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haste; la Félicité tient d'une main le caducée et de l'autre la corne d'abondance; l'Espérance offre de la main droite une poignée de fleurs naissantes, ou un bouquet de fleurs, et de la gauche relève sa robe par derrière.

Trois figures de femmes qui se tiennent par la main représentent les trois grâces; trois figures qui soutiennent un grand voile en arc sur leur tête, marquent l'éternité, où se confondent le passé, le présent et le futur; trois figures armées de flambeaux, de poignards et de serpents, désignent les furies; quatre petites figures représentent les quatre saisons; le Printemps porte un panier de fleurs; l'Eté une faucille; l'Automne a un lièvre à ses pieds, et la saison de l'Hiver est vêtue.

Dans les anciennes médailles, l'Afrique est coiffée d'une tête d'éléphant, et l'on voit à ses pieds un scorpion, un lion ou un ser pent; l'Asie est désignée par le serpent et par un gouvernail; mais on ne trouve point que l'Europe ait un symbole particulier; Orient est figuré par une tête de jeune homme couronné de rayons; la Mauritanie se marque par un cheval et une houssine, à cause de la vitesse de ses coursiers; on reconnaît l'Egypte au sistre, à l'ibis et au crocodile; la Gaule à son habit militaire et au javelot qu'elle porte; la Judée à un palmier; l'Arabie à un chameau; et la Dace à son habit de femme, et portant un javelot avec une tête d'âne, aniinal dont les anciens avaient fait en Orient la monture des princes.

On reconnaît la Sicile à une tête au milieu de trois cuisses, ce qui désigne ses trois promontoires; l'Italie, comme reine du inonde, est assise sur un globe, la couronne tourelée sur la tête, pour marquer le grand nombre des villes qu'elle renferme, et la corne d'abondance à la main, pour annoncer sa fertilité, etc.

SYMPATHIE (POUDRE DE). Cette poudre a été longtemps en grand crédit parmi les gens de guerre. Ceux qui la débitaient osaient se vanter de guérir toutes sortes de blessures avec cette poudre, en l'appliquant sur un linge qui avait couvert l'endroit blessé, et auquel il était resté du sang : on devait plier ce linge, et le serrer dans un lieu tempéré; mais si la plaie était enflammée, il fallait le placer dans un endroit extrêmement froid, et tout au contraire, dans un endroit bien chaud, si la partie blessée était menacée de la gangrène. On devait panser tous les jours la plaie avec la poudre de sympathie, jusqu'à ce qu'elle fût entièrement guérie. Les charlatans ajoutaient qu'à quelque distance que la poudre fût de la plaie, elle faisait également son effet.

Cette poudre se composait avec du vitriol et de la gomme adragante, ou avec de la gomme arabique, et quelques plantes vulnéraires et astringentes. Il s'en faisait une autre plus simple avec le vitriol romain broyé, exposé ensuite au soleil lorsqu'il eatre dans le signe du Lion; il fallait la fais

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ser ainsi exposée pendant quinze jours, c'est-à-dire, trois cent soixante heures, pour se conformer au nombre de degrés du Zodiaque que le soleil parcourt pendant

un au.

Quelques médecins ont essayé de mettre en vogue la cure magnétique des plaies, en pansant les armes qui les avaient faites, et les remèdes

