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tous confient à des modulations trans- / glaives et de l'ordre Teutonique. « Ma mises ou trouvées les émotions qui agi- fille, je ne fuis point devant les travaux, tent leur ame (voy. Air). Chanter, c'est je suis devant le vilain Allemand, notre vivre. Le peuple chante parce qu'il éprou- maitre dur et brutal... Pauvres paysans, ve le besoin instinctif de sortir de son allachés aux poteaux, on vous bat jusexistence monotone et triviale; il chante qu'au sang; pauvres paysans dans les comme le vent soustle, comme le ruis- fers! vos femmes vont frapper aux porseau murmure, sous l'impression d'une tes; elles tiennent des aufs dans leurs force toute-puissante et secrète. Le poète mains, des cadeaux dans leurs manches! lyrique des temps civilisés, du moment La poule crie sous leurs bras et sur le où il est vrai, touchant, pathétique, n'est char bèle le petit agneau. Mais ces aufs, que l'écho de ces chants primitifs: il con- nos poules les ont pondus pour le plat dense des voix isolées, il les épure; il a des Allemands, et la brebis a mis bas l'aprêté l'oreille, mais il n'a pas inventé. gneau tacheté aussi pour la broche des

Nous le répétons, le type multiple et Allemands, et notre vache a livré son varié de ces chants est partout: les mis- premier veau aussi pour le champ des sionnaires ont entendu des accens d'une Allemands, et notre jument a donné son admirable sensibilité dans la hutte glacée gai poulain pour le traineau des Alledu Grænlandais, lorsqu'il pleure la mort mands! Et nos mères livrent leur fils de ses ancêtres; en rasant les ilots dissé- unique pour être flagellé au poleau des minés dans la mer du Sud, les naviga- | Allemands ! » Puis c'est le tour des Liteurs ont pu saisir au passage, avec le thuaniens, les chansons d'un cavalier parfum des fleurs tropicales, des chan- chevauchant à travers « les marécages sops mélancoliques et molles, prélude noirs et les bruyères vertes; » les crainperfide de quelque atroce festin. Sur mer tes d'une jeune fille sur le point de se et sur terre, du baut des rochers sour- marier; puis les chansons satiriques des cilleux et dans l'immensité des plaines, Vénèdes, puis cet admirable chant mordans les hameaux et les villes, la voix du laque sur la femme d’Asan-Aga, où les peuple retentit toujours, tantôt naive, sentimens les plus pobles, les plus délidouce, harmonieuse, tantôt rauque, vé-cals , sont encadrés dans le récit le plus hémente, colère; c'est un concert im- pathétique. mense, dont les instrumens sont répan- Herder continue ainsi à traverser cette dus partout; c'est un thème à variations immense galerie de peuplades : il rapinfioies. Volontiers nous indiquerions porte du Midi des chants ces inflexions si variées, volontiers nous siciliens, italiens, espagnols et français; passerions en revue les chants populaires du nord-ouest quelques fragmens gaēlide toutes les nations : nous ne pouvons ques, des ballades écossaises et anglaiqu'effleurer et choisir.

ses; de l'Allemagne une série de Lieder; Herder, dans son bel ouvrage, Die enfin il donne des échantillons du chant Stimmen der Volker(les Voix des peuples) des sauvages. Des travaux plus récens a présenté, comme au hasard, une col- ont considérablement agrandi ce champ lection de chants nationaux; et pour éta- déjà si vaste : de grands poètes n'ont blir quelque ordre dans une matière si point dédaigné de puiser à ces sources riche, il a tracé de grandes divisions primitives; Gæthe surtout leur a donné géographiques, un peu arbitraires, en droit de bourgeoisie en Allemagne : son se bordant toutefois à l'Europe. Dans le Roi des aulnes, son Pécheur sont faits Nord, il fait retentir à travers la neige avec des traditions populaires; désoret les glaces la plainte amoureuse du mais il n'est plus permis d'ignorer leur Lapon, ses cris d'encouragement adressés existence ou d'accueillir avec le sourire au renne, cet élégant et léger coursier du dédain les productions informes, mais des contrées boréales; puis il nous mène originales, de la muse lyrique. aux repas des Esthoniens : nous enten- Le caractère constant de ces chants dons les soupirs d'angoisse de ce pauvre populaires, c'est une grande naiveté de peuple opprimé par les chevaliers porte- sentiment, unie à une extrême vivacité Encyclop. d. G. d. M. Tome V.

