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été réduit et dans lequel j'ai vécu des semaines et des mois : d'autant plus malheureux que je dissimulais la gravité de mon état et que je m'y complaisais ! Où serais-je maintenant, si la mort était venue me surprendre dans cet état?... Mais d'où sont provenus tous ces malheurs ? De ce que je suis descendu de Jérusalem à Jéricho, c'est-à-dire, de ce que je me suis éloigné par pensée et par affection de Dieu, du ciel, de ma fin dernière, pour suivre l'attrait du vice.

AFFECTIONS. Demandez la crainte salutaire des enfants de Dieu, la défiance de vous-même.

RÉSOLUTIONS. Redouter et éviter la dissipation et l'immortification, parce que l'âme dissipée perd Dieu de vue ; et que l'habitude de satisfaire les sens nous rend terrestres, nous mène insensiblement à toute espèce de désordres.

II. POINT.

LE SAMARITAIN CHARITABLE, FIGURE DU DIVIN SAU

VEUR.

CONSIDÉRATIONS. Dans le Samaritain charitable, reconnaissez la figure de Jésus, votre aimable Sauveur. L'identité des traits est trop frappante pour qu'on s'y méprenne. Le Juif laissé à demi mort était à l'égard du Samaritain un étranger, un ennemi naturel et de plus un malheureux réduit à un état affreux et repoussant; cependant, dès que celui-ci le voit, il est touché de compassion, il descend de cheval, s'approche du moribond et lui porte secours.

Nous aussi, par le péché, nous étions devenus des étrangers, des hommes hideux, des ennemis aux yeux du Fils éternel de Dieu, et néanmoins, à la vue de nos misères, il est touché de compassion, il descend du ciel,

cieux sang;

s'approche de nous, et, devenu semblable à nous par l'Incarnation, il s'empresse de nous secourir.— Repassez ensuite dans votre esprit tout ce que, d'après la parabole, le Samaritain fit pour soulager et guérir son protégé ; et vous verrez que Jésus-Christ l'a fait éminemment pour vous. Il a versé sur les plaies de votre âme le vin de la componction et l'huile de la grâce sanctifiante, il les a cicatrisées dans la confession par le baume de son pré

il vous a rendu les forces que vous aviez perdues en vous nourrissant de sa propre chair dans la sainte communion!

APFLICATIONS. Si votre caur n'a pu se défendre d'un vif sentiment d'amour mêlé d'admiration en considérant la charité du Samaritain de la parabole, à combien plus forte raison devez-vous éprouver ce sentiment à l'égard du véritabie Samaritairi, de Jésus-Christ qui s'est montré et se montre encore tous les jours si bon, si généreux à votre égard ?... Mais comment pouvez-vous lui prouver votre amour et votre reconnaissance? Par votre ferveur dans son service, par votre empressement à soulager les malades, ies pauvres, les misérables, en qui il vit, en qui il suuffre, en qui il a faim... ainsi qu'il le dit lui-même :

- détais malade et vous m'avez visité; j'avais faim et vous m'avez donné à manger... Ce que vous avez fait à l'égard des moindres de mes frères... vous l'avez fait à moi (s. Matt. 25). Lui prouvez-vous ainsi votre reconnaissance?

COLLOQUE. Avec les illustres frères médecins et martyrs Côme et Damien, dont on fait la fête en ce jour. Par la charité désintéressée avec laquelle ils exerçaient la médecine, ils gagnèrent beaucoup de païens à Jésus-Christ,

et les sauvèrent de la mort éternelle. Prions-les de nous obtenir la parfaite guérison de nos maladies spirituelles.

LA CHARITÉ FRATERNELLE.

MOTIFS FT CONDITIONS.

I. Prél. Représentez-vous l'apôtre saint Pierre disant : Avant tout, ayez de la charité les uns pour les autres (1. s. Pierre. 4).

II. Prél. Demandez un ardent désir d'exceller dans la charité fraternelle.

I. POINT. - LE PRÉCEPTE DE JÉSUS-CHRIST. - PREMIER MOTIF DE

LA CHARITÉ.

