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Christ leur a dit à tous : Recevez l'Esprit-Saint, les chés que vous remettrez seront remis..., etc., c'est à Pierre seul qu'il a dit : Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux, symbole de la suprême puissance. Réjouissons-nous-en pour le Prince des apôtres; réjouissons-nous-en encore plus pour nous-mêmes : clefs ne lui ont pas été données pour lui, mais pour nous ; pour nous ouvrir les portes du ciel !

COLLOQUE. Avec le bienheureux apôtre saint Pierre. Ou avec saint Jean-Baptiste, martyrisé en ce jour.

car ces

JÉSUS PRÉDIT SA PASSION

ET PRESCRIT LE RENONCEMENT.

1. Prél. Se représenter Jésus, qui nous précède portant sa croix. II. Prél. Demander l'esprit d'abnégation et l'amour de la croix.

1. POINT.

JÉSUS FAIT CONNAITRE AUX APOTRES SA PASSION ET

SA MORT.

CONSIDÉRATIONS. Les apôtres, sans avoir des doutes sur la divinité de leur Maître, n'en croyaient pas moins à sa royauté future sur la terre, et cette pensée flattait agréablement leur vanité. Jésus, qui voulait les désabuser pleinement, leur parla, dit saint Marc, sans détour : Il leur déclara qu'il devait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup, être condamné par les Anciens, par les Princes des Prêtres et par les Scribes; être mis à mort et ressusciter après trois jours. Lå-dessus, Pierre, mù par un zèle mal entendu pour la gloire de son Maître, s'écria : A Dieu ne plaise ! Nun, non, Seigneur, cela ne vous arrivera pas! Parler ainsi, c'était se poser à l'encontre des desseins du

8.

Fils de Dieu, devenu Fils de l'homme pour racheter l'homme par le mystère de la Croix. Aussi, Jésus se tournant vers Pierre le reprit, le menaça et lui dit : Retirezvous de moi, Satan (1); vous m'êtes un sujet de scandale. Car vous ne goûtez pas les choses de Dieu, mais celles du monde. (s. Marc. s. Matt. 16.)

APPLICATIONS. Ce dernier reproche ne s'adresse-t-il pas aussi quelque peu à vous ? Ne montrez-vous pas plus de goût et d'empressement pour l'étude des sciences, pour les lectures légères, pour tout ce qui peut accroître votre réputation et votre bien-être corporel que pour l'étude de la sainteté, pour les lectures spirituelles, pour les pratiques d'humilité, de mortification et de piété ? Examinezvous, et ayez le courage de vous répondre en toute sincérité.

AFFECTIONS. Étonnement. — Confusion. — Repentir.

RÉSOLUTIONS. Ranimer notre ardeur pour notre progrès spirituel.

II. POINT.

JÉSUS NOUS FAIT UN DEVOIR DU RENONCEMENT LE

PLUS ABSOLU.

CONSIDÉRATIONS. L'homme, racheté de la mort éternelle par la mort et la résurrection du Rédempteur, ne devait parvenir à la vie et à la gloire éternelles qu'en marchant sur les traces de Celui qui avait fait une entière abnégation de lui-même. C'est ce que Jésus veut faire comprendre non-seulement aux apôtres, mais à tous les

(1) Ce mot, qui dans la langue sainte signifie proprement adversaire, est spécialement attribué à Lucifer, parce qu'il est l'ennemi capital de Dieu et des hommes.

hommes. Ayant donc appelé auprès de luila foule, — dont il s'était écarté, il dit : Si quelqu'un veut venir après moi, — dans la voie qui mène à la vie éternelle, — qu'il renonce à lui-même. (s. Marc. 8. s. Luc. 9.)

