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quelque sorte sensible, le divin Sauveur appela à lui un petit enfant; et, après l'avoir embrassé, il le plaça an milieu d'eux, et leur dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne changez, et si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. Quiconque se fera petit comme cet enfant, celui-est le plus grand dans le royaume des cieux.(s. Matt. 18.-S. Marc. 9.)

APPLICATIONS. Il faut donc pour plaire à Dieu, pour avoir part aux marques de sa tendresse et de ses graces de prédilection, que vous en veniez à l'enfance évangélique, que vous deveniez, par vertu, ce que sont les enfants par nature : purs, simples, humbles, doux, obéissants, etc. Cela n'est pas facile. Vous n'y parviendrez pas sans faire des efforts généreux et constants. Les faites-vous ? Avec quel succès les avez-vous faits jusqu'ici?

COLLOQUE. Avec Jésus notre divin modèle, qui, après être devenu pour nous petit enfant, emmailloté, couché dans une crèche, passa trente années dans l'obscure retraite de Nazareth, partageant les humbles et pénibles travaux de son père nourricier. - Lui demander pardon de nos pensées, de nos vues ambitieuses. Lui offrir quelques généreuses résolutions, etc.

FÊTE DE LA NATIVITÉ

DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE.

1. Prél. Unissez-vous en esprit aux Anges qui entourent le berceau de Marie.

II. Prél. Demandez la grâce de croître dans la connaissance, l'amour et le culte de la sainte Vierge.

I. POINT.

- NATIVITÉ DE MARIE, SUJET DE NOTRE JOIE.

CONSIDÉRATIONS. Un des plus beaux jours consignés dans les annales du monde, c'est sans nul doute celui où naquit cette femme admirable qui devait changer la face de la terre, et y faire succéder la gloire et les bénédictions å l'opprobre et à la malédiction; cette femme que le Créateur promit å nos parents coupables et repentants, comme unique espoir de salut pour eux et pour leur postérité ; cette femme, enfin, qui devait donner au monde le Sauveur attendu si impatiemment depuis plus de quatre mille ans. C'est de ce grand, de ce beau jour où naquit la Vierge-Mère, Marie, que nous célébrons le glorieux anniversaire ! L'Église nous invite à le faire avec une grande joie et une grande solennité. Cum jucunditate nativitatem beatæ Mariæ solemniter celebremus (Off. å laudes), parce que sa naissance a été un sujet de joie et de bonheur pour tout l'univers : pour les anges du ciel, dont elle devait étre la Reine; pour les justes des limbes, dont elle devait être la libératrice ; pour toute la famille d'Adam, dont elle devait être la réparatrice et la Mère : Nativitas tua, Dei Genitrix, annuntiavit gaudium universo mundo (A vêpres).

APPLICATIONS. Comment pouvons-nous répondre à l'invitation de l'Église, manifester notre joie d'une manière agréable à Marie? 1o en la saluant comme l'aurore du soleil de justice, comme notre Reine, notre libératrice, notre Mère, désireux d'être à jamais au nombre de ses plus dévoués serviteurs, de ses plus affectionnés enfants; 2o en la félicitant des faveurs exceptionnelles dans l'ordre de la nature et de la grâce dont Dieu l'orna dès l'instant de sa naissance, faveurs supérieures à toutes celles que recevront jamais les plus grands Saints ; - 3o en promettant de nous efforcer d'étendre son culte et de lui devenir semblables par la pureté et la sainteté de notre vie.

AFFECTIONS. Sainte Marie, cause de notre joie, priez pour nous. Causa nostræ lætitiæ, ora pro nobis. (Litan.)

RÉSOLUTIONS. Témoigner, durant ce jour, notre joie, de la manière qu'il vient d'être dit.

