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Sur les nouvelles éditions des Prælectiones theologicæ du P. PERRONE, el de la

Theologia moralis universa, de l'abbé P. SCAVINI.

233

Village et ancienne ferleresse de Rocca di Papa, par Mgr LCQUET, évêque d'llésebon. 237

Euis sur les fondements de la morale. – 11'e partie). Etude et critique des sys.

lemes. (Chap. 2), du devoir et du bien el du mal moral (suite); (chap. 3), du
plaisir et de l'intérêt; (chap. 4), de l'utilité publique; (chap. 5), des conventions
et des lois bumaines, par M. l'abbé Bidard.

94Livraison. Octobre.

Histoire de l'Eglise pendant la révolution française (du milieu de l'an 1798 à la fin de

l'an 1799). Envahissement de Rome par les Français ; enlèvement, voyage et mort

de Pie VI, par M. l'abbé Alphonse CORDIER.

Histoire du droit criminel des peuples modernes, etc. (chap. 23). De quelques juge-

ments criminels au moyen age en France et cu lialie, par N. Albert Du Boys. 311

Historique des différentes sectes sociales et religicuses établies en Allemagne, depuis

1845 jusqu’a 1848 11er article), par M. l'abbé de CAZALÈS.

331

Le cardinal Nczzolanti, sa vie, sa connaissance des langues, sa bibliothèque, par E. 351

Les deux Epitres aux l'ierges, de saint Clement Romain, disciple de saint Piirre,

traduites en lalin el en français. par Mgr Clement de Villecourt, évêque de la

Rochelle; complc rendu par M. l'abbé ANDRÉ, d'Avallon.

375

Etudes sur les fondemcots de la morale.-(fre partie). Etude et critique des systèmes.

(Chap. 5), des conventions et des lois humaines (suite), par M. l'alıbé BIDARD. 385

Bibliographie. Innstilutiones logicæ rcalis, elc., par M. l'abbé PermANS.

Instituciones antbropologicæ, elc., par le ménie.

Histoire universelle, par

M. CLAESSENS.

388

95€ Livraison. Novembre.

Histoire de l'Eglise pendant la révolution française (de 1800 à 1801). Election de

Pie VII; Bonapas le fait rouvrir les églises catboliques, par M. l'abbé CORDIER. 389

Histoire droit criminel des peuples modernes, etc. (chap. 24). Histoire et appré

ciation du code du moyen age, dit Miroir des Sarons, par M. Albert Du Boys. 398

Refutation de la notion de Dieu donnée par Malebranche et quelques philosophes ca-

tholiques de notre temps, par M. l'abbé PELTIER.

419

La légende des Pandavas (4 er article), par M. SCHOEBÉL.

430

Historique des différentes sectes sociales et religieuses établies en Allemagne, depuis

1843 jusqu'à 1848 (2e article), par M. l'abbé de CAZALĖS,

442

Les siècles des deux grands bomnies italiens Dante et Colomb; ouvrage de Tullio

Dandolo, par M. l'abbé Blanc.

449

Explication de l'existence de diverses lilurgies dans l'Eglise romaine, et de la néces-

site de revenir à une seule, par Mgr MABILE, ésèque de Saint-Claude.

467

Etude sur les fondements de la morale. (?10 partie). Etude et critique des systèmes.

(Chap. 6), des conventions et des lois humaines (suite), par M. l'abbé BIDARD. 474

Bibliographie. Jésus révélé à l'enfance, par M. l'abbé F.-R. LAGRANGE. -

Manuel des dispenses, par M. l'abbé CAILLAUD.

483

96€ Livraison. Décembre.

Histoire de l'Église pendant la Révolution française (1801). Concordat de Pie l'II et

de Napoléon, par M. CORDIER.

483

llistoire du droit criminel des peuples modernes, etc. (ch. 25). Juridiction de l'Église

sur les cleres au moyen âge, par M. Du Boys.

495

La légende des Pandavas (2e article), par M. SCHORBEL,

509

Analyse du pouillé du diocèse de Troyes, par M. DELAHAYE.

522

Origine, progrès et état présent de la secte des Mormous.

528

Étude sur les fondemenis de la morale (chap. 7). Théorie de Bobbes (ehap. 8). Sa

réfutation, par M. l'abbé BIDARD..

544

Comple-rendu à nos Abonnés, par M. BOXXBTTY.

562

bibliographie. Les Actes des Mariyos d'Orient de M. l'abbé Lagrange par

v. l'abbé CORDIER.

NUMÉRO 19. -- JUILLET 1853.

Sciences historiques.

HISTOIRE DE L'ÉGLISE,

PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.

Juin-décembre 1793. Ce que devint la fille de Louis XV.- Ruine du Temple.

