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(76) mités les plus reculées de l'Empire, ses per: fides conseils et sa doctrine de sang. Celuici a choisi l'époque mémorable du 14 Juillet, pour faire du Roi et de la Royauté, un objet de scandale et de mépris : ce spectacle to:!chant d'amour et de fidélité encore présent à nos cours attendris, cette union intime des François et de leur Roi, de lui rappelle que l'insolence du Trône et du fau. teuil exécutif, et par une allusion barbare de la marche des Fédérés au triomphe de Paul Emile, il félicite les Romains d'avoir vu enchaîné à la suite du Consul, le Roi de Macédoine, les mains liées derrière le dos, les mains qui avoient signé tant de Lettresle-cuchet : il traite d'esclaves et d'hommes corrompus ceux qui révèrent dans la personne du Monarque la majesté de la Nacion. Doulez-vous donc, Messieurs, que cet excés d'a i tlace n'épouvante les hommes foibles, el va leur fasse craindre d'être signalés comme les partisans do Despotisme, s'ils defendent, s'ils chérissent l'Autorité Royale Constitutionnelle, qui peut seule défendre dans un Empire immense, la Liberté et la Loi contre les entreprises des factieux.

Ce n'est pas tout ; les prétendus amis de la Liberté la veulent sans Lois, et surtout sans impôts ; ils excitent le Peuple à n'en pas payer, c'est-à-dire, qu'ils invitent le Peuple à détruire votre ouvrage, et à le détruire avec d'effroyables déchiremens.« Les

Romains, dit Desmoulins, étoient fondés à se réjouir, en entendant crier pendant la marche triomphale de Paul Emile : Le Peuple Romain ne payera plus d'impôts,plus de gubelles, plus de taille,plus decapitation.* Voilà les rapprochemens qu'il ose indi

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quer , entre la fête federale et celle du triomphe de Paul Emile; voilà les conseils et les instructions que ces amis da Peuple lui prodiguent. — Ainsi, quand ils a'uront fait égorger tous ceux qu'ils lui présentent comme ennemis des nouvelles Lois, ils lui présenteront encore comme des tyrans, ceux qui pensent , comme nous , que le salut public dépend de l'obéissance aux Lois, et de la perception des impôts. Avant de venir à vous,

Messieurs, je me suis adressé aux Ministres des Lois; je leur ai porté ces coupables Ecrits, et, comine Représentant de la Nation, je leur en ai demandé vengeance ,

non à raison des injures qui me sont personnelles; qui pourroit croire que pour mon propre compte, j'eusse distingué Cumille Desmoulins de ceux de son espèce, dont je dédaigne depuis longtenips les outrages? mais ils m'ont servi de texte pour provoquer le Ministère public et la sévérité des Lois, sur ces Feuilles sanglantes qui renouvellent parmi nous les tables de proscription."

Que vous dirai-je de l'impression que m'ont fait la douleur, l'effroi et l'embarras des Magistrals? J'ai vu sur leur visage, j'ai yu dans leurs discours, l'impuissance des Lois. - Hâtez-vous, leur ai-je dit, de nous " en donner la preuve, et d'avertir la Naution du danger qui la menace! Parlez! « étendez un crêpe funèbre sur le Sanctuaire

de la Justice! l'impuissance des Lois peut u seule justifier celle de vos efforts pour les « défendre. Vous devez périr avant elles"; « vous devez vous offrir les premjers alus poignards de la tyrannie. »

Messieurs, vous dévoiler d'aussi grands

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maux,

c'est y remédier. Vous ne souffrirez pas que des forcenés calomnient la Liberté, la Constitution. Vous ne souffrirez pas que cette Constitution , qui nous assure un Roi etu Gouvernement Monarchique, ne puisse les défendre.

