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Aussi qu'ils sont effrayants les termes par lesquels les Saints Pères stigmatisent le scandaleux ! Ils disent que c'est un suppot et un émissaire du démon, un démon incarné lui-même, parce qu'il entraine les hommes au mal comme les démons s'efforcent de le faire, et qu'il le fait plus efficacement que les démons... Ils disent que c'est un assassin de l'âme, mille fois plus coupable que celui qui ôte la vie du corps; que c'est un antechrist, détruisant l’æuvre de Jésus-Christ; que c'est une peste vivante, répandant partout la contagion et la mort ! N'avez-vous jamais donné scandale soit par paroles... soit par actions... soit par omissions coupables ?

AFFECTIONS. Remerciez Dieu d'avoir échappé aux mortelles étreintes du scandale, de n'en être pas devenu comme tant d'autres, la victime dans la malheureuse éternité. - Priez pour ceux que le scandale a pervertis.

RÉSOLUTIONS. Redoubler de ferveur et de zèle, pour dédommager Jésus-Christ des pertes que le scandale lui

fait essuyer.

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LE SCANDALE DANS LA FAMILLE.

II. POINT. CONSIDÉRATIONS. Quand Jésus-Christ proféra en gémissant ces paroles : Malheur au monde à cause des scandales, sa pensée ne se porta pas uniquement sur la généralité des hommes mais aussi sur chaque famille en particulier : et qu'il en est beaucoup où le scandale exerce de cruels ravages! car enfin, pour qu'il y ait scandale, le mauvais exemple souvent suffit : il n'est pas nécessaire de supposer dans celui qui le donne l'intention de pousser les autres au mal; il suffit, d'après saint Thomas (défin. du scandale), que par paroles, actions ou omissions, on soit pour autrui l'occasion ou la cause du mal. Il suffit, par exemple, que ce père de famille viole habituellement les lois de l'église, laisse circuler dans sa maison de mauvaises feuilles, des livres ou gravures contraires aux bonnes mæurs ou à la religion : ses enfants se formeront sur son exemple, deviendront irréligieux et immoraux; il suffit que cette mère se borne à donner å ses filles une éducation toute matérielle et mondaine : elles grandiront dans la plus complète indifférence religieuse; il suffit que les ainés de la famille donnent à leurs frères ou à leurs sæurs l'exemple de l'insubordination, de l'irreligion ou de l'immoralité, cet exemple, ainsi qu'il arrive ordinairement, sera suivi, et il en résultera les plus tristes désordres dans la famille. Malheur donc aux familles où s'introduit le scandale; malheur à ceux qui le donnent! Quelle responsabilité ils assument devant Dieu et devant les hommes! Malheur aussi à ceux qui le reçoivent, et qui en subissent les suites funestes en n'y résistant point.

APPLICATIONS. Voyez si vous ne vous êtes pas rendu, sous quelque rapport, coupable de scandale et, si la conscience vous accuse, demandez pardon de votre faute, et efforcez-vous de réparer le mal que vous avez causé. D'autre part, prenez bien garde de vous laisser influencer jamais ou entraîner par le mauvais exemple. Imitez plutôt le Bienheureux Jean Berchmans, qui tirait le bien du mal, en se précautionnant, avec un redoublement de soin, contre ce qu'il voyait de répréhensible dans les autres. On rapporte de lui ces paroles remarquables : Je ne veux pas reformer, mais je ne veux pas non plus me laisser déformer.

COLLOQUE. Avec votre bon Ange; le prier qu'il vous préserve de la séduction,

PRÉCEPTES DE JÉSUS-CHRIST

SUR LA CORRECTION ET SUR LE PARDON.

1. Prél. Il me semblera voir Jésus entouré de ses apôtres.
II. Prél. Je demanderai l'esprit de discernement et de charité.

