Page images
PDF
EPUB

» Copti-Egezi e Copti-Arabici; Etruschi, Fenici, Fiamminghi; » Francesi, Bretone francese, Lorenese, Provenzale; Gotiei e » Visigotici, Greci e Greci-latini, Greci moderni; Giorgiani o » Iberici, Grigioni o Retici, Ilirici, Indie orientali : Angolesi ,

Barmani o Aviani, Indostani, Malabarici, Malesi, Sanscritti. >> Dialetti : ( on trouve sous cette désignation des livres en » Tamoul, en Bengali, en Mantchou, en Singhalais, en Urdu, en » Berbère, etc., et, sans doute par une erreur du rédacteur du » catalogue , des livres appartenant aux dialectes européens) » Inglesi, Bretone o Celtico antico, Celtico Scozzese, Scozzeze, » Irlandese, Paesi di Galles; Italiani, Friulano, Maltese, Milanese, » Sardo, Siciliano; Kourdistani o Kurdici, Latini, Maroniti e Siro

e » Maronili; Oceanici, Australia; Olandesi, Persiani, Polacchi, » Portoghesi : dialetti varii (Curaçao, etc.); Slavi, Slavo-Cor» niola, Slavo-Serbica, Slavo-Ruteno, Slavo-Vallacco; Siriaci; » Spagnuolo, Catalano, Biscaglino; Russi, Tedeschi, Turchi, » Ungheresi, Zingari. >>

Sous ces diverses désignations, qui dépassent de beaucoup le chiffre 78 indiqué par le cardinal, on ne trouve pas la langue d'Amara parlée en Abyssinie; l'araméen , dialecte formé de syriaque et de chaldéen, le peguan, le suisse, qui sont comptés dans les 58 langues et dialectes énumérés par M. Stolz.

[ocr errors]

E.

Littérature Catholique.

LES DEUX ÉPITRES AUX VIERGES,

DE SAINT CLÉMENT ROMAIN, DISCIPLE DE SAINT PIERRE,

TRADUITES EN LATIX ET EN FRANÇAIS

Par Mgr CLÉMENT VILLECOURT, dveque de la Rochelle et de Saintes,

PRÉCÉDÉES D'UNE DISSERTATION QUI EN ÉTABLIT L'AUTHENTICITÉ

DÉDIÉES A MGR. MALOU, ÉVÊQUE DB BRUGES 1.

Rien n'a jamais été ni ne saurait être plus précieux pour l'Église et pour les fidèles instruits, et même pour tous ceux qui, n'ayant pas le bonheur de posséder la foi, recherchent sincère

• Un vol. in-8°. Paris, chez Louis Vivès, éditeur, rue Cassette, 23.

ment la vérité, que les monuments qui se rattachent aux temps apostoliques, et qui, marqués du sceau d'une incontestable authenticité, en reflètent et en perpétuent la pensée dans tous les siècles, même les plus reculés. C'est que, d'un côté, toute vérité et toute institution véritablement religieuse venant de Dieu, et que, d'autre part, les hommes, à cause de leur penchant au mal dès leur enfance, tendant toujours, à mesure qu'ils s'éloignent des faits, à obscurcir ou à oublier la vérité et à affaiblir, à corrompre, à dénaturer les institutions religieuses qu'ils veulent accommoder ou faire céder à leurs passions; c'est que, disonsnous, tout ce qui touche à la source même ou au berceau des événements, tout ce qui vient de ces temps de prodiges et de miséricorde dans lesquels l'humanité, tombée par ses fautes aux dernières profondeurs de l'égarement, se serait perdue à jamais dans les ténèbres d'une barbarie sans exemple; c'est qu'enfin tout ce qui est tombé des lèvres des hommes héroïques que Dieu s'était choisis pour être les premiers dispensaleurs de sa parole et de ses dons, est plus ou moins empreint de ce caractère de divinité et de pureté qui rassure et rafraichit les âmes, et leur prouve l’inaltérable calme d'une confiance absolue. Voilà pourquoi les hommes de foi, d'intelligence et de dévouement, tel que le pieux et savant traducteur de ces Lettres, se sont toujours attachés à rechercher et à mettre en évidence, quand ils ont été assez heureux pour les tirer de l'oubli, les écrits perdus des saints personnages qui ont vu le berceau de l'Eglise, et ont partagé ses douleurs et ses glorieux combats. Voilà pourquoi aussi tous les enfants de la lumière accueillent avec joie, quand ils leur sont rendus, ces restes vénérables de leurs pères dans la foi, et qu'ils paient, par la bénédiction et la louange, les travaux et les veilles de ceux de leurs frères qui ont eu le bonheur et la gloire de leur rendre, ne seraient-ce que des fragments de ces trésors qu'ils estiment plus que l'or et les pierres précieuses.

