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long : il refuse de l'écouter; mais enfin, vaincu par les instances de la veuve que nul délai n'est capable de décourager, il dit en lui-même : Parce que cette veuve ne cesse de m'importuner, je lui ferai justice (s. Luc. 18).

APPLICATIONS. Il était bien nécessaire que notre divin Maître, après nous avoir recommandé la continuité de la prière, nous exhortåt à la constance dans la prière et nous prémunit contre le découragement, auquel nous nous laissons trop facilement aller. En effet, s'il y a peu d'hommes qui, dans des circonstances très-critiques, ne prient avec ferveur et avec confiance, en est-il beaucoup qui, après avoir attendu en vain pendant quelque temps l'effet de leurs prières, ne perdent pas courage, et ne cessent de prier? Si la veuve de la parabole n'avait pas eu plus de constance, elle n'aurait jamais rien obtenu.

Outre le délai que Dieu met fréquemment à accéder à nos demandes, il est encore une autre cause de nos découragements et de l'abandon de la prière, c'est la pensée de notre indignité, de nos fautes, de nos rechutes. Pour nous prémunir contre ce découragement et les funestes illusions qui en sont la suite, persuadons-nous bien que la prière d'un cæur contrit et humilié, est toujours agréable à Dieu; que, plus nos misères sont grandes, plus nous avons droit de compter sur la miséricorde et le secours de Dieu; pensons que les promesses faites à la prière par notre Seigneur, n'excluent personne: Quiconque prie, dit-il, obtient; Omnis qui petit, accipit (s. Matt. 7); pensons enfin qu'une bonne prière est toujours exaucée, n'importe le mérite de la personne qui la fait. Si nous n'obtenons pas ce que nous avons demandé, nous obtenons

d'autres faveurs, souvent plus précieuses que l'objet même de nos demandes, quoique ces faveurs ne nous soient pas toujours connues.

COLLOQUE. Avec Jésus-Christ, qui vous a donné nonseulement le précepte, mais aussi l'exemple de la prière; après avoir travaillé tout le jour, il passait souvent la nuit en prières : Erat pernoctans in oratione Deiss. Luc. 6). Demandez-lui l'esprit de prière, sans lequel vous ne ferez jamais rien de grand ni pour Dieu, ni pour vous, ni pour le prochain.

SECOND REPAS DE BÉTHANIE:

NOUVEAU TÉMOIGNAGE D'AMOUR DE MARIE-MADELEINE.

1. Prél. Voyez Marie-Madeleine répandant des parfums sur la tête de Jésus.

II. Prél. Demandez grâce d'aimer Jésus-Christ comme Madeleine l'a aimé.

I. POINT.

CONDUITE DE MARIE-MADELEIND.

CONSIDÉRATIONS. Déjà, dans un premier repas donné à Béthanie, chez Simon le Pharisien, le même probablement que celui que saint Marc appelle ici le Lépreux, Marie avait répandu des parfums sur les pieds de Jésus. Dans ce second repas, qui eut lieu six jours avant la mort du Sauveur, et où se trouvait aussi Lazare, Marie, dit saint Jean, prit une livre d'huile d'un nard de grand prix qu'elle répandit sur la lête de Jésus, pendant qu'il était à table; et la maison fut remplie du parfum. Elle oignit aussi les pieds de Jésus et les essuya de ses cheveux (s. Jean. 12.

s. Matt. 26). On le voit, cette sainte femme saisit avec empressement toutes les occasions de témoigner à Jésus son amour et sa reconnaissance. Remarquons aussi qu'elle lui sacrifie ce qui avait servi autrefois à sa vanité : ses parfums et ses cheveux.

APPLICATIONS. A l'exemple de cette illustre pénitente, ne négligez aucune occasion de vous montrer reconnaissant et généreux envers votre bon maître; offrez-lui, comme elle, ce que vous avez de plus précieux, votre liberté et votre jugement propre en les faisant fléchir sous le joug de l'obéissance dans des circonstances où il en coûte beaucoup à la nature. Efforcez-vous d'être la bonne odeur de Jésus-Christ, comme s'exprime l'Apôtre, Christi bonus odor sumus (2. Aux Cor. 2), et de la répandre autour de vous en donnant à tous le bon exemple. Versez des parfums sur les pieds de Jésus en vous attachant de préférence aux membres souffrants et déiaissés de son corps mystique. Comment avez-vous fait tout cela ?...