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grecs, latins, d'expression, à quelque chose de heurté, soin; le noble bandit qui ajuste de sa cade saccadé dans les idées; les transitions rabine, derrière les rochers, son ennemi, sont d'habitude brusques, indéfinissa- le Turc. Cette vie de brigands patriotes, bles: le poète ne parle-t-il point de cho- quels chants populaires nous la retraceses connues à des esprits qui le com- raient mieux que les accens rauques de prennent à demi-mot? Quelquefois le sens la Grèce moderne, que ces cris du klephte des paroles est complètement étouffé |(voy.), dont M. Fauriel s'est fait l'insous la mélodie, dans les pays méridio-terprète? Que nous jetions nos regards naux surtout: c'est que sous un beau ciel sur les temps anciens ou modernes, vers la poésie tend à se matérialiser; on y le Nord ou le Midi, en Orient ou en Occhante pour passer le temps; on flatte cident, toujours nous retrouverons au l'oreille plutôt que l'intelligence. Les bo- milieu du peuple la naive expression de léros espagnols, si voluptueux et si eni- ses tourmens et de ses espérances, de sa vrans, les airs mores de la Sicile et de la joie et de sa douleur. Calabre, la gaie tarantelle de Naples, La France est peut-être moins riche fourniraient de nombreuses preuves à que d'autres pays en chants primitifs, l'appui. C'est l'inverse dans le Nord : les sans nom d'auteur, en chants qui vienchants y conservent les souvenirs. Telles nent on ne sait d'où et se perdent quelsont les sagas (voy.) de l'Islande et de quefois par des migrations incroyables la Norwege, transformées en histoire en de lointains climats. Cependant, si l'oa sous la plume de Snorre Sturleson; telles s'appliquait sérieusement à recueillir dans sont les ballades (voy.) de l'Angleterre et toutes les provinces ces voix perdues du de l'Écosse, traditions vivantes, drama- passé, les noëls, les complaintes (zwy. ces tiques, histoire pittoresque en vers, fond mots et Chanson), les chansons de chas où Walter Scott a puisé en homme de se, la moisson serait plus riche qu'on ne génie qui centuple la valeur du métal pense. Les montagnes surtout recèlent de brut en le ciselant; tels sont les chants curieuses mélodies, accompagnement de des Serbes (voy.), de cette noble peu-paroles bizarres. Au fond des Pyrenees, plade qui semble réservée à de nouvelles le descendant des Basques a conservé de et hautes destinées. Lorsqu'ils célèbrent mélancoliques chansons dont il acconleurs héros des siècles d'indépendance, pagne sa danse ou dont il charme sa soou de l'époque tragique qui vit succom- litude. Les montagnes sont les déposiber la Servie sous le joug des Turcs, on taires fidèles des vieilles traditions: aller peut aisément reconnaitre dans ces poè- en Suisse, vous entendrez dans la vallre mes rudimentaires les élémens de l'épo- de Hasli les airs que des colonies scanpée. C'est par la réunion de pareils dinaves y ont apportés; le ranz des vafragmens qu’autrefois l'Iliade et les Ni-ches (voy.), avec ses nombreuses variabelungen prirent naissance. Les vers hé- tions, résonne comme dans les anciens roiques des Serbes, chantés au son de la jours sur le penchant du mont Pilate, gusla, espèce de guitare informe, meu- au baut du Righi ou dans les gorges des ble indispensable dans les plus humbles Diablouts; sur les bords du lac de Brien cabanes, ont sans doute puissamment les batelières vous disent des mélodies contribué à entretenir l'esprit national, à séculaires, et le gai Tyrolien n'a point le réveiller dans ces derniers temps. Rien oublié les sons originaux que ses ancede plus gracieux que leurs vers lyriques, tres déjà tiraient de leur large poitrine qui retentissent au haut des monts où et de leur flexible gosier. le berger conduit les troupeaux, dans la L'Allemagne, cette terre de la poésie, plaine où la moisson ondoie, dans ces est singulièrement riche en chants poforêts tousfues, interminables que tra- pulaires : tous les métiers, tous les états verse le voyageur. Ils chantent le vieil- ont leurs chants traditionnels; les Doelard à barbe vénérable, la vierge folâtre breux dialectes en conservent de pré et légère dansant le kolo; la jeune femme cieux vestiges; le long du Rhin surinn qui donne à son enfant le bouquet de le dialecte allémanique (voy.) s'est ste fleurs qu'autrefois elle conservait avec réotypé en de nombreuses ballades

