'ordre dans l'étendue du territoire suisse, la diète s'esi déterminée à faire marcher sur les frontières les troupes de la Confélération, et à garantir par les armés la sûreté et l'inviolabilité de son territoire.

Du reste, l'intérêt bienveillant que les cours impériales et royales, actuellement en guerre, ont toujours témoigné pour les destinées de la Suisse, inspire à la diète la pleine confiance que cette neutralité d'un peuple indépen dant, dont l'existence politique réclame essentiellement le repos, de justes ménagements et la sécurité de la paix, n'éprouvera, de leur part, dans aucune circonstance de la guerre, ni atteinte ni lésion, et qu'à cet effet ils donneront aux généraux commandants leurs armées les ordres les plus précis de laisser le territoire suisse intact, et de ne se permettre dans aucun cas d'y prendre poste ou passage de la Confédération et des signatures du landamman de la Suisse et du chancelier fédéral.

A Zurich, le 18 novembre 1813.
Le landamman de la Suisse, président de la diète,

Signé REINHARD.
Le chancelier de la Confédération,

MOUSSON. Copie de la lettre de S. M. l'Empereur et Roi à S. Exc. . Reinhurd, landamman de la Suisse.

« Monsieur Je Landamman, j'ai lu avec plaisir « la lettre que vous ivez chargé M. de Rutti« mann et Wieland, envoyés, extraordinaires de a la Confédération, de me remettre. J'ai appris, ~ avec une particulière satisfaction l'union qui a

régné entre tous les cantons et entre toutes les u classes de citoyens. La neutralité que la diote « a proclamée à l'unanimité est à la fois con« forme aux obligations de vos traités et à vos a plus chers intérêts. Je reconnais cette neutra« lite, et j'ai donné les ordres nécessaires pour

qu'elle soit respectée. Faites connaitre aux « dix-neuf cantons qu'en toute occasion ils peu« vent compter sur le vif intérêt que je leur porte, a ei que je serai toujours disposé à leur donner a des preuves de ma protection et de mon amitié.

« Sur ce, je prie Dieu, Monsieur le Landamman, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. Au palais des Tuileries, le 14 décembre 1813. »

Signé NAPOLÉON. A S. Exc. le ministre des relations extérieures.

Nonseigneur, Hier matin, le général Bubna a eu une conférence avec le colonel Herrenschwand, qui commande les troupes suisses stationnées depuis Bale jusqu'à Laussenbourg, et il lui a déclaré que l'armée alliée, forte de cent soixante mille hommes, entrerait en Suisse dans la nuit du 20 au 21 par Bâle, Rhinfelden et Stein. On dit que le colonel

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Herrenschwand a demandé à en rendre compte à raient mieux aimé succomber avec gloire, et on M. le landamman, et au général de Wattewille; les trouvera bien disposés si on leur fournit l'ocet il paraît que les bataillons suisses qui étaient casion de réparer ce qu'ils appellent une lâcheté sur le Rhin se sont repliés les uns vers Soleure, involontaire. On n'avait jamais autant senti les et les autres sur le quartier général, qui, d'Aarau bienfaits de l'acte de médiation et les avantages s'est retiré à Lentzbourg. On annonce que le de la tranquillité dont a joui ce pays depuis 25, dix mille hommes, dont la plus grande

dix ans. partie de cavalerie autrichienne, arriveront à

J'ai l'honneur, etc. Berne, et que bientôt après, il y passera deux pa

Signé F. ROUYER. reilles colonnes qui se dirigeront successivement sur Genève.

A S. Exc. le ministre des relations extérieures. M. de Senft-Pilsach a continué de presser et d'intriguer ici, pour qu'ou changeât la forme du Lenizbourg, le 21 décembre 1883. gouvernement; mais le petit conseil n'a pas adhéré à cette demande ; et le grand conseil, qui

Monseigneur, s'est assemblé hier et aujourd'hui pour la session Les armées coalisées sont entrées aujourd'hui ordinaire d'automne, ne s'est pas laissé séduire en Suisse, vingt mille hommes par Lauffenbourg, par la promesse que M. de Senft-Pilsach a faite

une colonne de cinq'à six mille hommes entre au nom des puissances alliées, de remettre le Rheinfelden et Båle, où ils ont jeté un pont sur canton de Berne en possession de l'Argovie et le Rhin; on a fait passer vingt à trente mille du pays de Vaud, et de lui donner Bienne et hommes sur le pont de Bale; cinq mille hommes l’Erguel.