SYNAGOGUE. - Lieu destiné chez les Juifs au service divin. On ne croit pas que les Juifs aient eu de synagogues avant la captivité. Au retour, Esdras établit la lecture de la Loi en public, et c'est à cette époque qu'on doit fixer la fondation des synagogues. Partout où il se trouva dix baltenim, c'est-à-dire, dix Juifs d'un Age mûr, libres, en état d'assister au service divin, on dut établir une synagogue. Du temps de NotreSeigneur, il y en avait quatre cent quatrevingts dans la seule ville de Jérusalem. Le service divin consistait dans la prière, la lecture de l'Ecriture et la prédication; la partie la plus essentielle des prières est ce que les Juifs appellent schémonché estre, ou les dix-neuf prières. Toute personne parvenue à l'âge de discrétion doit les offrir à Dieu trois fois le jour, le matin, à midi et le soir : on les lit publiquement les jours d'assemblée; les lectures sont de trois sortes: 1° le Kiriath-Shema; 2° la loi; 3 les prophètes. Le Kiriath-Shéma est accompagné de prières et actions de grâces avant et après sa lecture; femmes, ni pour les serviteurs la troimais il n'est point d'obligation pour les sième partie du service de la synagogue est la lecture, et en même temps l'explication de l'Ecriture, et ensuite la prédication. Les assemblées de la synagogue étaient fixées au lundi, au jeudi, et surtout au samedi, jour du Sabbat, de chaque semaine, sans y comprendre les jours de fêtes et de jeûnes. Il y avait dans chaque synagogue un certain des exercices religieux qui s'y devaient nombre de ministres, qui étaient chargés faire, et on les y admettait par une imposition de mains solennelle. Ces anciens faires. avaient le gouvernement de toutes les a

Après eux, ou peut-être l'un d'entre eux, était un ministre qui prononçait les prières au nom de l'assemblée, et par cette raison on le nommait scheliach-zibbor, l'ange ou le messager de l'Eglise. Après lui venaient les diacres, que l'on appelait chazanim, c'est-àdire, surintendants; ils avaient en garde les livres sacrés et les meubles de la synagogue. Venait ensuite l'interprète, dont l'office consistait à traduire en chaldéen les leçons qu'on lisait au peuple en hébreu, et pour la bénédiction, s'il y avait un prêtre dans l'assemblée, c'était lui qui la donnait, sinon cet honneur appartenait au scheliach-zibbor, qui avait lu les prières.

SYNALLAGMATIQUE (du grec sun, avec, et allalló, changer, changer avec, échanger: qui concerne les échanges). - Contrat qui contient des engagements réciproques entre

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SYNCELLE.-Officier de 1 Eglise de Constantinople, qui demeurait continuellement avec le patriarche, pour rendre témoignage de toutes ses actions. Le P. Thomassin remarque que dans les premiers siècles de l'Eglise, les évêques, pour prévenir les mauvais soupçons, devaient toujours avoir un clerc couché dans leur chambre, et que c'est ce clerc que l'on nommait syncelle. Tant de pouvoir et de priviléges furent attachés à la dignité de syncelle, que plusieurs fois elle fut brignée et possédée par des tils et des frères d'empereurs; les évêques mêmes et les métropolitains se firent un honneur d'être revêtus de ce titre auprès du patriarche de Constantinople, parce qu'il leur donnait la prééminence sur leurs égaux. Il n'y a plus de syncelle en Occident, et ce n'est plus qu'un vain titre dans l'Orient.

SYNCRETISME (du grec sun, qui exprime réunion, et krétismos, manière des Crétois : réunion à la manière des Crétois). — Quelque division qu'il y eût dans le sein de la république de Crète, on se réunissait toujours contre l'ennemi comun, et cette vertu politique était si bien établie, qu'elle passa en proverbe dans toute la Grèce, et qu'on appela communément syncrétisme toute espèce de réunion, soit en matière de religion, soit en matière civile ou politique, des sectes, des opinions ou des partis les plus opposés, et les plus contradictoires. II s'entend

gion, de la conciliation, du rapprochement de diverses sectes, de différentes communions.

