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Informations sur le choix des cargaisons.

Produits du sol de la France.

Les vins et les eaux-de-vie , un petit assortiment de vinaigre blanc, d'huile d'olive et d'amandes douces, et quelques fruits secs, sont les produits de notre sol susceptibles d'être importés au Mexique. Les vins blancs d'Espagne ne pouvant plus être introduits, seraient avantageusement remplacés par le Sauterne et les muscats de Frontignan, qui sont déjà connus au Mexique. Ils doivent être envoyés en caisse et de bonne qualité, pour être bien et facilement vendus. On trouverait également à bien placer des vins de Champagne mousseux en paniers; mais il faudrait commencer par de petits envois.

Les vins rouges doivent être de bonne qualité, sans être trop chers. Les vins fins et légers étant à la portée de fort peu de personnes , sur-tout dans le moment de gêne actuelle, il ne faudrait en envoyer qu'une petite quantité.

Il est indispensable d'imiter les eaux-de-vie espagnoles, si l'on veut vaincre le préjugé contre les nôtres. Il faudrait augmenter le degré de force, et rendre la couleur plus foncée. Le vinaigre blanc doit être fort et en petite quantité.

Au Mexique, l'huile par excellence est celle qui est grasse et d'un goût fort. Il n'en est pas de même des huiles d'amandes douces; on ne saurait les envoyer trop fraiches.

Fruits secs, raisins et figues de bonne qualité, avelines d'amandes; les amandes en quantité plus grande que le reste, un tiers princesses et les deux tiers flots.

Produits manufacturés.

Le nombre des produits de nos manufactures qui conviennent au Mexique est trèsétendu.

D'abord, les toiles de Bretagne, étroites et larges, par pièces de cinq aunes et demie. nommées dans le pays britagnas legitimas, continuent à être très-estimées et très-re cherchées. Les habitans leur accordent toujours une telle préférence, qu'elles se sont vendues trente et jusqu'à trente-sept pour cent plus cher que les contrefaçons allemandes. Il faut avoir l'attention de n'en porter que dans les sortes dites secondes supérieures, premières fines et secondes fines. Toutes les autres qualités ne sont pas aussi courantes. La consommation de ces toiles est immense au Mexique, où elles s'emploient généralement pour le linge de corps des deux sexes.

On devrait s'occuper à reprendre les branches de commerce des toiles de Bretagne fil plat, connues sous le nom de Pontivi ou platilles, des Morlaix , Rouen, fil plat et estopilles, que nous avons laissé échapper, et dont la Westphalie et la Silésie se sont emparées, au grand détriment du commerce français.

Quelques coutils blancs et très-fins pour pantalons d'été, et le double de coutils à moyennes barres bleues et rouges, fins et demi-fins , pour oreillers et matélas, etc.; des linons unis , mouchetés et à fleurs , mais en petite quantité. Ce n'est que sur les bretagnes que l'on peut forcer en quantité, les autres objets n'étant que d'une demande secondaire.

Les mouchoirs de Cholet. L'envoi de ces mouchoirs peut être tenté dans les qualités les plus fines, mais en petite quantité, à cause de la gêne actuelle; de même une petite quantité de beaux mouchoirs de batiste unis et avec de belles broderies , aura un débouché facile et avantageux, à cause de la préférence qu'on donne aux dessins de nos broderies.

Quant aux draps, les qualités qui conviennent le mieux sont les draps légers, de belle qualité et bien lustrés, dans les couleurs noir , bleu de roi, olive, brun, et autres nuances foncées. Les secondes et troisièmes qualités sont prohibées. On assigne deux causes qui réduisent la consommation des draps étrangers au Mexique : 1°. l'existence de manufactures locales, dont les draps, fort communs, servent à une partie de la population ; 2°. l'habitude contractée d'acheter de vieux habits que l'on porte sous le manteau jusqu'à ce qu'ils soient en guénilles.

