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PARIS. TYPOGRAPHJE DE HENRI PLON, IMPRIMEUR DE L'EMPEREUR, RUE GARANCIÈRE, 8.

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DE M. POTHIER.

Robert-Joseph POTHIER naquit le 9 janvier 1699, de Robert Pothier, conseiller au Présidial d'Orléans, et de Marie-Madelaine Jacquet. Florent Pothier, son aïeul, était aussi conseiller au même siége, et descendait de Florent Pothier, élu maire de la ville d'Orléans en 1603.

Il fit ses premières études au collége des Jésuites d'Orléans, et s'y distingua par son esprit, et par la facilité avec laquelle il y réussit. Sorti des humanités et de philosophie, il s'appliqua pendant quelque temps à l'étude de la géométrie et des belleslettres ; mais une inclination naturelle qui se déclara bientôt le porta à la jurisprudence. Il étudia en droit dans l'Université d'Orléans, et dès qu'il eut lu les Institutes de Justinien, il devint jurisconsulte, et se livra entièrement à cette science. Ce n'est pas que M. Pothier n'eût d'ailleurs beaucoup de goût et d'heureuses dispositions pour les autres genres d'étude. Il paraissait même dans sa conversation qu'il avait lu avec fruit les poëtes latins : il se plaisait souvent à en rapporter des passages, et surtout de Juvénal, qui était son poëte favori. Mais il négligea toutes les autres sciences pour s'attacher uniquement à la jurisprudence, pour laquelle il sentit bientôt qu'il était né.

Aussitôt qu'il eut fini son droit, il fut pourvu d'un office de conseiller au Présidial d'Orléans. Il y fut reçu à l'âge de vingt et un ans, et ne tarda guère à s'y distinguer dans un âge où les autres commencent à peine à se faire connaître. Comme il avaitun goût vif et décidé pour la jurisprudence, il saisissait toutes les occasions de s'y perfectionner: et pour se mettre plus en

TOM. II.

a

état de résoudre les questions de droit qui pouvaient se présenter, il allait souvent passer des journées chez un avocat très employé (!), pour y voir proposer et résoudre les différents cas sur lesquels on venait le consulter

Son amour pour la science des lois alla toujours en augmentant; et dès qu'il fut en âge d'opiner, il devint un des juges les plus célèbres. Un goût particulier le porta d'abord vers le droit romain, et il en fit une étude particulière. Il le posséda à fond, et on peut même dire qu'il fut à cet égard un des plus savants jurisconsultes du royaume. C'est pour se former de plus en plus dans cette science qu'il entreprit, quoique jeune encore, de mettre dans leur ordre naturel toutes les lois du Digeste.

On sait que le Digeste est une collection de lois faite par l'empereur Justinien. Cette collection est infiniment précieuse ; mais elle renferme plusieurs défauts. En effet, il n'y règne aucune méthode ; le texte des auteurs qui y sont cités n'y est pas toujours fidèlement rapporté ; et quoique Justinien, dans le préambule de ce recueil, ait ordonné que les décisions des jurisconsultes dont il est tiré, servissent de lois, on y trouve cependant plusieurs de ces décisions qui sont contraires entre elles, et qui ne peuvent se conciljer.

L'ouvrage de M. Pothier est pour remédier à ces défauts. Il le donna au public en l'année 1748, sous le titre de Pandecta Justinianæ in novum ordinem digesta, en 3 vol. in-folio. L'objet qu'il se propose dans cet ouvrage est de rétablir la méthode qui manque dans le Digeste, où, sans déranger en rien l'ordre des livres et des titres, mais seulement celui des lois et des parągraphes de chaque titre, il les place dans l'ordre qui leur convient, en exposant sous chaque titre des définitions, des ditisions, des règles et des exceptions qu'il est souvent même oblig de suppléer. Il établit ensuite des règles qui en font voir la liais son et l'enchaînement : il y applique les textes qui appartiennent

(1) Me Perche, avocat autant distingué par ses talents pour le barreau, que par la noblesse avec laquelle il exerçait sa profession.

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