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III. POINT, — JÉSUS REMET AU PÈRE L'ENFANT PARFAITEMENT

GUÉRI.

CONSIDÉRATIONS. La foi affermie du père reçut sa récompense : Jésus, continue saint Marc, menaça l'esprit immonde et lui dit : Sors du corps de cet enfant, je te l'ordonne et n'y rentre plus. — Le démon obéit, mais en démon. - Il sortit du possédé, dit l'Évangéliste, en poussant de grands cris et en l'agitant avec beaucoup de violence; et l'enfant demeura comme mort, en sorte que plusieurs disaient : Il est mort. Mais Jésus, le prenant par ·la main, l'aida à se lever, et dès ce moment il fut guéri et Jésus le remit entre les mains de son père. (ss. Marc. et

s. Matt. 17.) APPLICATIONS. Nous avons ici sous les yeux l'image des violentes agitations que le démon excite dans une ame qu'il est forcé de quitter. C'est une espèce d'agonie, mais par laquelle on passe de la mort à la vie, de la tiédeur invétérée à la ferveur et å la plénitude de la vie spirituelle. Peutêtre en savez-vous quelque chose par expérience ? Quoi qu'il en soit, mettez à profit ces lumières pour vous diriger vous-même et pour donner à l'occasion de bons conseils aux autres.

COLLOQUE. Avec notre divin Sauveur.

Luc. 9.

JÉSUS PRÉDIT DE NOUVEAU SA PASSION

AUX APOTRES, PENDANT QU'IL SE REND DU THABOR A

CAPHARNAUM.

I. Prél. Se représenter Jésus marchant au milieu de ses apôtres et s'entretenant avec eux.

II. Prél. Demander l'intelligence, l'estime et l'amour des choses spirituelles,

I. POINT. — JÉSUS PRÉDIT UNE SECONDE FOIS SA PASSION.

CONSIDÉRATIONS. On était au mois d'août de la troisième année de la prédication de Jésus. Jusque-là le Sauveur ne s'était fait entendre que dans la Galilée. Il allait maintenant évangéliser la Judée. Mais, avant de s'y rendre, il voulut visiter une dernière fois Capharnaüm, où il avait fait habituellement sa demeure. Pendant le trajet du Thabor à cette ville, il fit en sorte, dit saint Marc, d'etre seul avec ses apôtres, afin de les entretenir du grand mystère des ignominies et de la mort violente qu'il allait subir dans la capitale de la Judée. Il leur dit donc : Gravez bien dans vos cæurs ce que je vais vous dire : Le Fils de l'homme doit être livré aux mains des hommes. On le fera mourir; et, après avoir été mis à mort, il ressuscitera le troisième jour (ss. Marc. et Luc. 9).

APPLICATIONS. Remarquons, pour notre instruction, d'abord à quel moment le divin Sauveur se rappelle et rappelle aux autres la pensée de sa Passion : c'est quand tout lui sourit, quand l'éclat de ses miracles lui attire des applaudissements universels. — Quand nous avons des succès et qu'on nous applaudit, loin de nous laisser aller à des pensées ou à des paroles de vanité, rappelonsnous plutôt des pensées d'humilité... Rappelons-nous que nous sommes des serviteurs inutiles... des condamnés à la mort, à la flétrissure du tombeau... incertains d'ailleurs si nous sommes dignes d'amour ou de haine! (Eccl. 9.) Est-ce ainsi que vous avez agi? Remarquons ensuite pour quel motif Jésus prédit itérativement aux apôtres sa Passion prochaine : c'est afin qu'ils sachent qu'elle sera l'effet de sa libre volonté et de son amour pour les hommes, et pour qu'ils n'en prennent pas sujet de se scandaliser... Faisons le bien, en sorte qu'il soit bien fait, sous tous les rapports.

AFFECTIONS. Louanges, gloire et actions de grâces à Jésus, notre aimable Sauveur.

RÉSOLUTIONS. S'humilier en toutes choses devant Dieu.