en chansons mélancoliques ou joviales. sont la base d'une préparation appelée Il s'est rencontré là, de nos jours, un hachich, dont l'usage met dans un état poète qui a tiré de cet instrument rus- d'ivresse semblable à celui que produit tique des accords admirables. Les Poé- l'opium. Les Arabes et les Hindous ont sies allemaniques de Hebel vivront coutume de se procurer la même jouisquand le nom de leur auteur sera de- sance en fumant des feuilles de chanvre, puis long-temps oublie; elles vivront de soit pures, soit mêlées au tabac. L'abus cette immortalité vraie, de l'immortalité de ces pratiques agit d'une manière très populaire, bien autrement durable que pernicieuse sur la constitution physique celle des livres : le forgeron et le chas- et morale. seur de la Forêt-Noire, l'agriculteur et Les graines de chanvre, qu'on nomme le vigneron du Brisgau répèteront tou- vulgairement chenevis, sont une bonne jours ces vers, qui reflètent, en l'idéali- nourriture pour la volaille. L'huile de sant, leur vie journalière, et la rattachent chenevis s'emploie, en thérapeutique, par des fils d'or à une vie à venir. à des émulsions adoucissantes; en Rus

Et maintenant, demandez-vous quelle sie elle sert aux paysans à la préparasérie de ces chants est la première dans tion des alimens, et ailleurs on en tire l'ordre esthétique? c'est celle qui répond parti pour la peinture et pour la fabrile mieux à l'esprit et aux mours du peu- cation du savon noir. ple, qui les redit dans ses travaux et ses On sait que le chanvre se cultive loisirs; celle qui entretient le plus vif principalement à cause de la filasse que sentiment de nationalité et donne le fournissent ses tiges. Depuis trois siècles plus libre essor aux nobles facultés de seulement l'usage des toiles de chanvre l'ame. Et en appliquant cette mesure s'est répandu en Europe : avant cette aux vers populaires que nos contempo- époque on ne connaissait que les toiles rains ont retenus, nous courrons grand de lin. La reine Catherine de Médicis, risque de prononcer un arrêt de con- femme de Henri II, possédait deux chedamnation sur les énervantes mélopées mises de toile de chanvre, lesquelles du Midi et de donner la palme aux ac

étaient alors une nouveauté. cens patriotiques et chastes des races Pour la fabrication et l'usage du chanslavonnes ou teutoniques. Les bardes et vre, voy. Rouissage, Fil, Toile, Corles scaldes (voy. ces mots) étaient révérés DERIE , etc.

ED. SP. dans le Nord presque à l'égal des rois; en CHAOS. Ce mot est dérivé du grec Grèce, en Italie les rhapsodes et les im- xãos, le vide, le gouffre (de xáo, zaiva, provisateurs (voy.) sont bien près des je suis ouvert); son acception est relative mimes et des charlatans. L. S. à l'idée que l'on se fait de la formation

CHANVRE. Le chanvre (cannabis de l'univers. On peut réduire à trois sativa, Linn.) fait partie de la famille classes les divers systèmes de cosmogonie des urticées et de la diæcie pentandrie. qui ont partagé les philosophes de l'anCette plante, trop connue pour qu'il soit tiquité. Les uns admettaient la coéternécessaire de la décrire, est originaire nité de la matière avec une cause predes contrées chaudes de l'Asie; devenue mière et intelligente qui, dans un temps depuis plusieurs siècles l'objet d'une donné, lui avait imprimé le mouvement culture très étendue, elle se trouve au- et en avait coordonné toutes les parties jourd'hui naturalisée dans beaucoup de dans l'ordre qui règne aujourd'hui. Pour contrées de l'Europe, surtout vers le ceux-ci, le chaos était un mélange confus

de la matière, sans ordre ni régularité, Le chanvre, à l'état frais, possède des mélange qui a préexisté au monde tel que propriétés parcotiques très énergiques; nous le voyons. Selon d'autres, le contoutes ses parties exhalent une odeur cours fortuit des atomes (voy. ce mot) forte

, particulière et peu agréable. On auxquels le mouvement était essentiel, prétend que les émanations des chéne- leur mutuelle affinité, une certaine puisvières causent des vertiges et des maux sance d'attraction, le hasard enfin, avaient de tête. En Orient les feuilles du chanvre été la cause efficiente de la régularité, de

