Page images
PDF
EPUB

et de Forges dans la Seine-Inférieure, ou enfin celles de Ferrières, près de Montargis, et de Segrais, près de Pithiviers , qui sortent des formations supérieures au calcaire grossier marin.

§ 28. Le seul exemple d'eau sulfureuse, bien constaté jusqu'à ce jour dans les terrains de cette formation , est celui que présentent les eaux d'Enghien, contenant du gaz hydrogène sulfuré, du sulfate et muriate de magnésie, du sulfate et muriate de chaux, etc., etc.

§ 29. Généralement les eaux de tous ces terrains ont la température moyenne du lieu d'où elles sourdent, et sont ce qu'on appelle froides, par opposition avec les eaux thermales.

$ 30. Les terrains d'alluvion ou d'atterrissement offrent, comme les précédens, des eaux douces et abondantes.

$31. Le plus souvent leurs eaux proviennent de filtrations de pluie et de fontes de neige, qui pénètrent, s'étendent et s'écoulent entre leurs couches de marne, d’argile ou de sable, où nous allons les chercher par nos puits.

$32. Les terrains d'alluvion, d'atterrissement et de sable présentent quelquefois des eaux naturellement jaillissantes , qui proviennent indubitablement de pays plus élevés, et probablement de terrains secondaires ou primitifs : telles

sont les fontaines de Moïse près de Suez, décrites par Monge, situées au sommet de monticules de sable amené par les vents et agrégé par le sulfate de chaux que l'eau de ces fontaines tient en dissolution ; telle est cette fontaine d'eau douce jaillissante au-dessus des eaux dans la Méditerranée, près de la Spezzia, décrite par Spallanzani ; telle est la belle source du banc de sable de la plage d’Alvarado, dans le golfe du Mexique: ce banc de sable, il y a quarante ans, avait au plus 0,66 c" de hauteur, sur un demimille de largeur; aujourd'hui, par suite d'atterrissemens successifs, ce banc de sable forme une colline de plus de trente mètres de hauteur, au sommet de laquelle les habitans d’Alvarado et les vaisseaux qui fréquentent ce port envoient journellement chercher de l'eau de la source jaillissante, qui est douce et de bonne qualité; enfin telle est encore la belle source du Loiret, au château de la Source Morogues, près d'Orléans, qui surgit d'un entonnoir très-pro. fond , formé de sable sur ses bords et de rocher à son fond , et qui donne une masse d'eau de plus de trente mètres cubes.

S 53. Les terrains volcaniques et ceux de trachite, qui sont aujourd'hui généralement regardés comme sortis de dessous les granits,

par

l'action des feux souterrains, offrent des sources d'eau douce provenant des infiltrations qui s'y forment; leurs parties supérieures présentent souvent des lacs et des amas d'eau. Parmi les nombreux exemples que nous pourrions citer , il n'en est peut-être point un plus remarquable que les belles sources de la grotte de Royat, qui alimentent les fontaines de Clermont. Peu de pays offrent autant de sources que les montagnes volcaniques du Puy-de-Dôme et du Cantal.

$ 34. Les terrains de trachite et d'éjections volcaniques renferment beaucoup d'eaux minérales et thermales, qui présentent dans leur température et leur composition les mêmes circonstances que celles des terrains primitifs: ainsi ces eaux sont plus ou moins chargées d'hydrogène sulfuré, d'acide carbonique, de carbonate de soude et de chaux, de silice, etc., etc.; telles que celles du Mont-d'Or, de Saint-Allyre, de Vic-le-Comte,de Châtel-Guyon, près de Riom, de Chap-des-Beaufort et de Chalusset, etc. Ces deux dernières sont remarquables par

la

qualiité de gaz acide carbonique qui se dégage du terrain dont elles surgissent. Quant auxe aux des Deux-Landes, qui sortent de roches trappéennes, recouvertes par des calcaires compactes,

ANNÉE 2828.

2

elles présentent cette particularité, qu'à une température de soixante degrés, elles sont presque pures et ne contiennent qu'une très-petite quantité de muriate de magnésie et de sulfate de soude.

PARAGRAPHE SECOND.

Observations sur la cause du jaillissement des eaux des puits forés ou fontaines artésiennes.

$ 35. Suivant quelques physiciens, la théorie des eaux jaillissantes des fontaines artésiennes a été rapportée tantôt à celle des jets d'eau, et tantôt à celle des siphons, un puits foré n'étant, dit-on, que la seconde branche d'un grand siphon, dont la première branche est le cours souterrain , que suivent, entre des couches imperméables, des eaux comprimées provenant de pays plus élevés que celui dans lequel est établi le puits foré. Voyez Pl. I et II.

§ 36. Suivant d'autres, ce puits ne peut et ne doit être considéré que comme un tube qui montre la pression de l'eau sur une couche terreuse ou pierreuse, à laquelle le puits foré aboutit (1)

(1) Les eaux minérales et thermales qui surgissent à la surface de la terre de l'intérieur des terrains primitifs doi

$ 37. Ces deux opinions nous paraissent également admissibles. En effet, les travaux d'exploitation des mines et des carrières nous ont appris que,

dans certaines espèces de terrains, les eaux s'épanchent souterrainement en veines, filets , ruisseaux et même quelquefois en torrens plus ou moins forts , par les fentes, fissures et perforations naturelles de l'intérieur des couches de pierres ; tandis que, dans d'autres natures de terrains, les eaux forment des nappes ou niveaux plus ou moins abondans entre des couches de sable, de terre, ou de pierre perméables et imperméables (1).

$ 38. Les grandes masses calcaires des chaînes

vent leur jaillissement, ainsi que l'a parfaitement démontré M. BERTHIER , ingénieur en chef des mines, au dégagement des gaz et des vapeurs comprimés, qui pressent et réagissent sur la surface de ces eaux.

(1) Cette disposition alternative de couches perméables et imperméables exige de la part des ouvriers perçeurs de puits les plus grandes précautions dans le percement et l'approfondissement des puits, lorsqu'ils approchent des couches imperméables qui recouvrent les eaux comprimées. En effet, ces eaux, provenant de réservoirs quelquefois très-élevés et très-éloignés, surgissent, à l'instant même du percement, avec une telle impétuosité et une telle abondance, que souvent les ouvriers ont à peine le temps de se

« PreviousContinue »