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II. POINT.

JESUS NOUS INVITE A PRENDRE SUR NOUS SON JOUG,

QUI EST DOUX ET LÉGER.

CONSIDERATIONS. Jésus, après avoir invité à venir å lui tous ceux qui souffrent, fait un touchant appel à ceux qui, séduits par des promesses fallacieuses de bonheur, se sont rangés sous le joug du prince de ce monde, du démon, et qui n'y ont trouvé qu'un surcroît de peines : le trouble, le remords, l'esclavage de honteuses passions : Venez à moi, dit-il, prenez mon joug sur vous, et apprenez

de moi que je suis doux et humble de cæur, et vous trouverez le repos de vos âmes; car mon joug est doux et mon fardeau est léger (s. Matt. 11).

APPLICATIONS. Vous êtes heureusement du nombre de ceux qui ont répondu à ce touchant appel du divin Rédempteur. Mais, hélas ! peut-être ne l'avez-vous fait qu'après avoir passé un temps notable au service du monde, sous la tyrannie des passions? C'est un grand malheur. Si vous l'avez eu, il peut du moins vous en revenir cette utilité que vous êtes plus à même d'apprécier la différence qu'il y a entre le joug du monde ou du démon et celui de Jésus-Christ; plus à même aussi de comprendre tout ce qu'il y a de vérité dans ces paroles de Jésus : Prenez mon joug sur vous, et vous trouverez le repos de vos âmes, c'est-à-dire, cette paix intérieure que le monde ne peut donner et qu'il ne connaît pas; cette paix accompagnée souvent de joies spirituelles qui sont un avant-goût de la félicité céleste.

AFFECTIONS. Rendez grâce à Dieu qui vous a ouvert les yeux à temps pour éviter les piéges qui vous étaient

tendus. —— Demandez-lui pardon des négligences dont vous vous êtes rendu coupable dans son saint service.

RÉSOLUTIONS. Servir Dieu avec générosité en vue de Dieu, plutôt qu'en vue des consolations de Dieu.

III. POINT. JÉSUS NOUS INVITE A PRATIQUER L'HUMILITÉ.

ConsidéRATIONS. Apprenez de moi que je suis doux et humble de cæur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Il est clair, d'après ces paroles du divin Sauveur, que pour goûter cette paix délicieuse qu'il promet à ceux qui le suivent fidèlement il faut que nous entrions et, qu'avec le secours de la grâce, nous nous conservions dans les dispositions d'un caur doux et humble; qu'à l'exemple de notre divin Maître, nous sachions supporter avec une grande patience l'ingratitude, les mépris ou les injures, comme un châtiment dû à nos péchés, et que nous nous efforcions de rendre le bien pour le mal qu'on nous fait.

APPLICATIONS. Afin d'entrer et de vous conserver dans ces dispositions si contraires à vos inclinations naturelles, ayez toujours présents à l'esprit les exemples de votre aimable Sauveur et ses magnifiques promesses. Cela suffira pour vous rendre tout facile et agréable.

COLLOQUE. Avec la très-sainte Vierge Marie, par laquelle nous devons avoir accès auprès de Jésus et obtenir miséricorde. Elle est invoquée aujourd'hui par l'Eglise universelle, dans l'Office et la sainte Messe, sous le titre de Notre-Dame de la Merci ou de la Miséricorde..

JÉSUS CONFOND

UN SCRIBE DE MAUVAISE FOI.

I. Prél. Représentez-vous un Scribe hypocrite, debout devant Jésus, au milieu d'une nombreuse assistance.

11. Prél. Demandez la grâce d'aimer Dieu et le prochain comme il convient que vous les aimiez.

I. POINT.

CE QU'IL FAUT FAIRE POUR ÊTRE SAUVÉ.