SYNCRETISTES. On a donné ce nom à des hommes qui, en différents temps et chez différents peuples, se sont proposé d'allier les opinions des philosophes avec les vérités révélées, et de rapprocher certaines sectes du Christianisme. Guillaume Postel, un des plus singuliers auteurs de ce genre, s'est efforcé, dans un ouvrage intitulé Panthéonosie, ou Concordance, de rapprocher toutes les opinions qui se sont élevées parmi les infidèles, les Juifs, les hérétiques et les Catholiques, et parmi les différents membres de chaque Eglise particulière sur la vérité ou la vraisemblance éternelle; mais ce n'est qu'un tissu de paradoxes où le Christianisme et la philosophie sont mis à la torture. C'est l'œuvre de Dieu de réunir tous les sentiments. Tant qu'il existera des hommes, ils écriront les uns contre les autres; ils auront des opinions diverses, ils s'injurieront, ils formeront des partis, ils se haïront, ils s'anathéma

tiseront réciproquement, ils se persécute

ront.

SYNDERESE (du grec sun, ensemble, et de tereo, observer: observation).- Remords de conscience, reproche secret que fait la conscience de quelque crime qu'on a com mis, et qui tourmente sans cesse. La conscience a été appelée de la sorte, parce qu'elle est comme une sentinelle qui observe tout, et qu'elle nous reproche le mal que nous

commettons.

SYNDIC. Chez les Grecs on donnait ce nom à un orateur choisi et député pour soutenir les prérogatives d'une ville ou d'une nation entière, ou à tout orateur commis pour défendre avec un autre la même cause. En France ce mot désigne celui qui est élu pour prendre soin des affaires d'une communauté, ou d'un corps dont il est membre. Le syndic est chargé de répondre de la conduite du corps; il fait et reçoit les mémoires qui regardent les intérêis de la communauté, dont en quelque façon il est l'agent et le censeur.

On appelle aussi syndic celui qui, dans les directions des créanciers d'un débiteur qui a fait faillite ou qui est mort insolvable, se trouve chargé de l'arrangement des affaires au nom de tous.

Dans l'ancienne France on appelait, dans quelques villes, syndics, les maires et adjoints.

Le premier magistrat de la ville de Genève porte le nom de syndic.

SYNGRAPHE (du grec sun, ensemble, et de graphs, écrire, écrire ensemble).-Syngraphe était le nom qu'on donnait autrefois à un acte souscrit de la main du débiteur et du créancier, et gardé par tous les deux.

SYNODE (du grec sun, avec, ensemble, et de odos, voie, chemin assemblée publique où l'on se rend de tous côtés. — C'est en général, une assemblée de l'Eglise. On a em

ployé quelquefois le mot synode, pour désigner une assemblée générale de tous les évêques, et l'assemblée des évêques d'une nation ou d'une province. Dans ce cas, on dit mieux concile.

Synode se dit aujourd'hui d'une assemblée de curés et autres ecclésiastiques d'un diocèse, convoqués par l'évêque, pour y faire quelques règlements, quelques corrections, pour conserver la pureté des mœurs dans son diocèse.

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Les Eglises prétendues réformées, l'Eglise anglicane, etc., ont aussi leurs synodes, pour entretenir chez elles la réforme et la discipline.

SYNODE (SAINT). C'est, en Russie, le collége d'où émane l'autorité suprême de l'Eglise gréco russe. Il se compose d'un certain nombre de prélats nommés par l'empereur. Le Saint-Synode présente à tous les emplois ecclésiastiques, tient la main à l'observation des canons et veille au maintien de la discipline et de l'orthodoxie. Sa puissance est très-grande, malgré tout ce qui a pu être dit de l'omnipotence des czars.

SYNONYMIE. C'est, parmi les natura

-

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listes, l'art de rassembler les noms différents que les minéraux, les végétaux et les animaux ont reçus des différents auteurs qui les ont décrits, et de les rapprocher de l'individu, de l'espèce, ou du genre auxquels ils appartiennent exclusivement.

L'histoire naturelle ne peut faire de progrès qu'autant que les divers objets qu'elle embrasse, ont des noms particuliers, qui servent à les faire reconnaître. Mais l'étude et l'observation des productions immenses de la nature, n'ont pu être l'ouvrage d'un seul homme. De là les différents noms donnés à une même chose ou le même nom donné à différentes choses; de là ces nombreuses nomenclatures qui embrouillent les sciences naturelles de là la nécessité des synonymes.