II. POINT. - JÉSUS N'EST POINT COMPRIS PAR LES APOTRES.

ConsidéRATIONS. Mais les apôtres ne comprirent pas, dit saint Luc, ce que Jésus leur disait; ce fut une chose cachée pour eux, en sorte qu'ils n'y entendirent rien (Ch.9). A la vérité, ils entendaient les termes : être livré, être mis à mort, qui étaient très-clairs; mais ils ne comprenaient pas la chose elle-même, parce que, prise à la lettre, elle contrariait trop leur affection pour Jésus et leurs vues ambitieuses. Ils appréhendaient même, ajoute saint Luc, d'interroger Jésus -dessus, dans la crainte, sans doute, d’être plus éclairés qu'ils ne l'auraient voulu, et ils restèrent en proie à une grande tristesse. (s. Matt. 17. 8. Luc. 9.)

APPLICATIONS. Ne voyez-vous pas en vous des traits de ressemblance avec les apôtres, alors encore si imparfaits ?... Que de choses, peut-être, vous sont clairement dites et redites par vos directeurs, choses qui vous paraissent obscures, que vous ne comprenez pas, ou plutôt que vous ne voulez pas comprendre, parce qu'elles contrarient trop vos penchants, parce qu'elles vous obligeruient à faire des efforts pénibles; par exemple : que cette grande liberté que vous accordez à vos yeux et å votre langue est pour vous une source funeste de péchés... qu'aussi longtemps que vous ne renoncerez pas totalement à cette affection trop sensible, à ces lectures, à ces familiarités trop libres, vous n'aurez ni paix, ni pureté de conscience... que par votre manque d'assiduité et de vigilance dans certaines circonstances, vous vous chargez des péchés d'autrui... que vos critiques, vos murmures, vos irrégularités, sont un grave sujet de scandale pour bien des personnes...

AFFECTIONS. Demandez d'être éclairé, touché, converti.

RÉSOLUTIONS. N'imiter jamais ceux qui appréhendent d'interroger leur confesseur sur certains doutes, par crainte d'être troublés dans leur fausse sécurité, ou de devoir faire quelque sacrifice, quelque grand effort, et qui, en attendant, restent privés du plus grand des biens de cette vie, de la paix de l'âme.

III. POINT. JÉSUS JOINT A LA PRÉDICTION DE SA MORT CELLE

DE SA RÉSURRECTION. CONSIDÉRATIONs. Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes. On le mettra à mort; mais, après avoir été mis à mort, il ressuscitera le troisième jour. Une remarque importante à faire, c'est que notre Seigneur ne sépare jamais la prédiction de son ignominieuse Passion de celle de sa glorieuse résurrection.

APPLICATIONS Croyez que c'est pour votre encouragement qu'il agit ainsi, afin que la pensée de la résurrection et des joies du ciel vous soutienne dans le combat spirituel, dans tout ce qu'il suppose de souffrances et de sacrifices. Ranimez votre foi, votre courage.

COLLOQUE. Avec votre saint Patron.

TRIBUT DES DEUX DRACHMES

PAYÉ PAR JÉSUS.

I. Prél. Voir saint Pierre tirant de l'eau le poisson dans lequel il trouve la pièce d'argent réclamée par ceux qui lèvent les tributs.

II. Prél. Demander la simplicité de foi et l'humilité de saint Pierre.

1. POINT. JÉSUS ÉTAIT DISPENSÉ DE PAYER LE TRIBUT.

CONSIDÉRATIONS. Le dernier séjour de Jésus à Capharnaüm fut signalé, on peut le croire, par bien des faits extraordinaires; cependant l'Évangile n'en rapporte qu'un seul, en ces termes : Ceux qui levaient le tribut des deux drachmes (environ 57 centimes, imposés à chaque famille), s'adressèrent à Pierre et lui dirent : Votre maître ne paie-t-il pas les deux drachmes? Pierre répondit : Oui. Et lorsqu'il fut entré dans la maison, Jésus, à qui rien n'était caché, le prévint et lui dit : Simon, que vous en semble, de qui les rois de la terre exigent-ils des tributs, esl-ce de leurs enfants ou des étrangers? C'est des étrangers, répondit Pierre. Jésus lui dit : Les enfants en sont donc

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