CONSIDÉRATIONS. La méditation du Samaritain charitable nous rappelle le grand devoir de la charité fraternelle, qui doit faire le charme de la vie de famille. Que de motifs n'avons-nous pas de tendre à la perfection de cette vertu ? 1° Jésus-Christ en fait son commandement de prédilection : Voici mon commandement, dit-il, c'est que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés (s. Jean. 15). -2° Il veut que la charité soit la marque distinctive de ses vrais disciples : Voici à quoi tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de la charité les uns pour les autres (s. Jean. 13). 30 Par suite de nos fréquentes communions, un même sang coule dans nos veines, le sang de Jésus-Christ !

APPLICATIONS. Si vous considérez attentivement ces motifs vous sentirez croître en vous l'estime de la charité, la volonté de remplir scrupuleusement la condition qui seule peut la faire subsister entre membres d'une même famille, à savoir le support mutuel, qui suppose deux choses : d'abord, que vous sachiez non-seulement supporter patiemment les défauts de ceux avec qui vous devez vivre, mais même les dissimuler et les excuser; que vous sachiez pardonner promptement et oublier les torts qui vous seraient faits, en les attribuant non à la mauvaise volonté mais à la légèreté, à la vivacité, etc. Qu'on ne vous entende donc jamais dire : Je ne puis supporter le caractère d'un tel, les manières de faire de tel autre, ou bien je tâche de sympathiser avec tous ; mais, si quelqu’un me blesse, je réponds de manière å l'en faire repentir. Ce n'est pas là le support mutuel, ce n'est pas là le langage de la charité.

AFFECTIONS. Humiliez-vous devant Dieu d'être si peu charitable.

RÉSOLUTIONS. Faire souvent dans l'examen de conscience une attention particulière aux défauts intérieurs et extérieurs contre la charité.

II. POINT.

SECOND MOTIF DE

L'EXEMPLE DE JÉSUS-CHRIST.

LA CHARITÉ.

CONSIDÉRATIONS. Toute la vie de Jésus n'a été que charité : loin d'avoir été à charge ou importun å personne il a passé sa vie à faire du bien à tous, sans se plaindre des ingratitudes qu'il reçut en retour. Il a pris sur lui toutes nos misères pour les soulager, toutes nos iniquités pour les expier. Après une vie toute de sacrifices, il est mort martyr de la charité, trouvant des excuses même pour ses bourreaux : Mon père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.

APPLICATIONS. A l'exemple de votre aimable Sauveur, sachez faire au besoin des sacrifices pour entretenir la charité; sachez du moins etre fidèle à ce qu'exige, en second lieu, le support mutuel, c'est-à-dire, à vous observer, à vous contraindre pour ne donner rien à supporter aux autres. A cet effet il faut savoir se dominer, assouplir son caractère, se faire tout à tous... Vous savez que telle manière d'etre ou de faire déplaît, sachez la modifier; vos plaisanteries réveillent certaines susceptibilités, abstenezvous-en; à certains jours, par suite de souffrances corporelles, vous êtes porté à l'humeur chagrine, à l'impatience, observez-vous alors davantage; évitez de faire éprouver aux autres le contre-coup de vos infirmités, etc. Comment mettez-vous en pratique ces règles essentielles de la charité ? En quoi surtout y avez-vous manqué?

AFFECTIONS. Demandez la grâce d'observer plus parfaitement tout ce que la vraie charité et le support mutuel exigent de vous.

RÉSOLUTIONS. Se faire tout à tous en vue du bien de tous, à l'exemple de saint Paul : Je me suis, dit-il, fait tout à tous pour le salut de tous. (Ep. 1. Aux Cor. 9.)

III. POINT.

LES PROMESSES ET LES MENACES DE JÉSUS-CHRIST.

TROISIÈME MOTIF.

CONSIDÉRATIONS. Il semble, d'après les paroles du divin Sauveur, que la sentence de vie ou de mort ju'il prononcera au grand jour dépendra surtout des æuvres de charité que nous aurons pratiquées : Venez, les bénis de mon Père... J'avais faim, et vous m'avez donné à manger'... et d'autre part : Éloignez-vous de moi, maudits... J'avais

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