Les casimirs doivent être de même couleur que les draps, en y ajoutant quelques pièces de blanc et de nuances claires, délicates et de mode; mais l'étoffe en doit être plutôt renforcée que légère. On pourrait essayer des tissus de mérinos, en petite quantité. Quoique peu connus au Mexique, ils ont paru y être goûtés. Aux couleurs ordinaires , il faudrait joindre quelques pièces de bleu turc et de beau bleu céleste.

Quelques envois de flanelles blanches, dans les qualités fines et moyennes ; quelques envois de bas d'estame de belle qualité, pour l'usage des hommes.

Chapeaux. La chapélerie fine peut devenir dans ce pays un objet d'écoulement trèsimportant pour l'industrie française. Les chapeaux communs qui se fabriquent au Mexique suslisent à la consommation ordinaire. Il serait essentiel de choisir des qualités superfines et des plus noires possible, pour balancer la concurrence des chapeaux de fabrique des Etats-Unis, qui sont beaux et bons. Les chapeaux ronds pour les hommes doivent être mi-partie à poil ras et mi-partie à long poil; ceux pour les ecclésiastiques et les militaires à poil ras, fins et superfins , grands bords..

Un petit assortiment de schalls carrés, laine de cachemire, et fabriqués en France, et de crépe en laine pour deuil, d'un beau noir.

L'usage de la prunelle ou bombasins est très-considérable au Mexique. La prunelle dite alepin, à l'usage des femmes, doit être portée dans les qualités les plus fines , d'un beau noir lustré, imitant la soie. Les couleurs préférées sont le beau bleu foncé et le noir pour les ecclésiastiques, qui en consomment beaucoup.

Nos indiennes jouissent du plus haut degré d'estime et de recherche. La supériorité des tissus et leur plus grande largeur, la fixité des couleurs et le bon goût des dessins, TOM. II.

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leur font accorder une préférence incontestable. Les dessins les plus recherchés sont ceux à colonnes en fleurs , et à fleurs entre des colonnes. Les fleurs ou bouquets doivent être petits et bien tranchans sur des fonds de couleur. Les fonds blancs n'ont que peu ou point de cours. Les assortimens doivent être d'une grande variété pour les fonds et les dessus.

Les robes d'indienne en coupons , dans toutes les qualités , sur-tout dans les communes, de toutes les couleurs, et dont les bordures sont larges et élégantes; les schalls en indienne six quarts , d'un joli goût, et avec une large bordure , et les belles perkales qui s'emploient pour robes et autres vêtemens extérieurs , sont d'une défaite courante.

Les robes de mousseline en coupons dans les qualités fines, et d'une richesse de broderie qui réponde à la finesse de l'étoffe , sont demandées.

Les bas de coton pour hommes et pour femmes doivent être fins et de bonne qualité; bleus pour femmes, deux tiers unis et un tiers brodés et à jour; les mouchoirs imitant les Madras ; les velours de coton unis, noirs et bleus; les dentelles de coton de toutes largeurs et de bon goût. Tous ces articles promettent une vente avantageuse , pourvu qu'ils soient portés en petite quantité.

Les satins unis et de belle qualité, blancs et noirs, sont très-recherchés au Mexique; mais en fait de soierie, tout ce qui est blanc doit être d'un beau blanc de perle, point azuré, et tout ce qui est noir doit être d'un noir parfait qui n'ait point un coup-d'ail bleu. Les nouveaux articles de soieries , tels que lévantine , virginie , etc., ne sont pas encore d'une défaite courante.

