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avoit avancé que le plomb, en s'écrouissant, diminuoit en pesanteur spécifique ; M. Guyton a fait disparoître cette anomalie, en prouvant que le plomb, ainsi que tous les autres métaux, augmente, en s'écrouissant, de pesanteur spécifique. Un autre phénomène a appelé son attention; il avoit remarqué que l'eau distillée dans laquelle il tenoit le plomb suspendu au moyen de la balance hydrostatique, prenoit bientôt un aspect laiteux, et qu'il s'y formoit à la longue un dépôt de flocons blancs; frappé de ce phénomène, il s'est assuré que l'eau distillée agit sur le plomb spontanément et sans le secours de l'agitation ; que cette action a lieu même sur le plomb réduit du muriate, qu'elle a lieu dans l'eau distillée en vaisseaux de verre; que cette action cesse absolument quand cette eau a été privée d'air par l'ébullition ou sous le récipient de la machine pneumatique; qu'elle s'arrête quand l'air que l'eau pouvoit fournir est épuisé; qu'elle recommence quand on en restitue à l'eau ; que la présence d'un sel neutre quelconque, tels que les sulfates , nitrates, muriates, en quelque petite quantité que ce soit, comme de deux millièmes de sulfate de chaux, suffit pour faire obstacle à cette action, et que c'est uniquement à cette circonstance qu'est due la conservation du plomb sans altération, dans l'eau de la Seine , les eaux de puits, etc., soit en vaisseaux fermés , soit en vaisseaux ouverts ; tellement que ce métal peut être regardé comme un des réactifs les plus fidèles pour juger la pureté de l'eau, lorsqu'elle ne tient pas des sels avec excès d'acide (2).

De l’Analyse des Matières animales et végétales.

1

Par MM. GAY-Lussac et THÉNARD.

Amener les substances animales et végétales à un degré de dessiccation correspondant à une température constante , les transformer en gaz par la combustion, déterminer exactement les quantités de gaz qui composent un poids donné de ces substances, tel est le problême que MM. Gay-Lussac et Thénard ont résolu à l'aide d'un appareil extrêmement simple, dont nous allons donner la description.

(1) Depuis que M. Guyton a publié ces expériences sur le plomb, MM. GayLussac ei Thénard ont observé que les effets électriques des piles de Volta étoient nuls lorsqu'on séparoit les couples métalliques par de l'eau distillés bien pure et privée d'air, et qu'ils étoient encore très-foibles lorsque l'on restituoit de l'air à l'eau.

H. C.

un

ferme, que

Cet appareil fig. 4, pl. II, consiste en un tube de verre AB, fermé dans la partie supérieure E par un robinet, et percé latéralement d'une ouverture B, d'où part un autre tube courbé BCD dont l'extrémité D correspond au goulot d'un flacon rempli de mercure; ce second tube est soudé au premier A BE; le robinet E est en cuivre; sur le milieu de la clef de ce robinet on a pratiqué une petite cavité, destinée à recevoir une portion de la substance qu'on veut analyser; en tournant celte clef, la substance tombe de la cavité sur le fond A du tube AB; on chauffe ce tube au moyen d'une lampe à esprit-de-vin HK, qu'on approche graduellement de l'extrémité A du tube ; on a même la précaution de poser d'abord sur une grille FG quelques charbons rouges, avant de faire usage de la lampe.

Il est très-important que le robinet E ferme exactement; pour ôter tout accès à l'air, on enduit la clef du robinet d'une graisse peu

l'on conserve dans cet état au moyen d'une petite quantité de glace 'retenue par l'entonnoir LM; la chaleur communiquée par le tube AB est employée à fondre la glace, et la température du robinet ne change pas sensiblement.

La méthode d'analyse de MM. G. et T. consiste à mêler un poids donné de la substance à analyser avec une quantité déterminée de muriate suroxigéné de potasse ; à diviser le mélange en petites boulettes, à les introduire une à une par la cavité de la clef du robinet dans l'intérieur du tube chauffé à la température qui convient au dégagement de l'oxigène du muriate suroxigéné; enfin à recueillir les gaz qui passent par le tube BCD dans le flacon à mercure N.

On prend pour la température constante à laquelle on dessèche toutes les substances à analyser, celle de l'eau bouillante; ensuite on détermine la quantité d'oxigène qui se dégage d'un poids donné du muriate suroxigéné destiné aux combustions; 5 grammes du muriate suroxigéné fondu dont MM. G. et T. se sont servis, ont donné 128 centilitres de gaz oxigène, dont le poids est d'environ 1,78 gramme; en recherchant la quantité de muriate qu'il faut employer pour décomposer la substance à analyser, ils ont trouvé que pour une partie de sucre, de gomme, d'amidon , de sucre de lait, et autres substances analogues, il falloit 6 parties de muriate suroxigéné, et 12 parties de ce sel pour une des huiles ou des résines; le résidu de la combustion est toujours du muriate de potasse qui ne contient plus de charbon.

