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» plus dangereux et les plus extravagants, & » cru cependant qu'on pouvait excuser ses ins tentions, comment moi, à qui tous ces ma» nuscrits, toutes ces visions, tous ces préten» dus miracles étaient entièrement inconnus, » n'aurais-je pas eu le droit de présumer inté»rieurement en faveur des intentions de ma

dame Guyon, comme M. de Meaux en pré» sumait dans des actes publics. ss 1. Il rappelle également l'acte de soumission à M. le cardinal de Noailles, qué madame Guyon avait souserit le 28 août 1696; dans lequel ce prélat l'admettait à reconnaître ses erreurs, en excusantises intentions, et la maintenait dans la participation aux sacrements. -.4J'ai donc pu être trompé sur les intentions »: de madame Guyon (1), comme l'ont été des » prélats si respectables qui étaient devenus ses » supérieurs naturels par son séjour dans leurs ss diocèses, et qui devaient être beaucoup plus » instruits sur les détails les plus secrets de sa » doctrine et de ses moeurs.

» Quant aux bruits qui cótirent contre les »ý moeurs de madume Guyon depuis son entpri» sonnement, j'en laisse l'exathen 'à ses supé- > rientrs; s'ils se trouvaient véritables, plus jé s l'ai estimée, plus j'aurais horreur d'elle ; plus

(1) Réponse à la Relation du quiétisme.

»j'en ai été édifié , plus je serais scandalisé de » l'excès the son hypocrisie. L'église demande»rait un exemple sur cette personne qui aurait * caché une si horrible dépravation sous tant » de démonstrations de piété.

» Je demande actuellement à M. de Meaux, » devant Dieu, qu'il n'explique précisément » qu'est-ce qu'il est en droit de vouloir au-delà ? » Qu'y a-t-il de clair parmi les hommes, si tout » ce qu'on vient de voir ne l'est pas. Le but de » M. de Meaux n'est pas de me faire condam* per les livres de madame Guyon, mais de » persuader av public que je ne les ai jamais as condamnés jusqu'ici; il ne songe pas à me les » faire abandonner, mais à dire que je l'ai soung tenue : c'est mon tort qu'il cherche

pour

sa in justification."

On voit que Fénélon se croyait obligé de suspendre encore son jugement sur les étranges accusations qu'on avait répandues dans le

public contre madame Guyon ; mais la force avec laquelle il provoquait lui-même la punition de cetre femme si elle était trouvée coupable, anhonçait assez son mépris pour ses vils détracteurs. Le noble dédain avec lequel il les bravait ne leur permit plus d'attribuer son sitence à la épainte être compromis par les aveux de mabarfte Guyot.

Nous ne répéteróns point tout ce que dit Té

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nélon sur ce qui s'était passé pendant les conférences d'Issy , sur la signature des trente-quatre articles, sur les circonstances de son sacre, sur son refus d'approuver le livre de M. de Meaux , sur la publication du livre des Maximes, sur le refus des conférences. Nous avons déjà rapporté tous ces faits à leur époque, sans dissimuler la diversité de quelques circonstances que les deux adversaires cherchaient à

у mêler pour en tirer des conséquences favorables ou contraires. Mais on croit pouvoir affirmer que, dans sa Réponse à la Relation du quiétisme, Fénélon representa toutes ces circonstances avec tant de candeur et de vérité, qu'il laissa une entière conviction dans tous les esprils : trop heureux s'il eût été aussi fondé à triompher sur la doctrine qu'il le fut à démontrer l'innocence de sa conduite et la pureté de ses intentions.

Bossuet avait prévu que Fenelon de manquerait pas de lui rappeler son empressement à être son consecrateur , et que cet empressément était difficile à concilier avec l'opinion qu'il déclarait avoir , dès ce temps-là, des sentiments erronés du nouvel archevêque de Cambrai. Il avait en conséquence cherché à prévenir l'effet de cette observation, en opinparant son empressement à la sainte obstination des évêques d'Egypte pour consacrer Synesius,

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evêque de Ptolemais, malgré les erreurs que ce célèbre personnage déclarait hautement professer et vouloir professer. Fénélon démontra que l'exemple n'était pas fort heureusement choisi ; qu'il était bien évident que les évêques d'Egypte ne se seraient pas obstinés à élever å l'épiscopat, un homme qui, bien loin d'annoncer la docilité que Bossuet supposait alors à Fénélon, affectait de protester qu'il resterait attaché, jusqu'à la mort, à des opinións et à des habitudes contraires aux premières vérités du christianisme, et aux règles les plus essentielles de la discipline ecclésiastique. Fénélon observait, ainsi que tous les auteurs qui ont parlé de ce fait şingulier, que les évêques ne s'étaient point arrêtés aux frivoles protestations de Synésius, parce qu'elles n'étaient qu'une pieuse vuse, assez usitée dans ces temps de désintéressement et de simplicité, pour échapper au far: deau de l'épiscopat.

Bossuet ayáit écrit , dans sa Relation du quiétisme: Oserais-je le dire ? Je le puis avec confiance et à la face du soleil, moi, le plus simple de tous les hommes , je veux dire le plus incapable de toute finesse et de toute dissimulation ai-je pu remuer seul, par d'imperceptibles ressorts ; ďun coin de mon cabinet, parmi mes papiers et mes livres, toute la cour, fout Paris, tout le royaumes toute l'Europe

et Rome même, pourexécuter le hardi dessein de perdre , par mon seul crédit, M. l'arche. véque de Cambrai?

Ce mouvement oratoire pouvait inspirer de l'intérêt aux lecteurs. Bossuet était assurément bien éloquent; mais il aurait fallu plus que

de l'éloquence pour persuader que,

dans le momiént où il écrivait les paroles que nous venons de rapporter, il n'avait pas en effet, à sa disposition, tous les moyens de crédit et de puissance qui lui donnaient de si grands avantages contre l'archevêque de Cambrai alors proscrit, exilé, loin de Paris et de la cour, persécuté dans ses amis les plus chers et n'ayant à opposer à des adversaires puissants que sa vertu , son génie et le témoignage de sa conscience. Fénélon n'était-il pas en droit de lui répondre , avec une douce ironie (1): « Vous avez recours aux plus » vives figures pour dépeindre une séduction » prompte et presqu’universelle en ma faveur. » Vous me permettrez de vous dire ce que vous 9disiez contre moi: Quoi le pourra-ton croire? » Ai-je réuni d'un coin de mon cabinet, à » Cambrai , par des ressorts imperceptibles', Want de persones désintéressées et exemptes sode préventions? Que dis-je, exeniptes de pré» ventions! Ajoutons, qui étaient si prévennes

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YI) Réponse à la Relation du quiétisme.

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