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d'Elbe le 24. Le samedi soir, 25, la princesse Pauline donnait un bal. Le 26, Napoléon tint son lever ordinaire, vit ses troupes, assista à la parade et à la messe. A deux heures, il donna l'ordre d'embarquement. A quatre heures, les postes étaient relevés ; à sept, il était à bord. Il emmenait avec lui douze cents hommes environ, quatre canons et.six pièces de campagne. Il emportait six jours de vivres.

Madame Lætitia, la princesse Pauline et madame Bertrand restaient momentanément à Porto-Ferrajo'. Le maire de la ville, Lapi, prenait le gouvernement général.

Au reçu de l'annonce du départ de son beau-frère, Murat expédiait l'ordre de concentration de ses troupes sur SanGermano et expédiait à Marseille l'un de ses plus fins voiliers, le Prince-Lucien ?.

Pour le commissaire anglais, il n'arriva que le lendemain de la fuite de Napoléon, le 28 3. Sur les murs de Porto-Fer

1. Ces dames ne quittèrent lle que le 2 mars et débarquèrent à San-Vincenzo, à quinze lieues de Livourne.

2. Le Prince-Lucien était un cutter de 12 canons et de 80 hommes d'équipage, sous les ordres du capitaine P. Ferrato. 3. Voici son rapport à Talleyrand :

Dalla fregata Patridge, le 28 febrajo 1813, a due ore doppo pranzo. « Ho l'onore d'informarvi che Bonaparte ha abbandonato l'i« sola d'Elba domenica con tutte le sue truppe e tutti i cavalieri « che erano a lui attacati. Ha lasciato M. Lapi che era maire e « uno dei suoi ciambarleni come governatore con il rango di gene« rale di brigato a Porto-Ferrajo.

« Gli ho domandato se era sua intenzione di difendersi contra « le potenze alleate, ed ha replicato che se no avesse mezzi esso * non la renderabbe che a Napoleone o ai moi ordini. Ha lasciato « alcuni Corsi e la guarda nazionale senz'armi.

« La madre e la sorella Paulina sono.... a Porto-Ferrajo. Bona« parte a preso alcuni pezzi di cannone, alcuni cavalli, e dei viveri « per qualche giorni soli. Ha con lui il brigantino l'Incostante, « la bombarde la Stella, la Carolina, e quatro filughe, su i quali « bastimenti ha imbarcato le sue truppe. Si è perso di vista la sua * piccola flottiglia da Porto-Ferrajo ieri doppo pranzo al nord di « Capraja. In consequenza io credo è sua intenzione di andare a « Antibo o nelle viccinanze sopra le coste di Francia e del Pie" monte. »

rajo s'étalait la proclamation du nouveau gouverneur 1.

Quant à l'empereur, parti dans la nuit du 26 au 27, il était au golfe Juan le 1er mars.

En route, il avait fait la rencontre du brick de guerre français, le Zéphir, et ne fut pas arrêté.

Pour la croisière anglaise, il ne la trouva nulle part. De ces deux faits la coïncidence est bizarre. Y avait-il accord entre le commandant de la flottille de l'ile d'Elbe et les marins de la croisière royale ? tout le fait supposer.

Y avait-il plus que de la négligence de la part de la croisière anglaise ? On ne peut que l'indiquer. La conversation suivante de l'évêque d'Orthosia, alors à Rome, avec le fils de lord Noth ? en serait une preuve :

« ... Je conçois que si vous aviez vu Bonaparte seul

1.

PROCLAMA. Il generale Lapi, governatore de l'isola d'Elba, ciamberlano di S. M. l'imperatore Napoleone, direttore dei domini.'

ABITANTI ! Il nostro augusto sovrano, richiamato dalla divina providenza alla sua antica gloria, ha dovesto abbandonare la nostra isola. Egli ha confidato a me il commande ed a sei più distinti citadini il governo, ed al loro esperimentalo attacamento e valore la difesa della piazza ed il maintenimento del buon ordine.

a lo parto, ha detto, dell'isola d'Elba. lo sono estremamente soddisfatto dei suoi abitanti. Io affido loro la difesa di questo paese, al quale attacco la più grande importanza. Io non posso dargli una prova di confidenza più grande di quella di lasciare doppo la partenza delle truppe, mia madre e mia sorella alla loro custode. I membri della giunta e tutti gli abitanti dell'Isola pongo contare sul mio affetto e sulla mia speciale protezione. Abitanti, quest'è l'epoca la più fortunata e la più memorabile per voi ! Della vostra condutta depende la vostra gloria e la vostra felicita perpetue.....

