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PROGRAMME D'un Concours pour le percement de puits forés

suivant la méthode artésienne , à l'effet ďobtenir des eaux jaillissantes applicables aux besoins de l'Agriculture.

IL y a plus d'un siècle et demi (en 1671) que le célèbre Dominique Cassini, qui fut appelé d'Italie en France par Louis XIV, et bientôt après élu membre de l'Académie royale des Sciences, fit connaître les fontaines artésiennes de Modène.

Bélidor écrivait, en 1729, qu'il avait vu, au inonastère de Saint-André, à une demi-lieue d'Aire, en Artois, un puits foré qui donnait plus de vingt mètres cubes d'eau par heure, à la hauteur de quatre mètres au-dessus du rez-de-chaussée (Science de l'ingénieur, liv. 4, chap. 12).

Les progrès dans les arts se développent comme les inventions : les premiers pas sont rapides; mais bientôt l'exécution présente des

Année 1828.

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difficultés qui en retardent ou suspendent le

cours.

L'art du fontenier-sondeur est pratiqué, depuis un siècle au moins, dans les anciennes provinces du nord de la France, et c'est seulement dans ces dernières années que, par les efforts combinés de nos ingénieurs les plus expérimentés et des mécaniciens les plus habiles, la pratique de cet art a pu s'étendre à quelques autres départemens.

L'Ecole de métallurgie, fondée sous le règne de Louis XVI; la création, en 1794, d'un corps des Ingénieurs des mines, ont donné à la géologie et à la minéralogie une direction scientifique qui jette le plus grand jour sur les procédés des arts dépendant de ces deux sciences. C'est principalement aux recherches de ce corps savant, à MM. Héricart de Thury, Garnier, Baillet, etc.; aux publications qu'ils ont faites sur le sondage et sur le percement des puits forés; aux travaux d'une grande Société, formée, sous les auspices du Ministère de l'intérieur, pour l'encouragement des arts, que nous devons l'introduction du sondage dans les départemens de la Somme, des Ardennes, de la Moselle, de Seine-et-Marne et de la Seine.

La Société royale et centrale d'Agriculture

est informée que, dans plusieurs parties de la France, des cotisations ont été faites pour creuser, à frais communs, des puits forés; que la Direction générale des mines a recommandé à MM. les Ingénieurs de seconder de tous leurs moyens les essais de ce genre; qu'elle a chargé l'un d'eux de rédiger une instruction, qui s'étendra à tous les genres de terrains dont se compose le sol de la France. Elle ne doit

pas laisser ignorer que, dans les localités les plus favorables au percement des puits forés, à Béthune par exemple, un trou de sonde de trentetrois mètres de profondeur est tombé sur une source dont les eaux se sont élevées à la surface du sol, et qu'un second sondage, voisin du premier, poussé jusqu'à soixante mètres, n'a point rencontré de banc aquifère. Sans rea monter aux causes premières de l'existence des eaux souterraines et de la discontinuité des réservoirs qui renferment ces eaux; sans examiner les forces qui font jaillir ces eaux à la surface du sol, la Société a pensé que le succès qui a couronné plusieurs tentatives, faites récemment dans les départemens de la Seine, de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, était un motif suffisant pour provoquer, par un concours général, de nouvelles recherches.

En conséquence, la Société royale et cen. trale d’Agriculture distribuera, dans sa séance publique de 1830, trois prix : le premier, de trois mille francs ; le second, de deux mille francs ; le troisième, de mille francs, aux propriétaires, cultivateurs, ingénieurs ou mécaniciens qui auront percé un ou plusieurs puits forés, dont l'eau s'élèvera à la surface du sol.

Les concurrens feront connaitre par un procès-verbal,

1°. Le site et la profondeur des puits forés;

2°. Le volume d'eau que ces puits donnent en vingt-quatre heures;

3o. La température de l'eau dans l'intérieur des puits.

Ils joindront à ce procès-verbal des échantillons de terres ou pierres, pris dans les diverses couches de terrain traversées par la sonde, avec la note des épaisseurs de ces couches, et les mémoires de toutes les dépenses de sondage.

Les concurrens seront tenus de faire constater par les autorités locales, par MM. les Ingénieurs des mines ou des ponts et chaussées, et par les Sociétés savantes, s'il en existe dans le département, les faits énoncés dans les procès-verbaux qu'ils enverront au concours.

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