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d'hommes perdus par l'assiégeant deviendra aussi double ou triple; mais j'ai voulu prévenir tous les sujets de contestation, en adoptant le minimum même des calculs que j'ai réfutés ailleurs. Par cette même raison j'ai supposé que chaque mortier ne tiroit qu’un coup par quart-d'heure, quoiqu'on puisse facilement lui en faire tirer le double sans échauffer la pièce.

Il est donc impossible de réduire une place quelconque, soit petite , soit grande, défendue de cette manière, à moins qu'on n'invente quelques nouveaux moyens d'attaque, quoique ces noyens soient aujourd'hui regardés comme parvenus au maximuin de leur perfection.

Si l'assiegeant, pour se soustraire à cette pluie de balles, essaie de chemiver sous des blindāges, on conçoit qu'à la moindre sortie ii sera mis dans la plus grande confusion ; car comment se dégagera-t-il de ces longues galeries blindées , pour faire tête à l'assiége? Comment réparera-t-il, à chaque fois, le désordre occasionné dans ses logemens? Comment empêchera-t-il qu'on ne les culbute ou qu'on ne les brûle? Et où trouvera-t-il une assez grande quantité de bois pour suffire à un semblable travail, abstraction laite du temps énorme qu'il faudroit pour

l'exécuter? Si l'assiégeant prend le parti de cheminer sous terre, en se bornant à attaquer par les mines, il se réduira de lui-même à une condition pire que celle de l'assiégé qui a ses contre-mines préparées : il ne pourra plus avoir de batteries , au moins rapprochées, puisqu'elles ne seroient plus gardées; l'assiégé conservera donc tout son feu, et il est évident qu'un pareil siége est impossible.

Observons que la garnison n'est point du tout exposée , ni fatiguée par ce nouveau genre de défense ; qu'elle roule toute entière sur quelques compagnies de bombardiers, qu'il n'y a ni canons démontés, ni affûts brisés ; qu'il s'agit seulement de seconder cette opération par des sorties faites à propos , pour inquiéter l'ennemi et le forcer d'avoir toujours grand monde à la garde des tranchées, afin d'augmenter l'effet des feux verticaux qui doivent le détruire; qu'enfin il est important surtout d'y joindre la guerre souterraine qui coûte fort peu d'hommes , afin de gagner du temps et d'arrêter l'ennemi, le plus possible, sous la grêle des balles.

Ce genre de défense a encore cela de particulier, que l'assiégeant ne peut user de réciprocité envers l'assiégé; car celui-ci laisse agir ses mortiers qui sont sous des blindages, en se tenant lui-même sous les abris de la place; tandis que l'assiégeant est obligé de cheminer à ciel ouvert, et de conserver toujours dans ses tranchées un nombre d'hommes suffisant pour les garder contre les sorties imprévues de l'ennemi.

Je n'ai supposé que six mortiers en activité : on peut en mettre beaucoup plus, et les placer ailleurs qu'aux points indiqués : par exemple, dans les premiers jours, on peut les mettre sur les saillans du chemin couvert, et pendant les derniers , sur la courtine ou le milieu de la tenaille. Le lieu le plus convenable pour

enfiler les branches du chemin couvert est sur les deux faces de la demi-lune, aux points où elles sont rencontrées par le prolongement de la crête du chemin couvert des bastions , et sur les faces des bastions, aux points où elles sont rencontrées par les prolongemens de la crête du chemin couvert de la demiquatre points, on en aura en tout quatorze, qui couvriront sans cesse tout le glacis de projectiles, et ne permettront certainement pas que l'ennemi s'y établisse.

On peut aussi suppléer aux mortiers de 12 pouces par d'autres de 10 ou de 8, par des obusiers, ou même par des pierriers qu'on chargeroit, si l'on veut, de balles. Ces balles ne devant être portées qu'à 50 toises au plus, la charge de poudre seroit trèspetite, fatigueroit peu les pièces , et n'occasionneroit que peu ou point de recul, ce qui en rendroit le service facile.