Felici Albani, non vi lasciate contaminare dalle pestifere insinuazioni dei nemici del buon ordine !

2. Lettre de l'évêque d'Orthosia à Talleyrand. Rome, 15 mars 1815.

(Voir aux pièces à l'appui).

« de sa personne se promener sur mer, vous auriez pu « l'ignorer, mais quand vous voyez une flottille de sept « bâtiments avec quinze cents hommes armés et de la « cavalerie, le premier devoir des bâtiments qui la « rencontrent, c'est de l'interroger. – Qui êtes-vous ?

Où allez-vous ? « Dites, monsieur, que vous êtes coupable. Heu« reusement le temps de la philanthropie est passé, « c'est à nous à en faire justice. Avouez, monsieur, que « vous êtes jaloux de voir la prospérité de la France. Il « ne répondit pas un mot, et je changeai de discours. »

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Caractère national du retour de l'Ile d'Elbe. — Récit de Guinguenée et de

Joseph. – Récit du voyage de Lucien, de Rome à Paris par la Suisse et de Paris en Suisse. Véracité de ce récit. — Arrivée de Lucien à Fernex, le 7 avril 1815. – Politique extérieure de Napoléon. — Il espère détacher l'Autriche de la coalition. – Talleyrand. - Son influence. Sa haine. — Déclaration du 13 mars. — Avis aux nations. Renvoi de madame de Montesquiou. – Internement du roi de Rome. — Traité du 25 mars entre les puissances. Convention militaire du 31. Ordre d'arrêter Joseph Bonaparte. – Mission de Lucien. Le cardinal Fesch nommé ambassadeur. Attitude de Napoléon vis-à-vis du Saint-Siège.

- Lucien ne peut rester en Suisse. -. On lui refuse ses passeports. Mémoire de M. Guinguenée, sur la situation politique de la France. Départ de Lucien pour Paris, le 4 mai 1815. – Ses notes sur son séjour et ses rapports avec l'empereur. -- Échecs subis par la politique impériale. — Désastre de Murat. Lettre du général Belliard. - Projets de Louis XVIII et de ses ministres. – Organisation de la défection. – Les complices de Malet. – L'insurrection du Midi. – L'armée royale de l'est. — Envoi des commissaires royaux aux frontières. — Tentatives d'embauchage auprès des officiers généraux. — Projets de conventions. - Manquement de discernement de la part du parti royaliste.

Le mouvement de 1815 a été admirable d'entrain et de patriotisme. Il n'a de comparable dans l'histoire de France que celui de 1792, lors du départ des volontaires pour la frontière.

Le 1er mars, l'empereur débarquait au golfe Juan; le 20, il entrait dans Paris. Son voyage n'avait été qu'une longue acclamation.

« L'exécution du plan a été merveilleuse, écrit Guin« guenée à l'empereur Alexandre. Elle l'a été presque « autant par la nullité de la résistance que par l'audace « calme et en même temps rapide de l'attaque. Oppri« mée, humiliée, avilie par les Bourbons, la France a « reçu Napoléon comme un libérateur. Lui seul pou« vait la retirer de l'abime. Quel autre nom mettre à « la place du sien? Que ceux des alliés qui sont les « plus capables de réfléchir, réfléchissent à cela et « essayent de bonne foi de répondre à cette ques«« tion. ».

Joseph est aussi expansif dans sa lettre à Murat ? :

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L'empereur est entré à Auxonne avec toutes les « troupes qu'il a rencontrées sur sa route, et le maré« chal Ney avec celles qui étaient rassemblées à Lons« le-Saunier a suivi l'empereur. Le peuple, l'armée et « la capitale ont abjuré les couleurs royales et reconnu « l'empereur. Les Bourbons sont en fuite de tous côtés. « Le général Maison, parti de Paris avec toutes les « troupes qu'il a pu ramasser sur la route, a été aban« donné et s'est sauvé avec vingt gendarmes. Il n'y a i qu'un seul élan en France, comme en 89. L'empereur << couche ce soir à Chalon. Il arrivera à Paris avec

plus de 100,000 hommes. Je suis soutenu par l'es« pérance de servir notre patrie commune et de déta« cher l'Autriche, l'empereur me l'a mandé. Vous, « mon frère, secondez les généreux mouvements de la « grande nalion que vous avez contribué à illustrer;

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1. Joseph Bonaparte à Joachim Murat,Prangins.le 16 mars 1815.

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