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s'est rendu à Piombino, où il coupait par ce moyen le chemin de Mestre aux Autrichiens, qui cherchaient à se jeter dans Venise. A la pointe du jour, hier 24, il a été trois fois obligé de céder le terrain. Le corps d'infanterie polonaise, qui se trouvait à CampoSan Pietro avec le général en chef, se dirigea avant le jour vers Castel-Franco avec le général en chef lui-même, qui, s'étant aperçu à moitié che min que la division Regnier se reployait, ordonna au colonel Grabinski de prendre l'ennemi aux épaules. Ce corps attaqua à l'instant avec la plus grande vigueur, et contraignit l'ennemi à se retirer dans Castel-Franco avec une perte de 150 prisonniers, parmi lesquels 1 major et 1 colonel, de 2 ¦ pièces de canon de six, et d'un obusier."

Le général Regnier, profitant de cette manœuvre du général en chef, réattaqua lui-même et fit 2 mille prisonniers.

Le reste de la colonne ennemie se retira à VillaFranca, où 3 mille Autrichiens, bloqués par le régiment d'infanterie polonaise, rendírent les armes au colonel Grabinski, et un corps de 700 hommes de cuirassiers se rendit au lieutenant-colonel Clopinski.

Huit mille prisonniers, environ 700 chevaux, 12 pièces de canon, 6 drapeaux et 1 étendard, sont le résultat de cette journée. Parmi les prisonniers se trouve M. le prince de Rohan, général-commandant, 3 colonels, 6 majors, 3 lieutenans-colonels environ 600 morts, parmi lesquels deux colonels, 4 majors, et 2 lieutenans-colonels; en outre 600 blessés environ.

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IXe BULLETIN.

Au quartier général de Gorizia, le 5 frimaire an 14 (27 novembre ).

NOTA. Ce Bulletin ne contenant que la lettre qui se trouve à la fin du XXX Bulletin (bis) de la Grande-Armée, pag. 110 et suiv., nous y renvoyons le Lecteur.

SÉNAT CONSERVATEUR.

Paris, le 14 janvier 1806.

AUJOURD'HUI, UJOURD'HUI, à denx heures après midi, en conformité des ordres de sa majesté l'Empereur et Roi, S. A. S. Mgr. le prince archi-chancelier de l'Empire s'est rendu à la séance du Sénat. S. A. a été reçue dans les formes ordinaires; et ayant pris sa place, il a dit :

MESSIEURS,

« Si le prince Grand-Electeur était encore parmi nous, vous auriez reçu de ses mains la communication que sa majesté l'Empereur et Roi m'ordonne de vous faire.

» La lettre que Sa Majesté adresse au Sénat, et que je lui apporte, a pour objet de vous instruire de deux transactions importantes.

» L'une est le mariage du prince Eugène avec la princesse Auguste, fille de sa majesté le roi de Bavière;

» L'autre est le traité de paix avec l'empereur d'Autriche, conclu à Presbourg le 5 nivôse (26 décembre 1805), et ratifié le lendemain au palais de Schoenbrunn, près Vienne.

» En vous donnant connaissance des articles qui le composent, sa majesté satisfait tout à-la-fois au besoin qu'elle éprouve de communiquer avec vous sur tous les grands intérêts de l'Etat, et au desir d'accélérer la publication de cet acte, dont nos lois constitutionnelles ont voulu que vous fussiez instruits les premier's.

» Vous apercevrez, Messieurs, dans l'établissement du prince Eugène, un nouveau témoignage de la tendresse de Sa Majesté pour celui qui justifie si bien le beau titre qu'elle lui a conféré en le nommant l'enfant de son adoption. Heureux prince qui, appelé si jeune à l'administration d'un grand Etat, a su se rendre égal à cette tâche difficile, se montre de jour en jour plus digne d'imiter les glorieux exemples dont son enfance a été nourrie, et conservera la tradition de bonté dont son auguste mère lui a transmis l'héritage!

>> Ce mariage manifeste aussi combien l'Empereur apprécie la loyauté de l'antique maison de Bavière, dont l'attachement pour la France ne s'est jamais démenti dans toutes les époques de notre monarchie, et combien Sa Majesté est touchée du courage et du dévouement dont la nation bavaroise et son illustre chef viennent de lui donner des preuves au péril de leurs plus grands intérêts.

>>Quant au traité de paix, chacune des conditions qu'il renferme, offre de nouveaux sujets d'admirer la magnanimité de Napoléon-le-Grand, qui, forcé de prendre les armes, n'a cherché d'autre fruit de ses victoires, que la gloire de fonder le repos de l'Europe, en honorant la fidélité de ses alliés.

» Votre juste impatience compte avec regret les momens jusqu'à celui qui nous rendra la présence de notre monarque. Croyez, Messieurs, qu'il ressent aussi le desir d'être rendu à l'amour de ses peuples. Mais le tableau des heureux qu'il a faits, était une jouissance trop digne de son cœur, pour qu'il pût leur refuser un dernier regard qui accroît leur bonheur et qui en assure la durée.

>>Je remets, Messieurs, entre les mains de monsieur le Président, la lettre de sa majesté l'Empereur et Roi, une expédition du traité de paix ratifié, et je demande acte de cette remise. »

Lettre de S. M. l'Empereur au Sénat:

SÉNATEURS,

« La paix a été conclue à Presbourg, et ratifiée à Vienne entre moi et l'Empereur d'Autriche. Je vou lais, dans une séance solennelle, vous en faire connaître moi-même les conditions; mais ayant depuis long-temps arrêté, avec le roi de Bavière, le mariage de mon fils, le prince Eugène, avec la princesse Auguste sa fille, et me trouvant à Munich au moment où la célébration dudit mariage devait avoir lieu, je n'ai pu résister au plaisir d'unir moi-même jeunes époux, qui sont tous deux le modèle de leur sexe. Je suis d'ailleurs bien aise de donner à la maison royale de Bavière, et à ce brave peuple bavarois, qui, dans cette circonstance, m'a rendu tant de services et montré tant d'amitié, et dont les ancêtres furent constamment unis de politique et de cœur à la France, cette preuve de ma considération et de mon estime particulières.

les

>> Le mariage aura lieu le 15 janvier. Mon arrivée au milieu de mon peuple sera donc retardée de quelques jours. Ces jours paraîtront longs à mon cœur; mais, après avoir été sans cesse livré aux devoirs d'un soldat, j'éprouve un tendre délassement à m'occuper des détails et des devoirs d'un père de famille. Mais ne voulant point retarder davantage la publication du traité de paix, j'ai ordonné, en conséquence de nos statuts constitutionnels, qu'il vous fût communiqué sans délai, pour être ensuite pu blié comme loi de l'Empire.

Donné à Munich, le 6 janvier 1806.

Par l'Empereur,

Signé, NAPOLÉON.

Le ministre secrétaire-d'état, signé H. B. MARET.

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