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les avec simplicité dans la pratique de certaines industries pieuses, que la ferveur leur a suggérées. En voici quelques-unes :

1. LA VEILLE AU SOIR.

Étant au lit, avant de s'endormir, elles comptent les heures qui les séparent du moment de la sainte communion et se disent à elles-mêmes : Encore autant d'heures... et le Dieu du ciel et de la terre sera ici.... dans mon cæur: je serai riche de Dieu, en possession d'un bonheur que n'ont pas les anges ! Quel événement!... Oh! que je voudrais que l'heure fût déjà venue! Que je voudrais, du moins, pouvoir passer cette nuit en prières, en préparation !.. O mon bon Ange, mon saint Patron, faites pour moi ce que je ne puis faire moi-même.

IJ. LE MATIN AU RÉVEIL.

Elles s'imaginent entendre de la bouche de Jésus ces paroles qu'ildit autrefois à Zachée: Descendez : hâtez-vous ; je veux établir aujourd'hui ma demeure dans votre maison, dans la maison de votre cæur (s. Luc. 19). A ces mots, tressaillant d'allégresse, elles répondent : 0 Jésus! c'est trop d'honneur; c'est trop de bonheur! Et d'où me vient, å moi, si pauvre, si misérable, cette faveur de prédilection?.. O mon âme, réjouis-toi; tes misères vont finir : l'abondance et la joie vont devenir ton partage !.. Mon Dieu, que n'ai-je un caur tout brûlant d’amour pour vous, pur du moins de toute tache de péché!.. — Puis, en se lavant, en s'habillant, elles disent : Amplius lava me, Domine. Seigneur, lavez aussi mon âme des moin:lres souillures! et revetez-la de la robe nuptiale, ornez-la de vertus ! etc.

III. LE DERNIER QUART D'HEURE AVANT LA COMMUNION. Elles s'efforcent de produire avec une grande intensité de dévotion, des actes de foi, d'humilité, de confiance et de désirs, comme il a été dit dans la méditation précédente. Puis elles invitent, avec une admirable simplicité, leur bon ange et leur saint Patron å les introduire dans la salle du festin, å les accompagner jusqu'à la table sainte.

IV. AU MOMENT DE LA SAINTE COMMUNION.

Elles se représentent leur cour devenu soudain comme une seconde étable de Bethléem, où vient de naître le divin Sauveur, et, se prosternant à ses pieds avec la trèssainte Vierge, saint Joseph, les anges, les bergers et les Rois, elles donnent un libre cours aux sentiments d'admiration, d'adoration, d'anéantissement, de reconnaissance, de jubilation, d'amour, d'espérance, de supp.ication, etc.

V. APRÈS LA SAINTE COMMUNION.

Les moments qui suivent la communion sont, pour les âmes pieuses, dit sainte Térèse, les plus précieux de la vie. Le temps consacré à l'action de grâces, fût-il d'une heure entière, leur semble toujours trop court. Mais en quoi la font-elles consister?... Dans les affections qu'on vient d'énumérer; dans divers actes qu'indiquent tous les manuels de piété, dans les prières exigées pour les indulgences ; dans le renouvellement de leurs bonnes résolutions, mais surtout dans l'offrande entière et absolue d'elles-mêmes, de chacun des sens de leur corps, de chacune des facultés de leur ame... offrande accompagnée du ferme propos de prendre certaines mesures pour en faire désormais un plus saint usage.

Mais le chrétien zélé ne reste pas concentré en lui-même : embrasé du feu du divin amour, il voudrait faire triompher sur tous les points du globe la cause de Jésus-Christ et des âmes rachetées par son sang... Dans cette vue,

il invite les anges et tous les saints du paradis à s'unir à lui :

pour obtenir l'accomplissement des voeux du souverain Pontife, des évêques, des prêtres, des missionnaires qui travaillent, envoyés par lui, dans les cinq parties du monde... pour obtenir la conversion de tous les peuples infidèles... pour obtenir l'humiliation des ennemis de l'Église... pour obtenir l'extirpation des scbismes et des hérésies... pour obtenir l'union et la paix véritable entre les rois et les princes chrétiens par le retour à l'unité religieuse. triomphe complet de l'Église, etc.

