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tionnelle des autres récoltes, à cause de la différence des engrais qui, dans notre système, sont au moins doubles de ceux qu'on peut avoir en faisant des jachères; car les engrais sont en rapport avec les bestiaux, les pailles et les fourrages. Les faiseurs de jachères ne peuvent nourrir que le tiers de notre bétail. Il faut tout prendre sur les fourrages tandis que nos pâturages verts nous en économisent une forte quantité. Dans l'hiver, nous donnons des racines à nos vaches et à nos brebis; il faut encore y suppléer par du grain ou du fourrage sec. Nous avons les moyens de faire de nombreux élèves en tout genre, chose impossible à nos adversaires.

secs,

Emploi des produits.

Il n'est pas inutile de parler de la consommation du produit de nos récoltes, sous le rapport de la nourriture de nos chevaux et de nos bestiaux. La nourriture des animaux attachés à la culture est un des principaux objets de l'économie rurale.

Voici la marche que nous suivons et que nous soumettons à l'expérience des cultivateurs qui savent mettre de l'ordre dans l'administration de leurs maisons.

Nos trois attelages sont composés de chacun cinq chevaux. Pendant les quatre mois d'hiver, novembre, décembre, janvier et février, on donne à chaque attelage 60 livres de fourrage par jour, non compris la paille, à volonté; 20 litres d'avoine le matin, 5 gerbes de féverolles

au soir.

Pendant les huit autres mois, du premier mars au dernier d'octobre, la ration d'avoine est doublée, celle de fourrage est augmentée de 15 livres par attelage, et, au lieu de féverolles en gerbes, qui deviennent alors trop dures, et causent souvent des irritations dans l'estomac et les

intestins des jeunes et des vieux chevaux, à cause de l'état de leurs dents, on donne le soir, pour les trois attelages, un demi-hectolitre de graines trempées pendant douze à quinze heures. Ce régime dure jusqu'en juillet, où on lui snbstitue trente livres de lentille non battue, par attelage.

Nous observons ici que par fourrage, en ce qui concerne les chevaux, nous entendons la lupuline, le trèfle et la luzerne de première coupe, et du foin, si l'on en récolte.

Il résulte de cette dispensation de vivres, que nos 3 attelages consomment pendant un an :

En fourrage, y compris les lentilles. 86,400 livres.

En avoine..

360 hect.

Féverolles en gerbes.

Féverolles en graines.

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Vaches.

Douze vaches de forte race mangent par jour, de fourrage sec, non compris les pailles et les balles d'avoine et de blé

200 liv.

De racines, pendant cinq mois d'hiver, par jour, 150 Pendant six mois d'été elles vivent de pâturages dans des clos, de fourrage vert, de foin et de regain. Ainsi cette consommation d'hiver forme un total en four

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En racines de .

Le tiers en fourrage pour les mauvais jours d'été.

Total.

1,800

60

.

36,000 liv.
22,500

12,000

70,500

Brebis.

Pendant l'hiver cent brebis consomment par jour 250 livres de fourrage, y compris le grain contenu dans celui du soir, cent livres de racines et autant de paille, soit de blé soit d'avoine. On donne cent livres de trèfle, luzerne

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ou lupuline le matin; les racines et la paille à midi, et les 150 livres de fourrage grenu le soir.

Quand les agneaux sont venus en novembre et décembre, au commencement de février, on leur donne de l'avoine en gerbes à proportion de leur force et de leur appétit en mars on y ajoute du fourrage.

Ainsi, pendant 5 mois d'hiver, un troupeau composé de 800 bêtes, nombre qu'on peut nourrir six années dans dix, dépense en fourrage. 300,000 livres.

120,000

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Eu racines.

Le tiers de la première quantité pour les
mauvais jours d'été.

non compris le vivre des agneaux.

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Récapitulation.

Notre dépense en fourrage pour les chevaux. 86, 400 livres.

Pour les vaches.

70,500 100,000

Pour les élèves de toute nature.

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100,000

Total. 520,000

Total général. 776,900

En soustrayant cette quantité de fourrage consommée de celles que nous récoltons, montant à. 1,070,000 livres, il nous en reste, pour les mauvaises

années, plus de.

