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célèbre chimiste n'a pas hésité de l'accorder, persuadé que, s'il disparoissoit dans cette opération , par la seule exposition à une haute

température, en contact avec le fer sans accession de l'air ni d'aucun autre oxigénant, le fait acquis ne laisseroit aucun regret de l'avoir sacrifié.

M. Clouet avoit préparé lui-même un petit creuset de fer doux, forgé exprès avec des clous d'épingles choisis. Sa forme étoit un solide à huit pans; il fermoit par un bouchon du même fer, bien ajusté. Ce creuset devoit être placé dans un creuset de Hesse, garni de son couvercle bien luie. Voilà tout l'appareil de l'expérience dont M. Guyton a fait connoître le résultat par la lecture du procès-verbal suivant :

Procès-verbal de l'expérience faite à l'Ecole Polytechnique, le 12 aoút 1799, sur la conversion du fer en acier par

le diamant.

Le diamant employé pesoit 907 milligrammes. Comme il n'occupoit pas toute la capacité du creuset, on acheva de le remplir avec de la limaille du même fer que celui dont il étoit forine. Le creuset fut fermé avec son bouchon de fer, que l'on fit entrer avec force, pour qu'il restât le moins d'air possible dans l'intérieur.

Le creuset et le bouchon pesoient ensemble 55.8 grammes.
La limaille qui recouvroit le diamant pesoit
Poids total du fer environnant le diamant 57.8

2

Après avoir fait partir l'excédant du bouchon, le creuset fut placé seul et sans addition d'aucune matière environnante, dans un très-petit creuset de Hesse , et celui-ci dans un second creuset de même terre ; mais l'intervalle entre les deux creusets fut rempli de sable siliceux, exempt de toutes parties ferrugineuses. Enfin le plus grand creuset fut luté avec de la terre provenant de creusets pilés et d'argile crue, et le tout fut exposé environ une heure au feu de la forge à trois vents.

Tout étant refroidi, on a trouvé dans le creuset de Hesse inté rieur, le creuset de fer converti en un culot d'acier fondu. Il ne formoit avec le bouchon et la limaille qu'une seule masse arrondie et bien terminée, à quelques petits globules près , qui en étoient détachés, et dont le poids n'étoit que de 884 milligrammes.

Le cnlot d'acier fondu pesoit.................
Les globules detachés........

55.500 grammes. 0.884

Poids total de l'acier obtenu........... 56.384

Le fer et le diamant pesoient, avant l'opération, 58.707 gram., d'où il suit qu'il y a une perte de fer d'environ 2.323 grammes. Ce fer avoit donné au creuset de Hesse la couleur de la plombagine.

Signé CLOUET, WELTER et HACHETTE. Le 7 septembre 1799, M. Guyton a communiqué à l'Institut le résultat d'une nouvelle experience du diamant. On avoit fixé sur le fond d'une petite capsule de platine, un diamant brut, cristallisé et bien transparent; on l'avoit couvert d'un mélange de 5 grammes d'alumine précipités de l'alun par l'ammoniaque, et 15 décigrammes de chaux. Malgré les édulcorations répétées du précipité d'alumine, il retenoit encore de l'acide sulfurique. Après avoir mis la capsule de platine dans un creuset d'argile on tint le mêlange terreux et le diamant au feu d'une forge à trois vents, environ une demi-heure. M. Clouet , qui avoit proposé cette expérience, croyoit que le mélange terreux se changeroit en un verre qui se combineroit avec le diamant. Au lieu d'une masse vitreuse on a obtenu un sulfure terreux gris , opaque, qui exhaloit sensiblement l'odeur de soufre, et qui, soumis à différens essais, en a manifesté toutes les propriétés. Le diamant étoit devenu noir, et tranchoit ainsi avec le gris du sulfure. Avant l'opération il pesoit 158 milligrammes; il a perdu 58 milligrammes, plus du tiers de son poids. Il a été remis dans cet état,

par M. Guyton, au cabinet de l'Ecole Polytechnique. Ces trois mémoires sont insérés dans les volumes 31 et 32 des Annales de Chimie , année 1799.