1. POINT. RÈGLES DE LA CORRECTION. CONSIDÉRATIONS. Pendant le long trajet que fit Jésus de Capharnaüm à Jérusalem, il ne cessa d'instruire ses apôtres. Et d'abord, craignant qu'ils ne se crussent autorisés à haïr les scandaleux qu'il venait de stigmatiser, il s'attacha avant tout à leur faire comprendre que sa loi est une loi de charité; et que, loin de porter de la haine å ceux qui donnent scandale ou qui nous offensent, nous devons avoir compassion d'eux et travailler à leur amendement, en particulier, par la correction fraternelle. If porta la bonté jusqu'à entrer dans le détail des règles å suivre : Si votre frère, dit-il, vous a offensé, reprenez-le seul à seul, et, s'il vous écoute, vous aurez gagné votre frère; s'il ne vous écoute pas, prenez avec vous une ou deux personnes, afin que tout soit appuyé sur deux ou trois témoignages ; que s'il ne les écoute pas, dénoncez-le à l'Église, et, s'il n'écoute pas l'Église, regardez-le comme un païen et un publicain (s. Matt. 18).

APPLICATIONS. Jésus semble indiquer ici aux pasteurs des âmes et aux supérieurs ecclésiastiques la marche à suivre surtout à l'égard des novateurs et des perturbateurs : les reprendre d'abord en particulier de leurs erreurs et de leurs scandales; s'ils s'obstinent, les reprendre devant témoins et même les dénoncer ; s'ils demeurent opiniâtres, les condamner, ou les excommunier par un jugement solennel.... Admirez, louez la sagesse de cette règle qui a conservé intactes, depuis dix-huit siècles, la foi et l'unité de l'Église. Quant à ce qui nous regarde en particulier, comme membres de l'Eglise, quelle est la règle que nous devons suivre, à l'égard surtout de ceux à qui nous sommes spécialement obligés de nous intéresser? Jésus-Christ vient de nous le dire : nous devons tâcher de ramener les égarés dans la bonne voie, d'abord par nous-mêmes, et, si nous ne gagnons rien, par ceux qui ont autorité sur eux. Vous êtes-vous conformé à cette règle? Ne vous êtes-vous pas au contraire rendu coupable, soit d'indifférence en vous contentant de plaindre ou de mépriser les égarés; soit d'indiscrétion et d'injustice, en manifestant leurs torts ou méfaits à ceux qui n'avaient rien å y voir; soit d'exagération ou même de calomnie en dénonçant avec passion? Autre point d'examen : n'avez-vous pas abusé ou du moins usé sans discernement du droit et du devoir que vous aviez de faire la correction, en reprenant en public ceux qui n'avaient pas faillien public; ou en reprenant avec aigreur, en vous servant de termes injurieux ?..

AFFECTIONS. Demander l'esprit de discernement, de prudence et de charité.

RÉSOLUTIONS. Avant de faire la correction, prier, invoquer l'Ange gardien de celui qu'on doit reprendre.

II. POINT.

RÈGLES DU PARDON. CONSIDÉRATIONS. Combien de fois devons-nous pardonner? Comment devons-nous pardonner? C'est ce que le div'n Sauveursen blait, aujugement des apôtres, n'avoir pas sullisamment expliqué. Pierre, prenant donc encore dans cette circonstance la parole au nom de tous, lui dit : Seigneur, combien de fois dois-je pardonner à mon frère quand il m'a offensé? Jusqu'à sept fois ? Jésus lui répondit : Je ne dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois, c'est-à-dire toujours, et toujours du fond du cæur. Ex cordibus vestris (s. Matt. 18).

APPLICATIONS. En suivant la leçon que le Sauveur nous donne, nous ne ferons à l'égard du prochain que ce que Jésus fait lui-même à notre égard, par l'entremise de son ministre, au tribunal de la pénitence. Nous nous y présentons si souvent et sisouvent coupables des mêmes fautes, et toujours il nous pardonne; et toujours il est prêt à nous pardonner encore dès qu'il voit en nous un caur contrit et humilié; et toujours son pardon est absolu : jamais il ne le révoquera.

En pensant à cette conduite de Jésus à votre égard, bénissez, exaltez son épuisable bonté, sa patience, sa générosité ; et rougissez d'avoir été si lent, si difficile à pardonner de tout ceur, ou à oublier de petits torts qui vous auraient été faits; d'avoir même peut-être rétracté en partie le pardon que vous aviez accordé à ceux qui vous avaient offensé, en leur rappelant ou reprochant d'anciens torts. Promettez de mieux faire. Demandez la grâce d'être fidèle à vos promesses.

COLLOQUE. Avec votre divin et aimable Sauveur.

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