AFFECTIONS. Demandez pardon de votre peu de générosité.

RÉSOLUTIONS. Faire consister surtout cette générosité dans le sacrifice des objets dont on a iait un mauvais emploi.

II. POINT.

CONDUITE DE JUDAS.

CONSIDÉRATIONS. Judas ne put voir sans dépit la sainte profusion de Madeleine. Il aurait voulu lui-même en être l'objet : il dit donc à ses voisins : Que n a-t-on vendu ce parfum trois cents deniers, et que ne les a-t-on donnés aux pauvres! (Ibid.) C'était la passion de l'avarice qui se

cachait sous cette apparence de charité ; car, comme le remarque immédiatement saint Jean, il parla ainsi, non qu'il s'intéressât aux pauvres, mais parce qu'il était voleur, et qu'étant chargé de la bourse il avait entre les mains ce qu'on y déposait. Jésus prit la défense de Madeleine: Pourquoi, dit-il, faites-vous de la peine à cette femme?... elle a fait une bonne action; elle a embaumé mon corps par avance. Je vous le dis en vérité, ce qu'elle a fait à mon égard sera publié à sa louange, partout cet Évangile sera prêché, dans le monde entier (s. Marc. 14).

APPLICATIONS. Ce qui nous indigne et nous charme ici tout à la fois, c'est, d'une part, la profonde perversion de Judas, un des Douze, devenu voleur, fourbe, censeur d'une action faite en l'honneur de son divin Maître; et, d'autre part, l'ineffable mansuétude de Jésus-Christ, qui, tout en lisant dans le cæur de Judas, Sciens autem Jesus(s.Matt.26), s'abstient de lui reprocher ses injustices, ses hypocrisies, ses murmures inconvenants. Il épargne sa réputation devant les convives, afin de lui laisser la voie ouverte å un honorable retour au bien. Il se contente de le blâmer indirectement en louant l'action de Marie Madeleine.

AFFECTIONS. Félicitez Madeleine. Priez-la de vous obtenir quelque chose de son amour et de sa générosité envers Jésus-Christ.

RÉSOLUTIONS. J'éviterai avec grand soin de décourager par des blâmes ou des reproches publics ceux sur qui j'ai quelque autorité.

III. POINT.

CONDUITE DES HABITANTS DE JÉRUSALEM.

CONSIDÉRATIONS. L'Évangéliste saint Jean rapporte que beaucoup de Juifs, habitants de Jérusalem, ayant appris la présence de Jésus à Béthanie, s'y rendirent en foule. Nous pouvons distinguer parmi ces Juifs quatre classes de personnes : les uns, à qui la résurrection de Lazare a ouvert les yeux et révélé dans la personne de Jésus le Messie promis, accourent à Béthanie pour lui présenter leurs hommages et se réjouir avec celui qu'il a retiré du tombeau ; d'autres y viennent, amenés par un mouvement de curiosité; le grand nombre, et ce sont les indifférents, restent chez eux, dédaignant de s'occuper d'un fait qui aurait dù les mettre dans la voie du salut. Enfin les ennemis de Jésus, les Princes des Prêtres, dit saint Jean, avisèrent aux moyens de faire mourir aussi Lazare, parce que plusieurs Juifs les abandonnaient et croyaient en Jésus (Ch.12).

APPLICATIONS. Qu'est-ce qui nous est démontré dans ce récit évangélique? Que les triomphes remportés par l'Église du Dieu Sauveur ont toujours produit les mêmes effets : conversion des caurs bien disposés et consolation des vrais fidèles, redoublement de haine chez les ennemis déclarés Dieu-Sauveur, indifférence chez le grand nombre préoccupés uniquement des plaisirs et des intérêts matériels. Quant à vous, puisez-y un redoublement de zèle pour la gloire de votre divin Sauveur et pour la conversion des pécheurs.

COLLOQUE. Unissez-vous aux pieux habitants de Jérusalem pour vous réjouir de la gloire de Jésus; demandez la conversion de ceux que la passion a rendus indifférents ou hostiles à son égard.

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