L'ouvrage le plus parfait que l'on connaisse en ce genre, est le species plantarum de Linnée, dans lequel l'auteur rapporte tous les noms, toutes les phrases des plus célèbres auteurs qui ont écrit sur la botanique.

Il ne faut pas confondre la nomenclature avec la synonymie : la première a pour objet d'assigner à chaque individu, à chaque espèce, à chaque genre, le nom qui lui est propre; au lieu que l'autre est l'art de rapporter à un individu, etc., tous les noms que Jui ont donnés ceux qui l'ont décrit.

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SYNTHESE (du grec sun, ensemble, et de tithemi, placer, mettre, mettre ensemble : Tart de mettre ensemble). On appelle synthèse, dans les sciences, la méthode par Jaquelle, en partant des premiers principes, des axiomes, des définitions, on parvient, par un enchaînement de propositions démontrées, à la connaissance des vérités les plus éloignées. Dans ce sens, la synthèse est opposée à l'analyse, qui commence par les propositions générales pour descendre aux premiers principes. L'analyse est la décomposition du tout, la synthèse en est la recomposition.

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parties sont liées ensemble, et suivent ou dépendent les unes des autres.

Système, en termes d'astronomie, est la supposition d'un certain arrangement des différentes parties qui composent l'univers, d'après lesquelles les astronomes expliquent tous les phénomènes ou apparences des corps corps célestes.

Il y a dans l'astronomie trois systèmes principaux, sur lesquels les philosophes ont été partagés. Les anciens philosophes qui connaissaient très-peu les circonstances du mouvement des planètes, varièrent beaucoup sur ce sujet. Pythagore et quelques-uns de ses disciples supposèrent d'abord la terre immobile au centre du monde. Dans la suite, plusieurs disciples de Pythagore s'écartèrent de ce sentiment, firent de la terre une planète, et placèrent le soleil immobile au centre du monde. Platon fit revivre le système de l'immobilité de la terre; plusieurs philosophes suivirent ce sentiment: c'est ce qui a donné lieu au système de Plolémée.

Ptolémée, qui écrivait vers l'an 140 de Jésus-Christ, a donné son nom à ce système, parce que son Almageste est le seul livre détaillé qui nous soit parvenu de l'ancienne astronomie.

Copernic, vers l'an 1350, commença d'abord par admettre le mouvement diurne de la terre, ou son mouvement de rotation sur son axe, ce qui simplifia beaucouple système. Ce mouvement une fois admis, il devenait bien simple d'admettre un second mouvement de la terre dans l'écliptique. Celui-ci explique, avec la plus grande facilité, la phénomène des stations et des rétrogradations des planètes.

Tycho-Brahé, regardant le témoignage de quelques passages de l'Ecriture sainte comine un très-grand obstacle au système de Copernic, proposa, vers la fin du xvi' siècle, de placer la terre immobile au centre du monde, et de faire tourner autour d'elle la lune, le soleil et les étoiles fixes; les cing autres planètes tournant autour du soleil, dans des orbites qui sont emportées avec lui dans sa révolution autour de la terre. Mais comme ce système exige la même rapidité de mouvement que celui de Ptolémée, il n'est pas plus recevable. Aussi Longomontanus, astronome célèbre, qui vécut dix ans chez Tycho-Brahé, ne put se résoudre à admettre en entier le système de Tycho; il admit le mouvement diurne de la terre, ou son monvement de rotation sur son axe, pour éviter de donner à toute la machine céleste, cette vitesse inconcevable du mouvement diurne.

Quoiqu'il y ait moins de difficultés à proposer à Longomontanus, que contre TychoBrahé il est aujourd'hui démontré que le mouvement annuel de la terre est aussi évident que son mouvement diurne. Ainsi, le système de Copernic, corrigé par Képler, demeure vrai dans tous ses points.

