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La Société, d'après le rapport qui lui sera fait par la Commission chargée de l'examen du concours, accordera les prix aux travaux de sondage qu'elle jugera les plus utiles à l'agriculture, et les plus dignes, sous tous les rapports, d'obtenir la récompense proposée.

Observations.

Pour donner aux concurrens tous les moyens et renseignemens qu'ils pourraient désirer sur les percemens des puits forés, la Société royale et centrale d'Agriculture a décidé qu'à la suite du présent programme, elle publierait les recherches qui lui ont été présentées par M. le vicomte Héricart de Thury sur le gisement des eaux dans le sein de la terre, relativement aux fontaines jaillissantes des puits forés, ses observations sur la cause de leur jaillissement, et ses recherches sur les fontaines des puits forés en France; enfin l'indication des personnes et des ouvrages à consulter sur la construction de la sonde, la manière de s'en servir, et les sondeurs auxquels on peut s'adresser pour

le

percement des puits forés.

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Géologiques et physiques sur le gisement des eaux souterraines relativement au

jaillissement des fontaines artésiennes, et recherches sur les puits forés en France à l'aide de la sonde ;

PAR M. LE Vte. HÉRICART DE THURY, Conseiller d'État, Membre de l'Académie des Sciences, Ingénieur

en chef des Mines de France, Président de la Société royale et centrale d'Agriculture.

La Société royale et centrale d’Agriculture m'ayant demandé de joindre au Programme du concours des puits forés une instruction, pour faciliter aux concurrens l'étude du forage des puits suivant la méthode artésienne, et les moyens d'obtenir , par ces puits, des eaux applicables aux besoins de l'agriculture, j'avais d'abord pensé devoir me borner à donner un extrait de l'Art du fontenier-sondeur, de M. Garnier, ingénieur en chef au Corps des mines, ouvrage couronné par la Société d'encouragement, et le plus complet que nous ayons sur cette importante matière; mais après les recherches aux

quelles je me suis livré, j'ai cru pouvoir encore exposer, après M. Garnier, quelques idées nouvelles sur l'origine des sources, sur leur épanchement dans les diverses espèces de terrain, sur leurs différens modes de sortie de terre, et pouvoir parvenir enfin à démontrer qu'on peut obtenir des eaux jaillissantes par les puits forés dans tout autre terrain que dans ceux de craie. Ce n'est point cependant une théorie des eaux souterraines que je présente, je n'ai point cette prétention : c'est le simple résultat des recherches que j'ai faites pour répondre aux demandes de la Société: heureux si je suis parvenu à avoir son assentiment! Je terminerai mes considérations par quelques observations sur la cause du jaillissement des eaux des puits forés, et par un état de ceux sur lesquels j'ai pu recueillir quelques renseignemens.

PARAGRAPHE PREMIER.

Considérations géologiques et physiques sur le

gisement des eaux souterraines , relativement aux fontaines jaillissantes des puits forés artésiens.

1. De toutes parts, l'eau s'élève dans l'atmosphère par l'évaporation.

§ 2. Une partie des brouillards , des rosées, des neiges et des pluies, tombe sur les montagnes , qui paraissent agir par affinité sur les nuages et les fixer autour d'elles.

$ 3. Ainsi arrêtées et groupées autour des montagnes, les eaux s'infiltrent entre leurs différentes superpositions. Elles en suivent les pentes ou inclinaisons, jusqu'à ce qu'elles rencontrent des couches imperméables qui les retiennent, sur lesquelles elles s'écoulent souterrainement, et d'où elles s'épanchent ou jaillissent par-tout où ces couches présentent quelques issues, par-tout où sur les flancs des montagnes et des collines ces couches se montrent à découvert

par

des arrachemens. $ 4. Cependant il existe des sources sur des plateaux et même sur des monticules plus éle

vés

que tous les lieux qui les entourent immédiatement : par exemple, les sources perpétuelles du mont Cimone, près de Modène, sont plus élevées

que
tout le

pays qui les environne. $ 5. Dans les terrains primordiaux ou montagnes primitives, les infiltrations souterraines sont très-rares, cependant l'on y trouve fréquemment des sources, mais généralement peu abondantes; néanmoins les percemens qui y ont été faits prouvent que les eaux s'yinfiltrent, comme dans les montagnes secondaires et de transition, soit entre les superpositions des différentes roches qui les constituent, soit par les filons et les fentes dont ces montagnes sont souvent coupées dans tous les sens , et même jusqu'à de très-grandes profondeurs.

$ 6. Le plus souvent, l'épanchement des eaux pluviales ou des fontes de neige n'a lieu , dans les terrains primitifs , qu'à la surface des montagnes, leurs masses étant généralement trop denses et trop compactes pour y permettre aucune infiltration.

$ 7. Les eaux qu'on trouve dans les terrains primitifs varient de qualité, comme les terrains qui les recèlent.

$ 8. Celles qui coulent à la surface sont généralement bonnes, douces et salubres.

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