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orne la tête de tous les personnages, même celle du soleil et de la lune, derniers vestiges de la symbolique antique, reproduite sur ce monument chrétien; et la figure du Christ avec tous ses caractères hiératiques, barbe rare, cheveux partagés sur le front, et la pose simple et naturelle de son corps, qui exprime fort bien le sentiment de la douleur. Tout ce travail participe à la fois de la peinture, par la diversité des couleurs qui trace les contours extérieurs des personsonnages, et de la sculpture par les traits faits à la pointe sèche et au stylet qui dessinent en creux, sur une surface plate, les détails intérieurs.

Pour donner à ce devant d'autel toute la valeur qui me semble lui appartenir, je n'aurais plus qu'à le rapprocher des manuscrits de la bibliothèque royale, dont M. le comte de Bastard a reproduit avec un art si scrupuleux, et les miniatures coloriées, et les reliures sculptées en ivoire.

C'est ainsi que le MS. n° réunit dans un petit chef-d'œuvre d'ivoire toutes les idées hiératiques inspirées par les sujets religieux dont le tombeau de saint Guillaume offre une représentation beaucoup plus simple. On y voit surtout ce qui pouvait laisser quelques doutes dans ce dernier monument; le symbole de la résurrection représenté par des personnages encore enveloppés de leur suaire et sortant de la tombe en levant les mains et les yeux vers le Christ crucifié. On y remarque en outre les symboles de la religion chrétienne et de la religion juive, et bien d'autres figures représentant des idées qu'il serait trop log de traduire à propos de l'autel de SaintGuillaume-du-Désert.

Raymond THOMASSY.

BIBLIOGRAPHIE

S. THOME AQUINATIS SUMMA CONTRA GENTILES,

ACCEDUNT EIUSDEM DOCTORIS PRÆCIPUA PHILOSOPHICA OPUSCULA. TEXTE LATIN AVEC DES ANNOTATIONS ET UNE TABLE DES FORMULES SCHOLASTIQUES CONTENUES DANS L'ouvrage,

Par M. l'abbé P.-C. Roux-LAVERGNE, et MM. E. D'YZALGUIER et E. GERMERDURAND, professeur à l'Assomption de Nîmes, 2 forts vol. in-8°. Prix 12 fr.

Tous ceux qui s'intéressent à la rénovation de la philosophie chrétienne, et le nombre est s'en accroît chaque jour, accueilleront avec plaisir, nous en avons la certitude, cette nouvelle édition de la Somme de S. Thomas contre les Gentils. En la donuant, nous accomplissons un dessein que beaucoup oat forme, et que nous sommes heureux de pouvoir réaliser les premiers. L'importance

de l'ouvrage est généralement admise. En faire un livre classique, ce n'est pas seulement rendre service à ceux qui sont plus particulièrement voués à l'enseignement de la philosophie, c'est encore favoriser les fortes études théologique ; c'est satisfaire à l'une des conditions essentielles des réformes qu'attendent parmi nous l'éducation et l'instruction; car la philosophie influence tout; et si elle est chrétienne, tout le reste suivra nécessairement.

Des obstacles de diverse nature arrêtent ceux qui voudraient étudier cette œuvre capitale. Sans être introuvables, les exemplaires en sont rares et d'un prix élevé. Ajoutons qu'il est assez difficile de voir parfaitement clair dans le texte. Le commentaire de François de Sylvestre n'y est pas d'un grand secours; le commentateur est toujours plus pénible à suivre que l'auteur, à cause de ses divisions et de ses subdivisions à l'infini, et souvent sa glose est plus obscure que le texte lui-même, parce qu'elle est hérissée de formules dont beaucoup demeurent inexpliquees. Or, là est l'embarras sérieux pour un lecteur de notre temps. Saint Thomas est clair et transparent par lui-même; le point est de bien entendre la langue philosophique qu'il parle. Ce n'est pas que, dans le courant de ses expositions, il ne définisse avec le plus grand soin les termes qu'il empioie, lorsque la rigueur et la netteté de l'argumentation l'exigent; mais ces définitions, disséminées dans son œuvre, s'adressent à ceux qui comprennent et qu'il faut convaincre, plutôt qu'à ceux qui ont avant tout besoin d'être instruits.

Notre travail a été entrepris en vue de ces derniers, et nous n'avons rien négligé pour le leur rendre utile. Il semblerait, au premier coup d'œil, qu'une traduction aurait mieux rempli notre but. Nous avons rejeté cette pensée, par la raison que mettre S. Thomas en français, c'est diminuer la clarté et la vigueur de ce qui est clair, et ajouter à l'obscurité de ce qui est obscur, à moins qu'on en vienne à des explications et à des commentaires. Nous avons jugé préférable, à tous les points de vue, de donner le texte du saint Docteur, en nous attacbant à faire ressortir la simplicité et la limpidité de l'expression, par la ponctuation que le sens indique, et en expliquant, au besoin, par des notes, les passages difficiles.

