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tuellement à Nantes, comme gouverneur général des provinces de l'Ouest. On ajoute qu'avant de s'installer à Nantes en cette qualité, il viendra incessamment à Paris prendre les ordres du Roi. Ce prince est arrivé à Bordeaux, le 3, au milieu des témoignages les plus empressés de la joie publique.

Le corps royal des chasseurs de Henri IV, du département du Rhône, qui, dans les momens les plus difficiles, a donné des preuves d'un dévouement sans bornes à la cause du souverain légitime, et qui, tout récemment encore, a préservé la ville de Lyon des désordres de l'anarchie et des réactions, vient d'envoyer une députation au Rot pour offrir à S. M. 2000 hommes qui serviront activement dans ses armées.

-La légion de volontaires royaux, formée dans le département du Nord par M. le général Bourmont, loin d'être licenciée, comme on l'avoit dit, va recevoir, au contraire, une organisation définitive.

-Un journal annonce que le général Brune s'est brûlé la cervelle, à Avignon, dans une émcute dont il étoit l'objet.

-On annonce que la garnison de Valenciennes a conclu un armistice avec les troupes qui assiégeoient cette place, et que les voyageurs peuvent maintenant traverser la ville sans difficulté.

Le 26 juillet, la ville de Bâle a essuyé de la part de la forteresse d'Huningue un affreux bombardement, qui n'avoit point été provoqué, et qui a duré plus d'une heure. On ne sauroit expliquer cet acharnement à prolonger les maux de la guerre sans nécessité comme sans but.

— La ville de La Fère est toujours bloquée étroitement. -Mézières est toujours attaqué et défendu vigoureusement. La tentative faite contre cette place du côté de Charleville n'ayant pas réussi, les alliés ont dirigé leurs efforts contre le côté opposé. Le corps occupé à ce siége vient de se renforcer de trois bataillons et de quelque artillerie. Dans une sortie faite par la garnison, les assiégeans ont perdu six pièces de canon, et ont abandonné une partie de leurs ouvrages. Cependant, ils paroissent déterminés à tenter un assaut qui peut mettre le comble aux malheurs de cette ville, l'une des premières qui ait reconnu le Roi et arboré le drapeau blanc.

Ce siége n'est pas moins funeste pour Cliarleville et les villages voisins, dont les habitans se sout retirés dans les bois avec tout ce qu'ils ont pu emporter. Sedan, qui a onvert ses portes sans résistance, est surchargé de réquisitions; on évalue celles dout le département des Ardennes est frappé, compris les contributions en argent, à près de 7 millions. On espère que le préfet, qu'on attend tous les jours, obtiendra pour ce pays quelque dégrèvement.

Une adresse du principal et des professeurs du collége de Coutances témoigne leur dévouement au Roi et leur joie de son retour. Elle a dû être présentée un de ces jours à S. M. Ces maîtres estimables paroissent mettre au nombre de leurs devoirs les plus importans, le soin d'inculquer à leurs élèves l'attachement et la fidélité au Roi, et ils y ont réussi, si ou en juge par l'ardeur et l'enthousiasme avec lequel ces jeunes gens ont célébré notre délivrance. La jeunesse doit être en effet l'âge qui sent le mieux le bonheur du règne des Bourbons. Elle ne l'aura pas acheté comme nous par de longs malheurs, et elle en jouira plus long-temps.

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TOULOUSE. Ms. le duc d'Angoulême est parti, le 31 juillet, à cinq heures du matin, pour aller visiter la ville de Revel et le bassin de Saint-Ferrol. Ce prince a gagné tous les cœurs dans nos contrées par sou affabilité, son activité et ses soins pour rétablir l'ordre. Toujours à cheval, toujours occupé, il a pris les mesures les plus sages pour l'administration. Il ne peut sortir sans être environné d'une foule nombreuse qui lui exprime par des acclamations réitérées sa joie et son dé

vouement.

ORLÉANS. Cette ville, au milieu des malbeurs de la guerre et des inquiétudes auxquelles elle a été en proie, vient de goûter un moment de bonheur et de joie. Notre préfet, M. de Taleyrand, qui étoit absent, comme on sait, depuis quelque temps, vient de nous être rendu. On lui a fait un accueil digne de son zèle et de son dévouement. On apprit qu'il devoit arriver le 4 de ce mois. Le conseil de préfecture alla au-devant de lui jusqu'à la poste voisine. Le corps municipal, une partie de la garde à cheval, la gendarmerie, et beaucoup d'habitans allerent l'attendre à une lieue de la ville. Il a fait une entrée triomphale. Ayant mis pied à terre à la porte de la ville, il s'est avancé précédé de la musique et accompagné d'une foule

nombreuse. Les cris de vive le Roi, les drapeaux blancs, l'enthousiasme de toutes les classes ont fait diversion à nos chagrins. Il y a eu à la mairie un dîner de famille, où on a bu à la santé du Roi, et apres lequel le préfet a été reconduit chez lui avec de nouvelles acclamations. Des danses.se sont formées dans la cour de la préfecture, et la musique a parcouru les différens quartiers de la ville. Un peuple si reconnoissant méritoit bien, il faut l'avouer, un magistrat si conrageux. Puisse le Roi compter beaucoup de sujets aussi dévoués, et qui sachent dans l'occasion se sacrifier et souffrir, ou pour lui, ou ce qui est la même chose à ses yeux, pour son peuple!