Le système bibliographique est l'ordre observé dans une classification quelconque d'ouvrages, soit imprimés, soit manuscrits,

pour former une bibliothèque ou un catalogue de livres. Jusqu'à ce moment, on ne connaftaucun système bibliographique parfait,et peut-être est-il impossible d'atteindre à cette perfection; car ce système consiste à diviser et sous-diviser en diverses classes tout ce qui fait l'objet de nos connaissances; et la difficulté à surmonter pour établir entre toutes ces parties l'ordre qui leur convient, est 1° de fixer le rang que les classes primitives doivent tenir entre elles; 2o de rapporter à chacune d'elles la quantité immense de branches, de rameaux, et de feuilles qui lui appartiennent. Or, sera-t-on jamais d'accord sur les divisions et sur les sous-divisions?

Naudé publia son Avis pour dresser une bibliothèque.

Louis Jacob de Saint-Charles publia un Traité des plus belles bibliothèques publiques et particulières. Ces deux derniers ouvrages firent oublier les précédents. Un des systèmes les plus recommandables est celui où l'on expose l'ordre et la disposition des livres du collège de Clermont, tenu par les Jésuites à Paris, 1678. La collection entière est séparée en quatre grandes parties: Théologie, philosophie, histoire, droit.

Les Allemands ont beaucoup travaille sur la bibliographie; parmi les nombreux traités qu'ils ont publiés, il s'en trouve De scriptis et bibliothecis antediluvianis. Morhoff, dans son Polyhistor, a parlé de la disposition des livres dans une bibliothèque. Leibnitz a aussi travaillé sur ce sujet.

Les anciens ne nous ont rien laissé sur J'ordre qu'ils observaient dans les bibliothèques. Le premier qui a écrit sur cette matière est un nommé Florian Treffer, qui a donné une méthode de classer les livres imprimés à Augsbourg en 1560. Cette méthode est plus que médiocre. On fut un peu plus satisfait des ouvrages de Cardona, en 1587, et de Scholt, en 1608, sur le même objet. En 1627

T

TABA OU TABO-SEIL. Nom que les nègres de la côte du Grain en Afrique donnent à leur roi qu'ils regardent comme étant d'une nature supérieure à la leur.

TABASQUET. - Fête solennelle que les nègres mahométans de l'intérieur de la Guinée célèbrent toutes les années à la fin de Jeur ramadan, et qui a quelque rapport avec le baïram des Turcs et des Maures. Sur le soir on voit paraître cinq prêtres (marabouts) couverts d'espèces de tuniques blanches, qui marchent de front, et sont armés de longues zagayes. Deux nègres conduisent cinq boeufs, choisis parmi les plus gras du cantou; viennent ensuite les chefs des villages voisins, armés de zagayes, de sabres et de poignards; après eux se présente tout le peuple nègre, cinq à cinq, et armé comme ses chefs. Lorsque cette procession arrive au bord de la rivière, on attache les boeufs à des piquets, et le plus considérable des marabouts, après avoir enfoncé sa zagaye dans la terre, étend les bras du côté de l'orient, et crie trois fois consécutives Salamaleck de toutes ses forces. Ce cri est répété par tous les assistants, qui alors quittent leurs armes, et l'on commence une prière générale: aussitôt qu'elle est finie, les nègres reprennent Jeurs armes, ils renversent les boeufs, en observant d'enfoncer dans la terre une de leurs cornes et ils les immolent. Pendant que le sang des victimes coule, on ne manque pas de leur jeter du sable dans les yeux, aun qu'ils ne voient pas les sacrificateurs, ce qui serait du plus malheureux augure. Les bœufs sont ensuite écorchés, on les coupe par morceaux, et ils sont distribués aux ma rabouts et aux habitants qui se sont cotisés pour fournir les victimes. La solennité se termine par la danse du folgar.