Quoi! nous n'aurions déclaré les droits de l'homme , que pour en constaler parmi nous la violation! L'humanité, l'égalité, la justice seroient dans vos Décrets, et la féro. eité dans nos meurs ? L'Europe épouvantée pourroit croire que les principes et les moeurs de Camille Desmoulins appartiennent à des Frauçois! Ah! qu'ils vous soient enfin connus les véritables ennemis du bien public; les voilà ! leur plume, leurs mains sont ensanglantées ! Que les bons Citoyens se rallient contre les pervers : ceux-ci ne seront jamais les amis de la Liberté, qui n'aura jamais pour ennemis que les scelérats! Pourriezvous donc vous y méprendre, laisser en paix ceux dont le crime est l'aliment, et diriger votre sollicitude sur ceux que des dissentimens séparent de vos opinions, qui souffrent, inais qui obéissent, et qui distinguent dans la Loi même qu'ils improuvent, le caractère sacré qu'ils doivent respecter? Ah! celui - là est criminel, qui, dans quelque systéme et pour quelque cause que ce soit , trouble l'ordre public et porte une main parricide dans le sein de la Patrie. - Mais qu'ils discutent nos Lois, qu'ils censurent nos opinions , les Citoyens, les hommes libres de cet Empire , qu'ils apprécient qu'ils chérissent et défendent la Liberté, compagne inséparable de l'ordre et de la justice.

- Je vais vous lire, Messieurs, le dernier

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paragraphe de la Feuille de Marat, intitulée : C'en est fait de nous , et la mettre sur le Bureau. Quant au dernier Numéro des Révolutions de France et de Brabant, je déclare l'avoir remis avant-hier à M. le Procureur du Roi.

Citoyens de tout âge et de tout rang, les mesares prises par l'Assemblée Nationale ne sauroient vous empêcher de périr: c'en est fait de vous pour toujours , si vous

ne courez aux armes, si vous ne retrouvez u ceite valeur héroïque, qui, le 14 Juillet w 'et le 5 Octobre , sauvèrent deux fois la * France. Volez à Saint-Cloud, s'il en est. “ encore temps, ramenez le Roi et le Dau

phin dans vos murs : tenez-les sous bonne

garde, et qu'ils vous répondent des évè4 nemen's : renfermez l'Autrichienne et son • Leau-frère, qu'ils ne puissent plus cons“ pirer; saisissez-vous de tous les Ministres

et de leurs Cominis; mettez-les aux fers.

Assurez-vous du Chef de la Municipaliié u et des Lieutenans de Maire: gardez à vue « le Général; arrêtez l'Etat-Major; enlevez « le paro d'ariillerie de la rue Verte; e19

parez-vous de tous les magasins et mouw lins à poudre ; que les canons soient ré

partis entre tous les Districis ; que tous les Districts se rétablissent et restent à jamais permanens ; qu'ils fassent révoquer

les funestes Décrets. Courez, courez, n'en est encore temps, ou bientot de non« breuses légions ennemies fondront sur rous:

bientót vous verrez les Ordres Privilegiés * se relever ; le Despotisme, l'affreux Des

polisine reparoîtra plus formidable que jamais. * Cinq à six cents têtes abattues vous au

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s'il

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roient assuré repos , liberté et bonheur. # Une fausse humanité a retenu vos bras et

suspendu vos coups; elle va coûter la vie

à des millions de vos frères. Que vos enu nemis triomphent un instant, et le sang

coulera à grands flots : ils vous égorgeront « sans pitié, ils éventreront vos femmes, et

pour éteindre à jamais parıni vous l'amour de la liberté, leurs mains sanguinaires chercheront le cæur dans les entrailles de «. vos enfans.

. Voici le Projet de Décret que j'ai l'honneur de vous proposer; il remplira les intentions de ceux qui veulent comprendre dans la même condamnation tous les libelles atroces, quel qu'en soit l'objet et les Auteurs. »

I.'Assemblée Nationale, sur la dénonciation qui lui a été faite par un de ses

Membres, de l'Imprimé ayant pour titre : • C'en est fait de nous, et du No. 34 des

Révolutions de France et de Brabant, a décrété

que

le Procureur du Roi au Châ. telet de Paris seroit mandé, Séance te“ nante, et qu'il lui seroit donné ordie de

poursuivre comme criminels de lèze-Nation, les Auteurs , Imprimeurs, et Col

porteurs des Ecrits qui excitent le Peuple * à l'insurrection contre les Lois, à l'effu

sion du sang, et au renversement de la Constitution.

Des applaudissemens nombreux ont suivi le Discours, l'un des plus éloquens, des plus nécessaires,qui soient sortis de la Tribune. La grande majorité de l'Assemblée restoit dans une consternation d'horreur. Personne ne rioit plus; l'énergie de M. Malouet avoit opéré un effet profond; le Décret proposé a été adopté

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