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état ; et, si on lui dit que probablement il touche au terme de sa vie, il en fait aussitôt de grand cæur le sacrifice à Dieu. Il est le premier å demander les sacrements des mourants. Durant tout le cours de sa maladie, il est constamment pour tous un objet d'édification : patient, résigné, reconnaissant envers ceux qui lui rendent service ; il semble n'être préoccupé que d'une seule pensée, de mettre à profit, pour son avancement spirituel, le peu de vie qui lui reste. Aussi remarque-t-on qu'il s'unit fréquemment à Dieu par de pieuses affections, et qu'il met tout son bonheur à en entendre parler. S'il se plaint d'une chose, c'est de ne plus pouvoir réciter certaines prières de son manuel ou lire quelques passages de l'Imitation; mais il se dédommage de cette privation en demandant qu'on lui en fasse la lecture et en priant son confesseur de venir fréquemment le visiter et l'entretenir de sujets pieux. Durant ces lectures et ces entretiens, son âme semble avoir déjà comme un avant-goût du bon · heur qui lui est préparé dans le ciel !

APPLICATIONS. Ce tableau vous sourit. Vous désirez de le voir un jour retracé en vous ; vivez en fervent serviteur de Dieu et votre désir se réalisera. Telle vie, telle mort. Toutefois, pour n'être pas surpris par les défaillances de la nature, mettez dès à présent par écrit les affections ou prières jaculatoires que vous aimeriez qu'on vous suggérât au moment suprême, et indiquez les passages de l'Imitation ou d'autres livres de piété, que vous croyez être les plus propres à vous soutenir et encourager durant le cours de votre maladie. Tout au moins, soyez attentif à ne jamais vivre dans un état dans lequel vous ne voudriez pas que la mort vous surprit, et faites à Dieu, tous les soirs, la recommandation de votre âme.

COLLOQUE. Avec saint Joseph ou saint François Xavier, l'un et l'autre patrons de la bonne mort.

JÉSUS DINE CHEZ UN PHARISIEN.

IL LUI REPROCHE DE BORNER SES SOINS AUX OBSER-
VANCES EXTÉRIEURES ET DE NÉGLIGER SON INTÉRIEUR.

1. Prél. Voir Jésus à table, inspirant le respect aux nombreux convives par la dignité de son maintien et de toute sa personne.

II. Prél. Demander la grâce de réunir en soi les qualités de l'homme intérieur et de l'homme extérieur.

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1. POINT. JÉSUS REPROCHE AU PHARISIEN DE NE SOIGNER QUE

L'EXTÉRIEUR CONSIDÉRATIONS. Il arriva un jour, dit saint Luc, que Jésus fut invité à dîner chez un Pharisien. Il entra et se mit à table. Alors le Pharisien, raisonnant en lui-même, se demanda pourquoi Jésus ne s'était point lavé les mains avant le repas. Le Seigneur-qui connaissait ces pensées

lui dit : Vous autres Pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe... mais ce qui est au dedans de vous est plein de rapines et d'iniquité (Ch. 11). Dans ce langage figuré, où l'homme est comparé à un vase, Jésus ne dit pas qu'il ne faille aucunement soigner l'extérieur ou ce qui dans l'homme paraît aux yeux du monde; mais il veut qu'avant tout on soigne l'intérieur, ou la pureté de l'âme, qui fait tout le mérite de l'homme aux yeux de Dieu.

APPLICATIONS. Si donc nous voulons être à l'abri de tout reproche, nous devons principalement travailler à former en nous l'homme intérieur, viser aux vertus solides, mais saris perdre de vue la formation de l'homme extérieur. Croire que la profession ouverte qu'on fait de piété peut dispenser des règles de l'urbanité et de la bienséance, ou même des attentions délicates commandées par le rang qu'on occupe dans la société, ce serait une grave erreur; ce serait rendre la piété méprisable aux yeux du monde. Gardez-vous-en soigneusement.

AFFECTIONS. Ardents désirs d'atteindre à la perfection chrétienne et devant Dieu, et devant les hommes.

RÉSOLUTIONS. Penser souvent à ces paroles de l'Apôtre: Nous tâchons de faire le bien non-seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes (Aux Cor. 2. 8).

