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ALPHABÉTIQUE ET MÉTHODIQUE

DE DROIT CANON

DANS SES RAPPORTS

AVEC LE DROIT CIVIL ECCLÉSIASTIQUE

ANCIEN ET MODERNE.

C

CABARET.

On entend communément par cabaret tout lieu dans lequel on vend publiquement et à tous ceux qui se présentent, du vin ou toute autre liqueur, soit dans la maison même, soit dans un jardin contigu.

Les canons défendent aux laiques d'aller au cabaret, à plus forte raison aux clercs. Voyez CLERC, IRRÉGULARITÉ.)

Il n'est point permis aux clercs d'entrer dans les cabarets et cafés pour y boire ou pour y manger, excepté dans les cas de nécessité, comine pendant un voyage. Clerici, edendi vel bibendi causâ, tabernas non ingrediantur, nisi peregrinationis necessitate compulsi. (Ex conc. Laodicens., canon Non oportet, dist. 44; Ex concil. Carthag., can. Clerici, dist. 44.)

Il est à plus forte raison défendu aux clercs de tenir cabaret ou café: celui qui n'abandonnerait point cet indigne emploi, après en avoir été averti, devrait être puni par la déposition ou du moins par la suspense. Nulli clerico licet tabernam, aut ergasterium habere. Si enim hujusmodi tabernam ingredi prohibetur, quantò magis aliis ministrare in ? Si quis verò tale quid fecerit, aut cesset, aut deponatur. (Ex synodo 6, can. Nulli, dist. 44.)

Plusieurs évêques de France ont déclaré que les clercs ne violaient pas la loi de l'Église, quand, invités par amitié ou par honnêteté, ils acceptaient à diner chez un cabaretier, un aubergiste ou un mai

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tre d'hôtel, pourvu toutefois que le repas ne se fasse pas dans un lieu public, et que ce soit rarement, etc.

On entend par voyage au moins une lieue ou deux de l'endroit où l'on habite. Un clero qui boirait dans un cabaret hors de voyage pécherait mortellement.

Il est défendu, par la loi du 18 novembre 1814, de tenir les cabarets ouverts, les jours de dimanches et de fêtes. Voyez à cet égard notre Cours de droit civil ecclésiastique.

CABISCOL.

(Voyez CAPISCOL.)

CADAVRE. On ne peut ériger des autels où se trouvent des cadavres. (Voy ez AUTEL.)

CAFÉ.

(Voyez CABARET.)

CAISSES DE SECOURS. On a établi, dans la plupart des diocèses de France, des caisses de secours pour les prêtres qui, après avoir vaillamment combattu les combats du Seigneur, sont accablés de vieillesse ou d'infirmités prématurées. Le concile de Rennes, de l'an 1849, approuve fortement l'établissement de ces caisses de secours, et en recommande Pinstitution dans les diocèses où elles n'existent pas encore, à moins, dit-il, qu'il ne se présente d'autres moyens de délivrer le cæur des prètres de toute inquiétude sur le pain de leur vieillesse. Ces caisses sont effectivement d'une nécessité absolue pour venir au secours des vétérans du sacerdoce auxquels le gouvernement n'accorde aucune pension; mais, tout en établissant des caisses de secours, il serait urgent de fonder dans chaque diocèse des caisses de retraite auxquelles auraient droit, après un nombre limité d'années d'exercice du saint ministère, tous ceux qui y contribueraient par une retenue annuelle. (Voyez PENSION.)

CALCÉDOINE.
(Voyez CHALCÉDOINE.)

CALENDES. On appelait de ce nom, chez les Romains, le premier jour de chaque mois. Comme on a conservé dans la chancellerie l'ancienne manière de dater les expéditions par ides, nones et calendes, et que d'ailleurs nos anciens titres français ont pour la plupart la même sorte de date, nous sommes obligés d'entrer à ce sujet dans un certain détail, tant sur ce mot que sur le suivant dont la matière a un rapport intime avec celle-ci.

Le nom de calendes, d'un mot grec qui signifie voco, a été donné au premier jour du mois, parce que le Pontife, chez les Romains, appelait ce jour-là les tribuns et le peuple au lieu appelé Curia calabra, pour leur apprendre ce qui devait être observé dans le cours du mois, soit pour les fêtes et les sacrifices, soit pour les négoces et les marchés, et le nombre même de jours qu'il y avait depuis les calendes jusqu'aux nones.

