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II. POINT.

JÉSUS CHERCHE EN VAIN DU FRUIT SUR UN FIGUIER.

il n'y

CONSIDÉRATIONS. Jésus, ayant apercu, dit saint Marc, un figuier qui avait des feuilles, s'avança pour voir s'il y trouverait quelque chose et, s'en étant approché, trouva que des feuilles. Car ce n'était pas le temps des figues (Ch. 11). Remarquons que le figuier n'est en feuilles qu'après que les fruits ont paru. Celui dont s'approcha Jésus, étant chargé de feuilles dès avant la saison des figues, ne pouvait être qu'un arbre stérile. Il était, comme tel, l'image de la nation juive, qui ne faisait plus consister la religion que dans les formes extérieures ou dans la loi, sans en avoir l'esprit, et sans en pratiquer les vertus essentielles, qui devaient en être les fruits.

APPLICATIONS. Ce figuier est donc l'image aussi de ces chrétiens lâches et tiédes qui négligent la pratique des bonnes @uvres sans lesquelles il n'y a pas de véritable christianisme, ou qui se contentent de quelques prières, de quelques pratiques de religion, purement extérieures, faites matériellement, sans que l'esprit et le cæur y aient aucune part. Craignons d'en venir là: la dissipation y mène rapidement. Examinons-nous.

AFFECTIONS. Demandez à Dieu une grande crainte de la dissipation, de la stérilité de votre âme.

RÉSOLUTIONS. Dans mon examen journalier de conscience je ferai une attention particulière au soin que je prends de sanctifier, par l'esprit intérieur et par la bonne intention, toutes mes actions, même et surtout celles qui sont indifférentes de leur nature.

III. POINT.

JÉSUS MAUDIT LE FIGUIER STÉRILE.

CONSIDÉRATIONS. Le Sauveur, s'adressant au figuier, dit à haute voix : Que jamais aucun fruit ne naisse de toi. Et à l'instant le figuier se dessécha. Et le lendemain, les apôtres, le voyant desséché jusque dans les racines, en furent frappés d'étonnement (s. Matt. 21).

APPLICATIONS. Combien plus grand sera l'étonnement ou plutôt le désespoir du pécheur surpris par la mort au milieu de ses vains projets de conversion, quand il s'entendra dire : Éloignez-vous de moi, maudit, dans le feu éternel! Ses regrets alors seront inutiles, le temps de faire des fruits de pénitence sera à jamais passé !... Que cette pensée est propre à nous inspirer un zèle ardent pour coopérer à la conservation des pécheurs, pour travailler avec grand soin à notre propre salut, à notre propre sanctification.

COLLOQUE. Avec l'illustre vierge-martyre sainte Cécile, dont on fait aujourd'hui la fête avec une grande solennité dans le monde entier. Les fruits que produisit son zèle furent admirables : non-seulement elle convertit Valérien, Tiburce et Maxime, mais elle en fit encore les compagnons de son martyre. Adressons-lui nos félicitations et prions-la de nous obtenir que loin de mériter jamais le reproche d'être des arbres stériles dans la vigne du Seigneur, nous y produisions au contraire beaucoup de fruits.

ÉVÉNEMENTS DU MARDI DE LA DERNIÈRE SEMAINE. OBOLE DE LA VEUVE.-SCRIBES.-SADDUCÉENS.

1. Prel. Représentez-vous Jésus louant la libéralité d'une pauvre veuve, et confondant les Scribes et les Sadducéens.

II. Prél. Demandez la grâce de vous conduire de manière à mériter les éloges de Jésus.

I. POINT.

ÉLOGE DONNÉ PAR JÉSUS A L'OBOLE DE LA VEUVE.