Le système de ponctuation employé par les anciens éditeurs contribue pour beaucoup à rendre le texte très fatiguant à lire, et souvent indéchiffrable. Le sens est rarement suspenda. Le lecteur est ainsi entraîné dans une longue série de phrases, sans en pouvoir saisir l'enchaînement logique. Cette ponctuation rend même parfois tout-à-fait inintel gibles des passages grammaticalement irréprochables. Outre ces défauts, nous pouvons signaler encore des omissions ou altérations de textes et de nombreuses fautes typographiques présentant souvent un sens auquel peut fort bien s'arrêter un lecteur superficiel ou inattentif. Nous aurions à en citer des exemples fréquents, où les formules ellesmêmes sont complètement dénaturées; mais ce n'est pas dans un prospectus qu'un pareil sujet doit être abordé.

Nous nous sommes efforcés de remédier à tout cela. Notre ponctuation suit fidèlement tous les mouvements de la pensée du saint Docteur. Ce qui doit étre séparé, est séparé; ce qui doit être uni, est uni. Quand un alinéa est clairement marqué par le sens, nous passons à la ligne. Lorsqu'une inversion donne lieu à des équivoques inévitables, et qu'il est nécessaire de suppléer une ellipse, nous ajoutons, entre crochets, le mot qui lève l'équivoque et fixe le sens. Si T'obscurité provient de la difficulté qu'offre la pensée elle-même pour ceux qui

n'ont pas l'habitude des choses philosopbiques, nous l'éclaircissons, autant que possible, par

d'autres textes de S. Thonjas empruntés en général à ses Commen. faires sur Aristote. Eofin, lorsqu'un terme d'école se presente pour la première fois, nous l'expliquons en apportant, pour l'ordinaire, des applications et des exemples particuliers. Ces définitions, indispensables pour la lecture courante, seront réunies dans une table alphabétique.

Nous avons voulu faire non une édition savante, mais une édition classique, destinée à rendre la doctrine de l'Ange de l'École accessible à ceux qui ignorent le langage scholastique. C'est pourquoi, au lieu de travailler pour les érudits, au lien de reproduire en grec les citations que S. Thomas fait du Stagirite, nous avons préféré les vérifier sur le texte mème des traductions qu'il a commentées. Il en est résulté un double avantage : d'abord nous avons contrôlé la pensée du saint Docteur par elle-même; ensuite nous avons indiqué des concor. dances dont profiteront wilement tous ceux qui voudront approfondir la philosophie de S. Tbomas. Mettre au bas des pages le texte grec eût été, d'une part, fort dispendieux, et, de l'autre, sans utilité pour le but principal que nous nous proposons. Quelquefois cependant nous avons du citer des passages d'Aristote;

cas particuliers, nous nous sommes servis des traductions lalines les plus récentes et les plus autorisées.

La Somme contre les Gentils se composera de deux volumes in-8°, de 600 pages chacun. Le prix de l'ouvrage complet est de 12 fr.

ON SOUSCRIT :d Nimes, chez L. GIRAUD, libraire ; à Paris, chez SAGNIER et Bray, libraires.

dans ces

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PROPAGATION DES BONS LIVRES.

BIBLIOTHÈQUE DE LA FAMILLE

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POUR LA MORALISER, L'INSTRUIRE, LA RÉCRÉER, SOUS LA DIRECTION DE

N. L'ABBÉ ORSE, AUMONIER DES FRÈRES, A PASSY'. Les mauvais livres se répandent chaque jour avec une effrayante profusion et préparent, par les passions qu'ils développent, des maux incalculables dans les familles et dans la société. Il est donc très important, pour en diminuer les tristes effets, de leur opposer une masse de livres bons pour nourrir l'esprit et et le coeur, courts pour ne pas fatiguer, bien imprimés pour plaire aux yeux, variés pour ne pas causer de l'ennui, à bas prix pour ne demander à tous qu'un léger sacrifice.

Favoriser la composition, l'impression et la propagation des bons iivres est une ceuvre de la plus haute imporlance pour l'avenir de la société ; chaque père de famille doit donc apporter sa pierre pour asseoir l'édifice social sur des bases solides, en contribuant par sa souscription à propager les bonnes doctrines.