Les nones, dont il est inutile de donner ici les différentes étymologies, étaient célébrées le cinquième ou le septieme jour du mois à compter par les calendes. Le premier jour était marqué par calendis, le second par quarto nonas, c'est-à-dire quarto ante nonas, le troisième jour, tertio nonas, le quatrième jour pridie nonas, et non pas secundo nonas, parce que le mot de secundo ne répond pas à l'ordre rétrograde que l'on observe dans cette manière de compter. Enfin, le jour même de nones se marque nonis.

Quant aux ides, l'étymologie en est aussi inutile, et d'ailleurs obscure; elles sont toujours huit jours après les nones, soit que les nones soient le cinq ou le sept, c'est-à-dire que les ides sont toujours le treize ou le quinze du mois : le treize quand les nones sont le cinq, et le quinze quand elles sont le sept. Après le jour des notes et dès le lendemain, qui est le six ou te huit, on dit octavo idus, seplimo idus, et ainsi de suite jusqu'au douze et quatorze, auquel on dit, comme à la veille des nomes pridie idus; et le treize ou le quinze, le jour des ides, on dit idibus.

Après le jour des ides on commence à compter les jours par le nombre qui précède les calendes; en sorte que si les ides sont le treize, on comptera le quatorze decimo nono calendas, decimo octavo, decimo seplimo, et ainsi des suivants jusqu'à la veille où, au lieu de dire secundo, on dit pridie, par la raison que l'on a vue.

Après cette explication, il est aisé de voir que les jours du mois se règlent suivant que les nones et les ides sont avancées ou reculées : voici à cet égard les règles fixes. Ces quatre mois, mars, mai, juillet et octobre, ont toujours les nones le sept, et les ides le quinze, et dans les autres huit mois de l'année, les nones sont le cinq, et les ides le treize.

Les mois cités de mars, mai, juillet et octobre ont trente et un jours, six nones, huit ides et dix-sept calendes.

Les mois de janvier, août et décembre ont aussi trente et uu jours, quatre nones, huit ides et dix-neuf calendes.

Les mois d'avril, juin, septembre et povembre qui n'ont que trente jours, ont quatre nones, huit ides et dix-huit calendes.

Enfin, le mois de février a quatre nones, huit ides et seize calendes ou plus, selon que l'année est simple ou bissextile.

Guillaume Durand exprime le nom des calendes, des nones et des ides dans les six vers suivants:

Sex nonas maius, october, julius et murs,
Quatuor et reliqui : tenet idus quilibet octo,

Janus et augustus denas, nonasque december.
Julius, october, mars, maius, hepta decemque,
Junius, aprilis, september et ipse november

Ter senas retinet, februsque bis octo calendas. Au reste, quand on dit que les mois ont seize, dix-sept ou dixhuit calendes, cela signifie qu'ils ont seize, dix-sept ou dix-huit jours avant les calendes du mois suivant:aussi, quand une expédition de cour de Rome est datée calendis januarii ou februarii, elle est du premier janvier ou février, ainsi des autres mois. Quand elle est datée pridie calendas januarii ou februarii, elle est du dernier jour du mois précédent, car pridie calendas veut dire pridie antè calendas : ainsi les jours des calendes se comptent toujours sur le mois précédent, ce qui se doit entendre de même des nones et des ides. Mais voici une table qui ne permettra pas de se tromper sur toutes les règles que nous venons d'établir, et qui peuvent aisément passer de la mémoire. Observons toutefois préalablement que la date est, suivant notre division, la cinquième partie d'une signature (voyez SIGNATURE), qu'elle est différente par rapport à l'année, selon que l'expédition passe par la chambre ou par la chancellerie (voyez ANNÉE, DATE); et enfin que, par la règle 16 de la chancellerie, de Dictionibus numerabilibus, il est défendu de marquer dans les expéditions la date en chiffre ou en abrégé pour éviter les fraudes dont voici un exemple: si l'on écrivait X calend. jan., rien ne serait plus aisé que d'ajouter un point à ce nombre et de faire précéder la grâce d'un jour: item ut apostolicis litteris committendi crimen falsi per amplius tollatur occasio, voluit, statuit et ordinavit quod dictiones numerales quae in dictis litteris antè nonas idus et calendas immediatè poni consueverunt, per litteras et syllabas extense describantur, et illæ ex prædictis litteris, in quibus hujusmodi dictionis aliter scriptæ fuerint, ad bullarium nullatenus mittantur. Cette règle est conforme à la Novelle 10, c. 1, de Justinien, où il est dit : Non debet fieri signis numerorum significatio.

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