Afin de s'assurer l'effet de ses ardentes prières le pieux fidèle ne manque pas de recourir à la puissante entremise de Marie ; il met å ses pieds tout le genre humain, horriblement défiguré par le vice, miné par l'incrédulité; il la conjure de sauver le monde. Enfin, s'adressant à

pour obtenir le

Note. Cette manière expansive de prier, outre qu'elle est trèsagréable à Jésus, a encore cela d'avantageux qu'elle nous élève au dessus de nos petites misères, grandit nos idées, nous dilate le cour: Voir, du reste, après la VI méditation, les chapitres indiqués de l'Imitation, propres à élever l'âme, à la remplir de dévotion.

Jésus, il lui rappelle les honneurs, jusque-là sans pareils, que le monde catholique a rendus à sa Sainte Mère, lors de la Promulgation du décret de son Immaculée Conception et lui demande en retour l'entrée dans le giron de l'Église de tous les peuples, dont il fait l'énumération si le temps le lui permet.

LA SAINTE CÈNE

OU LA PREMIÈRE COMMUNION DES APOTRES.

1. Prél. Voyez Jésus au milieu de ses apôtres à la dernière Cène. II. Prél. Demandez un redoublement de foi et d'amour.

1. POINT. INSTITUTION DE LA CÈNE OU DE LA SAINTE COMMUNION.

CONSIDÉRATIONS. Voici en quels termes les auteurs inspirés rapportent les circonstances du grand événement de l'institution de l'Eucharistie, du Sacerdoce et de la sainte Communion : La veille de sa mort, la nuit même qu'il fut trahi, le Seigneur Jésus, après avoir lavé les pieds de ses apôtres et s'être remis à table, prit du pain, rendit grâces, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps... qui sera livré pour vous.. Faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe... et il rendit grâces et la leur donna, en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang, qui sera répandu pour vous, et pour plusieurs, en expiation des péchés. Et ils en burent tous. (I Aux Cor. 11. S. Matt. 26. s. Luc. 22. s. Marc. 14.)

APPLICATIONS. Dans la considération de ce grana événement que nous voyons s'accomplir ici, en quelque sorte sous nos yeux, tant les faits sont précisés, deux choses surtout nous frappent et nous ravissent : l'amour immense et ineffable de Jésus-Christ se donnant en nourriture aux hommes, et le bonbeur non moins ineffable des apotres devenus tout à coup des tabernacles vivants de la divinité, et comme transformés en Dieu !

O mon âme! encore quelques instants, le miracle d'amour accompli dans la dernière Céne va se renouveler dans toi, et tu seras en possession du bonheur des apôtres !... Encore quelques instants, et Jésus-Christ sera posé sur ma langue, et il me dira, par l'organe du prêtre : Mangez, ceci est mon corps.

AFFECTIONS. Actes de foi, d'admiration, d'humilité, - d'espérance, - de désir.

RÉSOLUTIONS. Tâcher d'avoir devant les yeux, durant tout ce jour, l'image ravissante de la Cène.

II. POINT. PAROLES QUI PRÉCÉDÈRENT L'INSTITUTION DE LA

SAINTE COMMUNION. CONSIDÉRATIONS. Comme le sacrement de l'Eucharistie et de la sainte Communion est le mystère des mystères, le plus étonnant des miracles, Jésus prépara de loin ses disciples å y croire. Nous voyons que dès la seconde année de ses prédications, il en fait le sujet de ses instructions. Écoutons attentivement ce qu'il nous en dit, d'après le témoignage de l'évangéliste saint Jean : Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts... Je suis le pain vivant descendu du ciel; le pain que je donnerai pour la vie du monde, c'est ma chair. Ici l'évangéliste interrompant les paroles du Sauveur dit

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