Nord.

l'ordre constant qui règne dans l'univers. a procédé. Quant à la marche de la créaPour eux, le chaos n'avait été que l'état Lion, les auteurs sacrés ne sont point unaincertain et anomal de ces atomes, dont nimes. Ici Dieu créa d'abord les eaux ils admettaient aussi l'élernité. Enfin plu- par la vertu de sa pensée; là il fit sortir sieurs ont soutenu que non-seulement la le feu de son être qui est lumière ; ailleurs matière élémentaire, mais encore le mon- il commença par créer le temps, plus tard de tel que nous le voyons aujourd'hui, il fit l'eau et la terre; puis la terre étant existaient de toute éternité, conséquem- submergée et inhabitée , il ordoppa la ment sans principe, sans cause première. séparation des eaux, et au moyen des Pour les derniers, l'état primitif de l'uni- cinq élémens il créa les disférens corps vers, le chaos , était une abstraction, et auxquels il donna la terre pour soutien. même une contradiction dans les termes. Les sages de l'Inde sont néanmoins d'ac

En général, les philosophes du paga-cord sur deux points importans: ils supnisme, les naturalistes, les poètes de l'an- posent la préexistence de la matière, et tiquité ont considéré le chaos comine le ils n'entendent par le néant, le chaos, que plus ancien des ètres, le premier de tous l'inertie de la matière; pour eux la creales principes. Hesiode adinet quatre prin- tion n'a été autre chose que la communicipes élémentaires : le chaos, la terre, le cation du mouvement. Tartare et Eros ou l'amour créateur, la La cosmogonie mosaique, bien qu'elle passion; d'autres nomment ces principes offre quelques rapports avec les systèmes le chaos, la nuit, l’Erèbe et le Tartare, etc. dont nous venons de parler , admet us Le système de l'éternité et de la fécondité principe méconnu par tous, la création du chaos avait pris naissance chez les de l'univers sans matière préexistante. Barbares, d'où il passa chez les Grecs,qui Cependant nous retrouvons partout des le transmirent aux Romains; c'est-à-dire rapports plus ou moins frappans entre que, de tous temps, on avait cru que le la cosmogonie des Hébreux et celles de globe , tel que nous le voyons , avait été leurs contemporains, ou des nations qui originairement une masse informe con

leur ont succédé. Si les ladiens, par tenant les principes et les matériaux du exemple, ne sont pas fondés à revendimonde actuel.

quer l'honneur d'avoir donné naissance à Tous les livres des philosophies in- la nation juive, toujours est-il probable diens traitent du premier principe du qu'ils ont eu connaissance des dogmes monde; mais ils en parlent différemment. des Hébreux, et qu'ils ont travesti ou Selon les uns, tout est composé de ma- altéré leur cosmogonie. Moise veul que tière et de forme; d'autres veulent que la parole de Dieu ait opéré tout; chez tout soit composé de quatre élémens et les Indiens celle parole est personnifiee, du néant; il en est qui enseignent que la et par elle le monde fut produit. La selumière et les ténèbres sont le premier paration des eaux qui couvraient le chaos, principe. Mais malgré ces divergences , l'esprit de Dieu porté sur les eaux, ei tous sont d'accord quant à l'éternité de l'esprit qui féconde l'eau et la matière ces principes. La collection des Vedas, offrent une analogie frappante. l'Azour-Vedam,les lois de Menou, l'Oup- Le chaos, quel qu'il fut, préexistait-il nékah , consacrent tous le même prin à la création, contenait-il les élémens pricipe, sauf quelques modifications dans la mitils du monde, ou bien n'était-il que manière dont s'opéra le débrouillement le néant, l'absence de tout? Telle est la du chaos. Partout il est dit qu’originai- question. Les observations géologiques et rement il n'existait qu'une ame, que astronomiques demontrent jusqu'à l'exil'univers existait dans la pensée divine, dence que l'univers remonte à une dale que Dieu est toul, cause et esset; qu'ildil plus éloignée que celle qu'on semble las dans sa pensée : « Je créerai le monde; » assigner; mais il importe de remarquer qu'il prononça le mot aum, nom de Dieu que, si la Genese commence avec la crezdans lequel existent tous les mondes, el tion, elle n'en assigne pas l'époque; que qu’ainsi les mondes furent créés, mais Moise garde le silence sur l'histoire anieque personne ne sait d'où celle création | diluvienne: il se borne à dire qu'au cum

