Page images
PDF
EPUB
[merged small][ocr errors][merged small][merged small][merged small]

COMPLECTENS PRÆCIPUOS NOSTRÆ ÆTATIS ERRORES RENFERMANT LES PRINCIPALES ERREURS DE NOTRE
QUI NOTANTUR IN ALLOCUTIONIBUS, IN ENCYCLICIS TEMPS, QUI SONT SIGNALÉES DANS LES ALLOCUTIONS
ALIISQUE APOSTOLICIS LITTERIS DOMINI NOSTRI PII CONSISTORIALES, ENCYCLIQUES ET AUTRES LETTRES
PAPE IX.

APOSTOLIQUES DE N. S. P. LE PAPE PIE IX2.
N. B.- Voir aux notes du texte latin l'indication des allocutions,
Encycliques et lettres dans lesquelles chacune des erreurs contenues

dans ce SYLLABUS ont été condamnées.
31

SI Pantheismus, Naturalismus et Rationalismus Panthéisme, Naturalisme et Rationalismo absolu.

absolutus. I. Nullum supremum, sapientissimum, providen- I. Il n'existe aucun Etre divin, suprême, parfait tissimumque Numen divinum exsistit ab hac rerum dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct do universitate distinctum, et Deus idem est ac rerum l'universalité des choses, et Dieu est identique à la natura, et iccirco immutationibus obnoxius; Deusque nature des choses et par conséquent assujetti aux reapse fit in homine et mundo, atque omnia Deus changements; Dieu, par cela même, se fait dans sunt et ipsissimam Dei habent substantiam; ac rna l'homme et dans le monde, et tous les étres sont Dieu eademque res est Deus cum mundo, et proinde spiri- et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une tus cum materia, necessitas cum libertate, verum cum seule et même chose avec le monde, et par conséquent falso, bonum cum malo, et justum cum injusto 1. l'esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté,

le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste

avec l'injuste. II. Neganda est omnis Dei actio in homines et II. On doit nier toute action de Dieu sur les hommundum 2.

mes et sur le monde. 111. Humana ratio, nullo prorsus Dei respectu ha- III. La raison humaine, considérée sans aucun bito, unicus est veri et falsi, boni et mali arbiter, rapport à Dieu, est l'unique arbitre du vrai et du sibi ipsi est lex, naturalibus suis viribus ad ho- faux, du bien et du mal; elle est à elle-même sa loi, minum ac populorum bonum curandum sufficit 3. elle suffit par ses forces naturelles pour procurer lo

bien des nommes et des peuples. IV. Omnes religionis veritates ex nativa humanæ IV. Toutes les vérités de la religion découlent de rationis vi derivant; hinc ratio est princeps norma la force native de la raison humaine; d'où il suit que qua homo cognitionem omnium cujuscumque generis In raison est la règle souveraine d'après laquello veritatum assequi possit ac debeat 4.

l'homme peut et doit acquérir la connaissance de

toutes les vérités de toute espèce. V. Divina revelatio est imperfecta et iccirco sub- V. La révélation divine est imparfaite, et par conjecta continuo et indefinito progressui qui humanæ

séquent sujette à un progrès continuel et indéfini qui rationis progressioni respondeat 5.

réponde au développement de la raison humaine. VI. Christi fides humanæ refragatur rationi; divi- VI. La foi du Christ est en opposition avec la rai

son humaine, et la révélation divine non seulement 1. Alloc. Marima quidem, 9 junii 1862. 2. Alloc. Maxima quidem, 9 junii 1862. 3. Alloc. Marima quidem, 9 junii 1862.

1. Le mot Syllabus veut dire abrégé, résumé, catalogue. 4. Epist. encyel. Qui pluribus, 9 novembris 1846. Epist, en- 2. Parmi les réfulations des erreurs condamnées dans le "yllacyel. Singulari quidem, 17 martii 1856. — Alloc. Marima qui. bus, nous citerons : Le Syllabus pontifical ou Rejutation des erdem, 9 junii 1862.

reurs qui y sont condumnées par l'abbé Falconi, bénéficier du Va5. Epist. encycl. Qui pluribus, 9 novembris 1846. Alloc. Na- licin, traduit de l'italien par E. F. MATERNE, curé de Flosloy. zima quidem, 9 junii 1862.