de cavalerie qui font partie de sept régiments Aussi ce ministre, mécontent de voir le peu de sont à Zurich. On porte les forces générales des succès de ses démarches, a-t-il reproché aux in- alliés à cent soixante mille hommes. trigants qui sont allés à Francfort, qu'ils y M. le landamman Reinhard a écrit aux canavaient beaucoup trop exagéré l'empressement tons d'envoyer à Zurich des députés, lesquels sequ'on mettait à détruire l'acte de médiation. On ront constitués en diète lorsque les députés de la voit, au contraire, qu'on n'y parviendra que par majorité des cantons seront arrivés. La nominales menaces et la force. Les gens de la campagne tion des députés doit être faite par le petit conseil y sont certainement très-attachés. Ils murmurent et non par le grand conseil, ce qui prouve qu'on hautement de ce qu'on a attiré la guerre en Suisse, veut renverser la constitution. Les alliés sont et disent qu'un our viendra où ils pourront se entrés en Suisse sans qu'on ait tiré un coup de venger des ambitieux des villes.

fusil. Plusieurs cantons ont envoyé des députés pour Une grande partie du peuple Suisse est hondemander des directions à M. le landaminan. teuse d'une conduite pareille. Le plus grand Les paysans de son canton seront certainement nombre tient à l'acte de médiation, et aurait déles plus furieux, si l'on change la constitution fendu sa neutralité s'il avait cru être soutenu. actuelle.

J'ai l'honneur, etc.
On voit maintenant, à ne pouvoir plus en

Signé ROUYER. douter, qu'une armée française en Suisse y trouverait beaucoup de partisans, et que, s'il y avait

PUBLICATION eu un point d'appui un peu fort, la masse du peuple, au moins dans plusieurs cantons, s'y se- Aux troupes de la Confédération suisse. rait sûrement réunie. Je prie Votre Excellence, etc.

Il est annoncé à toutes les troupes fédérales Signé F. ROUYER, secrétaire de légation.

sous les armes, que les armées alliées sont en

trées sur le territoire suisse par différents points, Berne, le 21 décembre 1813, à 10 heures du soir.

et que leur général en chef, le prince Schwarzen

berg, a fait publier à ses armées et fait transA S. Exc. le ministre des relations extérieures.

mettre au général de la Confédération, l'ordre du Berne, le 22 décembre 1813, à 9 h, du soir.

jour ci-dessous, en même temps que les plénipo

tentiaires des cours alliées qui se trouvent en Monseigneur,

Suisse ont remis à S. Exc. le landamman de la Il est arrivé aujourd'hui de la cavalerie autri- Suisse une déclaration contenant les assurances chienne à Soleure ; mais on croit qu'elle se diri- les plus fortes pour le bon traitement du pays et gera sur Bienne, et que d'autres corps entreront des habitants. On doit donc attendre que les le 23 ici. On y est dans une confusion étonnante. troupes fédérales, en rencontrant, dans quelques Le grand conseil a voté des remerciments au endroits que ce soit, des corps étrangers, n'auront petit conseil pour n'avoir pas cédé aux instances aucun désagrément à éprouver, et les officiers, de M. de Senit-Pilsach, et aux menées des intri- sous-officiers et soldats s'empresseront dans de gants bernois qui voulaient qu'on changeât de tels cas à ne donner lieu à aucun désagrément suite la constitution actuelle. Des hommes mar- par leur conduite. Tous les commandants de corps quants par leur nom .et leurs services se sont continueront à maintenir la tranquillité, l'ordre montrés indignés de la tache et de la responsa- et la confiance parmi les troupes sous leur com

ilité qui allaient peser sur la ville de Berne. mandement. La manière dont tous les corps se D'un autre côté, les gens faibles et ceux qui ont sont conduits jusqu'à présent dans ce moment désiré l'entrée des troupes alliées, craignent une critique, me donne la conviction qu'ils attendront réaction et la vengeance dont les menace le paisiblement la marche des événements et les peuple.

décrets de leurs supérieurs.
J'ai l'honneur d'envoyer à votre Excellence la Au quar ier général de Lentzbourg, le 21 dé-
traduction de deux proclamations que je viens de cembre 1813.
me procurer. Tous les bataillons suisses retour-

Le général de la Confédération,
nent dans leurs cantons très-mécontents de la
conduite qu'on leur a fait tenir. Beaucoup au-

Signe R. DE WATTENWYLL.

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