Enfin on peut, comme je l'ai dit au commencement, employer de simples fusiliers qu’on exercera à tirer sous l'angle d'à-peuprès 45°, et qu'on pourra placer, soit le long de la courtine, soit dans les fossés, auprès des angles flanqués, vis-à-vis des capitales, où l'on pourra même, si l'on veut, établir des blindages pour ces fusiliers.

En se servant des mortiers, pierriers ou obusiers , il sera nécessaire de faire auparavant quelques coups d'épreuve , pour régler les portées, et faire varier, au besoin, l'angle du pointage.

Il me reste à dire un mot sur la dépense qu'entraîne ce nouveau mode. Comme il s'agit seulement ici de six mortiers , ou, si l'on veut, de 12 ou 15, qui tirent de quart-d'heure en quart d'heure, avec de très-petites chargés de poudre, et que cela dispense de tirer grand nombre d'autres pièces d'artillerie, il est évident que l'économie, en argent aussi bien qu'en hommes, est un nouvel avantage de cette méthode. Quoique j'aie supposé les balles faites de fer battu, comme les charges de

poudre seront fort petites , il est possible que les balles de fer fondu puissent résister aux chocs sans se briser, ce qui épargneroit considérablement sur la dépense. Mais en supposant le contraire, ce que l'expérience peut apprendre facilement, il ne seroit pas nécessaire, pour cela, d'avoir de grandes provisions de fer baltu : il suffiroit d'avoir des barres ordinaires de fer carré, depuis huit jusqu'à douze lignes d'équarrissage ; ces barres, qui

peuvent servir à toutes sortes d'usage, seroient coupées pendant le siége même, en morceaux longs d'un pouce à-peuprès ; et sans se donner la peine de les arrondir, on chargeroit de cette mitraille les mortiers , obusiers ou pierriers, ce qui produiroit le même effet que les balles : et non-seulement on feroit usage de ces fers tenus en magasins et toujours utiles, mais on en trouveroit des provisions toutes faites chez les serruriers et maréchaux de la ville ; il seroit à propos que tout cela fût ensaboté et appuyé sur un culot de fer, placé au fond de l'ame de la pièce.

S. II. SCIENCES PHYSIQUES.

Sur la décomposition de l'Eau par le Diamant.

(Lu à l'Institut, le 31 Juillet 1809, par M. GUYTON-MORVEAU.)

Dans la suite des expériences sur le diamant et les substances tenant carbone, que j'ai entreprises, et dans lesquelles j'ai eu pour

collaborateurs MM. Hachette, Clément et Darcet, et dont je me propose de présenter à la Classe les résultats, lorsque les dernières vérifications en auront été faites, nous avons pensé qu'il seroit intéressant d'examiner l'action du diamant sur l'eau, et si, à une température très-élevée, la force d'aggrégation du diamant ne feroit pas obstacle à son affinité pour l'oxigène de l'eau.

Nous avons employé, pour cette expérience, le fourneau et le tube de platine, qui font partie du grand appareil (I), dont je donnerai la description complète dans le mémoire où je réunirai les observations que nous avons recueillies dans le cours de ce travail , et les conséquences qu'elles présentent.

Avant que d'exposer le diamant à l'action de l'eau , il falloit d'abord s'assurer que le tube de platine chauffé rouge

blanc, n'avoit lui-même aucune action sur l'eau, et qu'aucune partie de

au

(1) Le Conseil d'instruction de l'École Impériale Polytechnique ayant invité deux de ses membres, MM. Guyton et Hachette , à continuer les expériences qu'ils avoient commencées sur le diamant, il a autorisé l'emploi des fonds nécessaires pour acquérir cet appareil, et pour le rendre propre aux diverses expériences dont il sera rendu compte.

l'appareil ne donnoit lieu à un dégagement de gaz hydrogène par le contact de l'eau portée en vapeurs.

Tel a été le résultat d'une expérience préliminaire.