Paris, Palme, 1 vol. in 12.

[ocr errors]

naque revelatio non solum nihil prodest, verum etiam ne sert à rien, mais elle nuit à la perfection de nocet hominis perfectioni 1.

l'homme. VII. Prophetiæ et miracula in sacris Litteris expo- VII. Les prophéties et les miracles exposés et rasita et narrata sunt poetarum commenta, et christia- contés dans les Saintes Ecritures sont des fictions de næ fidei mysteria philosophicarum investigationum poètes, et les mystères de la foi chrétienne sont le summa; et utriusque Testamenti libris mythica con- résumé d'investigations philosophiques; dans les tinentur inventa; ipseque Jesus Christus est mythica livres des deux Testaments sont contenues des infictio 2.

ventions mythiques, et Jésus-Christ lui-méme est une SII

fiction mythique. Rationalismus moderatus. VIII. Quum ratio humana ipsi religioni æquipare

Rationalismo modéré. tur, iccirco theoligicæ disciplinæ perinde ac philoso- VIII. Comme la raison humaine est égale à la rephicæ tractandæ sunt 3.

ligion elle-même, les sciences théologiques doivent IX. Omnia indiscriminatim dogmata religionis être traitées comme les sciences philosophiques. christianæ sunt objectum naturalis scientiæ seu phi- IX. Tous les dogmes de la religion chrétienne sans losophiæ; et humana ratio historice tantum exculta

distinction sont l'objet de la science naturelle ou potest ex suis naturalibus viribus et principiis ad philosophie; et la raison humaine n'ayant qu'une veram de omnibus etiam reconditioribus dogmatibus

culture purement historique, peut, en vertu de ses scientiam pervenire, modo hæc dogmata ipsi rationi principes et par ses forces naturelles, parvenir à une tanquam objectum proposita suerint 4.

vraie connaissance de tous les dogmes, inėme les X. Quum aliud sit philosophus, aliud philosophia,

plus cachés, pourvu que ces dogmes aient été propoille jus et officium habet se submittendi auctoritati, sés à la raison comme objet. quam veram ipse probaverit; at philosophia neque X. Comme autre chose est le philosophe et autre potest, neque debet ulli sese submittere auctoritati 5.

chose la philosophie, celui-là a le droit et le devoir XI. Ecclesia non solum non debet in philosophiam de se soumettre à une autorité qu'il a reconnue luiunquam animadvertere, verum etiam debet ipsius même être vraie; mais la philosophie ne peut ni ne philosophiæ tolerare errores, eique relinquere ut ipsa doit se soumettre à aucune autorité. se corrigat 6.

XI. L'Eglise non seulement ne doit, dans aucu.. XII. Apostolicæ Sedis, Romanarumque Congrega- cas, sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer. tionum decreta liberum scientiæ progressum impe- les erreurs de la philosophie et lui abandonner le soin diunt 7.

de se corriger elle-même. XIII. Methodus et principia, quibus antiqui docto- XII. Les décrets du Siège apostolique et des conres scholastici Theologiam excoluerunt, temporum grégations romaines empêchent le libre progrès de la nostrorum necessitatibus scientiarumque progressai science. minime congruunt 8.