APPLICATIONS. Le renoncement, que Jésus-Christexige ici impérieusement de nous, s'étend à tout ce qui peut mettre obstacle au salut éternel. La vie même n'est pas exceptée. Car celui, dit-il, qui voudra sauver sa vie (aux dépens de ce qu'il me doit), la perdra; et celui qui la perdra pour moi et pour l'Évangile, la sauvera (s. Marc. 8). C'est comme s'il disait : La vie véritable de l'homme, ce n'est pas son existence précaire dans ce monde, mais son existence dans la vie future, éternellement heureuse ou malheureuse. Or celui qui voudra sauver, prolonger sa vie présente aux dépens de ce qu'il me doit, perdra la vie éternellement heureuse; celui au contraire qui préférera la perdre, plutôt que de faire le mal, s'assurera l'éternité heureuse, il aura tout sauvé; l'autre aura tout perdu, sans retour et sans nulle compensation. Car, ajoute-t-il, que servira à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à se perdre; ou que pourra-t-il donner en échange pour son âme (s. Marc. 8) ?

AFFECTIONS. Remerciez votre aimable Sauveur de vous avoir fait comprendre ce raisonnement et de vous avoir donné la pensée et la volonté de sacrifier au besoin tous les biens du temps, plutôt que de vous exposer à perdre les biens de l'éternité.

RÉSOLUTIONS. S'efforcer de mourir de plus en plus à soi-même et au monde.

III. POINT.

JÉSUS NOUS FAIT UNE OBLIGATION DE PORTER LA

CROIX A SA SUITE,

CONSIDERATIONS. Jésus, après avoir dit ces mémorables paroles : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, ajoute ces autres paroles : Et qu'il porte sa croix, chaque jour, et me suive (s. Luc. 9).

APPLICATIONS. Cette dernière condition, bien qu'elle soit contraire à nos inclinations, est cependant d'une exécution moins difficile que la première ; car, remarquez-le bien, ce n'est pas sa croix que Jésus nous oblige de porter, mais la nôtre, beaucoup plus légère que la sienne; d'ailleurs, ce n'est pas, à proprement parler, lui qui nous en charge : la condition de la vie, par suite du péché, nous la rend inévitable; mais, si nous la portons à sa suite pour satisfaire avec lui à la justice divine, pour lui ressembler davantage et être plus près de sa personne dans la gloire, elle nous paraîtra légère; peu à peu nous nous y affectionnerons; elle fera nos délices.

COLLOQUE. Avec sainte Rose de Lima, qui aimait passionnément la croix; car, quoique qu'elle eùt conservé intacte la robe baptismale, elle s'ingenia à pratiquer tous les genres de pénitences. On fait sa fète en ce jour.

DES TROIS DEGRÉS

DE RENONCEMENT OU D'HUMILITÉ.

1. Prél. Je me représenterai la sainte Vierge debout sous la croix de Jésus.

II. Prél. Je demanderai l'amour des souffrances et des mépris endurés pour Jésus.

1. POINT.

PREMIER DEGRÉ DE RENONCIMENT OU D'HUMILITÉ.

CONSIDÉRATIONS. Le renoncement à nous-mêmes et aux créatures, sur lequel Jésus insiste si fortement, admet plusieurs degrés. On en distingue surtout trois : le premier consiste dans la disposition habituelle de tout perdre : biens, réputation, santé, même la vie; et de tout souffrir plutôt que de commettre un péché mortel. Ce premier degré est nécessaire à tout chrétien, qui veut pouvoir dire son acte de charité sans mentir à lui-même, et se conserver dans la voie qui mène à la vie éternelle.

APPLICATIONS. Si vous avez le bonheur de vous être maintenu depuis un temps notable dans ce premier degré, réjouissez-vous-en ; cependant ne vous faites pas illusion: vous ne pouvez vous y maintenir jusqu'à la fin, qu'avec le secours de la grâce, et, dans certaines circonstances, à l'aide d'une grâce spéciale. Soyez donc toujours humble, toujours défiant de vous-même et prompt à recourir à la prière dans les tentations.

AFFECTIONS. Actes de foi, d'humilité, de défiance, -- de recours à la grâce.

RESOLUTIONS. Éviter avec soin l'occasion du péché.

II. POINT. SECOND DEGRÉ DE RENONCEMENT OU D'HUMILITÉ.

CONSIDÉRATIONS. Ce second degré consiste dans la disposition habituelle de tout perdre et de tout souffrir plutôt que de commettre de propos délibéré un péché véniel. Tout vrai et fervent chrétien doit s'efforcer d’en venir lå; de pouvoir se rendre le témoignage qu'il a atteint ce second degré. Sans cela : 1° 1 se maintiendra difficilement

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