Parmi les auteurs français qui ont écrit sur cette matière, on distingue, outre Naudé et Louis Jacob, dont il a été parlé plus haut, Le Gallois, Baillet, Girard, Barrois et Debure, Formey, Bruzen de la Martillière, Ameilhon, Camus, Grégoire, etc.

TABELLIONS. Dans l'ancienne France, on nommait tabellions des officiers qui, dans quelques provinces et juridictions du royaume, pouvaient seuls grossoyer les contrats et les mettre en forme exécutoire. Ce mot vient de tabula, tablette enduite de cire, sur laquelle on écrivait autrefois; d'où l'on a fait tabellio.

La fonction de tabellion n'était originairement, avec celle de greffier, qu'un seul et même emploi, exercé par les clercs ou commis des juges ordinaires. Ces deux charges furent ensuite incorporées au domaine de la couronne, et données à ferme; depuis elles furent érigées en titre d'office.

Les tabellions ne furent d'abord établis que dans les villes chefs-lieux où il y avait bailliage et sénéchaussée ressortissant en la cour. Mais, comme un homme ne pouvait pas seul faire tous les actes volontaires d'une juridiction, il fut permis aux tabellions de commettre des clercs ou des substituts pour recevoir les actes à leur place, et ensuite les leur apporter à signer, garder, et expédier.

Ces clercs, dit Loyseau, étaient proprement ce qu'on appelait alors notaires; parce qu'ils prenaient note des conventions pour les porter aux tabellions, qui les inseraient dans leurs registres, les attestaient par leur signature, et en délivraient l'expédition aux parties.

Les inconvénients qui pouvaient naître de l'interposition de ces commis ou substituts, déterminèrent nos rois à ériger en titre d'office des notaires pour la campagne. Ces notaires ne pouvaient cependant pas expédier les grosses des actes qu'ils recevaient; ils étaient assujettis à rapporter leurs minutes aux tabellions.

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TABERNACLE (du latin tavernaculum,
tente, pavillon, diminutif de taberna, petite
loge). On entend ordinairement par ce
mot le temple portatif devant lequel les Is-
raélites, pendant leur séjour dans le désert,
faisaient leurs actes de religion, offraient
leurs sacrifices et adoraient le Seigneur. Ce
temple, dont Moïse avait reçu le plan et les
dimensions de Dieu même, était composé
d'ais, de peaux et de voiles; il avait trente
coudées de long, sur dix de haut et autant
de large, et était séparé en deux parties. On
pouvait le monter, le démonter, le transpor-
ter partout où on jugeait à propos. La pre-
mière partie s'appelait le lieu saint ou sim-
plement le saint on y conservait le chan-
delier, la table avec les pains de proposition
et l'autel des parfums. L'autre partie, sépa
rée de la première par un grand rideau, était
nommée le sanctuaire ou le saint des saints,
et c'était là qu'était déposée l'arche d'allian-
ce. Tout autour du tabernacle il y avait un
espace que l'on nommait le parvis, qui avait
cent coudées de long sur cinquante de large,
et qui était fermé par des planches de bois
de séthim couvertes de riches tapis; dans
cette enceinte, on trouvait l'autel des holo-
caustes et la cuve d'airain où les prêtres ve-
naient se laver avant de commencer les fonc-
tions de leur ministère. Tout le tabernacle
était couvert d'étoffes précieuses, garanties
des injures du temps par d'autres étoffes de
poils de chèvres. Les Juifs regardaient le
tabernacle comme la demeure du dieu d'Is-
raël, parce qu'il y donnait en effet de nom-
breuses preuves de sa présence.

TABERNACLES (FÊTES DES). Cette fête
fut instituée par le peuple d'Israël, après
qu'il eut pris possession de la terre de Cha-
naan, en mémoire de ce qu'il avait habité
sous des tentes dans le désert. Elle com-
mençait le 15 septembre et durait huit jours.
Le dernier était le plus solennel: c'est de lui
que parle saint Jérôme, quand il dit que
Jésus-Christ vint à la fête des Tabernacles, le
dernier et le plus grand jour.

