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de sa défaite. Il proposa dans ce but cette autre question å Jésus : Et qui est mon prochain ? mais ce fut à sa confusion. Jésus, en lui répondant par la parabole ou l'histoire du Samaritain, mit au grand jour tout ce qu'il y avait d'orgueil, de fiel et d'égoïsme caché dans son cæur et dans celui de ses collègues, prétendus Docteurs, mais en réalité corrupteurs de la loi !

APPLICATIONS. C'est ainsi qu'en voulant nous justifier, å l'exemple du Scribe orgueilleux, ou qu'en alléguant, comme s'exprime le roi David, excuses sur excuses, après avoir mal fait (Ps. 14), nous rendons notre situation plus mauvaise devant Dieu et devant les hommes !

COLLOQUE. Avec notre divin Sauveur.

LE SAMARITAIN.

SENS LITTÉRAL DE LA PARABOLE.

1. Prél. Se représenter un homme que les voleurs ont dépouillé, couvert de plaies, et que relève un passant charitable.

II. Prél. Demander les sentiments d'une charité compatissante et généreuse.

1. POINT.

ÉGOISME DES PRÊTRES ET DES DOCTEURS DE LA

SYNAGOGUE.

CONSIDÉRATIONS. Le but de Jésus-Christ, en proposant la parabole, ou selon quelques Pères l'histoire du Samarilain charitable, était de flétrir publiquement la doctrine égoïste des Scribes et des Docteurs de la synagogue, qui ne regardaient comme leur prochain que les seuls Juifs, et parmi eux les seuls justes, titre que du reste ils s'arrogeaient hautement à eux-mêmes. A la question proposée par le Scribe (1): Et qui est mon prochain? Jésus dit donc pour toute réponse : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et tomba entre les mains des voleurs. Ceux-ci le dépouillèrent, le couvrirent de blessures et s'en allèrent, le laissant à demi mort. Il arriva ensuite qu'un Prêtre, qui descendait par le même chemin, l'ayant vu, passa outre. Un Lévite qui vint après au même lieu, l'ayant considéré, passa outre lui aussi (s. Luc. 10).

APPLICATIONS. Nous avons ici sous les yeux, tracée de la main de Jésus-Christ, la peinture naturelle du peu de charité qui régnait alors même parmi les prêtres et les lévites du peuple juif. Qu'il est plus consolart le tableau qu'offre à nos regards la charité inépuisable de nos prêtres, tant séculiers que réguliers! Il n'est aucun genre de misère corporelle et spirituelle qu'ils ne cherchent à soulager ; ils ont rempli le monde d'établissements charitables pour tous les malheureux : pour l'enfance au berceau, pour les enfants délaissés, pour les vieillards, pour les aveugles, pour les sourds-muets, les aliénés, les malades de tout âge et de toute condition; pour les pestiférés, et les incurables ! Et partout leur charité est admirablement secondée par les laïcs et même par les personnes du sexe, qui, non contentes de donner leurs biens, se donnent elles-mêmes; vont chercher au delà des mers, jusqu'aux extrémités du monde, des souffrances à soulager, des âmes à attendrir, à rendre plus dociles aux influences de la grâce, au zèle des missionnaires.

O Jésus ! c'est à vous, à vos divins préceptes, à vos

(1) Dont il est parlé dans la méditation précédente.

exemples que nous devons tous ces prodiges de charité, inconnus avant vous dans le monde.

AFFECTIONS. Hommage d'admiration, de glorification, de reconnaissance à Jésus-Christ.

RESOLUTIONS. Veiller à ce que l'habitude de voir de près les misères et les souffrances ne diminue point en nous la sensibilité et la charité.

II. POINT. CHARITÉ GÉNÉREUSE DU SAMARITAIN. CONSIDÉRATIONS. A la figure repoussante de l'égoïsme dédaigneux des prêtres et des docteurs juifs, Jésus oppose la ravissante image de la charité d'un Samaritain, d'un de ces hommes en qui les Juifs dédaignaient de voir leur prochain. Il arriva, dit-il, qu’un Samaritain qui voyageait, étant venu à l'endroit était cet homme si maltraité par les voleurs, le vit et fut touché de compassion. N s'en approcha et pansa ses plaies après y avoir versé de l'huile et du vin. Il le mit ensuite sur son cheval, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le jour suivant, il tira de sa bourse deux deniers d'argent qu'il donna à l'hôte, en lui disant : Soignez bien cet homme, et tout ce que vous aurez dépensé en plus, je vous le rendrai à mon retour (s. Luc. 10).