Les substances végétales ne contenant pas d'azole, elles ne donnent pas, en brûlant, d'acide nitrique, et on ne doit pas craindre d'employer plus de sel qu'il n'en faut pour brûler tout l'hydro

gène et le charbon qu'elles contiennent; mais pour l'analyse des substances animales on employe moins de sel qu'il n'en faut pour brûler tout l'hydrogène et le charbon qu'elles contenoient. Et néanmoins on doit en employer assez pour que toute la substance animale soit convertie en gaz, et qu'elle ne laisse pour résidu que du muriate de potasse sans charbon; on forme dans ce cas une assez grande quantité de gaz hydrogene oxicarburé , qui se trouve avec le gaz acide carbonique et l'azote; l'analyse de ce mélange se fait par les moyens ordinaires; les gaz qui résultent de la combustion des substances végétales peuvent aussi contenir des gaz inflammables ; s'ils en contiennent, on en détermine la quantité en les mêlant avec le quart ou le cinquième de leur volume de gaz hydrogène, et en allumant le mélange dans l'eudiomètre au mercure par l'etincelle électrique ; l'addition d'un volume connu de gaz hydrogène est nécessaire, parce qu'on sait qu'un mélange d'oxigène et d'une très-petite quantité d'hydrogène ne s'enflamme pas par l'étincelle électrique; pour une partie de substance animale iels que la fibrine, l'albumine, la gélatine , la matière caseuse, on employe 4 parties de muriate suroxigéné.

Lorsqu'on veut analyser les acides végétaux, on les combine avec une base; par exemple, avec la chaux, et on détermine très-exactement la quantité d'acide que le sel contient; comme une portion d'acide carbonique se combine avec la base, on le dégage par un acide, et on en tient

compte. On sait que les volumes d'hydrogène et d'oxigène qui composent un poids donné d'eau sont dans le rapport de 2 à 1', et les poids de ces volumes sont dans le rapport de 12 à 88 ; les poids d'hydrogène et d'oxigène qu'on obtient des substances sucrées sont dans le même rapport; dans les acides végétaux l'oxigène est en excès par rapport à l'hydrogène pour la formation de l'eau ; mais ils n'en contiennent pas assez pour convertir tout l'hydrogène en eau et le charbon en acide carbonique ; dans les substances telles

que

les hụiles , les résines, etc., il y a un excès d'hydrogène par rapport à l'oxigène , pour la formation de l'eau; ces substances sont, de tous les corps, les plus charbonnées.

Les substances animales contiennent une telle quantité d'hydrogène, d'oxigène et d'azote, qu'il en résulteroit, d'une part, de l'eau , et de l'autre probablement de l'ammoniaque; cependant, d'après l'analyse déjà faite des quatre matières animales, la fibrine, l'albumine, 'la gélatine, la matière caseuse, on donne à l'oxigène obtenu la portion d'hydrogène nécessaire pour la formation de l'eau, et il y a encore en excès environ

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un centième de cet hydrogène pour transformer l'azote en ammoniaque ; ce qu'il y a de certain, c'est que plus une substance animale contient d'hydrogène en excès par rapport à l'oxigène pour la formation de l'eau, et plus elle contient d'azote ; ces résultats sur la composition des substances animales et végétales sont extrêmement remarquables par leur généralité.

De l'usage de l’Appareil, planch. 2, fig. 4.

On prend les quantités convenables de matière végétale ou animale, et de muriate suroxigéné de potasse desséché à la température de l'eau bouillante; on les pèse exactement, et on les mêle intimement sur un porphyre; ensuite on les humecte suffisamment pour les mettre en petites boulettes qu'on fait encore dessécher à la température de l'eau bouillante; après avoir fait rougir le tube, on y introduit par le robinet un certain nombre de boulettes qu'on ne pèse pas ; les gaz qui résultent de la combustion de ces boulettes prenant la place de l'air contenu dans l'appareil, on est dispensé de toute correction relative à cet air; lorsqu'on s'est assure que tout l'air de l'appareil est chassé, on introduit par le robinet un poids donné de boulettes, et on recueille les gaz sur le bain au mercure pour en faire l'analyse.

Si c'est un acide végétal dont on fait l'analyse , il faut peser exactement les boulettes qu'on employe pour chasser l'air de l'appareil, afin de tenir compte de l'acide carbonique que la base de ces boulettes retient.

On voit en (a), (6), (c), fig. 5, une petite main, une spatule et un crochet qui servent à introduire les boulettes dans la cavité de la clef du robinet E; on appuie l'extrémité de la main (a) fig. 5, sur l'entonnoire, fig. 4, qui termine le robinet E.

La fig. 6 représente le robinet et ses différentes parties sur une échelle de 2 décimètres pour mètre.

Les substances végétales que MM, G. et T. ont analysées par ce procédé, sont :

Les acides oxalique, tartareux, citrique, muqueux, acétique; la

gomme, le sucre , sucre de lait, príncipe cristallisable de la manne; résine de térébenthine, copal, 'huile d'olive, cire; bois de chêne, de hêtre.

Les matières animales qui ont été analysées, sont : la fibrine, la gélatine, la matière caséeuse ; le tableau suivant offre les réa sultats de quelques-unes de ces analyses.

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