Tout ce que le temps ou des circonstances malheureuses ont pu nous ravir des monuments des premiers siècles de l'Eglise, et en particulier Deux Epitres aux vierges de saint Clément, ne sont pas sans doute, quelque regrettable qu'en ait été la perte, nécessaires à l'autorité de la foi et de la discipline catholique. Cependant, outre le prix que l'Eglise a toujours attaché aux monuments des temps apostoliques proprement dits, les Lettres de saint Clément aux vierges empruntent de leur auteur et des

[ocr errors]
[ocr errors]

matières mêmes qui y sont traitées, une importance de premier ordre qui, dans l'intérêt même de la foi, de la tradition et de la discipline catbolique, leur assigne le premier rang après les écrits des apôtres. Aussi, aux beaux jours de la primitive Eglise, leur donnait-on le titre mérité de Lettres canoniques, et les lisait-on dans les assemblées des fidèles.

Mais ce qui donne aux Deux Epitres aux vierges un prix tout spécial, c'est le sujet qu'elles traitent, c'est leur conformité parfaite avec la doetrine et la discipline actuelle de l'Eglise sur la valeur et la perfection intrinsèque de la virginité et du célibat chrétien, ainsi que sur le célibat des prêtres; c'est le témoignage qu'elles rendent à l'origine apostolique de cette doctrine et de cette discipline actuelle, en nous montrant que dès les premiers jours de l'Eglise et de son organisation primitive, quelques années seulement après la mort des saints apôtres Pierre et Paul, et sous le gouvernement spirituel du troisième pape, disciple de ces mêmes apôtres Pierre et Paul, ce qui est enseigné et constitué aujourd'hui sous le rapport de la virginité et du célibat ecclésiastique, et même, comme nous le verrons bientôt, sous le rapport de la nécessité des bonnes auvres pour le salut et du sacrement de pénitence, était constitué et enseigné; ce qui prouve bien évidemment l'apostolicité et conséquemment la divinité de cet enseignement et de cette constitution; c'est enfin la condamnation terrible qu'elles portent contre l'hérésie ou le protestantisme, qui trouve dans ces Lettres admirables la preuve la plus formelle de son erreur ou de sa mauvaise foi et un démenti sans réplique de ses folles prétentions.

Considérées sous ce seul point de vue, les Deux Epitres aux vierges acquièrent donc toute l'importance que nous leur avons attribuée. Et cependant, si on les considère dans le but que leur saint auteur s'est proposé, dans le parfum délicieux de pureté virginale qu'elles exhalent et dans les fruits de salut que peuvent en retirer les âmes véritablement chrétiennes, les personnes consacrées à Dieu, et surtout les prêtres, on conviendra qu'elles surpassent tout éloge.

Saint Clement adresse ces deux Épîtres aux personnes de l'un et de l'autre sexe qui se sont consacrées à la virginité, comme l'indiquent ces premières lignes de la première Épitre :

« A tous ceux qui, en Jésus-Christ par Dieu le Père, n'ont rien de plus à cæur que leur salut auquel ils travaillent avec » sollicitude; à ceux qui ont l'amour de leurs frères et qui s'at» lachent au prochain dans cet esprit de charité que Dieu lui» même inspire; aux vierges de l'un et de l'autre sexe ne trou» vant qu'en Dieu le bonheur et la sainteté, et qui, par une » détermination irrévocable, se sont, de leur plein gré, consa>> crées à la virginité, pour le royaume des cieux : salut. »

