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encore

Jamais peuple n'éprouva une plus terrible désolation, et cependant les malheurs des Juifs n'étaient pas

à leur comble. Bientôt après Antiochus publia un édit qui abolissait le culte du vrai Dieu, et ordonnait à tous ses sujets de se soumettre aux lois et au culte des Grecs. Il consacra le temple de Garizim à Jupiter Hospitalier, et le temple de Jérusalem à Jupiter Olympien. A pollonius, aussi cruel que son maître, fut chargé de l'exécution de cet édit.

Pour mieux assurer la vengeance du roi, Apollonius déguisa d'abord sa fureur sous une feinte modération; il attendit, pour assouvir sa colère, le jour de la célébration du Sabbat. Presque tous les Juifs, qui avaient conservé dans leur coeur le culte de leurs pères, se réunirent autour des autels du Seigneur. Apollonius les fit tous passer au fil de l'épée, livra la ville aux flammes, au pillage, et fit raser ses murailles. Au milieu des débris de la cité sainte , Apollonius fit fortifier un quartier appelé Ville de David, et y rassembla tout ce qui voulut s'y rendre d'hommes perdus et de Juifs apostats, qu'il joignit à ses soldats idolâtres. Ce fut là qu'il renferma toutes les richesses dont il s'était emparé ; et cette citadelle, dit l'Ecriture, devint ainsi le siége du démon et de la tyrannie. Tous ceux qui échappèrent au fer des assassins abandonnèrent la ville sainte; elle ne fut peuplée que d'étrangers.

Apollonius vint rendre compte à Antiochus de l'horrible succès de sa mission; mais le roi, qui voulait étendre partout les malheurs tombés sur Jérusalem, fit publier, dans toutes les villes et les bourgs de la Judée, la défense de célébrer le Sabbat, de circoncire les enfans, et d'offrir des holocaustes au Dieu d'Israël. On y ajouta l'ordre de manger des viandes immondes, d'élever des autels aux faux dieux, et de sacrifier des pourceaux.

Les Juifs, jusque là restés fidèles, furent telle- Idolâtrio. ment effrayés par la ruine de Jérusalem et par la rigueur des supplices qu'attirait toute résistance, qu'on les vit

universellement céder par-. tout à la contagion, abjurer leur Dieu et sacrifier aux idoles.

dos Juifs.

presque

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CHAPITRE VINGT-TROISIÈME.

Fermeté et mort d'Eléazar. — Supplice et mort des Machabées.

-Fuite de Mathathias avec sonfils.-Son entreprise courageuse.
-Sa victoire sur les Perses.—Sa mort.—Exploits de Judas Ma-
chabée.- Arrivée de Judas à Jérusalem.-Ses pieux travaux.-
Ses constructions.- Nouvelles victoires des Juifs. Défaite de
deux généraux Juifs. -- Maladie et mort d'Antiochus. Traité
de paix. — Nouvelle guerre. - Mort de Ménélais.- Nouvelles
victoires de Judas. Mort héroïque d'Eléazar, Trahison
d'Alcime.
Nouvelle guerre.

Victoire de Judas. Son traité avec les Romains, Bataille en Judée. Mort de Judas.

Gouvernement de Jonathas. - Mort d'Alcime. Alliance de Jonathas et d'Alexandre Bala. - Bataille entre eux et Démétrius Soter. Victoire de Jonathas et de Simon. Mort de Jonathas. Gouvernement de Simon. Victoire sur lcs Syriens. - Mort de Simon. - Jérusalem sauvée par Hyrcan.

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ÉLÉAZAR, LES MACHABÉES, JUDAS

MACHABÉE ET SES FRERES.

Au milieu de cet abattement général, on vit briller des traits de courage qui durent faire pressentir au roi la révolte que fait toujours naître l'excès de l'injustice, et lui apprendre qu'il est plus facile de tuer les hommes que de changer leurs opinions et leur culte.

Un vieillard âgé de cent ans, Eleazar, fut un des premiers à donner le signal d'une sainte résis

Fermeté et mort d'Éleazar,

tance *. On employa tour à tour la force et l'adresse pour lui faire manger des viandes immondes ; mais il préféra une mort glorieuse à une vie infâme : « Je demande moi-même le supplice, » dit-il ; j'aime mieux périr que dissimuler. J'é» chapperais à la main des hommes, mais non » pas à celle de Dieu. Je ne veux pas ternir le peu » de jours qui me restent à vivre; j'espère en » mourant laisser aux jeunes gens un exemple de » fermeté qui leur apprendra à préférer la loi de » Dieu à leur propre vie. » Sa vertu irrita ses bourreaux qui le firent périr sous leurs coups.

Le dévouement et la piété d'Éléazar eurent bientôt des imitateurs.

On exposa à des épreuves plus cruelles sept Supplice frères que leur martyre rendit fameux , et que Machabées. l'Ecriture nomme Machabées. Ils étaient jeunes et de famille distinguée ; on louait généralement leur ardente piété. Antiochus crut que leur jeunesse céderait à sa puissance ; qu'il les forcerait à sacrifier aux idoles, et que leur exemple porterait le peu de Juifs restés fidèles à les imiter. Il les fit venir en sa présence ; mais, les trouvant insensibles à ses séductions et à ses menaces, il espéra que la douleur affaiblirait leur courage, les livra tour à tour aux plus affreux tourmens, et rendit leur mère témoin de leur supplice **. On leur

ct mort des

· Avant Jésus-Christ 167.

* An du monde 3837. ** Même année, 3837.

coupa les mains et les pieds, et, lorsqu'ils n'étaient plus qu'un tronc informe, ils furent jetés dans une chaudière pour y trouver la fin de leur existence. Aucun d'eux ne céda au tyran; tous lui parlèrent avec une fière liberté; ils attribuerent leurs malheurs aux péchés du peuple, et prédirent au roi qu'il serait puni et terrassé par ce Dieu qu'il osait combattre.

Antiochus , pensant que sa cruauté lui serait plus nuisible qu’utile si aucun d'eux ne cédait à son autorité , parut s'attendrir un moment en faveur du plus jeune des Machabées. Il employa pour le séduire les caresses et les promesses , lui fit envisager le sort le plus brillant, s'il voulait lui obéir, et engagea sa mère à sauver le seul fils qui lui restât. Mais cette femme courageuse ne parla à fils que pour

l'affermir contre toute crainte, et pour l'empêcher de renoncer à la gloire de ses frères

par une lâcheté. Le jeune enfant demeura fidèle, et le roi furieux le fit périr ainsi que sa mère. Tandis

que toutes les villes de la Judée et des avec ses fils. pays circonvoisins voyaient leurs habitans con

sternés livrés au fer des bourreaux ou à la honte de l'apostasie, Mathathias, prêtre de la famille d'Aaron, révéré dans sa patrie par sa naissance et ses vertus , s'échappa de Jérusalem avec ses fils, non pour fuir le martyre , mais dans l'espoir de défendre l'indépendance de sa nation, son culte,

son

Fuite de Mathathias

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