XIII. La méthode et les principes d'après lesquels XIV. Philosophia tractanda est, nulla supernatu- les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théoralis revelationis habita ratione 9.

logie, ne conviennent plus aux nécessités de notre N. B. Cum rationalismi systemate cohærent maxi- temps et au progrès des sciences. mam partem errores Antonii Günther, qui damnan- XIV. On doit étudier la philosophie, sans tenir autur in Epist. ad Card. Archiep. Coloniensem Eximiam

cun compte de la révélation surnaturelle. tuam, 15 junii 1857, et in Epist. ad Episc. Wratisla

N. B. Au système du rationalisme se rapportent viensem Dolore haud mediocri, 30 aprilis 1860.

pour la majeure partie les erreurs d'Antoine Gün. SIII

ther, qui sont condamnées dans la lettre au cardinal Indifferentismus, Latitudinarismus.

archevêque de Cologne Eximiam tuam, du 15 juin 1857,

et dans la lettre à l'évêque de Breslau Dolore haud XV. Liberum cuique homini est eam amplecti ac

inediocri, du 30 avril 1860. profiteri religionem, quam rationis lumine quis durctus veram putaverit 10.

Indifférentisme, Latitudinarisme. 1. Epist. encycl. Qui pluribus, 9 novembris 1846. - Alloc. Maxima quidem, 9 junii 1862.

XV. Il est libre à chaque homme d'embrasser et de 2. Epist. encyel. Qui pluribus, 9 novembris 1816. Alloc. Ma- professer la religion qu'il s'est persuadé être vraie xima quidem, 9 junii 1862.

d'aprés la lumière d: la raison. 3. Alloc, Singulari quadam perfusi, 9 decembris 1831.

4. Epist. ad Archiep. Frising. Gravissimas, 11 decembris 1862. Epist. ad eumden Tuas libenter, 21 decembris 1863.

5. Epist. ad Archiep. Frising. Gi avissimos, 11 decembris 1862. Epist. ad eumdem Tuas libenter, 21 decembris 1863.

6. Epist. ad Archiep. Frising. Graviisimas, 11 decembris 1862.
7. Epist. ad Archiep. Frising. Tuas libenter, 21 decembris 1863.
8. Epist. ad Archiep. Frising. Tuas libenter, 21 decembris 1853.
9. Epist. ad Archiep. Frising. Tuus libenter, 21 decembris 1863.

10. Lilt. Apost. Multiplices inter, 10 junii 1831. – Alloc. Maxima quidem, 9 junii 1862.

$ III

XVI. Homines in cujusvis religionis cultu viam XVI. Les hommes peuvent trouver le cheniin du æternæ salutis reperire æternamque salutem assequi salut éternel et obtenir le salut éternel dans le culto possunt 1.

de n'importe quelle religion. XVII. Saltem bene sperandum est de æterna illo- XVII. Au moins doit-on bien espérer du salut éterrum omnium salute, qui in vera Christi Ecclesia ne- nel de tous ceux qui sont totalement étrangers à la quaquam versantur 2.

véritable Eglise du Christ. XVIII. Protestantismus non aliud est quam diversa XVIII. Le protestantisme n'est pas autre chose veræ ejusdem christianæ religionis forma, in qua qu'une forme diverse de la même vraie religion chréæque ac in Ecclesia catholica Deo placere datum est 3. tienne, forme dans laquelle on peut être agréable à SIV

Dieu aussi bien que dans l'Eglise catholique. Socialismus, Communismus, Societates clandes

$IV tinæ, Societates biblicæ, Societates clerico-libe- Socialisme. Communisme, Sociétés secrètes, Sorales.

ciétés bibliques, Sociétés clérico-libérales. Ejusmodi pestes sæpe gravissimisque verborum Ces sortes de pestes sont à plusieurs reprises frapformulis reprobantur in Epist. encycl. Qui pluribus, pées de sentences formulées dans les termes les plus 9 novemb. 1846; in Alloc. Quibus quantisque, 20 april. graves par l'Encyclique Qui pluribus, du 9 novem1849; in Epist. encycl. Nostis et Nobiscum, 8 dec. 1849; bre 1846, par l'Allocution Quibus quantisque, du 20 in Alloc. Singulari quadam, 9 decemb. 1854; in Epist. avril 1849, par l’Encyclique Nostis et Nobiscum, du encycl. Quanto conficiamur mærore, 10 augusti 1863. 8 décembre 1849, par l'Allocution Singulari quadam, § V

du 9 décembre 1854, par l'Encyclique Quanto conficia. Errores de Ecclesia ejusque juribus.

mur moerore, du 10 août 1863 1.