-

Pendant cette fete, les Juifs se construi-
saient en dehors de leur maison des cabanes
de feuillages, ornées avec le plus grand soin,
où plusieurs habitaient et où tous du moins
prenaient leurs repas pendant toute la durée
de la solennité.

TABLALEM. Titre que l'on donne en
Turquie à tous les gouverneurs de province,
ainsi qu'aux visirs, pachas et beys. Alem est
un large étendard porté sur un bâton sur-
monté d'un croissant. Le tabi est un tam-

bour. Les dignitaires nommés ci-dessus sont
toujours précédés de cet étendard et de ce

tambour.
TABLES. Pour manger, les Grecs se
servaient primitivement de tables de bois
ordinaire, sans le moindre ornement; mais
quand le luxe asiatique eut altéré la simpli-
cité de leurs mœurs, ils eurent des tables
de cèdre, de citronnier, ornées de bandes
d'ébène ou de nacre de perles

Les Romains, perpétuels imitateurs des
Grecs, les surpassèrent bientôt dans le luxe
des tables. Cicéron en acheta une de deux
mille écus et il y en avait de beaucoup plus.
chères. Les unes n'avaient qu'un seul pied
et on les nommait monopodia; celles qui en
avaient deux s'appelaient bipedes; celles qui
en avaient trois, tripedes. Ils ne se conten-
taient pas d'une seule table, ils en avaient
communément deux : l'une pour le service
de chair et de poisson, et l'autre pour le
fruit; elles étaient nues et sans nappes; on
les nettoyait à chaque service avec une
éponge, et les convives se lavaient les mains.
Dans la suite il y eut des nappes de toiles
peintes avec des raies de pourpre, et quel-
quefois de drap d'or. Ce n'était point l'usage
de fournir des serviettes aux convives; cha-
cun apportait la sienne: cet usage subsista
longtemps après le règne d'Anguste. Les
hommes étaient couchés sur des lits, à la
manière des Asiatiques, et les femmes étaient
placées et assises sur le bord des lits où
étaient leurs maris; c'était aussi la place des
enfants et des jeunes gens qui n'avaient
point encore pris la robe virile. Ce ne fut
que vers le temps des derniers empereurs
que les dames romaines mangèrent couchées
à table, à l'exemple des hommes.
TABLE ABBATIALE. Les abbayes de l'an-
cienne France étaient presque toutes assu-
jetties à une redevance annuelle envers les
abbés chefs d'ordres, pour les dédommager
des frais des chapitres généraux. Cette rede-
vance était nommée table abbatiale, à cause
de l'usage auquel elle était destinée. Il y
avait aussi des prieurés qui devaient de sem-
blables redevances à certaines abbayes,
comme une reconnaissance de leur dépen-
dance.

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DICTIONN. DES Savants et dES IGNORANTS. II.

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TABLE DE MARBRE. La table de marbre
était autrefois, en France, une juridiction
très-considérable: on ne connaît pas bien
l'origine de ce tribunal, l'édit de sa création
ne se trouve pas. On pense assez univer-
sellement que le nom de table de marbre fut
donné à ce siége à cause d'une grande table
de marbre qui tenait tout le travers de la
salle du palais, dans laquelle les juges le-
naient leur juridiction. Louis XIV créa une
table de marbre au parlement de Metz, par
un édit du mois de décembre 1679. Il y
avait encore trois tribunaux au palais, qu'on
connaissait sous le nom de table de marbre;
savoir, la connétablie et maréchaussée de
France (voy. CONNÉTABLIE); l'amirauté
(voy. AMIRAL); et les eaux et forêts.

La juridiction des eaux et forêts connais-
sait de ce qui concerne les rivières et les
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