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290,000

Nous ajouterons encore, en faveur de la nouvelle culture, que l'usage des racines pour les vaches et les brebis, pendant l'hiver, non-seulement les nourrit et augmente leur lait, mais qu'il les garantit d'une maladie du foie, observée annuellement par les vétérinaires, et même par les bouchers, sur les animaux qui ne vivent que d'alimens

secs.

Le mois d'avril arrivé, nos brebis et nos agneaux pâturent dans le seigle et l'orge d'automne, que nous avons se

A

més à dessein. Elles passent de-là, au mois de mai, dans la luzerne-lupuline, et plus tard dans les dravières de mars. Seize à dix-huit hectares de ces pâturages, quand ils sont bien fournis, suffisent pour trois mois et plus. Il sera facile de calculer que notre excédant de racines sera plus que suffisant pour nourrir pendant l'hiver le nombre de cochons et de volailles que nous avons indiqué et que notre quantité de grains en avoine, en féverolles, en orge sera également surabondante.

Travaux annuels.

Quoique la totalité de nos terres produise tous les ans au moins une récolte, il ne faut pas en conclure que notre méthode exige plus de travail que si nous n'en faisions rapporter que les deux tiers; car dans ces deux tiers on ne compte que 17 hectares de prairies artificielles, tandis que nous en avons 51. Quand notre blé, notre orge, nos hivernaches, nos pâturages de printemps, nos plantes oléagineuses sont semés, ce qui a lieu en juillet, septembre et octobre, il ne nous reste, pendant 9 mois, que 25 hectares à cultiver. Nos terres à féverolles et celles pour l'avoine sont préparées avant ou pendant l'hiver; nous n'avons d'abord à faire, au mois d'avril et de mai, que pour nos vesces et nos racines. Pendant les plus longs jours et les plus grandes chaleurs, la nudité de la pauvre jachère est exposée aux ardeurs desséchantes de l'été, tandis que notre champ reste couvert d'un épais tapis de verdure, qui concentre dans son sein l'humidité, les sels, les gaz qui doivent servir à la nutrition des récoltes subséquentes.

Nos récoltes étant plus abondantes, nos charrois sont plus nombreux, c'est la seule surcharge de la nouvelle culture, qui ne s'oppose pas à la bonne préparation de nos terres à blé, à orge, à pâturage.

Nous faisons parquer nos brebis depuis le mois de juin jusqu'à la fin d'octobre. Nous établissons le premier parc sur la terre à racines d'hiver; elle a été labourée au commencement d'avril; elle recevra les graines huileuses au mois de juillet ou d'août. Nous enterrons le parque tous les six jours par un labour léger. Sur les terres à lupuline, ou à fourrage pris en vert, avant de parquer, on passe la herse de fer ou le scarificateur, pour donner un peu d'ouverture; de cette manière, l'engrais est mêlé et enterré avec la poussière : le second labour le replace à une profondeur suffisante pour se trouver en contact avec les racines.

Pendant le mois de juillet les terres récoltées en graines oléagineuses et en hivernaches reçoivent un premier labour. Elles seront fumées avant ou après, pour recevoir au mois de septembre de l'orge et du pâturage pour le printemps. Nous avons soin de n'indiquer le parcage et le fumier qu'à proportion de la quantité que nous pouvons faire, et du temps que nous avons pour transporter le dernier. Nous n'en avons point parlé dans le mois de juin, parce que les premiers labours et la rentrée des lupulines, des luzernes, des trèfles, des foins ne nous en laissaient pas le loisir.

Vers la mi-juillet on coupe l'orge d'hiver, peu de temps après on commence la moisson des fromens : c'est le moment où les cultivateurs et les ouvriers ont besoin de toutes leurs forces et de toute leur activité. La connaissance du vrai point de maturité, la manière de faire couper les céréales, est une branche essentielle d'économie. Les premiers blés, quoique paraissant mûrs, ne doivent pas être rentrés trop tôt, il faut que la paille et le grain soient parfaitement secs. La récolte des fromens, de l'avoine, des féverolles, des secondes coupes de luzerne et de trèfle, de vesces pour fourrage et graine occupent tout le mois d'août.

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