Fin de la guerre de la Vendée. Désastre de Quiberon. Mort de Stofflet. Mort de Cbarette.

La seur du jeune prince était seule échappée au massacre de sa famille. Tous les regards de la France se portaient vers le Temple; c'était dans ce funèbre séjour que restait captive et livrée à d'inexprimables douleurs, l'auguste fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

Plusieurs habitants d'Orléans, désirant arracher des mains des bourreaux ce reste si cher et si sacré du sang de nos rois, présentèrent à la Convention l'adresse suivante, le 18 juin 1795 :

« Citoyens représentants, tandis que vous avez rompu les fers , de tant de malheureux, victimes d'une politique ombrageuse et » cruelle, une jeune infortunée, condamnée aux larmes, privée de i de toute consolation, de tout appui, réduite à déplorer ce qu'elle « avait de plus cher, la fille de Louis XVI, languit au fond d'une

horrible prison. » Orpheline, si jeune encore abreuvée de tant d'amertumes, de

tant de deuil, qu'elle a bien rigoureusement expié le malheur « d'une si auguste naissance! Hélas ! qui ne prendrait pitié de » tart de maux, de tant d'infortunes, de son innocence et de sa

jeunesse ?

» Maintenant que, sans craindre le poignard des assassins et la » hache des bourreaux, on peut enfin faire entendre'la voix de l'hu· manité, nous venons solliciter son élargissement et sa translation • auprès de ses parents : car qui d'entre vous voudrait la condam

Voir le dernier art, au no précédent, tome xv, page 485.

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, ner à habiter des lieux encore fumants du sang de sa famille? La justice, l'humanité ne réclament-elles pas sa délivrance ? Et que

pourrait objecter la défiance la plus inquiéte, la plus soupçon» neuse ?

» Venez, entourez tous cette enceinte, formez un escadron pieux, » vous, Français sensibles et vous tous qui reçûtes des bienfaits ► de cette famille infortunée. Venez! mêlons nos larmes, élevons , nos mains suppliantes, et réclamons la liberté de cette jeune in

nocente; nos voix seront entendues. Vous allez la prononcer,

citoyens représentants, et l'Europe applaudira à cette résolution, » et ce jour sera pour nous, pour la France entière, un jour d'allé» gresse et de joie. ,

L'histoire regrette de ne pouvoir ajouter à cette pièce les noms des gens de bien qui les premiers osèrent élever la voix en faveur de la royale orpheline.

Cette démarche courageuse n'eut pas tout le succès que la cause royaliste en attendait ; néanmoins vers le milieu de l'année, le sort de la fille de Louis XVI éprouva quelques adoucissements. Elle ne fut pas encore traitée d'une manière couvenable à son rang; mais elle obtint par ordre des comités du gouvernement le linge et les habits qui, avant cette époque, lui avaient toujours été indignement refusés. Sous le régime affreux de Robespierre, Madame Royale n'avait qu'une robe noire qui la couvrait à peine ! Le 14 août 1795, veille de sa fèle, on permit à des musiciens placés dans un grenier des bâtiments du Temple, de lui donner un concert qui se composa d'airs mélancoliques et analogues à sa triste situation. Cette marque imprévue d'intérêt parut toucher le cæur sensible et reconnaissant de la jeune princesse.

Enfin, il lui fut permis d'espérer une existence moins douloureuse. On lui fit passer quelques livres instructifs qu'elle avait demandés; c'étaient les lettres de madame de Sévigné, celles de madame de Maintenon, les OEuvres de Boileau et de Fontenelle, l'Histoire de France de Yély, etc. Elle partageait son temps entre la lecture de ces ouvrages, le dessin, la broderie et les visites autorisées

que

lui rendaient presque tous les jours Mme de Tourzel, Mme de BéthuneCharost et M"e de Mackau, son ancienne gouvernante; elle recevait aussi celle de Mme Laurent, sa nourrice, qui précédemment avait fait beaucoup de tentatives infructueuses pour obtenir l'honneur d'être placée aupräs d'elle et de lui donner, dans l'affrruse so

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litude de sa prison, les marques touchantes qu'elle lui avait prodiguées à son berceau.

Quelque temps auparavant, le comité de salut public avait placé auprès de Madame l’épouse de M. Bocquet de Chanterenne, fils d'un ancien avocat. Cette dame, qui possédait quelques talents agréables, avait sollicité par écrit cette faveur. Elle en jouit jusqu'au 18 decembre, onze heures du soir, instant fortuné qui vit enfin l'auguste fille de Louis XVI sortir du Temple pour se rendre à la cour d'Autriche qui avait, après des hésitations, consenti à l'échanger contre des prisonniers français arrêtés par ses troupes'.