APPLICATIONS. En proposant cette parabole, JésusChrist veut évidemment nous faire comprendre : 1° que nous devons regarder tous les hommes, sans exception, comme notre prochain, quoiqu'ils soient de nation ou de religion différente, comme l'étaient les Samaritains å l'égard des Juifs ; — 2° que la vraie charité du prochain est celle qui se prouve par les effets; — 3o que les simples, lorsqu'ils ont l'âme droite, interprètent mieux leurs devoirs que les savants orgueilleux, puisque c'est un Samaritain qui fait ici la leçon aux Juifs, un laïc à des Prêtres et å des Docteurs.

AFFECTIONS. Excitez en vous le désir d'être un jour martyr de la charité. - Offrez à Dieu ce désir.

RÉSOLUTIONS. Exercer de préférence la charité envers ceux qui nous sont moins sympathiques.

AVEU HUMILIANT DU SCRILE OU DOCTEUR DE LA LOI.

III. POINT.

CONSIDÉRATIONS. Jésus, après avoirexposé la parabole, dit au Docteur de la loi : Qui de ces trois vous semble avoir été le prochain (s'étre comporté comme le prochain) de celui qui tomba entre les mains des voleurs ? C'est, répondit-il, celui qui a usé de charité envers lui. C'est ainsi que Jésus força, pour la seconde fois, le prétentieux Scribe à prononcer sa propre condamnation. Après l'avoir mis ainsi dans son tort vis-à-vis du peuple, il se contenta de lui dire : Allez donc et faites de même. (Ibid.)

APPLICATIONS. Faites de même. Par ces paroles finales, Jésus nous dit clairement que notre charité doit être, comme celle du Samaritain, active et généreuse ; que nous devons l'exercer aux dépens de nos aises, de nos goûts, de notre santé, de notre vie même si le salut éternel du prochain l'exigeait. Jusqu'où va notre charité? Qu'est-ce qui y manque?

COLLOQUE. Avec la sainte Vierge, Reine des martyrs de la charité.

On relica avec grand fruit les remarques faites, pp. 8, 16, 28, 36.

LE SAMARITAIN.

SENS MYSTIQUE DE LA PARABOLE.

1. Prél. Voir le bon Samaritain donnant ses soins à un malheureux que des brigands ont couvert de blessures.

II. Prél. Demander un cæur compalissant et généreux.

I. POINT.

LE VOYAGEUR DÉPOUILLÉ, FIGURE DU PÉCHEUR.

CONSIDÉRATIONS. Le sens mystique que beaucoup de Saints Pères donnent à la parabole du Samaritain, et que Jésus-Christ peut avoir eu en vue, n'est pas difficile à saisir : c'est l'humanité tout entière, déchue, meurtrie par le péché du premier homme, et guérie, relevée par le Verbe fait chair, par le Rédempteur du monde. Dans un sens plus restreint, c'est le pécheur d'une part et Jésus son Rédempteur de l'autre. Etd'abord, considérez comment tout ce qui est dit du mal fait au voyageur malheureux tombé au pouvoir des voleurs, s'applique à l'âme tombée par le péché mortel au pouvoir des démons : elle est dépouillée de tout, de la robe d'innocence, de l'habit nuptial de la grâce sanctifiante, de sa beauté surnaturelle qui l'assimilait aux anges ; dépouillée de ses droits à l'adoption divine, dépouillée de tous ses mérites ! Elle est couverte en outre de plaies hideuses que le péché lui a faites; enfin, n'ayant plus que la foi sans la charité, elle ne vit plus qu'à demi.

APPLICATIONS. Malheureux! dois-je me dire à moimême, si j'ai commis ne fût-ce qu'un seul péché mortel dans le cours de ma vie; malheureux ! voilà l'état où j'ai

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