SV XIX. Ecclesia non est vera perfectaque societas plane libera, nec pollet suis propriis et constantibus

Erreurs relatives à l'Eglise et à ses droits. juribus sibi a divino suo Fundatore collatis, sed civi- XIX. L'Eglise n'est pas une vraie et parfaite société lis potestatis est definire que sint Ecclesiæ jura ac pleinement libre; elle ne jouit pas de ses droits prolimites, intra quos eadem jura exercere queat 4. pres et constants que lui a conférés son divin Fonda

XX. Ecclesiastica potestas suam auctoritatem exer- teur, mais c'est au pouvoir civil de définir quels sont cere non debet absque civilis gubernii venia et as- les droits de l'Eglise et les limites dans lesquelles elle sensu 5.

peut les exercer. XXI. Ecclesia non habet potestatem dogmatice defi- XX. La puissance ecclésiastique ne doit pas exercer niendi, religionem catholicæ Ecclesiæ esse unice ve- son autorité sans la permission et l'assentiment du ram religionem 6.

gouvernement civil. XXII. Obligatio, qua catholici magistri et scriptores XXI. L'Eglise n'a pas le pouvoir de définir dogomnino adstringuntur, coarctatur in iis tantum quæ matiquement que la religion de l'Eglise catholique est ab infallibili Ecclesiæ judicio veluti fidei dogmata uniquement la vraie religion. ab omnibus credenda proponuntur 7.

XXII. L'obligation à laquelle sont astreints les XXIII. Romani Pontifices et Concilia cecumenica a maitres et les écrivains catholiques se borne aux cholimitibus suæ potestatis recesserunt, jura principum ses qui ont été définies par le jugement infaillible de usurparunt, atque etiam in rebus fidei et morum defi- l'Eglise, comme des dogmes de foi qui doivent être niendis errarunt 8.

crus par tous. XXIV. Ecclesia vis inferendæ potestatem non ha- XXIII. Les Pontifes Romains et les Conciles æcubet, neque potestatem ullam temporalem directam méniques se sont écartés des limites de leur pouvoir;. vel indirectam 9.

ils ont usurpé les droits des princes et ils ont même XXV. Præter potestatem episcopatui inhærentem, erré dans les définitions relatives à la foi et aux alia est attributa temporalis potestas a civili imperio vel expresse vel tacite concessa, revocanda propterea, XXIV. L'Eglise n'a pas le droit d'employer la cum libuerit, a civili imperio 10.

force; elle n'a aucun pouvoir temporel direct ou in

direct. 1. Epist. encycl. Qui pluribus, 9 novembris 1846. Alloc. Ubi primum, 17 decembris 1847. - Epist. encycl. Singulari quidem,

XXV. Outre le pouvoir inhérent à l'épiscopat, il y 17 martii 1836.

a un pouvoir temporel qui lui a été concédé ou exprés2. Alloc. Singulari quadam, 9 decembris 1854. Epist. encycl. sément ou tacitement par l'autorité civile, révocable Quanto conficiamur, 10 augusti 1863.

par conséquent à volonté par cetté mème autorité 3. Epist. encycl. Nostis et Nobiscum, 8 decembris 1849.

civile.
4. Alloc. Singulari quadam, 9 decembris 1854. Alloc, Mullis
ravibusque, 17 decembris 1860. Alloc. Maxima quidem, 9
junij 1862.

5. Alloc. Meminit unusquisque, 30 septembris 1861.
6. Litt. Apost. Multiplices inter, 10 junii 1851.
7. Epist. ad Archiep. Frising. Tuas libenter, 21 decembris 1863.
8. Litt. Apost. Multiplices inter, 10 junii 1851.
9. Lilt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1851.

