Page images
PDF
EPUB

1. POINT.

JÉSUS EST PRIS POUR JUGE DE LA FEMME PÉCHE

RESSE.

CONSIDÉRATIONS. Jésus, dit saint Jean, après avoir passé la nuit sur la montagne des Oliviers, proche de Jérusalem, retourna de grand matin au Temple le peuple le suivit. Et, s'étant assis, il se mit à l'instruire. Alors des Scribes et des Pharisiens lui amenèrent une femme surprise en adultère, et la faisant rester debout au milieu de l'assemblée, ils dirent à Jésus : Maître, on vient de surprendre cette femme en adultère. Or Moïse nous a ordonné dans la loi de lapider cette sorte de personnes. Qu'en dites-vous? C'était comme s'ils eussent dit : Prononcez ; nous voulons nous en tenir à votre décision. En déférant ainsi le jugement de cette femme à Jésus, ces juges hypocrites semblaient grandement l'honorer; mais au fond, remarque l'Évangéliste, ils ne tenaient ce langage que pour l'éprouver et afin de pouvoir l'accuser d'inhumanité ou de prévarication (Ch. 8).

APPLICATIONS. Examinez attentivement la position humainement inextricable que l'astuce de ces hommes perfides fait au Sauveur: quoi qu'il dise il tombera, ce semble, dans le piége qu'on lui a tendu ; s'il refuse de juger l'accusée, il paraît renier sa qualité d'Envoyé de Dieu, de Maître par excellence dans Israël et il tombe dans le mépris; s'il accepte de la juger, ou il l'absoudra et il sera décrié comme ennemi de la loi et de Moïse ; ou il la condamnera d'après la loi et sa sentence sera taxée d'inhumanité et d'inconséquence, vu qu'il a dit bien haut qu'il était venu non pour perdre mais pour sauver !... Mais que peut la malice de l'homme contre Dieu!... Voyez comment Jésus déjoue l'astuce de ses ennemis, comment il la fait même tourner à leur confusion, et vous comprendrez tout ce qu'il y a de vérité dans cet oracle divin : Il n'y a point de sagesse, point de prudence, point de conseil contre le Seigneur (Prov. 24); et vos sentiments d'admiration, de respect et d'amour pour notre divin Sauveur en prendront un nouvel accroissement.

AFFECTIONS. Admirez, bénissez l'infinie sagesse de

Dieu.

RÉSOLUTIONS. S'abandonner à la conduite de Dieu, dont la bonté égale la sagesse.

II. POINT.

JÉSUS CONFOND LES DÉNONCIATEURS DE LA FEMME

PÉCHERESSE.

CONSIDÉRATIONS. Jésus, qui connaissait la profonde malice de ceux qui venaient lui déférer le jugement de la femme pécheresse, ne leur répondit point; mais, se laissant, il écrivit du doigt sur la terre, et comme les délateurs persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : Que celui qui est sans péché lui jetle le premier d'entre vous la pierre. Puis, se baissant, il se remit à écrire (s. Jean.8). Plusieurs interprètes croient que Jésus écrivit les péchés secrets des dénonciateurs. Ce qui est certain, c'est qu'ayant entendu ces paroles de Jésus : Que celui qui est sans péché lui jette le premier la pierre, ils s'en allèrent les uns après les autres; les plus âgés les premiers, en sorte qu'il ne resta que Jésus seul et la femme, qui était debout au milieu de l'assemblée. (Ibid.)

APPLICATIONS. Efforcez-vous d'avoir toujours présentes à l'esprit ces paroles de Jésus-Christ : Que celui qui est sans péché, sans défaut, sans nul travers d'esprit ou sans singularité dans sa conduite, jette, le premier, la pierre à son prochain ; et vous serez toujours plus mécontent de vous-même que des autres ; vous serez ce que l'humilité et la vraie charité demandent de vous : exigeant pour vous-même, indulgent pour les autres.

AFFECTIONS. Actes de confusion, de repentir, de bon propos, de demande.

RÉSOLUTIONS. S'imprimer profondément dans la mémoire, afin d'y penser en temps opportun, ces paroles de l'Apôtre: Dans le jugement défavorable que vous portez des autres, vous vous condamnez vous-même; car vous faites ce que vous blâmez (Aux Rom. 2).