Le 31 juillet 1809, M., Guyton a lu à l'Institut un mémoire sur la décomposition de l'eau par le diamant incandescent. Ce mémoire est inséré dans la Correspondance , tom. 2, pag. 109. Un cinquième mémoire de M. Guyton, qu'on doit considérer comme la suite des quatre premiers , vient d'être inséré dans le volume 84 des Annales de Chimie, année 1812, il a pour titre: Nouvelles expériences sur la combustion du diamant et autres substances charbonneuses, en vaisseaux clos.

Des sept expériences dont M. Guyton rend compte dans ce dernier mémoire, les quatre premières ont pour objet la combustion du charbon de chêne, la plombagiue de Keswik dans le Cumberland, la plombagine du Piémont, et l'anthracite. La

combustion du diamant est l'objet des trois dernières. Dans ces trois expériences on a brûlé 2,1650 grammes de diamant, dont 0,8665 grammes ont été donnés par M. d'Arcet. Nous allons extraire , de ce dernier mémoire, la description de l'appareil, tel que MM. Guyton et Clément l'ont disposé, et les conclusions que M. Guyton a cru devoir tirer, tant de ses expériences que de celles qui ont été faites en Angleterre, sur le même sujet , par MM. Allen et Pepys.

Extrait du oinquième mémoire sur le Diamant ;

Par M. GUYTON.

Les conséquences que l'examen comparatif du pouvoir réfringent de diverses substances, avoit presentées à M. Biot sur la composition du diamant, ayant fait désirer de nouvelles expériences pour déterminer sa vraie nature, nous en avons été chargés, M. Hachette et moi, par l'administration (1) de l'Ecole impériale Potytechnique,qui a mis à notre disposition 15 diamans pesant ensemble 1536 milligrammes (28.9185 grains, ou 7 karats des joailliers), réservant seulement pour son cabinet ceux qui pouvoient servir à l'instruction, soit par la régularité de leur cristallisation , soit comme conservant des traces intéressantes des commencemens de combustion que je leur avois fait subir dans mes premières expériences. M. Clément a bien voulu partager avec nous ce travail, et l'intérêt qu'y a pris M. d'Arcet, nous a procuré l'avantage de l'avoir souvent pour coopérateur.

Dans l'extrait que je publiai dans le tome 65 des Annales de Chimie , du mémoire de MM. Allen et Pepys, sur la nature du diamant, j'ai déjà fait connoître l'appareil qui avoit servi à nos premières expériences, et qui étoit composé d'un tube(fig.a', pl.5) de platine dans lequel une pompe à cric servoit à faire pa-ser le gaz oxigène, lorsqu'il avoit été chauffé au rouge-blanc. Ce tube que nous avions fait tirer à la manière des tubes des lunettes pour

éviter les soudures, étoit nécessairement très-mince, el fut bientôt hors de service par l'affaissement qu'il subit dans une des opérations préliminaires et qui détermina une fissure.

Obligés de faire construire un nouvel appareil, nous avons pense que pour le mettre à l'abri de semblables accidens, il falloit donner beaucoup plus d'épaisseur au lube destiné à traverser le fourneau , et en augmenter en même-temps le calibre intérieur, afin de pouvoir y introduire des substances d'un plus

(1) Elle a aussi fourni les fonds nécessaires pour l'acquisition des appareils.

grand volume, ou même y placer un support approprié, dans les cas où il y auroit à craindre que les corps soumis à l'expérience ne fussent emportés par le courant, ou que le résidu de la combustion de contractâi quelqu'adhérence aux parois du tube.(1). Il n'y avoit d'autre moyen pour atteindre ce but, que de faire forger un cylindre massif de platine , pour le forer ensuite à la manière des canons : c'est le parti que nous avons pris, et qui nous a mis en possession d'un instrumen: que nous croyons le plus solide et le plus commode que l'on puisse employer pour ce genre de recherches.

Je crois devoir donner icila description de l'appareil entier(2). de la manière de s'en servir, et des perfectionnemens que 'nous у avons successivement ajoutés, avant de présenter les résultats des expériences pour lesquelles il a été construit.

AB (fig. 1, pl. 5), est un tube de platine de 34 centimètres de longueur. La partie cd , est celle dont j'ai parlé plus haut, de 15 centimètres de longueur, de 24 millimètres de grosseur, qui a été forgée pleine, et ensuite forée pour lui donner un calibre intérieur de 15 millimètres; de sorte qu'on lui a conservé quatre millimètres d'épaisseur.