II. POINT. NATIVITÉ DE MARIE, SUJET DE NOTRE ESPÉRANCE.

CONSIDÉRATIONS. Les sujets d'une bonne reine voient approcher avec une grande joie l'anniversaire de sa naissance, parce qu'ils espèrent que ce jour sera signalé par quelques grandes faveurs, par des largesses extraordinaires; et il est rare que leurs espérances soient déçues. Cependant les ressources des reines les plus puissantes de la terre sont limitées ; leurs largesses et leurs faveurs doivent l'être aussi. Il leur est impossible de satisfaire les vaux de tous... Il n'en est pas ainsi de Marie. Jésus l'a établie la dispensatrice de ses grâces, fruit des mérites infinis de sa Passion et de sa mort. Marie peut toujours puiser à pleines mains dans ce trésor, sans crainte de jamais l'épuiser ; elle peut donc toujours donner sans garder aucune mesure. Nous savons d'ailleurs que, nous aimant comme la plus tendre des mères, elle se plaît à donner sans mesure... Que ne devons-nous pas espérer en ce jour?

APPLICATIONS. Recourons donc aujourd'hui à Elle avec la plus entière confiance. Demandons beaucoup : beaucoup pour nous, beaucoup aussi pour les autres; pour tous les

membres de notre famille ; pour ceux qui sont confiés à nos soins, à notre zèle ; pour toute l'Église; pour les neuf cents millions d'hommes qui peuplent le globe, afin que, tous unis par la même foi, ils ne forment qu'une seule famille, une seule Église; qu'il n'y ait, en réalité, qu'un troupeau et qu'un pasteur. Et fiet unum ovile et unus pastor (s. Jean. 16). Pourquoi les fêtes de notre Mère chérie se passent-elles trop souvent sans être signalées par quelques grâces singulières ? Parce que nous demandons trop peu et surtout parce que nous demandons avec trop peu de confiance. Mais d'où peut venir ce manque de confiance, taudis que tout concourt à nous l'inspirer? N'est-ce pas peut-être d'un secret reproche de conscience qui nous dit que, sous plusieurs rapports, notre vie contraste avec celle de notre Mère ?... Elle a mené une vie retirée, très-recueillie, très-mortifiée : et nous, ne sommesnous pas habituellement dissipés, répandus au dehors sous mille prétextes, et toujours à la recherche de nos aises? Elle a été durant sa carrière mortelle un parfait modèle d'obéissance, de patience, d'une douceur angélique : et nous, ne nous laissons-nous pas aller aux murmures, å de fréquents mouvements de vivacité, d'humeur, ou même d'emportement? Efforçons-nous de mieux retracer en nous l'image de notre Mère, et nous aurons le sentiment d'une confiance illimitée, et dès lors nous obtiendrons, par son intercession, tout ce qui peut nous être utile.

COLLOQUE. Avec la très-sainte Vierge. — Paraphraser le Salve Regina. Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, etc.

ANATHÈMES PRONONCÉS PAR JÉSUS

CONTRE LE SCANDALE.

1. Prél. Se représenter Jésus-Christ disant : Malheur au monde à cause des scandales.

II. Prél. Demander une vive horreur du scandale et la grâce de ni'en être jamais victime.

I. POINT. LE SCANDALE DANS LE MONDE. CONSIDÉRATIONS. L'aimable innocence de l'enfant que Jésus avait appelé au milieu de ses apôtres, pour leur servir de modèle, anima son zèle contre les scandaleux, qui sont pour leur prochain, et en particulier pour les enfants et la jeunesse, une occasion de péché, de perversion et de ruine. Considérez attentivement en quels termes il s'exprime : Quiconque, dit-il, scundalisera un de ces petits qui croient en moi, mérite qu'on lui attache une meule de moulin au cou et qu'on le jette au fond de la mer!.. Malheur au monde à cause des scandales! Il est impossible, vu la corruption du monde, qu'il n'y arrive pas de scandale; cependant, malheur à l'homme par qui le scandale est donné! (s. Matt. 18. s. Luc. 17.)

APPLICATIONS. Vous partagerez l'indignation de JésusChrist contre le scandale et les scandaleux, et vous vous sentirez pénétré de l'horreur que le Sauveur veut nous inspirer, si vous réfléchissez hien à la malice et aux terribles conséquences du scandale, peché plus que péché, d'après une manière de parler de l'Apôtre, parce qu'il fait pécher ! Supra modum peccans peccutum (Aux Rom. 7).

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