ON SOUSCRIT chez tous les libraires, et particulièrement à Paris, chez Guyot frères, 25, rue Saint-Sulpice. ' 12 vol. in-12, de 200 à 250 pages, sur beau papier jésus satiné

la

poste.

8 fr. par

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12 fr. par

Paris. Impr. de MOQUET, rue de la Harpe, 02.

L'UNIVERSITÉ CATHOLIQUE.

NUMÉRO 92.

cultes.

liques.

Sciences historiques.

HISTOIRE DE L'ÉGLISE,

PENDANT LA REVOLUTION FRANÇAISE.

AOUT 1853.

De la fin de 1795 jusqu'au milieu de 1798 '.

SOMMAIRE. La persécution recommence. Misère des curés intrus. - Concile du clergé constitutionnel à Paris. Rapport de Camille Jordan sur la police des Catastrophe du 18 fructidor. Violences exercées contre les cathoNouvel envoi de prêtres à la Guyane. Leurs souffrances inouïes dans cet affreux désert. Instruction adressée par les évêques de France. - Efforts du Directoire pour détruire la religion catholique. - Impuissance des prêtres constitutionnels à faire aucun bien.

-

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Les cinq premiers Directeurs furent cinq régicides. Ce choix fit comprendre de suite ce qu'ils seraient par rapport à la religion. En effet la persécution ne tarda pas à recommencer, moins sanglante, il est vrai, mais tout aussi acharnée que sous Robespierre. Cette fois, on ne parla plus d'échafaud; ce fut la déportation qui fut en vogue.

Dès le 31 octobre 1795, l'administration départementale de la Loire-Inférieure s'empressa de prendre contre les prètres catholiques un décret des plus rigoureux qui montrait l'esprit hostile dont elle était animée contre la religion.

Voici quelques articles de cet arrêté :

"L'administration délibérant sur la réquisition du commissaire provisoire, et vu les lois y référées,

» Arrête :

» ART. Ir. Les administrations municipales ou municipalités » du département sont chargées, chacune dans leur territoire, » d'arrêter ou de faire arrêter tous ecclésiastiques sujetɛ à la déportation ou à la réclusion, et de les faire conduire à la maison » d'arrêt la plus prochaine; en tous cas, à celle établie près le » tribunal criminel du département.

Voir le dernier article au no précédent, ci-dessus, p. 7.

N° 92.

XXXVI VOL. .2 SÉRIE. TOME XVI.

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» ART. II. Il sera formé sur les états déposés dans les bureaux ► de l'administration, soit des appels nominaux qui ayaient lieu » en 1792, soit des prêtres détenus dans les différentes maisons » de réclusion, soil de ceux qui furent déportés à la fin de la » même année 1792, et sur tous les autres renseignements qu'il » sera possible de se procurer, une liste indicative des ecclésias» tiques auxquels la loi est applicable.....

» .... ART. V. Encore bien que quelques ecclésiastiques ne » fussent pas dénommés dans la liste jointe au présent, soit pour » avoir demeuré cachés et inconnus à l’adıninistration, soit pour » être venus d'autres départements, leur arrestation n'en devra » pas moins avoir lieu, s'ils sont sujets à la déportation ou à la » réclusion 1. »

Les autres articles rappellent aux fonctionnaires publics que leur négligence à faire exécuter la loi du 3 brumaire, les rendrai! passibles de trois années d'emprisonnement.

Tous les autres départements virent leur administration respective rendre des décrets à peu près semblables. Les prêtres. fidèles furent alors obligés de quitter les églises qu'ils desservaient, et les catholiques, après quelques mois de consolation, eurent encore la douleur de voir fermer et profaner les temples du Seigneur, qu'ils s'étaient empressés de réparer et d'embellir.

Les colonnes mobiles, organisées d'abord à Rennes, au commencement de l'année 1796, se mirent à parcourir le pays, allant jusque dans les lieux les plus écartés, vivant aux dépens des habitants, tuant souvent et pillant autant qu'elles le pouvaient. A ces colonnes se joignirent encore de prétendus gardes nationaux qui avaient pris le nom de contre-chouans, el qui, affectant un langage chrétien, des sentiments royalistes, et portant le chapelet à la boutonnière de l'habit, tendaient autant de piéges qu'ils le pouvaient aux habitants des campagnes.

Ces troupes errantes commirent de grands excès sur leur passage; elles mirent à mort des prêtres, des religieux et des laïques en différents endroits de la Bretagne, et ne rentrèrent dans leurs garnisons qu'après s'être chargées de butin et avoir capturé de nombreux proscrits.

Malgré tous les efforts des évêques constitutionnels pour faire

"Cile par l'abbé Tresvaux , dans son Ilistoire de la persécution en Bretagne, 1.1, p. 203,

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