FURES.

mencement Dicu creu le ciel et la terre; | chantres. Dans les processions solennelil ne consacre que le principe de la créa- les, comme celle de la Fèle-Dieu, tout tion : le mot au commencement laisse le clergé est en chapes. Autrefois la chale champ libre à toutes les recherches, à pe était plus riche qu'elle n'est maintetous les systèmes. Serait-il permis de bant : il y en avait qui étaient d'éloffes penser, avec quelques philosophes, qu'il précieuses, relevées par des broderies ne s'agit, dans la Genèse, que de la terre d'or et de perles. Ce luxe n'est guère réqui, après plasiears bouleversemens, pos- servé qu'à la haute prélature. Les orfrais térieurs à la création primitive, serait et le chaperon ne sont pas toujours de la devenue ce chaos submergé dont parle même étoffe que la chape. Les galons et Moise, et auquel Dieu aurait rendu son les franges dont elle est bordée sont d'or, premier arrangement? Dans cette hypo- d'argent ou de soie. La chape du pape est these il ne s'agirait que d'une nouvelle rouge, celle des cardinaux rouge ou vioformation et non de la création propre- lette, avec un capuce doublé d’hermine; ment dile; et tout différend cesserait en- celle des chanoines de la même étoffe tre ceux qui, avec les Septante, tradui- et de la même couleur que le camail. La sent le mot hébreu tarah, par créer, forme des chapes a varié selon les temps. faire de rien, et ceux qui le rendent par On en trouve de très anciennes dans les le mot former, disposer. Quoi qu'il en Acta sanctorum maii des Bollandistes, soit, on peut, sans forcer le sens du lexle, t. VII. En Orient la chape sert de chade point voir dans le récit de Moise suble dans la célébration du saint sacriune opposition formelle avec ce que les fice.

J. L. progrès de la science nous ont appris de CHAPEAU, voy. CHAPELIER et Coirl'ancienneté du monde.

La cosmogonie des Hébreux ne heurte CHAPEAUX (FACTION DES). Les déde front que la préexistence et l'éternité chiremens intérieurs qui agitèrent laSuède de la matière. En renvoyant ailleurs toutes après Charles XII donnèrent naissance les questions soulevées à cet égard (vny. à une turbulente aristocratie et à plusieurs CaÉATION et Cosmogonie), il suffit de factions. La diète de 1738 vit paraitre remarquer ici :

celle des chapeaux (hatterna), dévouée à 1° Que si, pour étayer le système con- la France, et celle des bonnets (môssertraire, on s'appuie sur l'adage« ex nihilo na), attachée à la Russie. Quelques annihil fit », rien n'est produit par rien, nées après, les chapeaux décidèrent la point d'effet sans cause, on est réduit à diète à rompre avec cette dernière puisdémontrer que la matière a été en effet sance, et, dans cette lutte, les Suédois sans cause, puisqu'elle a existé sans durent de grands revers à leurs divisions. principe;

La mauvaise issue des guerres de 1741 2° Que si on oppose l'impossibilité de et de 1756, entreprises toutes deux à comprendre que la volonté de la suprême l'instigation des chapeaux, fit perdre à intelligence ait été une cause suffisante ceux-ci leur popularité. Cette faction pour produire la matière, on ne gagne parviot néanmoins à s'emparer du gourien à l'écarter, puisqu'il faut dès lors vernement pendant la diète de 1769. La retomber dans l'absurde en consacrant Russie et l'Angleterre ne négligèrent rien et en détruisant tout à la fois le principe pour relever le crédit des bonnets. Gussur lequel on se fonde pour pier sa puis- tave III voulut d'abord réconcilier les sance.

L. D. C. deux partis; mais il ne put y parvenir. CHAPE, du latin capa, vêtement Les bonnets reprirent le dessus et firent d'église qui s'étend des épaules aux ta- expulser leurs adversaires du sénat et de lons et qui s'agrafe par-devant sur la toutes les places du royaume. Dès ce mopoitrine. Cet ornement était appelé dans ment la nécessité d'une réforme dans le les temps anciens pluvial (vestis pluvia- gouvernement se fit sentir chaque jour lis), à cause de l'usage qu'on en faisait, avec plus de force. Elle eut lieu en 1772 et trabée ( sacra trabea). Il est commun (voy. Gustave JII). aux évêques, aux prêtres et même aux Sous le règne de Louis XV, l'Acade

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