1. Voir, après la constitution Apostolicæ Sedis, le décret du 21 10. Litt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1831.

janvier 1870 qui condamne la société des Fénians.

meurs.

!

XXVI. Ecclesia non habet nativum ac legitimum XXVI. L'Eglise n'a pas le droit naturel et légitimo jus acquirendi ac possidendi 1.

(i'acquérir et de posséder. XXVII. Sacri Ecclesiæ ministri Romanusque Pon. XXVII. Les ministres sacrés de l'Eglise et le Pontifex ab omni rerum temporalium cura ac dominio life Romain doivent être exclus de toute gestion et sunt omnino excludendi 2.

autorité sur les choses temporelles. · XXVIII. Episcopis, sine gubernii venia, fas non XXVIII. Il n'est pas permis aux Evêques de puest vel ipsas apostolicas litteras promulgare 3. blier même les Lettres apostoliques sans la permis.

XXIX. Gratiæ a Romano Pontifice concessæ existi- sion du Gouvernement. mari debent tamquam irritæ, nisi per gubernium XXIX. Les graces accordées par le Pontife Pomain fuerint imploratæ 4.

doivent être regardées comme nulles, si elles n'ont XXX. Ecclesiæ et personarum ecclesiasticarum im- pas été demandees par l'entremise du Gouvernement. munitas a jure civili ortum habuit 5.

XXX. L'immunité de l'Eglise et des personnes ecXXXI. Ecclesiasticum forum pro temporalibus cle

clésiastiques tire son origine du droit civil. ricorum causis sive civilibus sive criminalibus om- XXXI. Le for ecclésiastique pour les procés temponino de medio tollendum est etiam inconsulta et rels des clercs, soit au civil, soit au criminel, doit reclamante Apostolica Sede 6.

absolument être aboli, même sans consulter le Siège XXXII. Absque ulla naturalis juris et æquitatis

apostolique et sans tenir compte de ses réclamations. violatione potest abrogari personalis immunitas qua

XXXII. L'immunité personnelle en vertu de laquelie clerici ab onere subeundæ exercendæque militiæ exi

les clercs sont exempts de la milice, peut être abrogée muntur; hanc vero abrogationem postulat civilis pro

sans aucune violation de l'équité et du droit naturel. gressus, maxime in societate ad formam liberioris Le progrès civil demande cette abrogation, surtout regiminis constituta 7.

dans une société constituée d'après une législation XXXIII. Non pertinet unice ad ecclesiasticam ju

libérale. risdictionis potestatem proprio ac nativo jure dirigere

XXXIII. Il n'appartient pas uniquement par droit theologicarum rerum doctrinam 8.

propre et inné å la juridiction ecclésiastique de diriger XXXIV. Doctrina comparantium Romanum Ponti

l'enseignement des choses théologiques. ficom Principi libero et agenti in universa Ecclesia,

XXXIV. La doctrine de ceux qui comparent le Pondoctrina est quæ medio ævo prævaluit 9.

tife Romain à un prince libre et exerçant son pouvoir XXXV. Nihil vetat, alicujus Concilii generalis sen

dans l'Eglise universelle, est une doctrine qui a prétentia aut universorum populorum facto, summum

valu au moyen âge. . Pontificatum ab Romano Episcopo atque Urbe ad

XXXV. Rien n'empêche que par un décret d'un ‘alium Episcopum aliamque civitatem transferri 10. Concile général ou par le fait de tous les peuples le

XXXVI. Nationalis Concilii definitio nullam aliam souverain pontificat soit transféré de l'Evêque romain admittit disputationem, civilisque administratio rem

et de la ville de Rome à un autre Evéque et à une ad hosce terminore exigere potest 11.

autre ville. XXXVII. Institui possunt nationales Ecclesiæ ab XXXVI. La définition d'un Concile national n'admet auctoritate Romani Pontificis subductæ planeque di- pas d'autre discussion, et l'administration civile peut visæ 12.

traiter toute affaire dans ces limites. XXXVIII. Divisioni Ecclesiæ in orientalem atque XXXVII. On peut instituer des Eglises nationales occidentalem nimia Romanorum Pontificum arbitria soustraites à l'autorité du Pontife Romain et pleinecontulerunt 13.

ment séparées de lui.