III. POINT.

JÉSUS PARDONNE A LA FEMME PÉCHERESSE.

CONSIDÉRATIONS. Tous les dénonciateurs de la femme adultère s'en étaient allés l'un après l'autre, et Jésus se trouvait seul avec elle au milieu de l'assemblée. Alors il lui dit : Femme, sont ceux qui vous accusaient? Quelqu'un vous a-t-il condamnée ? Personne, Seigneur, ditelle. Jésus répondit : Je ne vous condamnerai pas non plus. Allez, et ne péchez plus désormais. (Ibid.) C'était la sauver tout à la fois de la mort du corps et de celle de l'âme !... Que cette femme dut être pénétrée de viss sentiments d'admiration, d'amour et de reconnaissance pour la personne de Jésus, son Sauveur!

APPLICATIONS. Pensez à tout ce que ce même Dieu Sauveur a fait pour vous, de combien de périls il vous a tiré, combien de péchés il vous a remis; et vous éprouverez, vous aussi, les sentiments de cette femme. Exprimez-les avec effusion de cæur en finissant cette méditation; et dès ce jour manifestez-les par vos æuvres.

COLLOQUE. Avec Jésus votre aimable Sauveur et votre modèle.

JÉSUS EST LA LUMIÈRE DU MONDE.

I. Prél. Représentez-vous Notre-Seigneur disant ces paroles : Je suis la lumière du monde.

II. Prél. Demandez l'abondance des divines lumières.

I. POINT.

- JÉSUS EST LA LUMIÈRE DU MONDE.

CONSIDÉRATIONS. Je suis la lumière du monde (s. Jean.8). C'est par ces paroles solennelles

que

Jésus commença son troisième sermon dans le Temple. Pour comprendre tout ce que le monde doit à la divine lumière, incarnée dans la personne de Jésus-Christ, considérez quel était l'état de la société avant l'incarnation : l'idolâtrie la plus stupide, la plus cruelle s'était substituée au culte du vrai Dieu ; les hommes rendaient les honneurs divins à des dieux de bois et de pierre, et même à des animaux; ils leur immolaient des victimes humaines, avec des raffinements de cruauté; plus de la moitié des habitants même des pays civilisés étaient réduits à l'état d'esclaves, traités presque comme des bêtes de somme; l'enfant était abandonné au caprice des parents, qui l'élevaient ou le jetaient à la voirie; enfin, pour n'avoir pas à rougir des plus honteux excès, on en était venu jusqu'à ériger les vices en divinités !

APPLICATIONS. A qui devons-nous de n'être plus les jouets de toutes ces erreurs, les complices ou les victimes de toutes ces abominations du monde païen? A JésusChrist et à la lumière de la vraie foi, que, par ses apôtres, il a répandue sur tous les points du globe. C'est à lui, et à lui seul, que nous sommes redevables de tous les biens de l'ordre naturel et surnaturel dont nous jouissons. C'est lui qui a éclairé tous les hommes qui ne ferment pas les yeux à la lumière ; c'est lui qui leur a fait connaitre la noblesse de leur origine, la grandeur de leur destinée, l'ensemble imposant de leurs devoirs envers Dieu, envers le prochain, envers eux-mêmes : devoirs qui, fidèlement remplis, rendraient infailliblement l'humanité tout entière heureuse dans le temps, heureuse dans l'éternité. Quelle reconnaissance ne devez-vous donc pas à Jésus-Christ ? Y pensez-vous suffisamment ? Vous efforcez-vous assez d'y faire penser

les autres ? AFFECTIONS. Éclairez, Seigneur, les peuples qui sont encore assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort (s. Luc. 1).

RÉSOLUTIONS. Prier souvent et engager les autres å prier pour la propagation de la foi. -Y prendre une part active.

JI. POINT.

CELUI QUI SUIT JÉSUS NE MARCHE PAS DANS LES

TÉNÈBRES.

CONSIDÉRATIONS. Celui qui me suit, continue Jésus, ne marche

pas dans les ténèbres (s. Jean. 8), dans les voies de l'erreur et du vice, mais dans les voies lumineuses de la vérité et de la vertu. Il a suffi, en effet, aux peuples ido

« PreviousContinue »