Le saint pontife continue en rappelant aux personnes vouées à la chasteté le but qu'elles se sont proposées, qu'elles ne doivent point perdre de vue et qu'elles doivent constamment poursuivre; les obligations toutes spéciales qui pèsent sur elles et la manière dont elles doivent s'en acquitter; la prudence et la vigilance dont elles doivent user; les écueils qu'elles ont à éviter; les occasions qu'elles doivent fuir; les séductions et les illusions contre lesquelles elles doivent se tenir en garde ; l'exemple qu'elles doivent donner; la bonne odeur des vertus qu'elles doivent répandre, et tout ce qu'il est possible de dire pour leur faire sentir la grandeur de leur vocation et la gloire qui leur est réservée, pour les encourager, les fortifier par des raisons, des conseils et des exemples; pour leur donner le goût des choses spirituelles et les élever au plus haut, degré de perfection possible; pour embraser leur ceur et enflammer leur âme du plus pur amour de Dieu, il le dit dans un langage d'une beauté, d'une éloquence et d'une élévation à la fois simple et sublime, qui font de ces deux Lettres comme une fleur éclose ct épanouie de la virginité elle-même.

Saint Clément, qui avait à rappeler aux personnes vouées à la continence les obligations qui pèsent sur elles et la vie toute de charité et de perfection dont elles doivent vivre, commence par établir la nécessité des bonnes cuvres pour le salut, et l'inutilité de la foi et de la virginité elle-même séparées des œuvres. « Car, dit-il, la possession du royaume du ciel n'est pas attachée » à l'éloquence, à la renommée, à la célébrité, à la naissance » ou à la beauté; elle n'est pas le prix de la force ni d'une longue » attente; celte conquête n'est enlevée que par celui qui prouve » sa foi pas ses æuvres; car ses æuvres, qui sont une émanation » de sa foi, attestent qu'il est vraiment juste, vraiment fidèle, » riche d'une foi grande et parfaite, d'une foi qui l'unit à Dieu, » d'une foi qui resplendil par les actions qu'elle produit, en » sorte que le Père de toutes choses en est glorifié par Jésus» Christ..... En se conduisant ainsi, les vierges de l'un et l'autre » sexe offriront d'admirables exemples de vertus à ceux qui ont » déjà la foi et à ceux qui sont destinés à la recevoir. Et certes, » ce n'est pas le nom seul que l'on porte qui introduit dans le » royaume des cieux, quand les euvres font défaut, puisqu'il » n'y a que le vrai fidèle qui puisse être sauvé, et non celui qui, » n'étant fidèle que de nom, se montre infidèle par ses æuvres... » Que chacun donc examine la valeur de ses @uvres, et qu'il >> prenne une connaissance exacte de soi-même. Celui-là s'ar» roge une gloire qui ne saurait lui appartenir, qui s'enfle d'or» gueil à l'occasion de sa virginité et de sa prétendue sainteté, » quand il en repousse la vertu. Car une telle virginité, par cela » seul qu'elle est stérile en toutes sortes de bonnes cuvres, se » trouve honteusement souillée. »

Un peu plus loin, saint Clément élève la virginité et le célibat bien au-dessus du mariage, et lui assigne dans le ciel une récompense plus grande et plus glorieuse qu'aux époux les plus justes et les plus irréprochables. « Oui, dit-il, c'est pour les » vierges de l'un et de l'autre sexe qu'est assuré un nom plus » glorieux que l'honneur qui revient d'une génération nom» breuse de fils et de filles; une place bien plus distinguée leur » est réservée, et il n'est pas permis de leur comparer même » ces époux vertueux qui se sont illustrés par une vie sainte, et » dont le lit nuptial a été sans tache. Car, non-seulement 'ils » habiteront dans le royaume des cienx avec tous les élus, mais » leur partage sera d'être avec les saints Anges, en récompense » du genre de vie plus noble et plus excellent qu'ils avaient » choisi. »

L'une des parties les plus intéressantes des deux Lettres du saint Pontife, à cause des rapports qui existent entre la virginité et le célibat actuel des prêtres, et de la confusion, de la honte et de l'opprobre qui en résultent pour le lâche sensualisme des faux pasteurs de l'hérésie, c'est celle où, se donnant lui-même en exemple, il raconte de quelle manière se conduisaient les ecclésiastiques à l'égard des personnes du sexe, les précautions qu'ils prenaient, la sagesse et la prudence dont ils usaient, nonseulement pour éloigner tout danger de chute ou d'impureté, mais encore pour ne fournir aux fidèles et aux païens aucun prétexte de se scandaliser et de soupçonner leur vertu. C'est un passage extrêmement précieux que celui où saint Clément, entrant dans les plus grands détails, raconte la vie chaste et édifiante des prêtres au berceau même du christianisme. Il est

« PreviousContinue »