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auquel nous venons concourir avec vous. Présider à votre réunion solennelle, c'est-à-dire écouter de sages préceptes où le langage des passions n'a pas d'accès, apprendre d'heureuses découvertes qui ne peuvent que réjouir l'humanité, récompenser, au nom d'un Roi généreux et bienfaisant, des services qui ne peuvent être di contestés ni dénaturés : un tel devoir pourrait être accordé comme une récompense, et la reconnaissance est due par celui à qui il est imposé.

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RAPPORT Sur les travaux de la Société, depuis sa séance publique du 24 avril 1827 jusqu'à celle du 15 avril 1828;

Par M. CHALLAN, Vice-Secrétaire.

MESSIEURS,

L'étude de l'agriculture a été si souvent l'objet de vos méditations, que je ne puis me défendre d'une certaine inquiétude en considérant que je dois exposer ses progrès devant des hommes qui , malgré leurs lurnières , n'entrent euxmêmes qu'avec circonspection dans le champ des découvertes.

Cependant, puisque la nature accorde de préférence ses dons au travail et à l'instruction, on ne peut douter qu'en observant ses lois et à force de soins il ne soit possible de faire fructifier la végétation; d'associer plusieurs plantes étrangères à des plantes indigènes; de perfectionner les sauvages par la transplantation et la culture ; de fertiliser enfin d'immenses surfaces territoriales , dans la vue de satisfaire aux besoins d'une nombreuse population, et d'assurer sa subsistance en conservant un juste équilibre entre la consommation et la

reproduction. A la sagesse de l'Administration est réservé le droit de favoriser la première, des sueurs du laboureur on attend la seconde, et de tous deux la sécurité publique.

Plus que tout autre pays, la France peut l'espérer; car la bonté de son territoire et sa position géographique semblent l'avoir destinée à devenir le centre de tous les genres d'approvisionnemens, spécialement des produits agricoles, lesquels alors, sans devenir onéreux aux consommateurs, solderont et au-delà les bénéfices des producteurs ; car sur ce marché européen les spéculations du commerce et de l'industrie se balanceront nécessairement avec l'intérêt national.

Souvent cependant, des météores funestes et une cherté imprévue jettent l'alarme; or, dans ces circonstances, la crainte fût-elle une erreur, aller au-devant du mal n'est point une faute. Tel a été probablement le motif du vénérable correspondant M. de Chancey, en proposant de suppléer à la rareté des céréales par des denrées moins exposées aux intempéries (1).

(1) Il avait indiqué le lichen. Quelques-uns ont proposé

Toutefois, sans négliger ces ressources, n'est-il pas permis d'observer que, si les cultures étaient dirigées de manière à ce qu'elles pussent fournir concurremment des matières premières à l'industrie et des substances alimentaires aux individus, on éprouverait plus rarement des embarras, et que la main d'oeuvre serait mieux récompensée? Car, en général, ce sont les produits variés qui couvrent les sacrifices des agronomes , dont les exemples forceront un jour les moins crédules à reconnaître la supériorité des méthodes suivies dans les fermes-modèles.

Je me disposais, Messieurs, à rendre grâce aux nobles patronages qui les ont fondées et à proclamer leurs importans (1) services, lors

les fèves et les féveroles, déjà en usage , et qui entrent dans la rotation des assolemens et favorisent l'engraissement des terres. La Société a préféré de généraliser la question, afin de faire un meilleur choix et de le faire

pour

diverses époques.

Une commission s'occupe de ce travail. (1) On ne citera cependant que les personnes et les établissemens qui, à raison de quelques circonstances nouvelles, ont appelé l'attention de la Société. Depuis long-temps, elle reconnaissait les droits de M. Bertier, de Roville ; elle a cru qu'il ne fallait pas séparer son nom de celui de M. Mathieu de Dombasle, que, comme propriétaire, il a précédé dans la culture du domaine de Roville. Sur le rapport de

qu'une lettre de M. Lullin de Châteauvieux (1) est venue m'imposer le devoir douloureux de reporter vos pensées sur la perte inattendue du baron de Staël Holstein , correspondant d'autant plus regretté par la Société, que chacun de nous avait apprécié son mérite personnel, et l'empressement avec lequel il venait, dans vos séances, conférer sur ses projets ou rendre compte de ses améliorations. Les conceptions du baron de Staël commençaient à se réaliser; et

M. Tessier, elle a décerné à M. Berthier sa grande médaille d'or. A l'égard des beaux résultats obtenus par M. Mathieu de Dombasle, chaque année ils surpassent les espérances que l'on en avait conçues; et, celle-ci, doit s'y faire la distribution du prix fondé par Monseigneur le Dauphin pour

la construction du meilleur instrument aratoire. On continue à la ferme de Grignon les travaux préparatoires, M. Silvestre a rendu compte de l'ordre qui s'y observe; M. Darblay a fait d'utiles réflexions sur la construction des bergeries projetées, et M. Héricart de Thury a indiqué les différentes natures de terres dont ce sol est composé.

Les entreprises de M. le comte de Rambuteau prospèrent aussi d'une manière remarquable. M. de Pradt a fondé une ferme exemplaire qu'il a léguée à l'Auvergne, son pays natal, afin d'y améliorer la culture et les races d'animaux. (1) A notre confrère Huzard. ANNÉE 1828.

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