A chaque bout de cette pièce est ajusté et soudé à l'or pur, un autre tube de platine laminé à 2 millimètres seulement d'épaisseur, également soudé à l'or, et terminé par un collet renforcé, ouvert intérieurement en cône, et portant cinq filets de vis, pour recevoir les ajutages, comme on les voit représentés (fig. 2), sur une plus grande échelle.

Ce tube est placé dans les échancrures pratiquées dans le fourneau E, F (fig. 1), formé de deux creuses appelés de plomb noir, dont on a enlevé les fonds, de 11 centimètres de diamètre dans leur évasement (3). On voit en g la grille; h est le trou pratique pour recevoir' la tuyère d'un soufflet a double vent, d'environ 29 décimètres cubes de capacité.

Les ajutages a,b, du tube de platine, communiquent, à 38 centimètres de distance, à l'une des branches des vases à-peu-près

(1) C'est ce qui nous étoit arrivé en traitant dans le premier appareil de la plombagine qui nous avoit été donnée comine venant de Keswill.

(2) MM. les Elèves peuvent voir cet appareil dans le cabinet de physique de l'Ecole Polytechnique.

(3) On sait que ces creusets de plomb noir, qui vous viennent d'Allemagne, se taillent très-facilement ; qu'ils ont la propriété de supporter.

le passage

du chaud au froid sans se fendre; qu'ils sont très-réfractaires, el tiennent mieux que les autres la chaleur dans leur jatérieur, à raison de la plombagine qui catre dans lour composition.

demi-circulaires I et K, contenant du muriate de chaux, que nous nommons par cette raison tubes desséchans, et qui sont environnés de glace dans les terrines L et M. L'autre branche de ces tubes reçoit un ajutage du même genre, qui: la met en communication avec l'intérieur du gazomètre placé de son côté, lorsque le robinet est ouvert.

Lorsque nous eúmes connoissance de l'appareil de MM. Allen et Pepys, décrit dans les Transactions philosophiques de 1807 (part. 2), nous prîmes la résolution de construire pos gazomètres à leur exemple, pour en rendre la manipulation plus facile, en réduisant le mercure à un beaucoup plus petit voluine. Mais pour en étendre l'usage, et pouvoir y traiter même les gaz acides, au lieu de les faire couler en fonte, nous arrêtâmes de les faire exécuter en porcelaine.

Cependant nous ne tardâmes pas à reconnoître que l'opacité de la matière seroit un grand obstacle à la détermination précise du niveau du mercure, tant dans l'intérieur de la cloche qu'à l'extérieur; que le volume des gaz ne pourroit être ainsi mesuré qu'en rétablissant l'équilibre des deux colonnes par la communication avec la pression du dehors; ce qui ne pouvoit manquer de multiplier les chances d'erreurs, par la quantité d'ajutages et de robinets destinés à opérer cette communication. Nous revinmes donc aux gazomètres de verre. Je vais donner la description de ceux que nous avons définitivement adoptés, après plusieurs essais qui nous ont donné la mesure des précautions à prendre pour en assurer la solidité.

OP (fig. 1 et 2) est un cylindre ou manchon de verre blanc, de 26.5 centimètres de hauteur, de 7 millimètres d'épaisseur et de 16 centimètres de diamètre intérieur. Les bords inférieurs sont dressés pour s'appliquer exactement sur une glace doucie, mastiquée bien horizontalement sur le pied de bois Q. Ce manchon est fixé sur la glace par le cercle de fer R , réuni au pied de bois

par les branches de fer s, qui traversent le cercle et le tirent par leurs écrous.

T est une cloche de verre sans bouton , de 12.2 centimètres de diamètre extérieur, de 19.5 de hauteur , dont les bords inférieurs s'appliquent également sur la glace du fond, et qui y est fixée par la verge de fer U, percée dans toute sa longueur et taraudée en vis à l'extrémité supérieure, pour entrer dans la petite calotte de fer V, faisant fonction d'écrou.

Cette verge de fer est percée pour recevoir un tube de verre », qui s'élève de 2 centimètres au-dessus de la calotte de fer V, et qui, arrivé au pied de bois, en traversant la glace, se courbe et se prolonge jusqu'au robinet d'acier X, auquel il est mastiqué.

Enfin Ý esi le récipient mobile, ou cloche de verre de 13 cen

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