Les draps de soie noirs seulement et en petite quantité; les serges de soie noires, sept huitièmes de largeur; les taffetas noirs et peu de blancs, doubles et en belle qualité; les velours de soie bleus, noirs et cramoisis, très-fins et en petite quantité, et les bas de soie blanche, deux tiers pour femmes et un tiers pour hommes, beaux et de bonne qualité; quelques douzaines de bas noirs pour les ecclésiastiques. Les bas pour femmes doivent être un tiers unis et les deux tiers à jour et brodés richement sur jour, de belle qualité et très - bons. Tous ces articles sont recherchés au Mexique ; et comme ils se paient bien et s'achètent facilement, il y aurait de la folie à les porter mauvais.

Les schalls et mouchoirs de soie pour le cou, les premiers en six quarts, d'un joli goût et de nuances délicates, avec des bordures larges; les seconds noirs et de toutes les couleurs de mode; les zélias ou fichus à jour, d'un joli goût; les rubans satins, de couleurs variées, par pièces de douze aunes roulées sur bois , dans les nos. 1,1 112, 2, 3, 4, 5. Il en faut plus dans les bas numéros que dans les hauts. Ces articles sont également demandés au Mexique.

Voiles de blondes noirs, à bordures élégantes, à petits jours et de moyenne grandeur. Il en faut peu. Voiles de tulle, point; schalls de tulle, grands et de broderie élégante, peu; tulle uni, brodé, très-fin, en médiocre quantité.

Le papier blanc est un des articles les plus considérables d'importation au Mexique,

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par la consommation qui s'en fait par les manufactures de cigares, et par les administrations publiques, et l'impression des arrêtés, décrets, réglemens, etc., du Gouvernement. Mais pour exploiter avec tout avantage cette branche considérable de commerce, il faudrait que nos manufactures s'attachassent à imiter, dans leurs dimensions, couleurs, collage, corps et degré de battage, les papiers de Catalogne et de Valence.

A tous ces articles on pourrait joindre la parfumerie assortie en petite quantité; la bijouterie fausse , bien choisie; les plumes d'autruche, moyennes et petites , blanches, rouges et vertes , et autres couleurs agréables ; les éventails choisis , élégans et peu chers; l'eau de Cologne forte, bonne qualité et en boîtes de six flacons; les glaces moyennes, cadres riches et de bon goût ; des lustres jolis, mais pas trop chers; les armes, pistolets demi-arçons et de poche , canons en cuivre, et quelques fusils de chasse doubles et simples, etc.

Notre quincaillerie, qui est plus chère et moins estimée, ne peut soutenir la concurrence avec la quincaillerie anglaise.

Nota. Comme il n'existe pas de grand'routes au Mexique, et que la constitution physique du pays ne permettra jamais d'y opérer des transports par des navigations naturelles ou industrielles , le commerce n'a d'autre ressource , pour ses transports , que l'emploi coûteux et incommode des bêtes de somme. Le poids fixé pour la charge d'une mule est de seize arrobes ou deux cents kilogrammes, divisés en deux parties égales pour se balancer sur le bât. Il faut donc que les objets destinés à être importés au Mexique soient divisés en colis susceptibles d'être acceptés par les muletiers. D'ailleurs, les balles, ballots, caisses, et autres colis, doivent contenir des marchandises pour le poids de neuf ou dix arrobes au moins, sous peine de confiscation des objets qui seraient dans des colis de moindre poids. Tous les liquides doivent être en barils de quatre-vingts litres, bien conditionnés et cerclés en fer, ou err caisses de cinquante bouteilles.

Du reste, les marchandises de toute nature sont, en général, susceptibles d'être importées au Mexique, excepté celles prohibées par les lois.

Toute marchandise non comprise dans le manifeste est irrévocablement saisie , et il est procédé à la visite du navire.

Articles de retour.

Les métaux précieux forment le principal objet de retour. Les autres produits du pays que l'on pourrait exporter sont la cochenille , la vanille , l'indigo, le sucre, d'une extrême beauté, mais d'un prix trop élevé pour soutenir la concurrence, la résine et la salsepareille.

Navigation.

Tous les pavillons sont admis dans les ports du Mexique, sous l'obligation imposée aux

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