XXXVIII. Trop d'actes arbitraires de la part des $ VI

Pontifes Romains ont poussé à la division de l'Eglise Errores de societate civili tum in se, tum in suis en orientale et occidentale.

ad Ecclesiam relationibus spectata. XXXIX. Reipublicæ status, utpote omnium jurium

Erreurs relatives à la société civile, considérée 1. Alloc. Nunquam fore, 15 decembris 1856. — Epist. encycl. In

soit en elle-même, soit dans ses rapports avec credibili, 17 septembris 1863.

l'Eglise. 2. Alloc, Maxima quidem, 9 junii 1862.

XXXIX. L'Etat, comme étant l'origine et la source 3. Alloc. Nunquam fore, 15 decembris 1856. 4. Alloc. Nunquam fore, 15 decembris 1856. 5. Litt. Apost. Multiplices inter, 10 junii 1831.

6. Alloc. Acerbissimum, 27 seplembris 1852. Alloc. Nunqunm fore, 15 decembris 1856.

7. Epist. ad Episc. Montisregal. Singularis Nobisque, 29 sep.tembris 1863.

8. Epist. ad Archiep. Frising. Tuas libenter, 21 decembris 1863.
9. Litt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1831.
10. Litt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1851.
11. Litt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1851.
12. Alloc Mullis gravibusque, 17 decembris 1860. Alloc. Jam-
ulum cernimus, 18 martii 1861.
13. Litt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1851.

$ VI

origo et fons, jure quodam pollet nullis circumscripto de tous les droits, jouit d'un droit qui n'est circonslimitibus 1.

crit par aucune limite. XL. Catholicæ Ecclesiæ doctrina humanæ societa- XL. La doctrine de l'Eglise catholique est opposée tis bono et commodis adversatur 2.

au bien et aux intérêts de la société humaine. XLI. Civili potestati vel ab infideli imperante exer- XLI. La puissance civile, même quand elle est cile competit potestas indirecta negativa in sacra; exercée par un prince infidèle, possède un pouvoir inei lem proinde competit nedum jus quod vocant exe- direct négatif sur les choses sacrées. Elle a par conséquatur, sed etiam jus appellationis, quam nuncupant quent non seulement le droit qu'on appelle d'exequaab abusu 3.

tur, mais encore le droit qu'on nomme d'appel comme XLII. In conflictu legum utriusque potostatis, jus d'abus. civile prævalet 4.

XLII. En cas de conflit entre les deux pouvoirs, le XLIII. Laica potestas auctoritatem habet rescin- droit civil prévaut. dendi, declarandi ac faciendi irritas solemnes con- XLIII. La puissance laïque a le pouvoir de casser, ventiones (vulgo concordata) super usu jurium ad de déclarer et rendre nulles les conventions solennelles ecclesiasticam immunitatein pertinentium cum Sede (concordats) conclues avec le Siège apostolique, relaApostolica initas, sine hujus consensu, immo et ea tivement à l'usage des droits qui appartiennent à l'imreclamante 5.

munité ecclésiastique, sans le consentement de ce Siège XLIV. Civilis auctoritas potest se immiscere rebus et malgré ses réclamations. quæ ad religionem, mores et regionen spirituale per- XLIV. L'autorité civile peut s'immiscer dans les tinent. Hinc potest de instructionibus judicare, quas choses qui regardent la religion, les meurs et le réEcclesiæ pastores ad conscientiarum normam pro suo gime spirituel. D'où il suit qu'elle peut juger des munere edunt, quin etiam potest de divinorum sacra- instructions que les pasteurs de l'Eglise publient, mentorum administratione et dispositionibus ad ea d'après leur charge, pour la règle des consciences; suscipienda necessariis decernere 6.

