Page images
PDF
EPUB

qu'on les approchę., vous font passer sous

leur, joug.

[ocr errors]

L'ouvrage dès Colonies (1) date du mois de févrser:dernier: pendant qu'on le com

posait *** Paris, tout ce qu'il renferme de priscipes, comme tout ce qu'il énonce de ·conjectures se réalisait en Amérique. L'injure était encore sur les lèvres de quelques hommes que ces principes dépassent, et que nos annonces dérangent dans leurs calculs, et déjà ils avaient reçu une application complète dans l'hémisphère dont cet écrit analisait la condition élémentaire, et indiquait le sort à venir. Les Débats et la Quotidienne chantaient leur victoire , lorsque d'inmenses catastrophes attestaient la vanité de leurs triomphes (2)... Ils n'étaient pas moins

[ocr errors]

(1) 2 vol. in-8°. Prix 12 fr.; chez Bechet, libraire, rue des Grands-Augustins, no 11.

(2) Voyez ce que la Quotidienne et le Journal des Débats se sont permis sur l'ouvrage des Colonies.

Voyez aussi la note à la fin de cet ouvrage, intitulée : des Personnalités et Incivilités du Journal des Débats et de la Quotidienne.

battus à Paris, que les Espagnols l’étaient en Amérique...

La victoire a placé ses arrêts entre les délracteurs et nous. Nous n'avons donc plus à nous en occuper. Qui a la victoire pour vengeur, n'a pas besoin de rien mettre du sien auprès d'un si noble soutien. Nous nous étions proposé de présenter au public , à la fin de l'année, le tableau des événemens qui, pendant ce laps de temps, auraient eu lieu en Amérique. Le rapprochement des principes de l'ordre colonial, avec les faits qui se passent aux Colonies ; l'analyse de la marche, soit progressive, soit rétrograde de l'indépendance, nous avaient paru n’être pas entièrement dépourvus d'utilité. Mais le temps , ce terrible improvisateur, qui fait ses calculs à part, et qui ne subordonne les siens à ceux de

le

temps, qui aujourd'hui vole avec des ailes armées de faux, ne s'est pas soumis à nos petites combinaisons. C'est à son heure qu'il faut marcher, et non pas à la nôtre , si nous ne voulons renoncer à ne plus l'atteindre. Nous (4) avons été réveillés au bruit des événemens vraiment immenses qui viennent de se pasa ser dans l'ordre colonial.

personne ;

Ce sont :

1° La querelle de la cour du Brésil avec l'Espagne, relativement à l'occupation de Monte-Video. L'intervention des cinq puis

sances.

2° L'indépendance proclamée à Fernambouc.

3° La tentative faite en Portugal, non pas contre le roi de Portugal, mais contre le roi du Brésil, régnant du Brésil en Portugal. Car ce n'est point contre l'autorité, mais contre l'absence du roi que le Portugal a conspiré...

4° La défaite et la mort du général Morillo, et le renouvellement de la guerre dans les sept provinces qui composent le royaume de Terre-Ferme.

5° La victoire de Buenos-Ayres sur le Chili, l'agrégation de contrées à l'indépendance, et l'influence de cette victoire sur l'affranchissement du Pérou, de manière à compléter la destruction, l'effacement de la puissance espagnole dans l'Amérique méridionale; tels sont les cinq grands faits qui sont venus dévoiler l'état présent et à venir de cette partie du globe.

Sans doute il serait très facile d'ajouter à ces faits principaux des aperçus sur ceux qui, dans le même temps, ne peuvent manquer d'avoir eu lieu au Mexique et dans les Florides. Le principe d'action étant le même partout, les faits qui en découlent; doivent l'être aussi. La même tendance vers l'indépendance qui a triomphé au midi de l'Ainérique , agit dans le nord de l'Amérique pagnole; aujourd'hui cette tendance est si générale dans cette contrée, que l'on

pourrait dire qu'elle est dans l'air qui l'enveloppe, et que tous les Américains veulent respirer. Mais comme cette seconde partie du théâtre est moins bien éclairée que la première , nous nous bornerons à l'analyse de celle-ci.

Avant de l'entreprendre qu'il soit permis d'observer:

es

(6) 1° Qu'à la distance où nous sommes placés, de la scène, avec les lents et étroits canaux par lesquels circulent les informations que, l'Europe reçoit sur deux pays, sur lesquels on ne lui dit pas tout, il n'est possible de parler que des masses. Les détails ne peuvent nous apparlepir, et d'ailleurs, ils seraient infipis... Mais ces masses, malgré leur isolement, nous suffisent ; elles fournissent, des poinls d'appui ; et dès que

l'on sait où poser son levier, on n'est plus embarrassé du fardeau qu'il doit soulever.

2% Qué nous parlons seulement d'ordre colonial, de mouvemens des Colonies , d'intérêts relatifs aux Colonies, ou créés par elles, de circonstances propres à hâter, ou, bien à arrêter l'essor des Colonies vers l'ins dépendance , et rien de plus ; que nous nei prétendons juger ni des droits des parties, ni de la moralité de leurs actions, mais seua lement de la partie politique de ces actions, qui consiste dans leur origine , et dans leur, résultat politique.

Quiconque nous prêtera ou exigera de,

[ocr errors]
« PreviousContinue »