On a mis ensuite dans le tube une petite cage de platine percée de plusieurs trous, contenant un diamant brui cristallisé, du poids de 268 milligrammes, et de petits éclafs de diamant brisés pour offrir plus de surface, et dont le poids étoit de 331. 5 milligrammes.

Après avoir adaplé à l'entrée du tube une petite cornue de verre tenant demi-centilitre d'eau, et à la sortie un tube plongeant dans l'eau de barile et communiquant par un siphon sous la cloche, les jointures bien lutées, on a échauffé le tube, jusqu'à rougir le fourneau, et on a mis le feu sous la petite cornue, pour faire passer

l'eau en vapeur. Lorsqu'on a vu dans la cloche une suffisante quantité de gaz pour le soumettre à l'épreuve, on a arrêté l'opération, n'ayant pas l'intention de sacrifier ces diamans à la solution d'une question qui n'exigeoit qu'un premier effet.

100 parties du gaz reçu sous la cloche hydropneumatique furent introduits dans l'eudiomètre de Volta , avec cent de gaz oxigène.

Après la détonnation il y eut 103 de diminution de volume.

Les 97 restans furent remises dans l'eudiomètre, avec une nouvelle mesure de 100 parties de gaz oxigène; il n'y eut pas d'inflammation.

L'eau de barite introduite dans ce mélange l'a réduite à et par conséquent produit une absorption de 5 parties, qui ne peuvent appartenir qu'aux 100 du gaz de la cloche introduite d'abord dans l'eudiomètre.

L'épreuve répétée sur 50 autres parties du même gaz, avec 50 parties du gaz oxigène, le mélange a été réduit par la détonnation à 50.

Les diamans ayant été retirés du tube de platine, celui qui pesoit.

08. 2680 n'a plus pesé que

2668.

192,

0.

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et s'est ainsi trouvé avoir perdu 12 décimilligrammes ; il étoit devenu plus blanc, et sa surface étoit moins égale.

Les diamans brisés restans se sont trouvés peser 33 centigrammes très-juste.

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Et comme il est très-probable qu'à raison de leur surface ils ont perdu par la combustion au moins autant que le gros diamant en proportion de leur masse, on peut, sans erreur sensible, estimer la portion de diamant brûlée dans cette opération, savoir : Déchet sur le gros diamant

Og. 0012 sur les petits.

0. 0015 Total , 27 décimilligrammes 0. 0027. Supposant donc que la combustion du diamant donne les mê , mes résultats que celle du charbon, et partant des rapports de 0,735 d'oxigène et o. 265 de carbone pour la composition du gaz acide carbonique ; et de o. 85662 d'oxigène , 0.14338 d'hydrogène, pour la composition de l'eau, on a :

Eau décomposée
Hydrogène rendu libre

I. 261
Oxigène uni au carbone.
Acide carbonique formé. Io. 186

8. 797

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.

7. 536

Si l'on fait attention que'le gaz avoit d'abord passé dans l'eau de barite, et qu'ainsi les 0. 05 de gaz acide carbonique retrouvés après la détonnation dans l'eudiomètre, n'étoient qu'une portion échappée au flacon intermédiaire, on voit un accord assez parfait de ces résultats pour conclure que le diamant mis en contact à une haute température, avec l'eau en vapeur, la décompose comme le charbon, forme avec son oxigène de l'acide carbonique, et met en liberté l'hydrogène, qui prend avec le calorique le caractère de gaz.

De la décomposition de l'Eau par le Plomb.

Par M. GUYTON-MORVEAU.

M. Guyton-Morveau a lu, en août 1809, à la classe des Sciences Physiques et Mathématiques, un mémoire sur le plomb; il résulle des expériences rapportées dans ce mémoire, que la pesanteur spécifique du plomb étant 11,358, et celle de l'eau i, la densité de ce méial s'accroît par la compression , et qu'on éleve sa pesanteur spécifique de 11,358 à 11,388; Muschembrock

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