CONSIDÉRATIONS. Jésus étant entré, un jour de sabbat, dans une synagogue pour instruire le peuple, selon son habitude, un Scribe ou Docteur de la loi, dit saint Luc, se leva, et, dans le dessein de le tenter, lui dit : Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle? (Ch. 10.) La question n'était pas sérieuse dans la bouche du Docteur hypocrite : il ne cherchait, comme l'Évangéliste le remarque, qu'à obtenir une réponse qu'il pût tourner contre Jésus; le Sauveur était donc en droit de ne lui opposer que le dédain du silence. Il voulut bien néanmoins répondre, parce qu'il en devait résulter un grand avantage pour les assistants.

APPLICATIONS. S'il vous arrive de rencontrer des incrédules ou des libertins qui vous proposent des questions captieuses ou des doutes sur la religion, n'entrez pas en discussion avec eux, comme si vous croyiez å leur bonne foi; ils riraient de votre simplicité. Il ne pourrait y avoir lieu à discussion que si l'honneur de la religion ou l'utilité évidente et l'édification des assistants l'exigeaient. Mais, dans ces cas, ne vous avancez pas témérairement.

Jésus-Christ n'a

pas

dit à tout le monde indistinctement : Je vous donnerai moi-même des paroles et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister et qu'ils ne pourront contredire (s. Luc. 21). Si vous n'êtes pas prêtre ou théologien, versé dans la matière, évitez habilement la discussion : elle pourrait tourner au grand détriment de la religion et des assistants, en donnant à l'impiété les apparences du triomphe !

AFFECTIONS. Demandez à Jésus la grâce de joindre, ainsi qu'il l'ordonne, la prudence du serpent à la simplicité de la colombe.

RÉSOLUTIONS. Surveiller attentivement ses paroles et ses démarches.

II. POINT.

COMMENT IL FAUT AIMER DIEU.

CONSIDÉRATIONS. Jésus, voulant faire convenir le Docteur hypocrite lui-même que sa demande ne venait ni de son ignorance ni du désir d'être instruit, lui posà cette question : Qu'est-il écrit -dessus dans la loi? Qu'y lisezvous? Il répondit: Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cæur, de toute votre âme, de tout volre esprit, et votre prochain comme vous-même. Jésus lui dit : Vous avez bien répondu. Faites cela et vous vivrez (s. Luc. 10).

APPLICATIONS. Appliquez-vous tout entier à étudier le sens pratique de chacun des termes de ce grand commandement de Dieu, afin de vous y conformer le plus parfaitement possible.

Aimer Dieu de tout son cour, c'est n'aimer rien autant que Dieu, rien qu'en vue de Dieu et pour Dieu ; c'est étre

habituellement disposé à tout faire et à tout souffrir pour plaire à Dieu; c'est n’avoir dans le cæur d'inclination que pour ce qui conduit à Dieu, d'aversion que pour ce qui détourne de Dieu.

Aimer Dieu de toute son âme, c'est être prêt à donner sa vie pour Dieu, à tout perdre plutôt que de perdre la grâce de Dieu; c'est bannir de son âme toutes les impressions qui pourraient déplaire à Dieu ou empêcher l'union intime, avec Dieu.

Aimer Dieu de toutes ses forces, c'est n'épargner ni travail ni peine pour procurer la gloire de Dieu; c'est lui consacrer son temps, ses talents, son corps, sa santé, son repos; tout ce que l'on a d'énergie dans l'âme et de vigueur dans le corps.

Aimer Dieu de tout son esprit, c'est s'appliquer constamment à connaître de mieux en mieux les infinies perfections de Dieu, la volonté, le bon plaisir de Dieu; c'est n'étudier les sciences profanes que pour se rendre plus utile au service de Dieu.

Jugez, d'après ces données, du degré d'amour de Dieu auquel vous êtes parvenu.

AFFECTIONS. Actes de foi sur ces vérités; de confusion; d'amour et d'humbles supplications.

RÉSOLUTIONS. Demander souvent à Dieu qu'il nous apprenne à l'aimer comme il veut que nous l'aimions.

II. POINT.

COMMENT IL FAUT AIMER LE PROCHAIN,

CONSIDÉRATIONS. Le Docteur, honteux d'avoir été amené à mettre en évidence sa mauvaise foi, voulut se réhabiliter dans l'esprit des nombreux assistants, témoins

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