CONSIDÉRATIONS. Jésus, après avoir passé la nuit à Béthanie, revint au temple de Jérusalem, pour continuer le cours de ses instructions : il y consacra presque tout le jour. C'est à ce jour, le dernier mardi de sa vie, qu'on reporte l'éloge étonnant qu'il fit de l'aumône de la Veuve; les réponses mémorables qu'il donna aux questions des Scribes sur le tribut réclamé au nom de César, aux interrogations des Sadducéens sur la résurrection, et à celles des apôtres sur la fin des temps. -- Prenons les trois premiers faits pour matière des Points de notre méditation; et d'abord, l'aumône de la Veuve : Jésus, dit saint Marc, s'étant assis vis-à-vis du tronc placé à l'entrée du temple, regardait le peuple qui y jetait de l'argent, et plusieurs riches en jetaient beaucoup.Une pauvre veuve étant venue, y mit deux petites pièces, de la valeur d'un quart de sou. Jésus alors ayant appelé ses disciples leur dit : Je vous dis en vérité que cette pauvre veuve a plus donné que tous ceux qui ont mis dans le tronc, car tous les autres ont donné de leur superflu, mais celle-ci a donné de son indigence même tout ce qu'elle avait pour vivre (Ch. 12).

APPLICATIONS. Ne vous attristez donc pas, vous qui å défaut de fortune ne pouvez faire que de très-petites aumônes aux pauvres, ne donner que de petits encouragements aux bonnes auvres. Jésus-Christ vient de vous assurer qu'il ne juge nos actions que par le cæur, par la générosité et par l'intention qui les accompagnent.

AFFECTIONS. Actes de foi concernant cette vérité.

RÉSOLUTIONS. Ne chercher en toutes choses que le témoignage et l'approbation de Dieu.

II. POINT.

RÉPONSE DONNÉE PAR JÉSUS AUX SCRIBES SUR LE

TRIBUT A PAYER A CÉSAR.

CONSIDÉRATIONS. Les Scribes et les Pharisiens firent un dernier effort pour perdre Jésus dans l'opinion, en l'obligeant de donner à une question, habilement concertée, une réponse qui devait infailliblement ou le rendre odieux au peuple, ou criminel devant le gouverneur romain. Maître, lui dirent-ils avec une candeur affectée, que vous en semble ? Nous est-il permis de payer le tribut à César, oui ou non? Mais comment l'astuce, la malice humaine pourrait-elle triompher de la sagesse divine ? Hypocrites, leur dit Jésus, pourquoi me tendez-vous un piége? Montrezmoi la monnaie du tribut. Ils lui présentèrent un denier. De qui est cette image et cette inscription, demanda Jésus? De César, répondirent-ils. Jésus reprit : Rendez donc à César ce qui est de César, et à Dieu ce qui est de Dieu. Cette réponse inattendue les remplit d'admiration et ils se reiirèrent (s. Matt. 22. s. Marc. 11), honteux de se voir humiliés devant le public.

APPLICATIONS. C'est ainsi que Dieu sait déjouer les complots des impies. Nous avons donc tort de nous laisser aller à la défiance et à l'abattement, quand, å la vue des trames si habilement ourdies contre nous par les ennemis de Dieu, nous croyons leur triomphe ou notre perte infailliblement assurée. N'est-ce pas le tort que vous avez eu ? Tort envers Dieu : cette fausse persuasion lui est injurieuse; tort envers vous-même : cette préoccupation inutile vous a dté, en pure perte, le repos et la paix de l'âme.

AFFECTIONS. J'ai mis en vous ma confiance, Seigneur, et je ne serai point confondu (Ps. 30).

RÉSOLUTIONS. Je rejeterai loin de moi les vains soucis; et, quant à mon avenir, je m'abandonnerai à Dieu avec la plus entière confiance.

III. POINT. EXPLICATION DONNÉE PAR JÉSUS AUX SADDUCÉENS

SUR LA RÉSURRECTION. CONSIDÉRATIONS. Aux Scribes, qui venaient d'avoir été si honteusement confondus, succédèrent les Sadducéens qui niaient la résurrection. Leur but était également d'embarrasser Jésus par des questions captieuses : Maitre, lui dirent-ils, une femme a été successivement mariée à sept frères; duquel des sept sera-t-elle la femme, si tant est qu'ils ressuscitent à une autre vie ? Jésus leur répondit qu'au temps de la résurrection il ne serait plus question de mariage; parce que les hommes étant immortels il ne faudrait plus pourvoir au remplacement des morts par des nouveau-nés. Les hommes (les justes) seront alors, ajoutat-il, comme les anges de Dieu dans le ciel (s. Luc. 20).

APPLICATIONS. Que de mystères pleins de consolation

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