VIENNE (Autriche.) On apprend qu'il a été conclu entre les cours de Naples, de Rome et de Florence, et la cour de Vienne, des conventions qui ont déjà été ratifiées, et en vertu desquelles les cours susdites s'engagent à payer des subsides en argent à l'Autriche pour la restitution de leurs pays. On dit que le royaume de Naples paiera 20 millions de francs, l'Etat de l'Eglise 6 millions, et la Toscane 4 millions et demi. Le feld-maréchal-lieutenant Mohr reste dans te royaume de Naples avec 20,000 hommes, jusqu'à l'entier › acquittement de cette somme. Ancône et Livourne continueront d'avoir une garnisou autrichienne. Le Pape s'étoit déjà engagé précédemment à payer deux millions à l'Autriche pour la restitution des trois légations.

Réflexions sur la nécessité urgente de rétablir la religion dans les armées.

A toutes les époques remarquables par l'avilissement et les désastres qu'entraîne une longue oppression, l'histoire nous montre la dépravation militaire portée à son comble.

Tel fut le vrai principe du continuel soulèvement des légions à la décadence de l'empire romain. Telle fut la source des trahisons, dés conjurations qui firent du trône des Césars le théâtre sanglant de tant de vicissitudes et de catastrophes.

de

La même cause a imprimé le même caractère à cette tyrannie, jour en jour plus accablante, sous laquelle la France a gémi pendant vingt-cinq années.

L'irréligion, l'abrutissement moral, en un mot, la perversité inouie d'une portion de notre armée a creusé sous nos pas l'affreux abime d'où nous venons à peine de sortir, et qui ne tarderoit paș à se rouvrir si le mal que nous déplorons ici devoit subsister encore.

De si terribles leçons seroient-elles perdues? Ah! gardons-nous celin fois d'écouter des insinuations perfides! soyons sourds aux fausses alarmes de nos incurables novateurs. Nous n'avons plus à craindre la rouille et la barbarie des siècles; nous sommes assez guéris des vieux préjugés; il en est de nouveaux dont nous devrions nous défier davantage. Soyons enfin dociles à la voix du bon sens et de l'expérience, et revenons, antapt qu'il se peut, aux sages institutions des plus beaux jours de notre monarchie. Nos anciens héros ne savoient point allier l'honneur avec le parjure, mais ils savoient unir la foi avec la valeur.

Qui ne préféreroit confier la défense de l'Etat aux nobles et religieux sentimens des Crillon, des Bayard, des Duguesclin, plutôt qu'au froid et vil athéisme de ces hommes indignes du nom de guerriers, qui ignorent tout devoir, qui se rient de toute croyance, et pour qui rien n'est sacre?

La régénération morale de l'armée françoise, voilà le plus pressant objet de la sollicitude royale.

L'entreprise est difficile; mais ne pas la tenter ne seroit-ce pas laisser subsister le plus grand obstacle à la stabilité du trône, sans laquelle il n'y aura jamais ni sécurité ni repos pour la France? ne seroit-ce pas désespérer de faire mieux que le tyran? ne seroit-ce pas conserver son plus funeste héritage, et perpétuer cette effroyable corruption d'esprit et de cœur qui en détruisant la foi des sermens a tout détruit?

L'armée françoise, comme toutes les armées de l'Europe, doit avoir enfin une religion, un culte, des instructions, des cérémonies saintes, tout ce qui peut en ce genre se concilier sagement avec la profession des armes.

Pour cette œuvre d'une si havte importance, que chaque diocèse fournisse seulement un ou deux prêtres doués des qualités les plus propres à ce ministère; que, dans l'exercice de ces graves et délicates fonctions, ce corps d'aumôniers soit surveillé, dirigé, soutenu par les soins paternels du grand-aumônier de France, dont l'une des attributions les plus honorables est d'être le premier pasteur, le pontife des armées. Bientôt vous y verrez se développer ce germe précieux des vertus chrétiennes qu'on retrouveroit encore dans le cœur de tant de braves François, et qui se manifeste déjà, nous pouvons l'assurer, parmi l'élite des nobles guerriers constamment restés fidèles à leur Dieu et à leur légitime souverain.

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Les ceux que nous formons ici, dictés par l'amour de la patrie, ne sauroient être rejetés par la saine raison. Là religion est le seul remède qui puisse être appliqué à la plaie la plus profonde et la plus envénimée que nous ayons à guérir. Nos voeux seront donc exaucés, et l'armée du Roi très-chrétien ne sera plus la seule sur la terre sans prétres, sans autels, sans religion, sans culte.

FIN DU QUATRIÈME VOLUME.

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