elle peut même décider sur l'administration des saXLV. Totum scholarum publicarum regimen, in crements et les dispositions nécessaires pour les requibus juventus christianæ alicujus Reipublicæ insti- cevoir. tuitur, episcopalibus dumtaxat seminariis aliqua ra- XLV. Toute la direction des écoles publiques dans tione exceptis, potest ac debet attribui auctoritati lesquelles la jeunesse d'un Etat chrétien est élevée, si civili, et ita quidem attribui, ut nullum alii cuicum- l'on en excepte dans une certaine mesure les séminaique auctoritati recognoscatur jus immiscendi se in

res épiscopaux, peut et doit être attribuée à l'autorité disciplina scholarum, in regimine studiorum, in gra- civile, et cela de telle manière qu'il ne soit reconnu à duum collatione, in delectu aut approbatione magis- aucune autre autorité le droit de s'immiscer dans la trorum 7.

discipline des écoles, dans le régime des études, dans XLVI. Immo in ipsis clericorum seminariis metho- la collation des grades, dans le choix ou l'approbation dus studiorum adhibenda civili auctoritati subjicitur8. des maitres.

XLVII. Postulat optima civilis societatis ratio, ut XLVI. Bien plus, même dans les séminaires des populares scholæ, quæ patent omnibus cujusque e clercs, la méthode à suivre dans les études est sou-l populo classis pueris, ac publica universim Instituta, mise à l'autorité civile. quæ litteris severioribusque disciplinis tradendis et XLVII. La bonne constitution de la socióté civile, educationi juventutis curandæ sunt destinata, exi- demande que les écoles populaires, qui sont ouvertes mantur ab omni Ecclesiæ auctoritate, moderatrice vi à tous les enfants de chaque classe du peuple, et en et ingerentia, plenoque civilis ac politicæ auctoritatis

général que les institutions publiques destinées aux arbitrio subjiciantur, ad imperantium placita et ad lettres, à une instruction supérieure et à une éducacommunium ætatis opinionum amussin 9.

tion plus élevée de la jeunesse, soient affranchies de XLVIII. Catholicis viris probari potest ea juven- toute autorité de l'Eglise, de toute influence modératutis instituendæ ratio, quæ sit a catholica fide et ab trice et de toute ingérence de sa part, et qu'elles soient Ecclesiæ potestate sejuncta, quæque rerum dumtaxat pleinement soumises à la volonté de l'autorité civile naturalium scientiam ac terrenæ socialis vitæ fines

et politique, suivant le désir des gouvernants et le tantum modo vel saltem primario spectet 10.

niveau des opinions générales de l'époque.

XLVIII. Des catholiques peuvent approuver un 1 Alloc, Maxima quidem, 9 junii 1862. 2. Epist. encycl. Qui pluribus, 9 novembris 1846. — Alloc. Qui

système d'éducation en dehors de la foi catholique et bus quantisque, 20 aprilis 1849.

de l'autorité de l'Eglise, et qui n'ait pour !jut, ou du 3. Litt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1851.

moins pour but principal, que la connaissance des 4. Litt. Apost. Ad Apostolicæ, 22 augusti 1851.

choses purement naturelles et la vie sociale sur cette 5. Alloc. In consistoriali, 1 novembris 1850.

Alloc. Multis gra. terre. vibusque, 17 decembris 1860.

6. Alloc. In consistoriali, 1 novembris 1850. Alloc. Maxima quidem, 9 junij 1862.

7. Alloc. In consistoriali, i novembris 1850. — Alloc. Quibus luc. tuosissimis, 5 septembris 1851.

8. Alloc. Nunquam fore, 15 decembris 1856.
9. Epist. ad Archiep. Friburg. Quum non sine, 14 julii 1864.
10. Epist. ad Archiep. Friburg. Quum non sine, 14 julii 1864.

« PreviousContinue »