II. POINT. LE CHRÉTIEN SOIGNEUX DE SON INTÉRIEUR.

CONSIDÉRATIONS. Il est surtout trois choses qui font l'homme, le chrétien intérieur, l'homme digne des regards et des complaisances de Dieu : 1° La pureté d'âme ou l'absence des souillures du péché, non-seulement du péché mortel, mais autant que possible aussi du péché véniel. Plus cette pureté d'âme est grande, plus Dieu se plaît å se faire connaître et å se communiquer à nous. 2° L'union avec Dieu par l'esprit de prière, par l'usage familier des oraisons jaculatoires; de manière que nous soyons, d'après l'expression de l'Apôtre, des hommes de Dieu; Perfectus sit homo Dei (A Tim. 2. 3), vivant de Dieu et en Dieu ; voyant Dieu en tout et toutes choses en Dieu. - 3° La droiture d'intention, par laquelle nous cherchons uniquement å plaire à Dieu, divinisant en quelque sorte toutes nos actions.

APPLICATIONS. Où en etes-vous par rapport à la pureté de conscience, å l'union avec Dieu, à la droiture d'intention?... par rapport à l'emploi des moyens et des pieuses industries, indispensables à quiconque veut rendre cette pureté plus grande, cette union plus intime, cette droiture d'intention plus parfaite?

AFFECTIONS. Humiliez-vous devant Dieu d'être encore si peu intérieur, si peu uni à Dieu, si peu homme de Dieu !

RÉSOLUTIONS. J'emploierai avec une nouvelle énergie les moyens de perfectionner en moi l'homme intérieur.

III. POINT. - LE CHRÉTIEN SOIGNEUX DE SON EXTÉRIEUR.

CONSIDÉRATIONS. Les hommes, qui ne voient que le dehors, apprécient le chrétien, l'homme intérieur, par l'homme extérieur; il suit de lå que le chrétien qui veut faire respecter en lui la piété et s'employer utilement au bien du prochain est obligé de régler son extérieur de façon à gagner l'estime et la confiance des hommes. Bien des choses peuvent l'aider puissamment à atteindre ce but : 1° la dignité du maintien ; la modestie et les bonnes manières, mais sans affectation; la charité et l'habileté dans la conversation, mais sans faiblesses ni adulations ; - 20 le dévoûment, joint au désintéressement; le zèle, joint à la prudence et à la douceur; la simplicité, joiute å la science et à la discrétion; l'abord facile et gracieux, joint å la gravité de son état;—3° la régularité et l'égalité dans sa conduite; la constance et la douceur dans l'adversité ou les persécutions; l'humilité dans les succès et la prospérité.

APPLICATIONS. Voyez ce qui, sous ces différents rapports, vous manque... et efforcez-vous de l'acquérir. Vous n'y réussirez pas tout d'un coup, mais à la longue, moyennant le secours de la grâce, une grande attention et une continuelle vigilance sur vous-même.

COLLOQUE. Avec sainte Brigite qui, dans le saint état du mariage et du veuvage, sut joindre aux manières distinguées de sa haute naissance la plus éminente piété et exerça une si salutaire influence sur son siècle. On célèbre aujourd'hui sa fête dans le monde entier.

PARABOLE DU FIGUIER STÉRILE.

1. Prél. Se représenter Jésus parlant à la foule avide de l'entendre.

II. Prél. Demander la grâce de produire des fruits de salut et de sainteté.

1. POINT.

STÉRILITÉ DU FIGUIÉR OU DE L’AME CHRÉTIENNE.

CONSIDÉRATIONS. Quelques Juifs étant venus annoncer å Jésus le terrible châtiment que Pilate venait d'infliger å plusieurs Galiléens coupables, il en prit occasion pour leur faire entendre, sous forme de parabole, qu'eux-mêmes et toute leur nation ne seraient pas moins sévèrement châtiés s'ils ne retiraient pas de fruit des grâces qu'il leur avait prodiguées, durant les trois années de sa prédication : - Un homme, dit-il, avait planté un figuier dans sa vigne et il vint y chercher du fruit, mais il n'en trouva point. Il s'en plaignit au jardinier en disant : Voilà trois

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