Avant de quitter le Temple, Marie-Thérèse-Charlotte de France écrivit sur les murs de sa prison, ces mots touchants : «0 mon · Dieu ! pardonnez à ceur qui ont fait mourir mes parents ! »

L'âme de Louis XVI dut tressaillir de joie en voyant du haut du ciel, la royale orpheline confier aux murs de son cachot ces sublimes paroles de pardon. Hélas ! la fille du dernier roi de France avait tant à pardonner !

Le ministre de l'intéricur Benezech vint chercher Madame-Royale au Temple, et la conduisit respectueusement à l'hôtel du ministère. De là elle prit durant la nuit la route de Båle, où devait s'effectuer l'échange convenu entre la République Française et S. M. l'em pereur d'Allemagne. La princesse était accompagnée de madame de Soucy, fille de madame de Mackau; elle emmena aussi avec elle M. Huë, ce fidèle valet de chambre de Louis XVI, dont il est fait mention dans le testament immortel du Roi-Martyr.

Depuis Paris jusqu'à la frontière, Madame-Royale reçut les hommages silencieux du respect et de l'attendrissement. Arrivée à Bâle, elle pleura sur la France et dit avec l'accent le plus vrai aux personnes qui l'entouraient : » Je quitte la France avec regret; mais » je ne cesserai jamais de la regarder comme ma patrie. »

La Convention avait fait préparer un riche trousseau pour la fille de Louis XVI; il lui fut présenté à Bâle. La jeune princesse qui, en sortant du Temple, avait inutilement sollicité de ses geoliers quelques uns des vêtements de sa mère, ne voulut point recevoir les robes magnifiques, les chemises fines et les riches dentelles dont

+ Ces principaux détenus etaient M. Beurnonville, ministre de la guerie, et les dépatés Quinetle, Camus, Bancal, Lamarque, livrés au prince de Cobourg par Dumourier; le maître de poste Drouet, fait prisonnier sur les frontières de Flandres, et les ambassadeurs Maret et Sémonville, arrêtés en Italie par les Autrichiens.

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voulaient la gratifier les bourreaux de sa famille. Elle se rendit auprès de l'empereur d'Allemagne avec les modestes habits d'une prisonniere.

Chacun connaît les nombreuses et grandes infortunes, qui, enchaînées l'ane à l'autre, remplirent la vie de Marie-Thérèse-Charlotte de Bourbon, devenue duchesse d'Angoulême. Trois fois exilée, elle ne connut jamais les douceurs de la maternité ; sa triste et douloureuse existence commencée à Versailles se termina dans un coin reculé de l'Autriche, après soixante années de deuil et de larmes. Si l'on osait la comparer avec la vierge sacrée du Calvaire, nous dirions que, comme celui de Marie, son cæur fut percé de sepi glaives, le triple régicide de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de Louis XVII; la mort de madame Élisabeth ; le meutre du duc d'Enghien; l'assassinat du duc de Berry et celui du prince de Condé ! Jamais princesse, jamais femme au monde ne paya assurément un plus abondant tribut à la souffrance. Aussi celte illustre victime des révolutions modernes est-elle à juste titre été surnommée la sainte de la maison de Bourbon.

Quant au Temple, il subit le sort de celui de Jérusalem ; car il n'en teste pas aujourd'hui pierre sur pierre. Ce donjon, consacré par les malheurs de la famille royale, était devenu l'accusateur terrible des juges iniques de Louis XVI et des bourreaux de Louis XVII, qui se hâtèrent de le faire disparaître, dès qu'il eût lâché sa dernière victime. Il fut vendu et démoli ; une rue occupe maintenant l'emplacement de la tour.

La Vendée avait longtemps continué sa résistance héroïque : Charette, dans le bas Poitou, et Stofffet, en Anjou. Les événements de thermidor ralentirent beaucoup la guerre civile.

Des négociateurs oflicieux ou avoués s'entremirent entre les partis: Charette demanda d'abord le rétablissement des Bourbons ; mais

; ses prétentions farent écartées ; il se borna alors à réclamer la réintégration complète et libre du culte catholique dans la Vendée, des indemnités pour les frais de la guerre, la franchise du territoire, le droit de rester en armes, le recouvrement des biens révolutionnairument confisqués sur les Vendéens. La république se montra favorable à ces ouvertures ; on prolongea les pourparlers, et enfin, le 28 pluviðse (16 février), une réunion des parlementaires eut lieu à Jaunais : ce jour-là, Charette fit solennellement ratifier tout ce qu'il avait exigé, et à ce prix, il consentit à se soumettre à la république, et à ne plus porter les armes contre elle. Les Vendéens

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